Jim Anderson et le dernier des Anges Libres (00)


Jim Anderson et le dernier des Anges Libres (00)
Texte paru le 2014-08-25 par Tom   Drapeau-fr.svg
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L'histoire débute un an après la fin de Jim Anderson et le secret de l'Or Blanc. Le monde est plongé dans le chaos suite à la mise sur le marché de l'Or Blanc.


Précédemment dans et dans.

Jim Anderson est probablement l'un des meilleurs détectives privé de la ville, mais il se consacre à des affaires pour le moins particulières.

« Au-dessus du heurtoir, une plaque métallique gravée révélait l'identité du propriétaire des lieux. »

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Mais Jim est également victime d'une cruelle malédiction lancée par le sorcier fou, Kamji.

« Malheureusement ce n'est pas si simple. Je… je ne suis plus tout à fait humain. J'ai été maudit par un magicien et pour survivre, je dois, entre autre chose, boire le sperme d'un homme après l'avoir fécondé de mon sperme. »

« La nuit de chaque pleine lune il rêvait d'un démon et ce dernier devait le fécondé avant que le soleil ne se coucha sur le jour suivant. »

Quand Thomas Acier se rend à son bureau, il ne se doute pas encore de l'affaire dont il va hériter.

« Mon fils a disparu depuis une semaine et… »

Et lorsqu'il découvrit les plans de Kamji, le sorcier fou, et de sa fille Tamara, ses pires cauchemars devinrent réalité.

Leur drogue, qu'ils baptisèrent Or Blanc à cause de la couleur laiteuse que lui donnait le sperme, transformait les étudiants cobayes en bêtes affamés de sexe.

En fonction du dosage, ils parvenaient à maintenir la copulation pendant le temps désiré et ils s'aperçurent, par accident comme souvent lors des grandes découvertes scientifiques, qu'il leur suffisait d'y adjoindre un peu de l'ADN d'un individu pour que celui-ci devienne l'unique victime du drogué.

Peu à peu l’Or Blanc plongea le monde dans le chaos

Petit à petit, le monde était tombé dans une décadence où l'Or Blanc permettait de discréditer n'importe quel homme politique. […] Les hommes n’osèrent plus sortir de chez eux […] Parallèlement, certains démons décidèrent de profiter de la situation chaotique pour sortir de l'ombre et s'en prendre aux humains. Des gouvernements tombèrent, d'autres se muèrent en dictatures et en six mois plus de deux-milles ans de civilisation se retrouvèrent réduits à néant.

Afin de lutter contre ce fléau, Jim créa le Conseil des Ombres

Il avait créé le Conseil des Ombres, une organisation aux multiples objectifs dont le but avoué était la découverte d'un vaccin qui permettrait de protéger la population de l'Or Blanc. […] … le conseil s'était formé autour de Thomas, le père de Mike, et Tamos, le démon Kriss, chargés des relations avec le monde démoniaque, et d'Olivier et de Nicolas, deux frères, anciennes victimes de Jim. Par la suite, d'autres s'étaient joints au petit groupe. Ainsi, Liam, un jeune homme blond aux allures de jeune premier était maintenant chargé des relations du Conseil avec les humains, Peter, un ancien avocat d'une quarantaine d'année gérait les finances du groupe et Paul, un militaire à la retraire et ancienne victime de Jim s'occupait des projets de défense.

Tamara, la fille de Kamji les avait rejoints par amour pour Mike.

Aujourd'hui, avec Mike, elle gérait le département Recherche et Développement, sans doute la branche la plus importante du Conseil.

Jim interrogea ses contacts du monde démoniaque pour trouver le remède à l’Or Blanc, Gustave, le Journaliste de l’Observeur, le journal du monde démonique en premier lieu.

