J'aurais dû me la fermer (1)


J'aurais dû me la fermer (1)
Texte paru le 2014-08-27 par Fido   Drapeau-qc.svg
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Ça a peut-être pris trente secondes entre le moment où je sortais de chez moi sans me douter de rien et le moment où je me trouvais — à plat ventre, lié, cagoulé et bâillonné — dans la boite d'une camionnette en route je ne savais où. On m'y avait jeté par terre sans cérémonie mais après avoir tenté de me tortiller un peu, j'ai reçu une claque au cul si forte qu'elle m'en a coupé le souffle malgré mon jean.

J'ai cessé de bouger pour me concentrer sur ma situation. Au moins deux paires de mains m'avaient saisies - peut-être trois - mais je n'ai jamais vu mes agresseurs. Mes liens semblaient solides, et une tentative voulue discrète de les tester m'a valu un autre coup au cul encore plus fort que le premier.

Ça fait au moins trente minutes qu'on roule ; les bruits de trafic se font de moins en moins fréquents. Je sais pas où ils m’emmènent, mais je sais déjà qu'on s'éloigne de la ville pour un trou isolé, et la peur me tord maintenant les tripes. Personne n'entendra mes cris.




La relation que j'ai avec JF est quelque chose de spécial. On est les meilleurs amis du monde depuis plus de vingt ans, et on s'amuse régulièrement ensemble même si on n'a jamais été un "couple" en bonne et due forme. Au gré des célibats on se rencontre, partage un verre, et se retrouve presque tout le temps à baiser. C'est l'expression parfaite du cul d'amitié : confiance absolue, complicité, et affection presque fraternelle, mais sans les risques de la vie commune ou de la relation exclusive.

C'est avec lui que j'ai expérimenté au delà du sexe vanille ; que ça soit pour une baise rapide en public, les jouets, ou les plaisirs du bondage et de la fessée. Et on partage tout ; on se parle de la vie, des amours, de nos fantasmes.

J'avais peut-être un peu trop bu.

— Non, sérieux. Je tripe fort à l'idée de me faire violer. En gang.

Il avait ri.

— C'est pas un viol si c'est ça que tu veux! T'es juste salope.

— Ouais, mais entre "vouloir" pis "pouvoir", c'est pas la même chose."

J'étais carrément pompette, mais pas assez pour pas me rendre compte que j'expliquais mal.

— Je veux dire... regarde : on a fait du SM, quand on est dans la 'zone', ça fait mal - je veux que tu arrêtes - mais pas assez pour sortir le safeword. Tu me pousses au-delà me ma limite, ou tu me fais repousser ma limite. Genre.

Il me regarda avec son regard cochon.

— Pis t'en redemande.

— Ben mon trip ça serait ça... Je tapai la table du bout du doigt. C'est de me faire prendre de force, pour vrai, pour de bon. Violemment, sans se soucier de moi autrement que comme le trou à baiser. C'est trop dangereux dans la vraie vie... mais l'idée suffit à me faire bander raide.

Il me prit le paquet et ricana un peu encore.

— Ouais, ça se voit!

Bonne baise ce soir-là. L'idée l'avait évidemment allumé lui aussi.




Ça fait deux-trois minutes que la camionnette c'est arrêtée et qu'il n'y a plus de bruit. J'ai entendu au moins deux portes s'ouvrir et se refermer, puis des pas. (Tiens, c'est pavé ici, je suis pas en brousse au moins). Je laisse passer une minute de plus, et je tente de me relever... le coup me tombe de nouveau sur le cul. Deux fois. Mes fesses semblent de feu, et mon hurlement s'étouffe dans le bâillon. Ils ne m'avaient pas laissé seul. Ils sont au moins trois, donc.

Je tremble comme une feuille. Je n'ai pas peur pour ma vie, ou de me faire blesser sérieusement, mais mon corps regorge d'adrénaline et la terreur d'un autre coup au cul me paralyse.

