Il veut d'la bite et du cul

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Numéro 57

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 57
Date de parution originale: Février 1993

Date de publication/archivage: 2014-07-19

Auteur: Yves
Titre: Il veut d'la bite et du cul
Rubrique: Voisins, voisins, ça baise à l'aise

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Salut, moi c’est Yves, quarante-et-un balais. Quarante-et-un, peut-être, mais je n’ai jamais été aussi en forme. Je suis vicieux comme un bouc. Pédé depuis toujours. Mon gibier préféré, c’est les dix-huit, vingt ans. J’habite la Seine-Saint-Denis. Au chomdu actuellement. Mais licencié avec des indemnités confortables, car ayant été un cadre commercial de haut niveau. Je profite de ce passage à vide. Je ne me fais pas de bile. Je retrouverai du boulot! Disons que je me sens en vacances.

Vous savez, vous, que ce n’est pas la peine de hanter les terrains de drague pour trouver de jeunes mecs, qui ne demandent qu’à se vider les couilles en joyeuse compagnie? Sortir et draguer, je n’ai fait que ça durant les trois premières semaines de ma période inactive. Et puis, fatigue de toujours retomber sur les mêmes stéréotypes, les mêmes baises et les mêmes conversations, j’ai regardé un peu plus autour de moi ce qui se passait. J’ai bien fait. De toutes façons, pas la peine de tourner autour du pot! Je préfère cent fois m’amuser avec un jeune hétéro que m’éclater avec un gay, aussi frais et expérimenté soit-il.

Dans le même immeuble que moi, y’a un ado que j'avais remarqué. Installé au troisième depuis six mois environ, avec sa mère et sa petite soeur (le père est décédé). J’avais lu tout de suite dans les yeux de Lionel qu'il lui manquait quelque chose. Plus exactement, le bombement intéressant de sa braguette avait attiré ma rétine, ainsi que son appétissante chute de reins. Lionel avait l’air vicieux et les yeux fuyants de quelqu'un qui n’avait réalisé encore aucun de ses fantasmes. Échangeant quelques mots avec lui dans les escaliers ou dans l’ascenseur, j’ai appris qu’il préparait un BEP de commerce. Dix-huit ans tout neufs, des cheveux assez longs et bouclés, un peu dodu, et avec des traits encore infantiles; il n’est pas une beauté incarnée, non! Mais le côté non fini de sa personne m’excitait. Ainsi que ce regard trouble et vaguement honteux, celui de quelqu’un qui se branle plus que de raison. Ainsi que – retour à la case départ – son cul charnu à faire péter le Levi’s, et sa bite qui semblait toujours prête à pulvériser les boutons de la braguette.

Le premier échange de regards nous avait renseignés l’un sur l’autre. Le mien, un peu trop appuyé, lui avait dit mon intérêt pour son anatomie. Le sien, vacillant, avait trahi une personnalité en vertige, très vulnérable à des propositions, aussi muettes fussent-elles. Un jour où on était seuls dans l’ascenseur, je me suis touché la queue en parlant avec lui. Ce geste a eu de l'impact sur lui. La fois suivante, gagné: sans dire une parole et en regardant mon entrejambe à la dérobée, il s’est palpé la braguette deux ou trois fois. C’était dans la poche! Ah, si cet ascenseur avait pu descendre au cent-cinquantième sous-sol, ce jour-là! Malheureusement, ce n’était pas le cas, et en plus tout le monde se connaît dans ce fichu immeuble. Je ne me voyais pas aller me branler avec Lionel au sous-sol, aussi évidente qu’était son envie de le faire.

Quelques jours ont passé encore, puis j’ai appris que Lionel cherchait à prendre des cours d’anglais. Cette matière, décisive pour sa formation, n’était pas son fort... et comme l’examen approchait! Enfin, je vous passe les détails, toujours est-il que m’armant de culot, arguant d’une pratique de la langue qui n’excédait pas les trois ou quatre virées que j’avais faites à Londres dans le passé (mais ça, personne n’était obligé de le savoir!), j’ai donné des cours d’appoint à Lionel. Sa mère était sensible au fait que je ne prenais pour ces leçons que le tiers de ce que demande un vrai prof. Je faisais ça presque pour le plaisir. Plaisir est le mot...

