Je m'exhibe dans les cinémas

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Numéro 13

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 13
Date de parution originale: Juin 1987

Date de publication/archivage: 2014-09-16

Auteur: Jacques
Titre: Je m'exhibe dans les cinémas
Rubrique: Dragues

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Les cinémas pornos sont souvent des lieux de rêve, et pas seulement ceux du quartier St-Lazare à Paris. Les allées et venues des gens qui se cherchent, la complicité des «spectateurs» transforment ces salles anonymes en antichambres de la jouissance et de la liberté.

Je suis un peu exhibitionniste. Je trouve beaucoup de plaisir à choisir un fauteuil en partie éclairé, sous une lampe «Sortie de secours», ou près des ampoules qui signalent les marches d’escalier, par exemple. Assis là, négligemment, je caresse ma braguette. Je glisse une main derrière ma ceinture et je l’agite sous mon pantalon. Je fais descendre la fermeture-éclair ; mon petit slip, entièrement blanc, presque fluorescent, apparaît clairement dans l’obscurité. Le plus souvent, je finis par ouvrir complètement mon pantalon K-way, et même par le laisser tomber à mes pieds. Je me caresse à travers le slip, les jambes allongées sur le fauteuil d’en face. J’aime alors sentir les regards qui se détournent de l’écran, les hommes qui passent et repassent dans l’allée en me regardant ; certains viennent s’asseoir devant, ou à côté... Je sors enfin négligemment le bout de ma quéquette par-dessus le slip blanc ou le long de la jambe. Je joue avec, ouvrant bien large le méat qui commence à baver. Puis lentement, je me masturbe jusqu’à ce que mon foutre gicle sur mon ventre et mon slip, nacré sous le rai de lumière de la lampe de secours, dans la pénombre.

Mon bonheur est à son comble si le film touche à sa fin ; les lumières s’allument lentement. Mais au lieu de me précipiter comme d’autres pour couvrir ma nudité, je prends mon temps. J’essuie soigneusement mon sperme, plutôt avec mon slip qu’avec un kleenex. Puis je me lève en slip, dans la salle éclairée. J’enfile ma chemise en glissant les mains partout, au risque de faire ressortir ma queue, puis mon pantalon. Je vous assure que les spectateurs ne trouvent pas l’entracte trop long et ne s’en vont pas tous dès la fin du film, comme c’est le cas autrement.

Récemment, au Royal de Metz, où il n’y a pas d’ouvreuses, ce qui rend le manège plus aisé, un homme s’est assis à côté de moi et a, lui aussi, retiré son pantalon. Il avait un slip de coton à grosses côtes, tout blanc, style «Petit Bateau», comme je les aime. Je me suis agenouillé devant lui pour lui faire une pipe, mais en me mettant à moitié dans l’allée de façon à ce que mon derrière joliment moulé dans mon slip blanc fluorescent soit bien éclairé par la veilleuse qui signale les marches. Et tandis que ma tête était enfouie dans le slip du voisin, j’agitais frénétiquement mon arrière-train, dans le rayon de lumière. Bientôt les spectateurs ne se sont plus contentés de regarder

et de passer. Ils sont venus frôler mes fesses, puis les caresser, les embrasser à travers le slip ; l’un d’eux osa tirer celui-ci, baiser ma rosette. Il y mit ses doigts enduits de salive et il m’encula dans l’allée éclairée, tandis que je continuais à sucer mon voisin. Rapidement, d’autres ont fait cercle, car notre audace libérait sans doutes leurs complexes.

Ils me caressèrent à leur tour, glissèrent leurs mains sur mon sexe, me branlèrent à plusieurs ; grappe d’hommes heureux, accroupis dans l’allée, entre les sièges. J’éjaculais dans leurs doigts et eux sur moi. Cette fois, hélas, la lumière ne s’est pas rallumée immédiatement. Aussi, toujours agenouillé, après avoir repris mon souffle, tandis que l’on continuait à me travailler le dos et l’anus, j’ai relevé mon slip et j’ai pissé dedans. J’adore avoir sur moi un slip mouillé ; et je ne dois pas être le seul, car des mains ont continué à me triturer à travers la toile légère et trempée. J’étais aux anges !

Et le sida, me direz-vous ? Je m’enduis l’anus et parfois le sexe de la crème contraceptive Pharmatex. On affirme que c’est une crème efficace contre le Sida pour les hétéros. Pourquoi pas pour les homos ! Mais j’aimerais en avoir confirmation. Peut-être y-a-t’il des spécialistes compétents parmi les lecteurs.

Jacques, 50 ans.

NDLG : Un crème contraceptive n’est pratiquement pas efficace face au virus du Sida. Nous vous conseillons d’utiliser des préservatifs et d’éviter toute sodomie allant jusqu’à l’éjaculation de votre partenaire.