IndoBoys (3)


IndoBoys (3)
Texte paru le 2005-01-06 par Seshat   
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Template-Books.pngSérie : IndoBoys

CHAPITRE III

Ils se rendirent dans le XIIIe arrondissement où Nicola possédait un grand loft ouvert au premier étage d'un immeuble de style Haussmann. Boris était déjà venu quelques fois, mais toujours avec d'autres membres du groupe. Maintenant, il se retrouvait sur le seuil, seul avec Nicola, et une étrange excitation montait en lui... Il se pressa contre son ami alors qu'il déverrouillait la porte.

Une fois entrés, Nicola alla allumer les lumières, laissant Boris à l'entrée pendant qu'il refermait la porte et poussait le verrou. «Viens, entre. Ne reste pas là», dit Nicola à Boris qui restait poliment à l'entrée. Boris regarda les choses éparpillées un peu partout dans le salon. «Tu ne rigolais pas dis donc...» Nicola lança un regard circulaire, considéra le bordel ambiant typiquement masculin et sourit. «On travaille tout le temps et j'ai jamais le temps de ranger...» Boris lui rendit son sourire et se rapprocha de quelques pas. «Mais on est pas venus pour bosser ce soir...» Il s'arrêta à quelques centimètres de Nicola. «Et c'est pas du tout ton salon qui m'intéresse là», dit-il, embrassant le chanteur. Nicola sourit. «Et la salle de bain ça t'intéresserait? J'ai mal partout moi... Je prendrais bien un bain... Tu viens?», lui demanda-t-il en se dirigeant vers la salle de bain, jetant un regard aguicheur à Boris. «Voilà une bonne idée... On le mérite bien...», répondit le guitariste, suivant Nicola vers la spacieuse salle de bain aux carreaux blancs et noirs, avec la grande baignoire au fond.

«T'as de la mousse?» «Ouais», dit Nicola en lui tendant la bouteille rose. Boris enleva le capuchon et renifla. «Mmmm... Cerises...» Nicola fit couler l'eau chaude et versa une quantité généreuse de liquide dans la baignoire alors qu'elle se remplissait. Les deux commencèrent à se déshabiller, enlevant leur t-shirt. Nicola remarqua que Boris lui lançait un de ses sourires, prenant son temps pour défaire son jeans. Il ouvrit un à un les boutons puis se tourna, lui montrant son derrière alors qu'il laissait le pantalon descendre lentement. Nicola poussa un petit rire quand le guitariste commença à baisser son caleçon. Une fois nu, Boris se tourna. «À ton tour alors.» «Bien...» Il détacha un bouton et descendit lentement sa fermeture-éclair... Il écarta les pans de son jeans suggestivement. Il s'approcha de Boris et le fit s'agenouiller. «Descends-le...» Boris obéit.

Un fois son jeans descendu jusqu'à ses chevilles, Nicola s'en débarrassa et se mit à genoux devant Boris. Il prit ses mains et les plaça sur ses fesses. Boris les glissa immédiatement sous son caleçon et le descendit doucement... Nicola l'embrassa et se releva, invitant Boris à faire de même. Nicola se débarrassa de son sous-vêtement et s'installa dans la baignoire, fermant les yeux avec satisfaction au contact de l'eau chaude. Boris le regarda pendant une seconde et le rejoignit le plus doucement possible, essayant de ne pas le déranger avec ses longues jambes. Il poussa un soupir et ferma les yeux à son tour. «Je suis content qu'Oli ait bien prit nos aveux...» «Moi aussi... Mais j'espère vraiment qu'il saura rester discret comme il l'a promis et qu'on aura pas à regretter d'avoir confirmé ses soupçons...»