[…] un homme en costume sombre, très élégant. Brun aux cheveux courts, les épaules larges et le ventre plat, il ne paraissait guère avoir plus d'une quarantaine d'année. Mais bien que Jim ignore son âge exact, il savait que le démon qui se tenait devant lui avait largement dépassé son centième anniversaire. « Tu as dit qui tu disposais d'informations sur l'endroit où se trouve le sorcier Kamji, attaqua-t-il directement. »

« Jimmy… Jimmy… ne soit donc pas si pressé. Nous avons tout notre temps. Viens donc t'asseoir un peu, après tout ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu… »

Mais Gustave se révéla être un traitre à la solde de Kamji.

Un piège… il aurait du s'en douter… il ne fallait pas faire confiance à ces pourritures de démons !

« Pourquoi ? voulu quand même savoir Jim. »

Le démon ricana.

« Le choix, Jimmy, tout est toujours une question de choix. Regarde autour de toi, regarde toute cette énergie sexuelle, et tout cela rien que pour moi. Kamji s'est montré plus que généreux, tu ne trouves pas. »

Dans le plus grand secret, le sorcier Kamji avait créé une race de démon totalement nouvelle, les Koloss…

« L'histoire des démons Koloss, diffère quelque peu de celle que l'on trouve dans tout bon manuel scolaire… et elle est surtout beaucoup plus récente. Il ne s'agit pas d'une ancienne espèce qui proviendrait du fin fond des entrailles de la terre ou d'un pays exotique complètement inconnu. Non, ce ne sont que des rumeurs propagées par les soins de Kamji. Comme je le disais, leur histoire est beaucoup plus récente puisque cette espèce a été créée de toute pièce par le Maître Sorcier. »

… une espèce à la reproduction très particulière…

« […] et si tu n'as jamais vu leur femelle, c'est tout simplement qu'elle n'existe pas… »

Pas de femelle… […] Mais comment se reproduisaient-ils ?

[…] la reproduction des Koloss. Et bien vois-tu Jimmy, elle est des plus particulières et nécessite un reproducteur humain.

[…] donc le reproducteur humain va porter l'embryon jusqu'à son terme mais pour cela, il doit être fécondé trois fois dans un ordre bien précis. »

… pour s’en faire une armée…

« Il avait besoin d'hommes de main… ou plutôt de démons de main… qui lui soient totalement dévoués. »

… et Paul, l’ancien militaire, fut l’une de leurs victimes.

Jim compris soudain qu'il comptait s'en prendre à Paul et non à lui ; et cette idée le révolta.

« Je ne pense pas t'avoir donné l'autorisation de parler le bidasse. Tu as quarante ans, des muscles robustes et puissants, un physique d'athlète de haut niveau et tu as déjà procréé, le profil idéal pour servir de reproducteur. »

Jim décida de se venger de Gustave et partit avec Liam au siège de l’Observeur…

Il ne sera pas dit que s'en prendre à Jim Anderson puisse rester impuni ! […]

[…] Mais où était Liam ?

… mais les choses ne se passèrent pas comme prévu…

[…] il vit Liam, nu, sur le dos, les jambes repliés et les cuisses écartées. Il était maintenu par des chaînes aux poignets et aux chevilles. Entre ses jambes il vit Gustave. Il tenait quelque chose à la main et maintenait cette chose entre les cuisses de sa victime.

« C'est une verge de xiezhi, une sorte de licorne à deux têtes. […] et lorsque l'objet en question féconde un être, son sperme agit comme le plus puissant des sérums de vérité. »

… et Liam en fut pour ses frais.

La verge de xiezhi continua d'entrer dans les intestins de Liam, se frayant impitoyablement un passage.

Mais Liam récolta aussi des informations qui permirent à Jim et son équipe de retrouver Kamji…

« Est-ce vrai ce que tu as dit ? Sais-tu où se trouve Kamji ? »

« Oui. Il est dans les Grottes de la Perdition. Il pense ne courir aucun danger là-bas. »

… et de tomber dans son piège.

Un éclair d'énergie bleue avait brusquement traversé la sale et frappé Tamara de plein fouet. La magicienne s'était effondrée sur le champ, alors que des légions de Koloss se déversaient dans la pièce. Les autres membres de l'équipe s'étaient regroupés autour de leur amie tombée tandis que Kamji en personne pénétrait dans la pièce.


