Je suis l'ange-gardien de Lucas (1)


Je suis l'ange-gardien de Lucas (1)
Texte paru le 2006-03-29 par Sherpa   Drapeau-fr.svg
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J'ai 19 ans, j'ai toujours obtenu tout ce que je désirais dans la vie. Mes parents sont blindés de chez blindés. Et pourtant, du plus loin que je me souvienne, c'est de tendresse que j'ai seulement manqué; de la tendresse des garçons... J'en ai reçu malgré tout, et même beaucoup, mais il faut croire que de cette marchandise là, je n'en étais jamais rassasié!

Déjà tout petit, tous mes souvenirs se recoupent. Je me souviens de mes 11 ans et de mon voisin Lucas qui en avait 5 de plus que moi. La première fois, que j'ai ressenti une réelle attirance physique pour un garçon, c'était avec lui. Ça a commencé dans une cabane de jardin, en bois, qui servait à mon père pour ranger des vieux meubles qu'il achetait et revendait. Lucas m'avait tapé dans l'oeil depuis longtemps déjà. J'avais pris l'habitude, quand il faisait beau et chaud, de le surveiller depuis le trou d'une planche donnant directement sur leur propriété. Sa famille, ses deux frères et lui-même habitait une belle maison juste à côté. Je l'épiais plus particulièrement quand il se bagnait dans sa piscine ou lorsqu'il jouait au foot avec ses frères.

Lucas était mignon, en plus il n'était pas avare de son image et finissait le plus souvent torse nu au pire; et au mieux, en short ou en slip de bain! J'attendais le jour inespéré où, avec un peu de chance, je pourrais même peut-être l'aperçevoir complétement nu. J'ai passé des heures exquises à le suivre dans ses mouvements, dans sa façon de rire ou de se bagarer. Il vivait à 100 à l'heure et donnait de lui le sentiment d'un feu follet, fluide et virvoltant comme un poisson d'eau vive. Grand et mince, aux muscles effilés, avec des cheveux blonds trop longs qu'il avait souvent dans les yeux, il avait une allure sportive et une élégance de jeune chat. Rien ne clochait en lui.

C'est derrière cet écran de planches, que petit à petit je suis vraiment tombé morgane de lui.

J'étais petit encore, et lui déjà si grand et fort... J'avais bien conscience d'être une crevette, avec mes petites cuisses de merdeux, mais je me rappelle parfaitement de l'effet qu'il suscitait en moi. J'en étais amoureux, à en creuver. J'aurais voulu être lui. J'aurais voulu qu'il m'appartienne totalement. Toutes les nuits j'attendais je ne sais quoi, que je présentais.

Je m'imaginais dans des aventures de midinette, où il était bien entendu toujours le héros. J'ai passé des mois et des mois à surveiller ce grand dadet, qui représentait alors tout ce que je rêvais de devenir ou de posséder.

La patience est parfois récompensée car un miracle se produisit quand j'ai eu 14 ans. Mon voeux secret se réalisa un soir au cours duquel j'ai enfin eu la veine de le voir à poil et...

J'étais déjà au lit, nu comme un ver. Je devais sûrement rêver de lui. Pourtant, dans mon demi sommeil, j'ai très distinctement entendu le bruit d'un ballon sur le sol, du côte de chez Lucas. En pleine nuit, sans m'habiller, alors que toute la maison était endormie, j'ai quitté ma chambre sans bruit, et je me suis rendu dans ma cachette habituelle. La soirée était magnifique et étoilée. Une douceur voluptueuse enveloppait mon torse, mes fesses et tout mon dos sans me faire frisonner. Les grillons s'en donnaient à coeur joie. J'avais tellement envie qu'il se passe quelque chose. Un événement hors du commun.

Une sorte de double sens me guidait, et une petite voix me chuchottait à l'oreille des promesses qui n'avaient rien de désagréables. Une léger vent caraissait mes cuisses et mes reins. Cet étrange athmosphère nocture me faisait un effet magique qui dressa mon sexe fièrement, et le plaqua sur mon ventre. J'étais heureux, je me sentais devenir grand!

Dans mon viseur, derrière les planches, à quelque metres à peine de moi, il y avait au moins une dizaine de garçons dont plusieurs que je n'avais jamais vu, et presque autant de filles... Ça devait être des copains des grands frères de Lucas. La lumière du bassin était allumée de sorte que je pouvais malgré tout bien suivre la scène. Ils jouaient au foot autour de la piscine, le verre à la main. À priori, la fête se déroulait en absence des parents et avec pas mal d'alcool en circuit. La plupart d'entre eux avaient l'air bien entamés par les bières et à en croire les packs et les bouteilles qui trônaient sur une murette, la nuit promettait d'être mémorable. Il y avait un type qui nageait vaguement en tentant de sauver le verre qui lui restait encore en main. Deux autres, courraient, un en slip l'autre complétement nu autour de l'eau en se baguarant comme des gamins et cherchant mutuellement à s'attraper le sexe... Je pouvais voir aussi plusieurs couples couchés dans l'herbe, qui se roulaient des patins et se pelotaient copieusement à grands renforts de cris et de rires.