«Euh... Boris? Au fait, je me demandais, tu te définis comme quoi? Bisexuel?» Boris le regarda avec un petit sourire timide. «Je sais pas vraiment où j'en suis... J'ai commencé avec les filles. Et puis il y a eu ce premier mec. On l'avait fait juste pour rigoler. J'y ai pris goût on dirait...» Nicola hocha la tête pensivement. «Et le premier, ça remonte à quand?» «Ah, à mon premier groupe, à la fin du lycée je crois... Il était notre chanteur... C'est le premier mec que j'ai embrassé, juste pour faire punk et choquer les bourges... Puis un soir où on avait beaucoup bu, on s'est embrassés alors qu'on était dans un bar avec nos amis et ça a continué après. Putain, on était défoncés ce soir-là...» «T'as un certain goût pour les chanteurs on dirait», dit Nicola en riant. «Et depuis, il y en a eu beaucoup? Euh... Je te dérange pas avec mes questions j'espère?» «Non, non, ce sont de bons souvenirs... Enfin, pas le matin d'après bien sûr, on a flippé, il vomissait partout en plus...» Nicola éclata de rire. «Ce n'est que trois ou quatre ans après que je me suis rendu compte que j'avais envie d'un mec à nouveau, et ça a encore pris vachement d'alcool avant que j'aie le courage de me lancer...» Il fit une pause.

«Depuis, j'ai eu des copines, des relations assez sérieuses. Mais il y a eu quelques gars aussi, des trucs d'un ou deux soirs... Que du sexe, quoi.» «Et t'as jamais eu envie de plus?» Boris prit le savon et commença à se laver lentement. «Non, jamais. Je n'avais cette envie qu'avec les filles, d'avoir un truc stable, quoi. Et je prenais les mecs juste pour m'amuser, selon mes désirs... Et toi? T'étais vraiment sérieux quand t'as dit que t'avais jamais essayé?» Nicola hocha la tête. «Oui. Pas que les opportunités aient manquées, bien au contraire... Mais en bon dégonflé que j'étais, j'ai jamais osé me lancer...», fit Nicola avec un sourire complice à Boris. «Et quand tu es entré dans le milieu de la musique, ça n'est jamais arrivé non plus? Je sais que pour moi, c'est là que ça a chauffé!» «Non... Faut dire qu'au début, on était toujours très occupés avec Dominique, Dimitri et Stef. J'avais pas trop le temps de réfléchir à ça et l'occasion ne s'est plus vraiment présentée par la suite.» «Vous avez beaucoup bossé au début... Je me souviens qu'on vous voyait partout, c'était fou... Mais tu m'as quand même embrassé aux NRJ Awards...» Nicola sourit. «C'est toujours bon de choquer le bourgeois... C'était plutôt impulsif comme geste. Et puis je me suis dis qu'ils se souviendraient de notre passage...» «Ils vont se rappeler, c'est sûr, la moitié du pays était devant TF1 ce soir-là! Moi j'avoue que j'avais déjà pensé à te proposer qu'on fasse ça sur scène, mais...» «Mais...?» «Je sais pas, j'avais un peu peur... Parce-que je savais que j'avais envie de toi et je ne voulais pas tout gâcher...» «Gâcher quoi? Y'a pas eu de problème à ce que je sache pour Marilyn par exemple.» «Je me suis retenu parce-que je savais qu'avec toi... que je voulais plus. Et je ne savais pas comment me comporter avec ça...» Nicola hocha la tête et ferma les yeux...