Le combat fut rude et Jim se retrouva piégé, soumis aux sévices de Kamji…

La réplique de Kamji fit tressaillir Jim alors que le sorcier présentait son chibre épais à l'entrée de son fondement serré. Quatre puissants Koloss maintenaient fermement le détective allongé sur le dos sur une épaisse table de pierre brute, les mollets posés sur les épaules du sorcier. Son pantalon était en lambeau et sa chemise avait pour ainsi dire disparu. La chaleur qui émanait du gland rouge et gonflé contrastait avec le froid de la roche qui lui envahissait le dos. Il essaya une fois encore de se dégager mais les Koloss le tenaient avec trop de force par les bras et les jambes.

… qui décida de modifier la malédiction qui pesait sur le détective…

« Je vais te faire un cadeau Jim… après tout, tu le mérites avec ce que tu m'as apporté. Je vais lever la malédiction qui pèse sur toit… ou plutôt la modifier… »

… en le rendant dépendant à la semence de l’homme qu’il verrait à son réveil.

« Je… je voulais que Jim me rejoigne. Qu'il soit dépendant de moi. Le sort que j'ai lancé à, en quelque sorte, remis à jour, Jim. A son réveil, j'aurais dû être la première personne qu'il voyait et à partir de là il m'aurait appartenu. »

« Parce que ce sort impliquait que celui qui le recevait devait recevoir la semence du premier homme qu'il verrait à son réveil… »

Mais l’intervention inopinée de Liam changea tout et le jeune homme fut celui que Jim vit à son réveil.

« Je… je suis désolé dit Liam. Si je n'avais pas… »

« Tu n'y est pour rien, ce n'est pas toi qui m'a lancé le sort après tout et s'il fallait choisir entre toi et Kamji… »


Piégé, Kamji passa aux aveux, forcé qu’il l’était par un puissant artéfact. Il avoua la formule du remède contre l’Or Blanc…

On l'ap…pel le Liqueur des Anges. Illl s'agggirait en …ffffait… du Sssperme d'un Ange.

… et ce qu’il savait des Anges…

« Des Anges ? l'interrogea Liam, mais ça n'existe pas ! »

« Oh si… il existent, les sorciers, les démons, les dieux, les anges, ils existent tous. […] Ils n'apparaissent presque jamais aux hommes. Ils ont une hiérarchie bien établie et certains vivent apparemment parmi nous. J'ai essayé d'en trouver car ton père suivait leur piste pour fabriquer un antidote à ton état, mais je ne suis pas parvenu à les localiser. La dernière information que j'ai eu c'est un nom : Gorgidas. »

… et un secret qui bouleversa Jim

« Pourquoi dis-tu que mon père les recherchait pour me guérir, mon père est mort ! »

« Mort ! non. […] Il a parcouru le monde et doit toujours le parcourir d'ailleurs pour rechercher un remède pour toi. J'ai perdu sa trace il y a plusieurs années mais une chose est sûr, il n'est pas mort.


PROLOGUE
Il y a bien longtemps…

Athènes, 380 Av. JC.

Pélopidas avançait à grand pas dans les rues de l’Antique Athènes. Le soleil, à son zénith, était de plomb et le ciel aussi bleu que la mer Egée. Il ne pouvait se permettre d’être en retard, l’opportunité était trop belle. Argos lui avait arrangé cette entrevue avec le Conseiller Priam et il savait combien son temps pouvait était précieux.

Athènes… Il y était depuis deux années déjà… Et il la détestait. Ou plutôt il détestait l’exil qui lui avait été imposé par les envahisseurs de Sparte… Il ressentait encore en lui l’humiliation et la haine qu’il avait ressentie alors, lui le guerrier, lui qui avait combattu pendant la Guerre de Corinthe. Plein de fureur et de bravoure, il avait affronté les spartiates aux côtés de ses fidèles compagnons et du plus loyal d’entre eux, le brave Epaminondas, celui qui l’avait sauvé au péril de sa vie, luttant seul alors que lui se tenait au sol, blessé… Mais la revanche approchait, il le savait, il le sentait. Les autres se tenaient prêts et il savait pouvoir compter sur certains de ceux restés à Thèbes. Ceux qui, comme Epaminondas, attendaient leur heure, prêts qu’ils étaient à renverser la dictature imposée par Sparte. Mais toute révolte, aussi attendue soit-elle, nécessite armes et fonds… et aujourd’hui il tenait sa chance de les obtenir.