Soudain, une frayeur m'envahit. Lucas! Et s'il faisait partie des "amoureux"! C'en serait fini de mon rêve, volé par une rivale. En panique j'ai fait rapidement le tour de tous les présents... mais pas de Lucas... Cet instant de frayeur passé, je retrouvai mon calme. Je déserpérais déjà de le trouver, me creuvant les yeux à discerner une silhouette qui lui ressemble, dans le tableau. La lumière était moins éclatante au fur et à mesure qu'on s'éloignait des lampes allumées autour du bassin. J'ai scruté tous les raccoins de leur jardin ne distinguant rien qui m'aurait fait exploser de bonheur, mais personne.

Il s'est passé au moins une heure. Je suis resté planqué, attendant que ma petite voix tienne ses promesses. La scène devenait de plus en plus chaude, tournant pour ainsi dire à l'orgie adolescente. J'en prenais plein les mirettes, découvrant des aspects de la vie amoureuses de mes grands voisins. Je ne les avais que très rarement vus en compagnies de copines, et je ne les imaginais pas aussi entreprennants et imaginatifs... Le temps s'est encore écoulé, j'avais un peu froid, et je craignais de m'endormir sur place quand tout à coup, sorti de nulle part, il est arrivé comme une apparition! Il était dans un état de déchirement total. Il marchait en titubant, tenant bien haut la bouteille de champagne qu'il déversait lui même sur le sommet de sa tête. Personne ne faisait attention à lui, trop occupés à se "galocher" et à se "palucher".

Mon beau Lucas... D'où venait-il? Où avait-il passé la soirée? Malgré son état, il semblait encore magnifique. Une serviette de bain nouée autour de la taille, une longue chemise blanche romantique, grande ouverte et tranchant sur son beau petit torse doré de minet blondinet... J'en étais complétement bouleversé. Un court instant, une fille a momentanément laissé son partenaire, couché sur le sol, et s'est approchée de lui. Elle lui a, semble-t-il, glissé quelques mots à l'oreille, peut-être quelques propositions coquines, mais à priori sans succès car il a presque aussitôt cherché à lui échapper en faisant un écart. Sa manoeuvre plus qu'hasadeuse s'est effectuée si maladroitement, qu'en plaisantant, la fille l'a retenu par la serviette et a fini par lui arracher complètement... Lucas était pour ainsi dire nu. Son sexe et ses couilles balançaient librement entre ses jambes, et suivaient naturellement le rythme de sa démarche anarchique. Il m'est apparu tel que j'en avais toujours rêvé, encore plus beau que je l'avais imaginé. Il a marché comme un automate, tout droit dans ma direction jusqu'à se figer à peine à quelques pas de mon repère.

Un court instant, j'ai presque cru qu'il avait deviné ma présence. Je n'osais plus respirer, mais je n'en perdais pourtant pas une miette. Juste devant moi, son torse nu se soulevait au rythme d'une respiration difficile. Il cherchait un air plus frais qui lui manquait. Je savais qu'il allait sûrement être malade...

Il n'a pas bougé pendant de longues minutes. Son beau visage était très pâle, presque transparent. Une sueur froide coulait sur son front et sur ses yeux. J'aurais tellement voulu venir à son secours, mais je ne pouvais rien faire, sans me dévoiler, et en plus j'étais moi aussi complètement nu. Devant moi, son sexe lourd tombait à merveille sur une paire de couilles bien roulées. Son ventre brillait de sueur, à peine couvert d'une pilosité. On aurait dit une légère mousse blonde.

À cet endroit, au fond de son jardin, personne n'allait plus le remarquer! Les autres, imbibés d'alcool, laissaient encore échapper parfois quelques bribes de phrases, déjà étoufées par la nuit qui avait fini par tomber totalement. Dans quelques heures déjà, les premières lueurs du soleil d'été allaient poindre au lointain. Tout le monde roucoulait et mon beau Lucas s'effondrait sur la pelouse, au pieds de la cabane d'où je l'observais depuis des années. Les lampes de la piscine se sont éteintes, nous plongeant dans une obscurité à peine disputée par l'éclat des étoiles. Lucas semblait avoir totalement perdu connaissance. Sa respiration se faisait longue et profonde, trahissant l'état de comas dans lequel il s'était perdu.