Donc, Lionel se retrouve un beau début d’après-midi, fin mai, dans mon appart; avec la bénédiction de sa mère. Qui n’a pas d’ailleurs grand-chose à voir dans tout ça car il est majeur. Évidemment, il avait été tout à fait d’accord sur le choix du “précepteur”. Pendant la discussion de préambule chez lui, il croisait les genoux, assis sur son canapé. J’étais sûr que c’était parce qu’il bandait. Nos petits gestes précédents, dans l’ascenseur, avaient ouvert des perspectives affolantes. Lionel était intéressé par ses études autant que moi par l’idée d’aller me jeter dans la Seine! Il savait très bien qu’une fois mis le verrou de sûreté chez moi et nous deux seuls dans l’appart, ça deviendrait très vite tendancieux.

Je revois Lionel, ce début d’après-midi. Il passe le seuil, je ferme le verrou derrière lui. Il s’asseoit, je lui offre un verre. Les trois bouquins d’anglais qu’il a apportés pour l’exercice ne constituent pas notre sujet de conversation. Une fois assis face à face (lui sur le canapé, moi sur l’un des fauteuils), je me mets à bander à fond. Je suis si excité que je mouille dans mon slip. Les jambes étirées devant moi, je rends ostensible mon érection sous le jean un peu serrant, choisi pour l’occasion, et qui ne laisse rien ignorer de ma trique. Tout en parlant de la pluie et du beau temps, je renouvelle le geste de l’ascenseur... Lionel se tait aussitôt. Il étire les jambes. Sa main se pose sur le haut de sa cuisse. Il se trouble. Ses yeux sont chauds et accusent son émoi. Inutile de parler plus. J’ai la gorge serrée d’envie et de désir. Lionel se fait complice de mon silence. Tout en zieutant le relief déployé de sa queue sous son futal blanc (à fermeture-éclair, ça se voit, les passements sont prêts à éclater sous la pression, je caresse lentement ma bite en m’enfonçant encore plus dans le fauteuil. Un peu cramoisi, Lionel étudie ce spectacle et se paluche lui aussi la braguette de façon très éloquente. Je l’ai raide comme jamais! Je suis sûr qu’elle perle tant et plus à la pointe. Je presse les contours de ma bite par-dessus l’étoffe pour la rendre plus provocante. Lionel, c’est visible, a de la peine à avaler sa salive.

Il m’imite aussitôt. Dans le halo de trouble qui s’est emparé de nous, je m’entends lui dire quelque chose de vaseux sur le cours d’anglais qui viendra après, et sur le réconfort qu'on peut prendre “avant” l’effort au lieu de “après”. Il acquiesce. Il bat des cils, tourneboulé par l’envie de faire des vicieusetés. Je m’entends lui dire:

— Je suis sûr que toi, tu aimes qu’on te suce?

Ce à quoi, levant les paupières comme avec difficulté, il répond:

— Tu vas pas me croire, mais... je me suis jamais fait sucer.

Après un instant et sans interrompre le mouvement pressant de sa main sur sa bite, il ajoute:

— J'ai fait des trucs avec une fille, une fois... Mais c’est jamais allé jusqu’au bout. En tout cas, elle ne m'a pas sucé.

Je vais vers lui, ne résistant plus à l’envie de la lui choper. Je m’accroupis devant lui. Il s’allonge plus dans le canapé, en arrière, avec un soupir de consentement.

— Il n’est jamais trop tard pour apprendre!

