Ini-Passion VII


Ini-Passion VII
Texte paru le 2014-01-13 par Coolmark   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Ini-Passion

Encens

« Je pense à toi, je fais brûler de l’encens, ton encens, je t’encense. Oui ton encens, du musc, noir bien sûr, comme moi. Tu me manques, tu n’es pas là, j’ai faim de toi, tu n’es pas là. Encore dix jours à attendre avant nos retrouvailles. Quelles conneries ton travail, tes déplacements à l’étranger, ton absence. Il faudrait dire à ton patron qu’il t’accorde des vacances. J’ai besoin de toi, explique-lui, je suis sûre qu’il comprendra. Il ne peut pas être totalement mauvais, il doit bien pouvoir comprendre que toi et moi en amour, en urgence d’amour. Je t’aime, tu me manques, reviens-moi vite.

« Moi, toute seule dans mon appartement, mes enfants sont chez leur père. Si tu avais été là on aurait fait la fête, on aurait fait l’amour. Je suis triste, en manque, tu m’obsèdes. Je n’arrive pas à penser à autre chose, tout me paraît fade après toi. Pourquoi n’es-tu pas avec moi ? Je ne demande rien d’autre, rien de plus que d’être en ta compagnie, à tes pieds si tu le veux, mais avec toi. Je ferai tout ce que tu pourras désirer, du mieux que je pourrai, mais viens, reviens-moi ! S’il y a un Dieu, qu’il entende et exauce ma prière, ce n’est pas permis de laisser ainsi une femme amoureuse aussi seule. Je t’aime, tu me manques, reviens.

« Heureusement, pour mieux penser à toi, j’écoute et réécoute les disques de la Passion que tu m’as offerts. Mon sadique, tu t’es bien arrangé pour que je ne puisse pas ne pas penser à toi. Cette musique m’obsède, je connaîtrai bientôt les paroles et les chants par cœur, par mon cœur, pour toi, mon amour, mon seul, mon unique, mon préféré. Je t’aime, j’ai tant besoin de toi, mais il n’y a rien à faire, encore devoir attendre, c’est injuste, mais à qui se plaindre ? Je n’ai pas le divin numéro de téléphone, et les renseignements qui ne me renseignent pas, à quoi servent-ils ? Ils ne sont même pas capables de dépanner une amoureuse en grande nécessité d’amour. Je t’aime, tu me manques, reviens-moi vite.

« J’ai si faim de toi, de tes tendresses, de tes douloureux sévices, si bons, si doux, si vitaux. Tu me manques, j’en ai assez de le redire et de le répéter, mais c’est la, ma vérité, et je t’en veux quand même un peu, mon aimé. Envoie-moi au moins une pensée, je la recevrai, je la sentirai, je la ressentirai au plus profond de moi-même, comme lors de notre première nuit de nouvelle lune. Pour moi, première nuit de nouvelle vie. Il y avait avant toi, et depuis toi ma vie a changé, je ne suis plus la même, tu m’as tant fait évoluer, malgré les apparences. Tu m’as fait grandir, avancer dans la quête de mon être intérieur, de ma réalité primordiale, essentielle comme tu dis. Oui j’avance, jusqu’où je n’en sais rien, et toi, peut-être me le diras-tu ? Je t’aime, je t’aime, j’ai l’impression que pour une fois ces mots ont une réelle signification. Oui je t’aime, je ferais n’importe quoi pour toi, pour moi, pour nous. Je mouille, mon corps t’attend, est prêt à t’accueillir, il te réclame, il a besoin de toi. Mon sexe s’ouvre pour toi, se prépare, t’attend, impatiemment, viens ! Mais tu ne viens pas, tu ne viens pas. Je t’aime, tu me manques, reviens.

« Oh, que faire ? La musique, oui la musique. Je l’écoute, non, je l’entends. Elle me distrait, mais c’est toi que je veux, toi en moi. Affreux qui ne m’a pas encore assez sautée, honorée plutôt. Si tu savais comme j’ai besoin que tu me prennes, te sentir encore en moi. Tu es vraiment un sacré sadique, tu sais certainement très bien à quel point je n’en peux plus d’attendre, de t’attendre, que tu me remplisses, que tu combles mes trous, que tu me combles, que tu me fleurisses, que tu m’épanouisses, que tu me rendes simplement heureuse. Salaud, je n’en peux plus. Qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi autant aujourd’hui ? Ce soir, cette nuit, seule dans mon lit ? Tu me manques, reviens.