Il tourna au coin d’une rue puis pénétra dans un vaste jardin au fond duquel trônait une luxueuse villa. Sans perdre de temps, il emprunta le chemin de pierre blanche qui menait à la porte de la résidence et frappa trois fois. Son attente fut de courte durée et quelques secondes plus tard, une servante vint lui ouvrir la porte.

— Je suis Pélopidas, lui dit-il. J’ai rendez-vous avec ton maître, le Conseiller Priam.

Sans répondre, la servante ouvrit la porte et lui fit signe d’entrer. Tout en la suivant, Pélopidas admira la luxueuse demeure. Il savait les athéniens amateurs d’arts et de belles choses, mais les collections du Conseiller semblaient dépasser tout ce qu’il avait pu imaginer. Poteries délicates et richement peintes de motifs d’or et sculptures monumentales ornaient chaque centimètre de sol, chaque millimètre de mur. Ici une reproduction de la grandiose statue de Zeus d’Olympie, là un vase sublimement ouvragé. Pélopidas était fasciné par un tel étalage de richesses et sans qu’il ne s’en rende compte, il se retrouva devant une haute double porte de bois blanc somptueusement ouvragée. La servante frappa puis entra sans attendre, Pélopidas à sa suite.

Le Conseiller Priam se tenait derrière un vaste bureau de marbre, plongé dans la lecture d’une liasse de documents. Pélopidas ne l’avait jamais rencontré et fut de suite impressionné par la stature puissante de l’homme. La servante lui fit signe d’avancer puis rebroussa chemin et ferma la porte derrière elle. Il attendit quelques minutes puis, comme le Conseiller ne semblait pas s’être aperçu de se présence, se racla doucement la gorge.

Priam leva lentement la tête et darda sur lui un regard noir et glacé. Pélopidas déglutit péniblement, douché par l’accueil du Conseiller. L’homme le fixa un moment, l’examinant de la tête aux pieds sans la moindre gêne puis, lentement, il se dressa et s’avança vers lui. Pélopidas, le regardait approcher, paralysé et fasciné malgré lui par la puissance qui se dégageait de son hôte. Ils avaient à peu près le même âge, estima-t-il, une quarantaine d’année, et bien qu’il semblait exercer son métier derrière un bureau plutôt que sur les champs de bataille, son corps présentait une musculature ferme et tout aussi développée que celle des lutteurs qu’il avait maintes fois vu combattre à la palestre. Il portait l’exomide, cette courte tunique formée d’une seule pièce de tissu drapée autour de sa poitrine, entourant l'épaule gauche et laissant nue la droite. Resserrée à la ceinture par une cordelette, elle laissait libre son bras droit musclé et dévoilait à demi son torse développé et recouvert d’une toison drue, aussi courte et noire que sa chevelure. Il était rare que des hommes de son statu porte un vêtement si simple, habituellement réservé aux artisans, aux soldats ou aux ouvriers. Pourtant cet habit renforçait encore la puissance qui émanait de son corps. Pélopidas, bien que rompu aux arts de la guerre depuis des années déjà, se sentit petit face à l’homme qui le dépassait d’une bonne tête. Il était pourtant loin d’être malingre. Guerrier aguerri il continuait de s’entraîner avec ses semblables malgré son exil forcé, se préparant aux durs combats qui les attendaient. Ses muscles s’étaient encore arrondis depuis son arrivé à Athènes ce qui lui valait un succès certain auprès des femmes qu’il rencontrait ; car bien que son épouse lui manqua, aucun homme ne peut garder abstinence aussi longtemps. Sa famille… elle lui manquait tout autant que sa belle cité de Thèbes. Son fils devait avoir bien grandi en deux ans. Il se souvenait de son large sourire, de ses cheveux aussi blonds que les siens… Mais l’heure n’était pas à l’apitoiement. Il avait une mission. Priam pris son menton entre le pouce et l’index de sa main droite et leva son visage vers le siens.