Je la lui caresse doucement d’abord, par-dessus le jean blanc. Tendue sur le côté, elle est belle, bien dessinée. Elle bout d’envie d’être exhibée. Je la presse encore plus fort, plusieurs fois, au niveau du gland, et au point que je fais mouiller mon “élève”. Une goutte s’arrondit sur le tissu. Je la presse encore, la palpe, la caresse. Je descends la fermeture-éclair. Je délivre aussitôt une tige mastoc. Pas de sous-vêtements. Ce voyou de Lionel porte rarement un slip. Le contact du tissu sur ses couilles nues le “chauffe”, m’expliquera-t-il un peu plus tard. Pressant la bête au niveau du gland bien décalotté, j’enfile entre mes lèvres cette tête ardente et rougie dans son effort pour se tendre. Seulement la tête. J’enroule ma langue dessus. Longuement. Je titille le gland, le lèche. Ensuite seulement, faisant jouer tous mes maxillaires, j’avale cette belle bite sur sa longueur. C’est ma technique. Elle a fait ses preuves. Rejeté en arrière sur le canapé, Lionel soupire comme un maboul. Je l’aspire sur une bonne moitié de son membre. Une fois, plusieurs fois. Je suce. Je fais un peu glisser le pantalon. Mon élève se soulève légèrement pour faciliter ma manœuvre. Je le dessape jusqu’aux genoux. Je lui bouffe les couilles, lui lèche le haut des cuisses. Pendant que je lui titille les burnes, il se caresse la hampe, tellement il a envie. Je relève la tête et avec un clin d’œil complice:

— Viens dans la chambre, on sera mieux!

Dans la chambre, on se fout à poil l’un en face de l’autre. Je lui explique que je veux le lécher partout, le sucer partout, et que je veux que lui aussi me suce. Satisfait de savoir qu’il sera encore pompé avec une adresse qu’il sent performante, il se plie à mes désirs. Il demande seulement:

— Personne ne risque de venir chez toi?

— Personne.

Rassuré, il s’allonge sur le lit avec moi. Tout de suite, on se fait un soixante-neuf dont la volupté est pour moi sans égale depuis que je sais que mon partenaire n’a encore jamais expérimenté cette position. Je trique tant que ça me rendrait malade si ça ne devait déboucher sur la jouissance! Ma bite est caressée par la main peu experte de Lionel. Mais instinctivement, il trouve les bons gestes. Il m’imite. Tête-bêche par rapport à lui, j’engloutis sa belle bite blanche et novice sur toute sa longueur. Au risque de m’étouffer je recommence, puis encore, encore. J’inspire l’odeur tiède de ses poils pubiens. Je salive sur ses couilles. Il écarte les cuisses, spontanément, et j’enfouis mon nez, mes lèvres dans sa raie du cul.

Timidement d’abord, il s’est décidé à me sucer. Mais ses sens sont déjà chauffés à blanc et, copiant sur moi, il change de position pour mieux introduire et enfourner mon sexe entre ses lèvres. Le pied! Un petit moment se passe à ça Lionel vit enfin une vraie baise, une authentique partie cochonne comme il en rêvait. Déjà, dépassé par ses sens, il est prêt à tout. C’est un élève parfait. Avec précautions, je lui introduis un doigt dans le cul, après avoir titillé de la langue son trou de balles. Plagiaire, il glisse son index dans mon fion. Il s’étonne de trouver un fourreau aussi disponible et aussi large. Émerveillé, il pousse son doigt et me creuse gentiment la paroi, avant de faire tourner son doigt introspectif dans mon canal intime. Aussi dégueulasses l’un que l’autre, on se fouille le cul digitalement tout en se suçant.

Je remonte jusqu’à Lionel. Je lèche son ventre, ses aisselles. Je parcours son corps neuf et doué à la fois, j’embrasse ses lèvres. Je découvre que Lionel a quelques réticences pour le palot profond, le “french kiss”... Non ça ce n’est pas son truc! Ce qu’il veut, c’est la bite, le cul! L’amour à la dure! Ce qu’il veut présentement c’est jouir. Les yeux fous, et alors que je tiens ma main plaquée sur son cul (mon doigt le chatouillant encore à l’intérieur), il paraît m’implorer du regard.