« Tiens j’ai trouvé mes draps en soie, ils sont doux, je pense à toi, une raison de plus. C’est toi qui m’a fait découvrir ce plaisir, parmi tant d’autres. Dans le domaine de la sensualité, je crois que tu es le roi, le mien en tout cas. Mon roi, mon maître, tu m’as bien eue. Je t’appartiens, je dépends de toi, totalement : physiquement, mentalement, affectivement, spirituellement. J’ai besoin de toi. Musc noir, Bach, soie, toi, toi, Passion, toi, toujours toi, pourquoi autant ce soir ? Regarder le calendrier. Ah, nous sommes le vingt-quatre, c’est la nouvelle lune ! Je commence à comprendre tout ce que tu me disais sur les phases lunaires. Nous sommes bien frère et sœur, tu avais raison. Ce soir je suis ta Lune Noire, ta Lilith. Ma main va devoir remplacer tant bien que mal ta belle queue, si désirable, tant souhaitée. Avant pour moi, une queue c’était un organe de remplissage, de plaisir, surtout masculin. Depuis toi, ce n’est plus seulement ça. Ce n’est plus la bite qui me manque, c’est la tienne, représentante de toi, viril prolongement de ton être. Oui c’est ça, ce n’est pas ton sexe que je veux en moi, tu comprends bien, c’est ce qu’il représente. J’ai envie de toi, et je chante : Prends-moi, je suis à toi, Mea Culpa. Je t’aime, tu me manques, reviens.

« Le bâtonnet d’encens est consumé, moi aussi. J’en allume un autre, du jasmin pour changer, plus floral, moins sexuel. Où en étais-je ? Ah oui ! Ton, ta, enfin oui, ta verge, quelle horreur ce mot, enfin on sait ce qu’il veut dire, donc elle me manque. Ou plutôt, comme je le disais avant, ce qu’elle représente, expression du désir que j’éveille en toi. Ça me rassure, tu bandes pour moi, je t’excite, tu m’aimes. Toi aussi, tu as envie de moi, pas seulement pour cracher ton surplus spermatique, aussi pour me donner du plaisir, de la joie, de la spiritualité bien sûr. Toi aussi, tu m’aimes, je le sais. Même si tu ne me le dis pas assez, je le sens, mais pas assez non plus. Tout au moins, pas là où j’en ai envie pour l’instant. Tant pis, mes doigts vont faire ce qu’ils peuvent, et ils savent beaucoup. Je vais penser que c’est toi qui me remplit, ce sera très, très spirituel comme amour. Nous allons faire l’amour à distance, par télépathie. Tu es à des milliers de kilomètres au-delà des mers et autres océans machins, donc encore une fois très spirituel, puisque pas physique. Toi, là-bas au loin, moi, ici dans mon lit, peut-être le nôtre bientôt, je l’espère. Oh oui, oui bientôt, avant la fin de l’année, c’est mon vœu le plus cher. Une nuit avec toi, chez moi, dans mon lit. Faire l’amour simplement, dormir, refaire l’amour, redormir. Tu me manques, reviens.

« On se lèvera tard, on aura faim, on mangera des pâtes à la sauce tomate au lit, parce qu’on aura si faim et que c’est simple à faire. Ça me fait rigoler, des pâtes dans des draps de soie, un peu bizarre peut-être ? Non, pas grave. J’ai déjà tout prévu, même le vin, une bonne bouteille de Valpolicella, ça te plaira sûrement, tu seras content. C’est ce que tu avais pris à la pizzeria l’autre soir, tu vois, j’ai noté. J’ai tellement envie de te faire plaisir, que tu sois heureux, bien avec moi, que tu restes avec moi, oui pour toujours. Cela pourrait paraître impossible, mais avec toi non, je sais qu’il n’y a rien d’impossible, nous sommes si complémentaires, si complices. Non, pas si cons. Nous sommes faits l’un pour l’autre, tu le sais, nous le savons tous les deux. Je t’aime, tu me manques.