Après un long moment de silence, il les rouvrit. «Hum, Boris... Tu dirais quoi si... Tu dirais quoi... si je te disais que... que je t'aime?», murmura Nicola en jouant avec la mousse. Boris eut le souffle coupé. Il ouvrit les yeux et regarda Nicola qui avait toujours le regard baissé. «Eh ben je te dirais qu'on est pas dans la merde...» Nicola leva la tête et devint pâle. Boris s'approcha, posant son front contre le sien, fermant les yeux. «... Parce-que je t'aime aussi...» Nicola qui retenait son souffle laissa échapper un hoquet de soulagement et enlaça Boris. «J'avais si peur que tu... que tu me dises que c'était pas réciproque...» Boris prit le visage de Nicola entre ses mains et l'embrassa. «Je te l'ai dit... Moi aussi j'avais peur... J'ai envie de toi depuis tellement longtemps...» Nicola sourit doucement. Il se mit à califourchon sur Boris et resserra son étreinte. «Qu'est-ce qu'on fait si jamais ça tourne mal?» «Je me casse du groupe et je raconte quel connard tu es à tous les torchons du pays...», répondit Boris, laissant ses mains glisser sur les hanches de Nicola. Celui-ci sourit, mais le regarda tout de même avec un air douteux. Boris l'embrassa. «Arrête de penser au pire... On est ensemble là, et c'est ça qui compte.» «Tu as raison...», avoua Nicola en calant sa tête dans le cou de Boris.

Il se serait bien endormi là, en sécurité, au chaud... Mais les mains de Boris sur ses hanches devenaient insistantes... «Sortons de là, tu veux? Allons à la recherche de mon lit dans la jungle de ma chambre à coucher», dit Nicola, le sourire aux lèvres. Boris profita de leur proximité pour longuement embrasser Nicola qui se débattait faiblement pour le faire le lâcher. Les deux riaient, puis Nicola pinça Boris sur le côté, le faisant lâcher prise. Nicola sortit de la baignoire, chercha une serviette qu'il lança à Boris. Il s'en prit une également et l'enroula autour de ses reins. Boris l'imita et Nicola lui fit signe de le suivre.

Ils entrèrent dans la chambre et Nicola remplaça la froide lumière artificielle du plafonnier par quelques bougies. Boris regarda autour de lui, remarquant qu'à part le lit sous la fenêtre, il n'y avait pas grand-chose... Un vieux bureau, une chaîne à côté, deux guitares contre le mur et la garde-robe qui devait se trouver vide, vu le nombre de vêtements sur le lit. Il aida Nicola à les jeter sur la chaise du bureau. Une fois que le lit fut vide, il se rapprocha de lui par derrière, enleva sa propre serviette et commença à sécher les cheveux du chanteur doucement, massant sa tête. Nicola ferma les yeux, lâchant un petit gémissement qui ressemblait à s'y méprendre à un miaulement... Il s'effondra sur le lit sous la sensation simple mais délicieuse... Un frisson le parcourut de la tête aux pieds quand une goutte d'eau lui coula le long du dos...

Boris resta un moment à contempler l'image de Nicola prostré sur le lit avant de le rejoindre. Il attrapa la goutte d'eau, refaisant son chemin avec sa langue jusqu'à la chute de ses reins, cherchant à faire miauler Nicola à nouveau... Il remonta lentement ensuite, découvrant avec le bout de ses doigts chaque muscle, chaque centimètre de sa peau, toute la beauté de son corps blanc comme de la porcelaine de Chine... Nicola s'allongea sur le ventre, offrant à son amant la superbe vue de ses fesses, faisant glisser son drap contre son visage. Il savoura la caresse du matériau, le calme de l'ambiance, la présence chaude et sécurisante de Boris tout près... Le guitariste revint se coucher à côté de lui, sa bouche explorant sa nuque, ses épaules, alors que ses mains s'occupaient de son dos. «Tourne-toi un peu Nico... Je veux te voir...», murmura-t-il. Nicola obéit, se mettant doucement de dos contre le matelas.

Leurs yeux se rencontrèrent pendant un instant, pleins de désir et de passion... Nicola prit le visage de Boris entre ses mains et l'embrassa... Ils restèrent un bon moment à savourer les lèvres de l'autre... Les mains de Nicola caressèrent doucement le dos de Boris, descendirent jusqu'à ses fesses... Il enroula ses jambes autour des siennes, moula son corps sur le sien, son excitation grandissante devenant de plus en plus évidente avec la proximité de leurs corps... Boris se remit à toucher partout le corps de son amant, posant ici et là de petits baisers brûlants, le découvrant avec ses mains comme un homme aveugle. Il arriva aux hanches encore couvertes du chanteur et sourit en voyant son sexe qui s'élevait dessous. Il le regarda mais Nicola avait les yeux fermés, mordillant sa lèvre, ses joues rouges comme si il était pris d'une fièvre.