— Tu as des trucs à apprendre, c’est bien. Je te montrerai. Une prochaine fois, on s’enculera tous les deux en même temps: j’ai des godes. Mais pour aujourd’hui, je vais être ton maître.

Ébouriffé de désir, je lui explique dans un souffle sur ses lèvres, que je vais le baiser. Je le branlerai en même temps. Puis ensuite, soulagés, on fera un peu d’anglais, tout de même. Après quoi et avant qu’il ne reparte, l’envie revenue pendant la leçon, il m’enculera, je me masturberai, et on s’explosera une seconde fois.

— À moins que tu ne préfères, ai-je précisé, niquer d’abord. Mais ensuite, à la fin du cours, c’est toi alors qui passeras à la casserole!

Il me confie qu’il préfère faire les choses dans cet ordre. Et comme je le sens également excité par mes paroles vicieuses, je lui murmure avec tendresse:

— Alors encule-moi, sale petit bouc, je sens que t’en crèves d’envie!

Il ne se fait pas prier. Et comme en même temps je me suis mis à genoux sur le lit en l’attirant vers moi, il se met en position. Un genou sur le lit, l’autre jambe fléchie, comme un vrai pro, il me tend une bite qu’il ne pense plus qu’à me fourrer dans le cul. Je me mouille l’anus. Je l'appelle. Je guide son manche vers ma “vulve”. D’indicibles ondes de volupté passent de l'un à l'autre lorsque son gland dur comme le fer perce mon rectum. Je me fais niquer, sauter, enculer par un jeune mec, novice mais instinctif. Je sens son pénis actif se mettre tout de suite à me ramoner avec frénésie. Je voudrais avec Lionel varier les positions, les passer toutes, lui lécher les grelots des quarts d’heure entiers. Je voudrais innover, expérimenter, jouer avec les godes, inventer des saletés qui ne seraient qu’à nous.

Ce sera pour une fois... d’autres fois... pour les leçons suivantes. Cette fois le besoin nous balaie. Le besoin d’éjaculer, de se vider les couilles. On en a trop rêvé, secrètement, lui et moi, depuis les timides signes de reconnaissance dans l'ascenseur. Il me bourre. Il en gémit. Il en crie presque. Il me ramone furieusement. La jouissance est toute proche. Alors je me branle, je me branle! Éperdu du besoin de m’éclater, de décharger tant que j’ai dans mon cul ce sexe de garçon qui me pistonne. Son râle s'amplifie, se transforme presqu’en cri. Ses burettes vont tout me lâcher dans le fion. Je sens ses muscles arriver au bout de leur secousse. La purée qui se presse en moi, crève un dernier fragile écran et j’abandonne je ne sais combien de millilitres de sperme dans la fusion qui terrasse Lionel également.

Affalé, écrasé par le soulagement, encore tendu par les spasmes, il abandonne dans mon conduit tout le contenant de ses couilles qui n’avaient jamais été caressées.

Ainsi fut le début de ma première séance avec un élève... Il y a eu encore le quart d’heure qu’on a passé après la fin du cours, avant qu'il ne descende. Mais ça m’entraînerait trop loin que de vous le raconter. Sachez qu’au terme de seulement trois ou quatre leçons, il n’y avait rien qu’on ne s’était refusé, Lionel et moi. Ce qui ne nous empêcha pas de recommencer les fois suivantes.

Quand ensuite je le voyais dans les escaliers ou dans l’ascenseur, en compagnie d’autres personnes, je sifflais une rengaine qu’il savait identifier. C’était sur un air de marche connue le “Prends ta bite à deux mains, mon cousin...” transformé pour lui en “Prends ta bite à deux mains, mon voisin...”

Et je suis sûr que ça le faisait triquer, ce petit porc, en attendant le prochain cours... d’anglais qu’il viendrait prendre chez moi.

Yves, 41 ans