Ini-Passion X (2)


Ini-Passion X (2)
Texte paru le 2014-01-26 par Coolmark   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Ini-Passion

Anniversaire (2)

– Qu’est-ce qui t’arrive, pourquoi es-tu si gentil avec moi ? Merci, mon bon Maître, murmura-t-elle les yeux humides, mais cette fois-ci, de tendre bonheur.

– Non. Il n’y a pas de maître aujourd’hui, il n’y a qu’un homme, heureux de te connaître et de t’aimer.

– Moi aussi, je t’aime tant. Il y a si longtemps que je n’ai pas été aussi bien, merci, merci.

Elle le serra encore plus fort dans ses bras.

– Stop, stop, avec les merci. Va, assieds-toi au salon, je vais chercher à boire.


Elle profita de cette solitude momentanée pour tester l’instrument, sceptre de sa nouvelle puissance, en fendant l’air et le dos, les fesses, d’un invisible et hypothétique soumis. Elle fut satisfaite et encore plus excitée par les sifflements évocateurs. Mais déjà, il revenait avec une serviette sur le bras, le seau à champagne, et deux très grandes flûtes.

– Qu’est-ce que tu nous fais, le larbin ?

– Ça te rappelle quelque chose ?

– Oui. Dis-moi, tu n’aurais pas un peu envie que j’essaye ma cravache sur toi ?

Il ne répondit pas, s’installa sur la banquette et concentra toute son attention à la bouteille.


Une grave musique de violon tzigane avait envahi la pièce. Il fit péter le champagne, un excellent brut rosé premier cru, remplit les verres et en offrit un à sa douce.

– À tes vingt-huit ans ! À toi.

– À toi aussi.

Ils burent une gorgée du liquide doré.

– Tu l’aimes ?

– Oui, c’est bon.

– Et ce soir... C’est ta fête !


Ils passèrent un bon moment à boire, fumer, manger des réductions salées et échanger différents points de vue. À aucun moment il ne fut question de sexe. Elle ne parvenait pourtant pas à se détendre totalement et décida de se confier.

– Où veux-tu en venir ? Je suis perdue...

– Et tu pensais que je t’avais préparé quelques-unes de mes vivifiantes tendro-cruautés dont j’ai le secret ?

– Oui... En fait, il n’y a que de la tendresse et de la gentillesse.

– Ça te dérange ? Quelque chose te manque ?

– Non, mais je me demande si je peux y croire, s’il n’y a pas un vice caché, si tu es honnête.

– Laisse-toi aller, ne t’inquiète pas. Il n’y a pas de piège, je te le jure.

– Bon, d’accord. Mais, ça me paraît trop beau.

– Et tu n’as encore rien vu... Pour l’instant, viens, dansons ! Dit-il en lui prenant délicatement la main.


« Pour toi, je ferai chanter les violons, et nous danserons, danserons. Ce sera beau, amoureux, romantique, slave ! Nous tournoierons, l’un et l’autre enlacés, endiablés, jusqu’à nous étourdir par la force, la puissance de notre amour, jusqu’à atteindre l’aube suivante. La seule chose importante, c’est notre envol, notre élévation, ce dépassement de nous-mêmes, cette simple transcendance.

Nous nous envolons, quittons ce monde sans pitié, sans humour, sans amour, sans poésie. Nous allons le dépasser, nous élever, atteindre cette grandeur éternelle, cette paix infinie, au cœur de notre Passion. »


Il l’entraîna tout d’abord dans une tournoyante valse folle, grisante et enivrante : Poliouchka, émouvante de gravité. Suivit un morceau de folklore traditionnel, plus calme. Heureux de s’être enfin trouvés en cet instant, ils se laissèrent aller à un langoureux slow : Le temps du muguet. Ils tournaient lentement maintenant, joue contre joue, tendresses et langues mélangées. Yeux perdus dans de lointaines contrées, à la recherche de points de repère, qu’ils ne trouvaient plus. Leurs doigts se parlaient, échangeaient interminablement, sans se lasser...

Ils achevèrent leur séance de danse sur Les cloches du soir, ne parvenant pas à se détacher l’un de l’autre. Peur de se perdre ?... Ne serait-ce que dans les larmes de l’émotion. Innocents qui croyaient que le monde s’arrêterait de tourner pour eux.


À la fin du morceau, après l’avoir respectueusement remercié d’une courbette accompagnée d’un baiser, il la prit par la main et la conduisit jusqu’à la salle à manger.

Elle découvrit la table de fête, avec splendide vaisselle peinte à la main, couverts assortis, nappe et serviettes également. Des bougies saumon, baignant dans l’eau bleue des photophores, assuraient l’éclairage.

– Prends place, j’apporte les entrées.

– C’est beau, on se croirait au restaurant. C’est vraiment la fête, tu es un amour, tout ça pour moi...

– Toasts, foie gras entier, avec Château d’Yquem 1967, quasiment introuvable. Heureusement, j’ai des connaisseurs éclairés parmi mes amis.


Ils mangèrent l’un et l’autre de très bon appétit. La suite des plats, des boissons et de leur conversation ne baissa jamais de qualité. Leurs mains se caressaient et se serraient aussi souvent qu’ils le pouvaient, leurs regards pétillants avaient bien du mal à se détacher l’un de l’autre.

Au moment du café qu’ils prirent au salon, ils riaient de bon cœur, grisés par les vapeurs des premiers et autres grands crus, aussi par leur désir croissant d’autres plaisirs, tout aussi sensuels.

Elle vint s’asseoir sur ses jambes, lui passa un bras autour du cou, le câlina maternellement. Sa fesse droite sentit la virilité de son sexe bandant, tandis qu’il lui embrassait les seins et caressait ses cuisses.

– Je crois que je suis un peu pompette, j’ai pas l’habitude, avoua-t-elle.

– Tu veux aller te coucher ?

– Si tu m’accompagnes, je veux bien. J’ai envie de toi... On va se faire un gros câlin pour bien finir la soirée ?

– C’est-à-dire... Ça m’embête, j’avais pensé...

– À quoi ?

– Oh, si tu es fatiguée, ce n’est pas la peine que je t’en parle, on verra demain.

– Non, dis-moi ! Tu sais que je suis curieuse, qu’est-ce que c’est ? Encore une surprise ?

– Oui, mais si je te le dis, ce n’en sera plus une. Dis-donc, tu as l’air bien réveillée tout à coup.

– Moi, qui a dit que j’étais endormie ? Il est à peine dix heures et demie, je suis en pleine forme. Alors, c’est quoi ? Tu as déniché un nouveau gode, un nouvel accessoire ?

– En quelque sorte... C’est dans l’atelier, tu peux aller voir.

Elle quitta ses cuisses, et se dirigea vers l’escalier.

– Tu n’oublies rien ?...

– Oh si, excuse-moi. Merci, dit-elle en revenant l’embrasser.

– Mais non, c’est pas ça. Tiens, prends la clé.

– Oh, je suis bête, je n’y pensais plus. Je peux y aller tout de suite, tu veux bien ?

– Oui. Va ma Belle, et bon anniversaire !