Boris tira sur la serviette doucement... Nicola se souleva un peu pour l'aider à se débarrasser du dernier obstacle les séparant. Il ouvrit les yeux à demi, enfila ses doigts lentement dans les cheveux de Boris... Le guitariste commença à caresser ses hanches, ses yeux ne quittant jamais ceux de son ami alors qu'il embrassait doucement l'extrémité de son sexe, goûtant l'humidité qui s'y annonçait... Ensuite, les yeux fermés, il laissa sa bouche l'engloutir complètement, découvrant enfin son goût le plus intime, faisant profiter Nicola de toute son expérience et s'aidant des gémissements et des soupirs du chanteur pour découvrir ses points les plus sensibles... Nicola ne pouvait que se tordre et gémir, s'abandonner complètement à Boris et à ses caresses... «Han... Boris...», souffla-t-il, à peine audible. Boris s'arrêta alors à contre-cœur, mais ferme sur ce dont il avait vraiment envie.

Il remonta embrasser Nicola, taisant ses complaintes. Celui-ci allait protester, mais Boris mit une main sur sa hanche et caressa son ventre jusqu'à ce qu'il se calme. «Doucement Nico... Je veux être dans ton corps quand tu jouiras...» Nicola prit sa tête entre ses mains et l'embrassa. «Alors viens...», murmura-t-il, la voix enrouée. «Hmm... Nicola... T'as quelque chose... Du lubrifiant?» «Euhhhh... Je crois que je dois avoir ça quelque part...» Il écarta Boris à regret et farfouilla dans le tiroir de sa base de lit et finit par trouver, sous des tonnes de livres, un tube de gel. «Voilà.» «Parfait», dit Boris en prenant le tube. «Mets-toi sur le ventre.» Nicola se tourna, un reste de timidité le faisant encore rougir alors qu'il se rendit compte de ce que Boris s'apprêtait à faire. Il cacha son visage dans ses bras croisés...

Boris commença à lui caresser le dos avec une main alors que l'autre se dirigeait résolument entre ses fesses... Ses doigts glissèrent à l'intérieur de lui plus facilement que la première fois, et il en gémit de satisfaction... Boris rapprocha son corps le plus possible du dos de Nicola, leurs deux peaux mouillées se touchant comme un baiser... Il ressentait chaque petit mouvement du corps chaud de son amant se répercuter contre le sien, prenant son temps avec les mouvements de ses doigts pour faire monter l'excitation, cherchant à préparer Nicola le plus possible. Nicola frémit. La différence de température entre le corps de Boris tout près du sien et de ses doigts enduits du gel froid qui perçaient les secrets de son intimité provoquaient des sensations très intéressantes et il s'y abandonna avec plaisir... Entendant Nicola pousser de longs gémissements, Boris s'arrêta, mettant une capote et glissant du lubrifiant le long de son sexe. «Tourne-toi...» susurra-t-il dans son oreille. Nicola obéit.

Il effleura la poitrine lisse de ses doigts, traçant des chemins des pectoraux jusqu'à l'aine alors que son amant s'installait entre ses cuisses, Nicola les écartant avec enthousiasme pour l'accueillir en lui. Boris s'arrêta un instant, une main sur le flanc de Nicola, l'autre s'appuyant à côté avant de commencer à le pénétrer lentement, jusqu'à ce qu'il soit totalement enveloppé par le corps de son amant. Il s'approcha alors pour embrasser ses lèvres à demi-ouvertes, ses joues, ses paupières closes alors que ses reins ondulaient doucement... Le guitariste ferma les yeux à son tour. Nicola glissa ses mains dans ses cheveux avant d'enceindre sa taille de ses jambes... Il garda les yeux fermés, leur face-à-face l'intimidant un peu. Boris prenait son temps avec chaque mouvement, s'enfouissant au plus profond du corps de son amant pendant ce qui lui sembla une éternité... Il regarda le visage de Nicola en sueur, son expression de plaisir. «Nicola...», gémit-il. «Mmmm... Boris», répondit son amant...