— Que… que… que faites-vous ? Balbutia-t-il.

Sans répondre, il fit pivoter sa tête de droite et de gauche comme s’il l’examinait. Puis il le relâcha, le prit par les épaules et le maintient droit à un mètre de lui. Ses mains glissèrent alors vers les deux broches qui maintenaient le tissu de sa tunique au niveau de ses épaules, des broches qu’il tenait de son père. Joliment ouvragées, il les gardait pour les grandes occasions. Et rencontrer le conseiller Priam était pour lui une grande occasion. Cet homme ne tenait-il pas entre ses mains le destin de son peuple ?

Pélopidas déglutit alors qu’il entendit les broches céder sous les doigts experts et qu’il sentit le tissu glisser sur son torse totalement imberbe. Il osait à peine respirer, son sang battait dans ses tempes, assourdissant. Que se passait-il ? Que faisait-il ? Que voulait-il ? — Je suis venu pour… Commença-t-il.

Mais Priam d’un regard sévère lui intima de se taire tout en déliant le nœud de la cordelette qui le ceignait au niveau de la taille, seul lien retenant à présent sa tunique. Le fin tissu glissa sur ses jambes, le révélant dans toute sa nudité aux yeux de l’homme qui le regardait attentivement. Il y avait quelque chose de malsain dans ce qui se produisait, mais Pélopidas se sentait incapable de réflexion cohérente.

— Hum… fit Priam en tournant autour de lui, examinant chaque centimètre de sa peau glabre.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, jamais un poil n’avait recouvert son corps, tout juste un léger duvet ; ce qui lui avait valu plusieurs fois les railleries de ses camarades lors des entrainements et les propositions les plus douteuses de certains qui, en manque de compagne, se seraient volontiers contentés de sa peau douce.

— Argos ne m’avait pas menti, continua-t-il.

— Menti sur quoi ? Osa demander Pélopidas.

— Sur ce que semble être tes capacités… Je sais ce que tu as à me demander Pélopidas… Pélopidas le banni… Pélopidas l’exilé…

Priam se tenait maintenant derrière le guerrier et continua de lui murmurer à l’oreille.

—Je sais ce que c’est d’être guerrier et de combattre pour son peuple… mais tu es un guerrier sans patri Pélopidas… un guerrier sans combat… J’ai aussi combattu Sparte pendant la Guerre de Corinthe, et je hais cette engeance au moins autant que toi… et je pense que nous pourrions nous rendre mutuellement service, termina-t-il, en posant ses mains sur ses hanches.

Le Thébain se raidit au contact des mains rudes de l’homme sur sa peau. Il sentait Priam derrière lui, puissant et fort. Que devait-il faire ? Il n’avait que l’envie de se sauver, de quitter cette situation qu’il ne pouvait contrôler. Mais son peuple souffrait et lui, Pélopidas pouvait faire taire ces souffrances. Mais que voulait Priam ? Que souhaitait-il de lui ?

— Je… je… je ne comprends pas, que voulez-vous de moi ? Finit-il par demander.

— Es-tu vierge Pélopidas, éluda Priam.

— Vierge ? S’étonna-t-il, hésitant entre étonnement et indignation que l’on puisse mettre en doute sa virilité. À mon âge nul homme fait ne saurait être vierge, Conseiller. J’ai une femme et un enfant à Thèbes qui prouve ma vigueur.

Priam ricana doucement, un rire grave et rauque qui fit se dresser les poils de Pélopidas.

— Je ne parlais pas de cette virginité, dit-il en le faisant avancer vers son bureau. Un homme s’est-il déjà introduit en toi, s’est-il déjà servi de ton corps pour satisfaire son plaisir ?

— Jamais ! S’insurgea le thébain.