La portière s'ouvre de nouveau, et les paires de mains me ramassent et me traînent, sans gentillesse. Les sons changent, je suis à l'intérieur. Je me fais jeter sur le ventre. Quelque chose de... mou? On dirait une table de massage. Un de mes agresseurs met son poids sur mon dos, et on me prends les jambes. Quelqu'un prend la taille de mon jean et tire avec force, me les descend, avec mes sous-vêtements, au milieu des fesses.

Mon cul est en feu, alors qu'il me pine sans réserve, donnant des coups de bassin sur mon cul encore meurtri des mes punitions passées.

J'entends un bruit de déchirement qui me semble familier mais que j'arrive pas à le replacer. Mon t-shirt se fait relever un peu puis je sens quelque chose coller et tirer dans le bas de mon dos. Ah, Duct tape ! Le bruit familier alors qu'ils m'enrubannent sur la table. Au moins cinq minutes. Je suis complètement immobilisé mais je comprends pas. Ils n'ont pas mis de tape sur le haut de mon cul, mais sans m'exposer le cul complètement.

Un mot. Je ne reconnais pas la voix. "Ici !". Il me tapote le haut de la fesse gauche. Je sursaute contre le tape, mais ça ne parait pas : je suis absolument immobilisé.

Une, deux minutes passent. Quelque chose de froid sur ma fesse. De l'eau? Un rasoir? Mais mon cul n'est pas vraiment poilu. La douleur soudaine me fait comprendre: un tatouage. Mon cri couvre le bourdonnement, mais la douleur continue.




— Faut faire attention à ce qu'on souhaite. Tu connais ton safeword… eux aussi.

C'est la seule chose que j'ai entendu pendant que je me faisais ligoter. Quelque chose de froid et dur dans ma main.

— Ça aussi ça compte. Tu lâches, tout s'arrête.

J'aurais dû me la fermer.




Ils ont mis de la crème sur mon tatouage mais ça brûle encore sous le bandage. Plus où ils ont arraché le duct tape sans gentillesse. Sans-même prendre le temps de relever mon jean, ils m'ont ligoté de nouveau et rejeté dans la camionnette.

J'ai peine à mesurer le temps. Une heure, peut-être? La route était en gravier pour un bon moment, puis en terre. La camionnette s'arrête, puis les portières s'ouvrent.

Ils me délient les jambes, et me mettent debout. Un de chaque côté de moi, ils me poussent vers l'avant en me serrant les épaules. Je marche difficilement, le terrain est rude et inégal. Je trébuche un peu, perds l'équilibre. Je sens la poigne sur mon épaule se relâcher un peu. Je panique, stupidement, et m'arrache à l'autre en courant. A peine trois pas fait, aveugle, avant que je sente l'un d'entre eux contre moi qui me jette à terre. En dix secondes je suis contre le sol, face à terre, et il m'y tiennent bon. Un coup me tombe sur le bas du cul. Dur. Puis un autre. Et un autre. Cinq en tout. Ce n'est plus des cris qui s'étouffent dans mon bâillon, mais des pleurs. Ma main se crispe sur l'objet dans ma main. Je tremble tellement que j'ai peur de l'échapper.

— T'essaies ça encore, pis tu vas, vraiment, te faire punir.

Je secoue la tête.

Ils me relèvent, et guident mes pas chancelants. On s'arrête. Ils me soulèvent et me déposent ventre contre quelque chose de dur et cylindrique. Rude. Un tronc d'arbre abatu ? À travers le sac de toile sur ma tête, je sens le sapin. Ils ligotent mon torse contre le tronc, du cou au bassin. Mon cul et ma tête sont suspendus, mes pieds touchent à peine par terre. Ils me relèvent les genoux et les lient au tronc, plus bas.