« Je vais arrêter de dire : "Viens !" Je sais que ce n’est pas possible, tu es trop loin, et en même temps si proche, si présent, je peux te sentir par tes énergies. Tiens, je ne t’avais pas dit ? J’ai un oncle marabout, et quand j’étais enfant, il m’a appris beaucoup de choses. Je sais sentir, voir, comprendre à distance, c’est comme si tu étais là maintenant. Je t’investis dans ma main, c’est toi qui l’habite à présent. Oui, tu t’es incarné dans ma main, ce n’est plus elle, c’est ton esprit qui présent. Je ne la dirige plus, elle me fait du bien, tu me fais du bien, tu es habile. C’est bon, continue, je t’aime, oui, aahh, oui, c’est bon, nous allons jouir ensemble à distance. Nous faisons l’amour, je sens tes caresses sur mes seins... Oui, continue encore, mes tétons sont tout dressés. Ta langue dans ma bouche, je reconnais ta manière d’embrasser, elle est unique. Ton goût sucré-salé, ta salive, oui, je te sens, tu es bien là en moi, en haut et en bas. C’est bon, oui, saute-moi, prends-moi, oouuii, encore, mumm, oui, plus fort. Je t’aime, tu me manques.

« Fais-moi un enfant, j’en veux un de toi, ce sera le plus beau, un enfant de l’amour, de notre amour. Le plus doux, le plus intelligent, le plus toi, le plus moi. Vas-y, fais-le moi, fais-le nous. J’aimerais tellement te faire ce si grand cadeau, si précieux, si unique. C’est la bonne période, je suis en haut de la courbe, au sommet, au top. C’est le moment, viens, je suis sûre qu’il sera beau. Ce sera un garçon, comme tu le veux, je te l’offre, il te ressemblera. Tu n’as pas grand-chose à faire, enfonce-toi à fond, jouis, oui, oui, moi aussi, c’est si bon, si bon, si doux, si merveilleux, si miraculeux. Encore le miracle de la vie qui se perpétue, se renouvelle, mais toujours unique et original. Je t’aime tant, mon amour, fais-le, fais-le, donne, donne, viens, viens, oui, oui, aaahhh, mumm, mmuummm, oouuii, embrasse-moi, mon maître. Et zut, c’est la fin du disque, je vais le changer. Je l’aime, il me manque. Attends-moi, je reviens tout de suite.

Herr, Herr, Herr, Unser Herrscher...


« Je ne peux pas m’en empêcher, c’est toujours celui-là qui a ma préférence, le morceau du début, de nos débuts. Ça me change des musiques anglo-saxonnes, même si je les aime aussi. C’était la première fois qu’on me faisait l’amour, si on peut dire comme ça, sur de la musique religieuse. Je me rappelle tes premières paroles : " La Passion, avec moi tu vas la vivre. " Comme tu avais raison, c’est vrai que je la vis. Elle me dévore, me bouffe, mais m’éclate aussi. Je t’aime, je t’aime, j’en ai marre de le dire. Il faut vraiment que je trouve autre chose, un code à moi, à nous, quelque chose de nouveau, de différent, pas encore utilisé. Je aime toi, non pas terrible, à l’envers peut-être, attends, je vais l’écrire. Voilà, ej emia iot, je vais le dire tout haut : " Ej emia iot, ej emia iot ! " C’est rigolo, ça me plaît assez. J’ai besoin de toi, plus proche de la vérité, mais pas terrible non plus, voyons, un instant, j’écris : " Iaj nioseb ed iot, iaj nioseb ed iot ! " Sympa, sauf la fin, ça fait presque idiote. Quoi d’autre encore ? Tu m’épanouis, je crois que je l’ai déjà dit. Plus difficile... " Ut siuonapém ! " Oh, je vais le déclamer, avec grands airs dramatiques, comme dans les tragédies classiques, en pleurant et en me déchirant le cœur ou une robe, ça suffira. En trouver une vieille moche démodée, bon débarras et grande utilité. " Ut siuonapém, ut siuonapém ! " Quoi d’autre, regarder dans la Bible. Au hasard, Cant. II,16 : " Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui " Pourquoi pas ?... " Nom émia-neib tse à iom, te ej sius à iul ! " trop compliqué à l’envers. Je ne trouve pas les mots, marre des mots, pourquoi toujours besoin des mots qui ne font que trahir nos pensées inexprimables, trop subtiles, trop, trop, zut et rezut, tant pis, je t’aime. " Ej emiat ! Ej emia iot ! Ut siuonapém ! Nom émia-neib tse à iom, te ej sius à iul ! " et n’en parlons plus. Tu me manques.