Il savait la pratique courante, surtout à Athènes, et notamment à la palestre. Mais jamais il n’avait éprouvé le moindre désir pour un membre de son sexe…

Et puis soudain, il comprit.

Il comprit ce que Priam attendait de lui. Il voulu se retourner, faire face à l’homme qui prétendait se servir de son corps, mais les bras du Conseiller l’en empêchèrent.

— Je vois que tu comprends vite, Pélopidas… Je sais ce que tu veux de moi et je suis prêt à te fournir les armes et les fonds qu’il te faut pour ta petite rébellion. Mais en échange, je dois pouvoir disposer de ton corps comme bon me semblera, pour mon usage personnel ou tout autre mission que je pourrais te confier.

Pélopidas se sentait prisonnier. Pourtant Priam ne le maintenait que par les épaules. Mais la prison qui l’enfermait était tout autre. Il avait frappé à de nombreuses portes pour obtenir l’aide dont il avait besoin. Mais personne n’osait la lui fournir, trop apeuré qu’ils étaient par la puissance de Sparte. Priam était sa dernière chance, la seule de libérer son peuple, de permettre à son fils d’avoir l’avenir qu’il souhaitait pour lui.

— Ai-je une autre solution ? murmura-t-il.

— C’est ta décision, Pélopidas, lui murmura Priam tout contre son oreille. Elle t’appartient. Je ne peux t’obliger à accepter le marcher. Mais je doute qu’un autre que moi t’en propose de meilleur.

— Alors faites vite, dit le Thébain en posant les mains sur le bureau.

Priam ricana.

— Non, Pélopidas, fit-il doucement. Je prendrai tout le temps qu’il me faudra, j’ai tout le temps du monde. Mais je dois d’abord vérifier tes dires, vérifier ta virginité.

D’une pression sur la tête, il le fit se pencher d’avantage en avant puis il lui écarta les jambes avant de s’agenouiller. Le thébain se sentait humilié dans cette position de soumission mais il ne bougea pas. Il ne bougea pas non plus lorsqu’il sentit les mains de Priam se poser sur ses fesses et les écarter. Mais il ne put empêcher son corps de se raidir lorsque le doigt du Conseiller s’introduisit en lui.

— Non ! Ne put-il s’empêcher de crier alors que son anus se refermait sur le doigt inquisiteur.

— Un marché est un marché, Pélopidas, lui rappela Priam. Mais il est encore temps pour toi d’y renoncer.

Renoncer… il ne pouvait se le permettre.

Le Thébain se pencha plus en avant encore et cambra son dos, essayant de se détendre.

— Voilà qui est mieux, repris Priam en faisant coulisser son majeur dans le conduit serré. Tu ne m’as pas menti, ton fondement est bien vierge et encore plus serré que l’intimité d’une jeune fille avant ses noces. Mais ne t’en fait pas, poursuivit-il… avant la fin du jour tu pourras être fier de l’avoir perdue.

Et, sans attendre, la bouche du conseiller fondit sur l’anus palpitant et sa langue s’y enfonça profondément.

— Que faites-vous ?! S’exclama Pélopidas, prit de panique.

Les sensations qui se déchainaient en lui avaient quelque chose de terrifiant. Jamais personne ne l’avait caressé de cette façon et le dégoût qu’il éprouvait de se sentir ainsi dominé n’avait d’égal que le plaisir qu’il ressentait. Il se mit à haleter, à geindre, s’effondrant sur le bureau. Lorsque Priam s’empara de son sexe et commença à le masturber, il se mordit douloureusement la lèvre, s’empêchant de hurler de plaisir, mais quand le majeur du conseiller rejoignit sa langue et s’enfonça profondément en lui, il ne put retenir sa jouissance et se libéra abondamment dans la main qui le caressait avec un puissant râle de soulagement. Pélopidas s’effondra au sol, comme vidé de toute force. Il vit Priam comme dans un brouillard lui sourire.

— Voilà qui est prometteur, lui dit-il en se léchant les doigts recouverts de semence.