Il prit son sexe dressé contre le ventre de Boris et commença à le caresser doucement, synchronisant son rythme au va-et-vient de son amant... Boris glissa ses doigts encore mouillés autour de ceux de Nicola, l'encourageant, alors que les mouvements de ses hanches devenaient plus urgents. «Nicola... Regarde-moi...» Nicola ouvrit les yeux quelques secondes mais ne parvint pas à soutenir son regard. «Excuse-moi, ça me gêne...», avoua-t-il. Boris eut un petit sourire. Il se pencha pour l'embrasser, mordiller ses lèvres, joueur. «Putain que j'adore quand tu rougis comme ça... T'es tellement beau...» Pour faire bonne mesure, Nicola rougit encore plus... «Merde, il fait chaud...» «Tu es tout chaud, oui...», dit Boris en riant, mordillant le cou du chanteur. «Ton corps me serre tellement fort là, ahhh...» «Oh désolé...», fit Nicola en se relaxant immédiatement. Il ne s'était pas rendu compte qu'avec sa poussée de timidité, il s'était tendu... «Non, non, surtout ne relâche pas, c'est parfait!» Boris éclata de rire alors que Nicola détournait carrément son visage, encore plus gêné. La naïveté de son amant ne cessait de surprendre Boris. Il l'embrassa avec tendresse. «Ça se voit que je suis ton premier... Et maintenant t'es à moi...»

Nicola serra de toutes ses forces son drap dans sa main libre et gémit bruyamment quand Boris lui donna un coup brutal de ses reins... Boris se redressa, s'appuyant sur le matelas, perdant le contrôle de ses mouvements et prenant Nicola avec furie. Il sentait venir l'orgasme, les mouvements et la voix extasiée de Nicola l'amenant à s'abandonner au plaisir absolu... «Ahnnn...» La tête du lit tapait durement contre le mur, ce qui excitait encore plus Nicola qui respirait difficilement... Soudain, l'orgasme le frappa violemment comme une délicieuse vague d'électricité. Boris, prit par les spasmes de Nicola, jouit lui aussi avec un cri de surprise. Il retomba, épuisé, savourant le plaisir qui l'envahissait, savourant le pur bonheur de prendre le corps encore tremblant de Nicola dans ses bras, celui-ci caressant doucement ses cheveux trempés de sueur.

«Mon bébé...», murmura Nicola, jouissant de la vue de Boris affalé sur sa poitrine. Il se glissa doucement sous lui pour que leurs visages soient au même niveau et il embrassa ses lèvres avec délicatesse... Ils restèrent un long moment ainsi, se touchant tendrement, échangeant de doux baisers, encore intimement liés. Puis Boris se retira du corps de Nicola, le faisant soupirer. Il enleva la capote et la jeta dans la poubelle près du lit. «Je reviens», dit Boris en se levant.

Il alla dans la salle de bain avec des pas incertains, trempa une serviette dans l'eau tiède, retourna au lit et nettoya le corps de Nicola soigneusement. Une fois nettoyés, ils refirent le lit en désordre et se couchèrent. Nicola alla se lover contre la poitrine de Boris en grelottant, s'emmitouflant dans les draps et se serrant contre le corps de son amant le plus possible pour garder la chaleur. «Je t'aime tu sais...» Boris le prit dans ses bras, embrassa son front. «Moi aussi...», susurra-t-il, un sourire de contentement aux lèvres. Nicola sourit également. «Tu restes à dormir n'est-ce pas?» «Je ne m'éloignerais de toi pour rien au monde...»