Je suis complètement vulnérable et sans défenses. Un autre coup d'adrénaline alors que l'imminence de ce qui va se passer s'impose à mon esprit. J'ai une réelle terreur, les boyaux qui se tordent, et une érection d'enfer qui pousse contre mon jean.

J'entends des chuchotements et des ricanements. Des pas qui s'approchent. On m'arrache la cagoule, mais je n'y vois rien. Un bois, en pleine nuit. Ça fait si longtemps déjà ? J'essaie de tourner la tête mais on me la prend et me l'immobilise. Un bandeau, mais on m’enlève enfin le bâillon. Je respire un peu.

— On veut pouvoir t'entendre nous supplier d'arrêter.

Ils rient. Il sont au moins quatre, finalement.

— Mais on veut pas de dents.

Un d'entre eux me force la mâchoire ouverte, et ils me remettent... un bâillon ? Non, un truc en cuir. Ça me tient la bouche ouverte, mais je peux respirer librement. Je teste de la langue. C'est une espèce de cerceau, en cuir, qui me tient la bouche ouverte... et qui offre un grand trou. Son usage est évident, et me donne un frisson de terreur. Ma queue raide fait mentir ma peur.

Une minute, ou une heure, passe sans que rien ne m'arrive. Puis, un d'eux tire sur le siège de mon jeans. J'entends un bruit de tissu déchiré, puis je sens un doigt passer dans mon jeans. Un coup sec et il est fendu en deux, exposant mon caleçon. Une pointe me pique à travers celui-ci. "Oops!" Des rires. "Faut faire attention avec ça!" Le dos de la lame glisse dans ma raie, de bas en haut. Je sens le vent contre ma rosette, puis deux mains qui déchirent définitivement mon sous-vêtement.

Je tente de parler à travers le "bâillon" mais d'avoir la bouche ouverte ne me permet qu'un amas de voyelles incompréhensibles.

— Il dit: "Plante moi", je pense. Ils rient. Je tremble de tout mon corps, tentant désespérément de me doubler contre ce qui vient.

Un crachement. Une bite contre ma rosette.

Le coup est dur. J'ai l'impression de m'être fait arracher le cul, tant il m'a planté d'un coup. Je crie, je sens les larmes couler sur mes joues. Mon cul est en feu, alors qu'il me pine sans réserve, donnant des coups de bassin sur mon cul encore meurtri des mes punitions passées.

Je me concentre de toutes mes forces pour ne pas échapper ce que j'ai en main.

Apres une éternité, sa bite se raidi dans mon cul et il me rempli de dèche. Aussitôt vidé, il se retire. Les autres rient. J'ai mal, j'ai peur, et je me sens humilié. Et j'ai hâte du prochain. Ma propre bite est débandée, mais gommée de précum.

Le suivant ne prend même pas la peine de viser soigneusement. Sans avis, sa bite est en moi. Peut-être un peu plus petite, peut-être lubrifiée de la dèche de mon premier agresseur, elle entre sans peine. Et se rend creux.

Ça fait mal encore. Il est plus lent, mais plus brusque que le premier. Chacun de ses coups me font voir des étoiles. Je ne crie plus. Mes larmes coulent à flot, mais ma bite est raide. Je pleure, et je jouis. Une bite s'enfonce sans préavis à travers le trou de mon bâillon, et je me fais baiser la gueule. Je me fais emplir de dèche des deux bouts.

Ma bouche est pleine, mais je ne peux vraiment ni avaler ni cracher. Quand la prochaine bite arrive, ma bouche est glissante de foutre, et de luxure.

Je ne sais pas s'il y en avait vraiment huit, ou si certains d'entre eux se sont resservis. Quand ils me détachent, je n'ai aucune force pour résister. Ils m'arrachent ce qui me reste de linge, me plantent un butt-plug au cul sans douceur, me religottent, et me traînent quelques minutes.

Je suis jeté sur un plancher de bois. Deux minutes plus tard, l'épuisement m'emporte et je m'endors.

À suivre.