J'ai joui à en gueuler

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Numéro 63

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 63
Date de parution originale: Février 1994

Date de publication/archivage: 2018-02-02

Auteur: Michel
Titre: J'ai joui à en gueuler
Rubrique: Monte-moi sur ta moto...

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Denis aime bien raconter à tout le monde comment nous nous sommes rencontrés. Ce qu’il oublie de dire souvent, c’est que je suis tombé amoureux de sa moto avant de tomber amoureux de lui...

C’était l’hiver 92. Je ne sais pourquoi, mais ma bécane (une vieille Yamaha 500) me ramenait toujours au même endroit: le concessionnaire Yamaha. Là, je restais à discuter avec d’autres motards. Quel ne fut pas mon coup de cœur lorsque je l’ai vue arriver. .. Une Yamaha FJ 1200 ABS. Jamais une moto ne m’a fait autant d’effet. Lourde, puissante, virile: tout ce que j’aime chez les hommes aussi. Je ne me suis pas préoccupé de celui qui avait la chance de posséder un tel bijou. Mais j’ai caressé des yeux le galbe, la couleur d’acier et de bleu, effleurant du doigt les courbes, posant mes mains sur la chaleur qu’un corps avait laissé sur la selle... Je n’en pouvais plus. Une telle beauté me fait le même effet qu’un amant bien monté. Instinctivement, j’ai collé mon corps contre ce monstre de 250 kilos.

— Elle te plaît?

J’ai fait oui de la tête comme un élève pris en train de se branler dans les WC du collège.

— Tu veux faire un tour?

J’ai fait oui de la tête. Incapable de prononcer une seule parole. Il faisait nuit. Je n’avais absolument aucune idée de la gueule que pouvait avoir mon pilote. Sous un intégral, c’est vrai que c’est un peu dur, même en plein jour! Ronronnement du moteur, démarrage en douceur. L’accélération est rapide. Je me colle contre le dos de mon pilote. L’ivresse est au rendez-vous. Une balade d’une heure qui est pour moi une heure d’amour avec un rêve. Nous nous arrêtons devant une maison avec un jardin. Un chien vient à notre rencontre.

Ce salaud m'enculait de plus belle

— C’est chez moi, dit simplement Denis, tu veux venir boire un pot?

Je le suis. Je ne sais pas pourquoi, je suis sûr que je vais voir apparaître une femme blonde et bien maquillée, qui va rouler une pelle à “mon” pilote en l’appelant “mon chéri”. Mais c’est faux, il n’y a personne dans la maison et pas le moindre signe de présence féminine. Denis a enlevé son casque et là, j’ai le souffle coupé. Je me trouve face à une espèce d’éphèbe blond, d’une trentaine d’années, aux yeux bleu acier (comme la FJ), et avec un corps d’athlète bien musclé.

— Qu’est-ce que tu en penses?

Je bafouille. De quoi parle-t-il? Ah oui, de la moto. J’étais en train d’essayer de deviner ce qui se cachait dans le pantalon, dans ce jean moulant, cette protubérance, cette grosseur plaquée contre la toile... A-t-il vu mon regard? Nos yeux se sont croisés un instant. Il s’est approché de moi, presque à me toucher, me dominant légèrement, ce qui ne m’arrive pas très souvent (je mesure 1m83).

— Elle t’excite autant que ça, ma moto?

Sa main a fait un geste vers mon ventre, est descendue entre les cuisses. Je bandais comme un salaud. Denis s’est écarté de moi:

— Tu n’es pas pressé? Tu veux boire quelque chose?

Nous avons commencé à parler. Il a installé quelques bûches dans une belle cheminée. Nous n’étions plus éclairés que par les flammes. J’avais envie de baiser, je me disais que ce type était bizarre: avoir une moto si virile, si puissante, et ne me proposer qu’un peu de conversation au coin du feu... Mais je me sentais étrangement bien. Moi qui d’habitude prends l’initiative, et qui suis connu pour mes talents de baiseur (sans fausse modestie!) je me suis laissé aller.