« Déjà tous ces souvenirs en commun... Notre rencontre, la séance dans ta sombre cave, le p’tit déj’, la douche, nos trop rares rencontres, l’atelier, ton absence, cette Passion, et l’encens. Le temps passe. Un mois déjà, un mois seulement, encore bien d’autres à venir, avec toi. Il faudra que tu changes de boulot, ou moi, que nous soyons toujours ensemble, que nous vivions intensément chaque instant, même quand on dormira. Mon clito-le-salaud se dresse de nouveau pour toi, je vais devoir me le caresser... Non, pas tout de suite. Essayer de résister un peu, attendre. Je ne peux pas, il en a trop besoin, non non pas moi, lui, je t’assure. Je ne peux pas le laisser comme ça, il est bien comme ton sexe. Quand il bande, on est obligé de faire quelque chose pour le soulager, le satisfaire, le détendre. Moi c’est facile, ah, pour toi aussi ? Attends, je vais le dire comme il faut : " Ma main est toujours la bienvenue pour échauffer énergiquement, par massage circulaire et intensif, très intensif, l’ensemble de ma si beautiful chatte. Le plaisir est simple, mais garanti. " Pas mal, un peu pompeux. Bon qu’est-ce que je vais faire maintenan  ? Je ne vais pas passer la nuit entière à me faire jouir, à moins que... que tu ne me le demandes, oui ? Non, tant pis. Tu me manques.

« Pour me changer les idées, je vais aller faire pipi, ça me fera du bien. Je me rappelle le plaisir que j’ai découvert avec toi, c’était surprenant au départ, et bon à la fin. J’y vais, j’y suis, mumm, ça fait du bien. Je mets ma main pour sentir le chaud jet de mon beau pipi d’ange si, si... Je me caresse en même temps, dis-donc j’avais une grosse envie, ça n’en finit pas, tant mieux. C’est chaud, c’est bon. Oh, il n’y en a plus, que vais-je faire ? M’essuyer ? Oui, mais pas avec du papier, avec ma main trempée, comme après notre douche. Ça mettra plus longtemps, mais ce n’est pas grave. De toute façon, j’ai tout le temps, et puis ce sera tellement meilleur. Tu comprendras que je suis forcément bien obligée d’astiquer mes lèvres et mon mignon cliclidetoto, il aime, il aime, moi aussi. Allez encore, il faut que ça sèche, donc accélérer le mouvement. Mumm, c’est bon. Je ne savais pas qu’on pouvait se soigner avec le pipi, je me demande qui a bien pu inventer ça. Peu importe, moi je trouve que c’est très bien. Depuis toi, parce qu’avant je ne l’aurais jamais fait. Oui, vraiment très bien, économique, naturel, toujours disponible, pas comme toi. On peut être con quand même hein, quand on ne sait pas, on a des a priori, c’est idiot, dommage, mais c’est comme ça. Avec toi j’apprends à ne plus en avoir, à les dépasser, à dépasser mes peurs, mes craintes, mes tabous. C’est bizarre, en étant soumise avec toi, je me libère. Oh, tu dois bien le savoir, moi je le découvre. J’ai le droit, après tout, je n’ai pas encore vingt-huit ans, l’âge de Saturne et de la Lune Noire, d’après ce que tu m’as dit. Je serai bientôt moi, pleinement, pleine Lune Noire. À charge pour toi de la remplir, je crois que je peux compter sur toi, oui ? J’en étais certaine, d’ailleurs, tu me l’as déjà dit, mais je t’en remercie, humblement bien entendu. Bon, je vais me finir... Tu me manques.

« Et toi au fait, quand nous avons fait l’amour à distance tout à l’heure, l’as-tu vécu ? Est-ce que tu bandais ? Est-ce que tu t’es branlé, hein ? Oui, et tu as joui ? C’était bon ? Très bien. As-tu senti toute la grandeur de notre rapport amoureux ? Je pense spirituel, cela va sans dire. Je t’aime tant, je t’aime tant... Je t’aime, ô mon amour. Tu me manques, reviens-moi vite... »