J'ai encore attendu quelques temps, pesant le pour et le contre et me creusant la tête, puis, dans la fraicheur de la nuit, je suis sorti de ma cachette. J'ai fait le tour de la baraque en bois, et me suis glissé sous le grillage qui séparait les deux propriétés. Une très légère rosée commençait à se former dans l'herbe. Les fleurs d'été et la haie de tuyas restituaient toute les ôdeurs enmagasinées pendant la fournaise de l'après midi. Quand j'ai traversé la haie, mon torse s'est complètement mouillé. J'en ai éprouvé une émotion particulière...

Mon amour était là devant moi, presque nu, couché dans l'herbe. Je n'osais plus faire un seul mouvement tant cette présence me paralysait. Je me suis encore approché, les jambes tremblantes, et je me suis assis à ses côtés. Je l'ai observé de tout près! Il était plus jeune que je l'imaginais. La peau de ses joues était toute lisse, sans un seul poil de barbe, juste à peine un petit duvet blond à la moustache. Ses cheveux étaient ceux d'un ange tombé du ciel, et son visage était plus pâle encore. Je sonjeais que je n'aurais peut-être plus jamais de ma vie l'occasion de l'approcher d'aussi prêt. J'ai allongé le bras au-dessus de lui, comme pour me donner du courage, et le coeur battant à se rompre, j'ai enfin posé ma paume sur son torse.

Sa peau était fine, d'une douceur incroyable. J'ai tout juste effleuré ses épaules sèches et carrées, découvertes par sa grande chemise blanche, puis je suis parti à la découverte de son corps. Pour la première fois j'avais la possibilité de toucher un autre corps que le mien, mesurant à chaque seconde combien mes sens ne m'avaient pas trompé. J'en étais désormais certain, c'était bien ce garçon qui tourmentait toutes mes nuits. Dans la pénombre les sensations du toucher s'en trouvaient accrues. Au fil de mes découvertes, je sentais ses petits seins pointus et frais rouler sous la paume de ma main, puis la forme de ses côtes sous sa peau. Je prennais peu à peu possession de lui, sans qu'il ne se rende compte de rien.

Progressivement je sentais ma hardiesse croître, m'invitant à poursuivre plus loin encore. J'ai fait glissé ma main sur sa poitrine, j'ai gagné ses abdos que j'ai trouvé presque à regrets souples et relachés, mais si tendres et si beaux.

Enfin, rassemblant tout mon courage, j'ai réalisé ce que seulement quelques heures auparavant, je n'aurais jamais osé rêvé faire. Mes doigts se sont enroulés autour de son sexe, et mon autre main est venue soupeser et caresser ses bonnes couilles de grand garçon. À cet instant, mon amour pour lui était si grand. J'aurais voulu le protéger. J'aurais voulu me coucher sur lui pour le tenir chaud, ou me lover contre son torse, et rester là jusqu'à lever du soleil. Je l'ai couvert de bisous, partout sur le corps. Ses jambes étaient longues, ses cuisses éfilées et le poil blond de ses mollets chatouillait mes lèvres. Je ne me lassais pas de jouer avec ses muscles fins, avec sa peau et avec son sexe qui sentait si bon.

Je n'avais encore jamais éjaculé, mais cette nuit là pourtant, sans même que j'y touche, mon sexe bandé comme jamais s'est tendu comme un arc, et une secousse électrique m'a déchiré le ventre, expulsant ses premières salves, fixant cette fois définitivement mon sort: j'aimerais les garçons, c'était une certitude; et celui qui venait de me procurer ce plaisir exceptionnel, j'en ferais à coup sûr mon partenaire de jeux.

Il fallait rentrer. J'ai pris le soin de chercher une couverture qui était rangée avec les vieux meubles de mon père, et je l'ai délicatement déposée sur le corps endomi de Lucas. Pendant un instant, j'ai cru tout de même le voir ouvrir légèrement un oeil dans ma direction. Il s'est blotti sous la couverture, m'a fait un grand sourire, laissant apparaître de belles dents blanches, comme pour me remercier. J'étais sous son charme, comme envouté. Il a sorti un bras lentement de la couverture, et sans parler, m'a fait signe de m'approcher, plus près, plus près encore. Je me suis baissé pour écouter ce qu'il voulait et il m'a dit: "C'est toi mon petit ange gardien? Tu n'as pas froid?"

Il m'a encore fait signe de me rapprocher, puis a pris ma main dans la sienne, et m'a attiré tout contre lui. Je me suis laissé faire. Il s'est à peine redressé, en appui sur un coude, et de sa main, exercant une pression sur mon dos, il a approché mon corps de son visage et a déposé deux baisers sur ma peau: le premier sur mon torse, et le deuxième sur mon sexe, puis est retombé dans un sommeil bien mérité.

J'étais sûr qu'au réveil, il ne se souviendrait plus de rien... Et pourtant...

À suivre...