Puis il se sentit soulevé et on le conduisit dans une pièce voisine avant de le déposer sur une couche moelleuse. Priam se dénuda devant lui, lui révélant son corps puissant, son imposante virilité tendue devant lui. Puis il s’allongea sur son corps, lourd, dense et spontanément les cuisses du thébain s’écartèrent pour l’accueillir.

— Tu apprends vite, le félicita son amant avant de poser sa bouche sur la sienne.

Pour Pélopidas, la sensation était nouvelle. Il avait déjà embrassé nombre de femmes. Mais un homme, c’était tout autre chose. L’Athénien se montra exigeant, dominant. Sa langue rugueuse fouillait puissamment sa bouche, domptant la sienne, l’obligeant à se soumettre à sa volonté. Il sentait le goût de sa semence dans la salive qui envahissait sa bouche et contre toute attente, il en ressenti une plus grande excitation encore, répondant avec ardeur à ce baiser.

Ils restèrent souder plusieurs minutes et lorsque le Conseiller s’écarta, Pélopidas se sentit abandonné et chercha la bouche de son amant. Priam lui sourit.

— Je vois que tu as repris des forces, lui dit-il. Il est temps de poursuivre.

Il se redressa alors et chevaucha le torse du Thébain, présentant son sexe massif contre ses lèvres.

Pélopidas compris ce qu’il attendait et, fasciné par la longueur et l’épaisseur du mandrin, ouvrit la bouche, d’abord timidement puis toute grande alors que le conseiller gagnait en profondeur. Il ne savait guère comment procéder et tenta de faire coulisser sa langue autour du membre, arrachant un gémissement à son propriétaire. Enhardit par ce succès, il tenta d’avaler le sexe plus encore. Priam le laissa faire et s’enfonça plus loin, mais bientôt le thébain se mit à suffoquer. Le Conseiller le regarda droit dans les yeux mais ne bougea pas alors que la panique envahissait son regard. Des larmes se mirent à ruisseler de ses yeux et il tenta de le repousser. Mais l’homme était trop fort. La gorge maltraitée convulsa et Pélopidas cru sa dernière heure arrivée, mais tandis qu’il se sentait partir, la pression se relâcha et une grande bouffée d’air envahit ses poumons. Il toussa, cracha, comme Priam s’allongeait de nouveau sur lui et reprenait sa bouche.

— L’heure est arrivée, finit par dire l’athénien, en se redressant et en positionnant les mollets de Pélopidas sur ses épaules. Respire à fond.

Le thébain, encore étourdit par ce qu’il venait de vivre, ne comprit les propos du Conseiller que lorsqu’il sentit son chibre butter contre son fondement. Il savait que cela allait arriver, mais il ne put s’empêcher de paniquer. Mais l’autre avait anticipé sa réaction et lui saisissant doucement les testicules, il les pressa délicatement. Le corps de Pélopidas se cambra sous l’effet de sa surprise et de la douleur puis se relâcha totalement. Le conseiller guettait se moment, et lorsque la détente se fit maximale il s’enfonça brutalement dans le fondement inviolé.

Les yeux de Pélopidas s’écarquillèrent de terreur et sa bouche s’ouvrit grande, mais aucun son n’en sortit. Le souffle coupé, il tenta de respirer, de se redresser mais Priam le maintint fermement allongé.

— Chut, l’encouragea le conseiller, le plus dur est passé.

Sans attendre, il poursuivit sa pénétration en caressant le corps tendu qu’il dominait. Puis il se retira à demi, fit diminuer la pression et repris son avancement. Le Thébain, grimaçait, geignait. Parfois, alors que la douleur transperçait son corps, il se redressait et tentait de repousser son assaillant. Mais Priam le repoussait, tantôt avec douceur, tantôt avec plus de force. Le combat dura plusieurs minutes avant que le Conseiller ne s’arrête et d’un violent coup de rein, ne s’introduise totalement. Pélopidas, sa cabra, mais la poigne de Priam l’empêcha de se soustraire à la douleur qui le transperçait. Il commença à bouger, lentement, puissamment. Il avait maintenant le temps. Il profita de chaque seconde de cette plénitude qu’il ressentait à posséder un manchon aussi parfait. Plus d’une heure durant, Pélopidas subit les assauts tantôt calmes et doux, tantôt puissants et vifs de son amant. Son corps ne lui appartenait plus ; autonome, il se tortillait de plaisir, s’accrochait à son tortionnaire, semblant en demander toujours plus. Les deux corps brillant de sueur ne firent bientôt plus qu’un et lorsque Priam, au paroxysme de son plaisir se vida en lui, Pélopidas jaillit sur le corps ferme et s’effondrait sur lui.