Denis s’est approché de moi, au point de me toucher, puis s’est tranquillement allongé sur moi, m’écrasant de tout son poids. Il était très lourd. Je sentais la masse de ses muscles contre les miens. J’ai essayé de glisser une main sous le tee-shirt. Nous nous sommes vite retrouvés nus, peau contre peau. Je ne pouvais pratiquement pas bouger. Contre mon dos, mes fesses, je sentais une queue très dure, très grosse. Je ne voulais pas me faire mettre, mais impossible de me dégager. Une morsure sur la nuque, je me suis mis à gueuler.

Aussitôt après, c’était le pincement des tétons qui me faisait hurler de douleur et de plaisir. Ma queue était écrasée sous mon ventre. J’ai entendu le bruit d’une enveloppe de préservatif que l’on déchire. J’étais une monture prête à être chevauchée. Les jambes puissantes de Denis m’enserraient. Denis s'est à peine décollé de mon dos pour me pénétrer, alors que de la main gauche, il continuait à me pincer et à me tordre un téton. La pénétration n’a pas été brutale, mais il ne s’est pas arrêté. Il s’est enfoncé en moi sans un à-coup, lentement, jusqu’au fond. Je râlais de plaisir. Il a alors commencé à aller et venir, tout en me parlant.

— Comment elle est, ma moto?

Je n’arrivais pas à lui répondre, je haletais. Il m’a tiré brutalement les cheveux:

— Alors, elle est comment?

— Belle, belle, laisse-moi!

— C’est tout, elle n’est que belle?

— Non... Ahh! Elle est puissante, virile, elle...

Et ce salaud m’enculait de plus belle, de plus en plus rapidement, toujours en me posant des questions, et j’ai un peu disjoncté. Je voyais la FJ; j’étais dessus, nous roulions à pleine vitesse. Mon corps entier faisait l’amour avec elle. La queue qui me pénétrait me lacérait les entrailles, de plus en plus loin, de plus en plus profond, j’avais l’impression que cette queue avait doublé de volume, qu’elle me déchirait. Mes tétons étaient brûlants, mon corps écrasé sous le corps de l’autre était brûlant, comme sa sueur. Et toujours ses questions qui me rendaient à moitié dingue. Tout s’est accéléré encore, la moto roulait à 350 à l’heure, je ne voyais plus la route, une accélération brutale, je gueulais à m’en péter la voix. J’ai senti que Denis déchargeait, son corps s’arc-boutait sur le mien, alors qu’il me tordait encore convulsivement un téton. La violence du choc de son corps retombant en spasmes sur le mien m’a fait jouir à mon tour. Denis râlait comme un fou, son souffle chaud m’arrivait dans la nuque. L’odeur du sperme a alors envahi nos narines. J’ai entendu Denis dire:

— J’ai encore envie de te baiser!

Et c’était vrai, je sentais qu’il rebandait entre mes cuisses. Il m’a dit:

— Viens!

On est montés à l’étage, dans une salle de bains hyper-moderne, équipée d’un banc de musculation.

— T’as déjà baisé là-dessus?

J’ai fait signe que non. Il s’est marré. Il a fait couler l’eau de la douche, très chaude. Il m’a poussé dans la baignoire. On s’est caressés dans l’eau. Puis on a refait l’amour à moitié par terre, à moitié dans la baignoire. Denis a cessé de me poser des questions pour me sucer: il suce divinement bien, et j’ai joui encore une fois.

On a continué nos petits jeux toute la nuit. Denis est un homme insatiable, jamais assouvi. Il m’a dit plus tard que cela avait fait fuir pas mal de ses amants. Moi non, au contraire, c’est peut-être ça qui m’a fait rester. Ça fait deux ans qu’on est ensemble. Nous deux... et la FJ, bien sûr.

Michel, 34 ans.