Nicola se laissa sombrer dans la chaleur et le silence... Il ne pouvait plus bouger un muscle et le monde aurait pu s'écrouler autour de lui qu'il n'aurait pas levé le petit doigt pour seulement tenter de le sauver... Il ne croyait pas s'être senti aussi bien, aussi serein depuis des années... Il était amoureux. Et il ignorait pourquoi. Mais il s'en fichait. Il sentait plus intensément que jamais auparavant ce sentiment qui le prenait aux tripes, lui injectant une importante dose de bien-être et un flot puissant d'hormones brutes qui le faisait bander pour un simple regard de son amant, comme un adolescent en pleine crise de puberté... C'était sauvage, pur, instinctif et complètement dénué de sens. Mais qu'importait... Il comprenait à présent viscéralement pourquoi les habitants de Sodome n'avaient pu se résoudre à renoncer à leurs actes pour sauver la ville, pourquoi Oscar Wilde avait sacrifié sa santé, sa raison, sa réputation et sa liberté pour l'amour de Bosie... Il ressentait le besoin de vivre tout ça à fond, ne pas faire de concessions, se laisser guider par l'instinct, même si la peur le tenaillait souvent. Mais il était heureux.

Parler à Oli avait contribué à ce qu'il le soit de par sa réaction positive, quoiqu'il avait grandement appréhendé de le faire, ressentant malgré lui que Boris et lui avaient fait une bêtise et qu'ils devraient en avoir honte... Mais au final, il était surpris du peu de temps qui lui avait été nécessaire pour parvenir à être à l'aise avec ses désirs et ses sentiments. Quoique Boris lui-même avait bien failli mettre tout ça en péril... Il avait paniqué quand Boris avait nié lui avoir fait des avances par réel désir, la cuisante déception lui ayant alors fait perdre les pédales... Lui qui était si impulsif, il aurait volontiers tout fait, tout sacrifié à ce moment pour obliger Boris à lui dire qu'en vérité, il le désirait et l'aimait, quitte à foutre le groupe en l'air pour qu'il ne renie pas l'expérience courte mais extrêmement intense qu'ils avaient partagée dans l'ascenseur le temps d'une panne de courant qui allait tout changer... Cette expérience avait réveillé quelque chose en lui. Quelque chose qui n'était uniquement sexuel. Une affection qui avait toujours eu une dimension cachée, plus profonde... Nicola ne pouvait même pas en expliquer l'origine. C'était là, c'était présent, c'est tout. C'était effrayant. Mais c'était aussi incroyablement jouissif... Et il était incapable d'y renoncer.

Mais il avait eu du mal à avouer ses sentiments. Il avait ressenti le besoin de lui dire quand ils étaient sortis de l'ascenseur le lendemain de leur expérience, mais c'était trop tôt, beaucoup trop tôt. Et l'ambiance entre eux était loin d'être favorable à ce genre d'aveux...

Malgré qu'il ait dit à Boris qu'il craignait que ses sentiments ne soient pas réciproques, il sentait bien qu'en fait, ils l'étaient. Il l'avait su tout de suite quand Boris lui avait lancé: «Ce n'était pas que du sexe Nico...» Ce que Nicola avait craint en fait, c'était qu'il refuse les sentiments qu'il ressentait, qu'il ne leur laisse pas libre-court... Il le craignait toujours d'ailleurs. Lui aspirait déjà à quelque chose de stable, et il avait besoin d'être rassuré et de savoir que Boris désirait la même chose que lui... Mais il avait peur de lui en parler;il avait peur que Boris trouve qu'il sautait les étapes... C'était peut-être effectivement le cas, mais Nicola ne pouvait faire autrement. Il voulait des certitudes, quelque chose sur quoi s'appuyer... Savoir que tout ça, ce n'était pas... que du sexe.

À suivre...