* * *

Thèbes, 380 Av. JC.

Epaminondas alla se coucher. Une nouvelle journée sous le jouc de Sparte venait de s’achever. Il lui devenait de plus en plus difficile de supporter l’occupation des spartiates. Depuis deux ans il devait faire semblant, accepter le diktat des traitres. Il regrettait parfois de ne pas s’être exilé comme son ami Pélopidas.

Pélopidas… il lui manquait bien plus qu’il ne l’aurait cru possible. Il prenait soin de sa femme et de son fils, c’était le moins qu’il puisse faire, mais il attendait le jour de la revanche, le jour où, avec les exilés, il reprendrait le pouvoir aux spartiates.

Aujourd’hui, il s’était rendu à la Cadmée, la citadelle de la cité de Thèbes, prise de force par leurs ennemis. La voir remplie de soldats étrangers l’avait rendu malade au point qu’il s’était détourné pour aller vomir. Marcher lui avait fait du bien et l’aller et retour de la ville à la citadelle lui avait fourni l’exercice dont il avait besoin.

Il ne tarda pas à s’endormir d’un sommeil agité. Comme chaque nuit, il revivait les combats de la Guerre de Corinthe. Tous ces morts parmi ses amis. La blessure de Pélopidas, la chute de Pélopidas. Son ami gisant au sol, blessé… et la rage qui s’était emparée de lui. Il l’avait protégé avec toute la hargne dont il était capable, tuant leurs ennemis les uns après les autres. Aucun n’aurait pu les approcher…

Et puis soudain son rêve changea et une sensation de chaleur et de sécurité l’envahit.

Epaminondas…

Ce n’était pas la première fois qu’il entendait cette voix, pas la première fois qu’il ressentait cette sensation de bien-être. Mais il y avait quelque chose de différent aujourd’hui. Il se trouvait dans une pièce sombre mais une lumière intense brillait devant lui, s’approchant doucement.

Epaminondas… repris la lumière. Tu dois défendre ton peuple, le protéger de ceux qui veulent le détruire.

— Mais comment, l’interrogea Epaminondas.

Prends patience, Epaminondas, le jour viendra où les exilés de Thèbes reviendront, où les spartiates seront chassés de la Cadmée. Alors d’autres devront occuper la citadelle afin que nul autre ne puisse s’y installer. Un bataillon entier fait d’hommes prêt à se sacrifier les uns pour les autres. Par deux unis par les sentiments les plus forts. Toujours ils se protègeront, comme toi et Pélopidas. Leurs corps et leurs cœurs s’uniront, aussi tendre entre eux que dur avec l’ennemi.

La lumière s’approcha encore, se collant contre sa poitrine nue.

Sent leur désir Epaminondas. Sent leur passion.

Et brusquement, ses reins s’enflammèrent et son sexe durcit. Son corps se mit à se tordre de plaisir, oscillant entre jouissance et douleur. La lumière descendit vers son sexe et lorsqu’elle se fondit en lui, il se sentit partir, criant son plaisir.

Epaminondas se redressa dans son lit, hors d’haleine, le corps couvert de sueur. Quelque chose avait changé dans son rêve. Il sentit une substance fluide et chaude couler entre ses cuisses et repoussa le drap qui le recouvrait. Tout n’avait pas été que rêve. Sa semence abondamment rependue sur son corps en témoignait.

Prends patience, Epaminondas, cru-t-il entendre la voix, bientôt je te rejoindrai.