Jim Anderson et le dernier des Anges Libres (11)


Jim Anderson et le dernier des Anges Libres (11)
Texte paru le 2014-12-21 par Tom   Drapeau-fr.svg
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CHAPITRE 11

Intrusion

De nos jours,

Jim se réveilla lentement. Comme tous les matins, il crut un moment qu’il avait rêvé de démons, d’Anges, de sorciers ou encore d’Or Blanc. Il ne s’agissait là que d’une fraction de seconde, un instant simple et magique où sa vie d’avant refaisait surface, à une vie normale. Puis de nouveau sa mémoire revint, l’instant était passé.

Il grogna, les yeux toujours fermés et sentit le corps de Liam derrière le sien, son sexe toujours profondément enfoncé en lui. Liam…

Le jeune homme était collé contre son dos, la tête enfouit dans son cou, une main enroulée autour de sa taille.

Liam…

Cela faisait maintenant près d’un an qu’ils partageaient la même chambre… le même lit… D’abord par soucis de praticité et puis… et puis quoi ? Il n’en savait rien…

Dans les mois qui avaient suivi leur victoire sur Kamji dans les Grottes de la Perdition, Jim et Liam s’étaient efforcés de faire face aux conséquences de la nouvelle malédiction qui touchait le détective. Les effets ne s’étaient pas fait attendre, et dès la première nuit, Jim s’était rendu dans la chambre du jeune homme. Transpirant, brûlant de fièvre, il avait inconsciemment su ce qu’il devait faire pour mettre fin à ses tourments… tout comme Liam. Jim ne gardait que des fragments de souvenirs de cette première nuit… des images… des sensations. Liam éveillé, le voyant pénétrer dans sa chambre. Liam de nouveau, écartant spontanément ses draps pour lui permettre de s’y glisser. Lui, venant se blottir contre le corps du jeune homme, lui tournant le dos. Puis Liam le pénétrant sans effort, comme si l’acte était naturel.

Au matin, il s’était éclipsé avant son réveil, mais la nuit suivante, tout recommença. Aussi curieux que cela puisse paraître, la malédiction ne se manifestait jamais de jour. Mais nuit après nuit, Jim rendait visite à son nouvel amant. Le jeune homme se montrait tantôt doux et calme, tantôt brutal et exigeant. Dans ces moments, il le découvrait sous un nouveau jour, dominateur et vicieux, parfois un peu sadique, le poussant à des pratiques auxquelles il refusait de penser tant il y prenait plaisir. L’acte en lui-même ne pouvait durer que quelques minutes, mais Liam savait également le prolonger des heures.

Au début, Jim s’était interdit de ressentir quelque plaisir que ce fut. Lui, rompu à son rôle de dominateur, obligé de chaque jour fécondé un nouvel homme vierge qu’il soit ou non consentant, se retrouvait obliger de se soumettre aux pulsions d’un autre. Mais bientôt, il ne put ignorer le plaisir qu’il ressentait à se faire ainsi dompter.

Les autres membres du Conseil des Ombres s’aperçurent bien vite de leurs rencontres nocturnes mais ils ne firent aucun commentaire et Jim leur en fut gré.

Peu à peu, une routine s’installa si bien qu’il leur parût naturel de faire chambre commune. Après tout, ils passaient toutes leurs nuits ensemble. Il devenait idiot de monopoliser deux pièces. Ainsi, Liam emménagea-t-il dans celle de Jim.

Malgré cette nouvelle proximité, leur relation resta en l’état. Ils ne se considéraient ni comme un couple, ni comme des amants. Jim les voyait plutôt comme des associés et aucun sentiment n’étaient de mise. Au lit leurs gestes se limitaient à l’acte en lui-même, la tendresse n’y avait pas sa place. Du moins, le pensait-il.

Il prit le bras de Liam et tenta de le repousser doucement. D’après ce qu’il ressentait en lui, la nuit avait du être chargé et le jeune homme devait avoir besoin de se reposer. Mais Liam, toujours endormi, resserra sa prise, le ceinturant d’avantage, se plaquant contre son dos, enfouissant sa tête dans ses cheveux courts. Son sexe toujours en place grossit de nouveau et il commença à bouger. Cela arrivait parfois… Le détective savait que dans ces moments il était préférable de ne rien faire… ou peut-être préférait-il ne rien faire ? Il repoussa la question dérangeante et ne put résister à l’envie de se masturber. Il avait décidé de ne plus penser, de prendre le plaisir là où il se trouvait… et peut importe s’il le trouvait en ce moment dans les bras d’un autre homme.

Il sentait le souffle chaud de son amant et régla spontanément sa respiration sur la sienne, savourant les caresses qu’il se prodiguait… qu’il était bon de se laisser aller au plaisir… La jouissance approchait. Il savait la cultiver, la laisser venir sans trop la presser… trouver le point d’équilibre et s’en délecter…

… et c’est alors qu’il l’entendit…

De très loin tout d’abord, comme un léger sifflement agaçant, comme un moustique lors d’une chaude nuit d’été. Peu à peu le sifflement enfla perçant sa conscience, semblant lutter pour l’atteindre tant elle se trouvait plongée dans un maelstrom de sensations d’une rare intensité, au bord de la jouissance. Tel un foret, il s’infiltra en lui… et brusquement il ouvrit grand les yeux… L’alarme !!

Toute excitation envolée, il se leva d’un bon, haletant, couvert de sueur. Il saisit la paire de jeans qui traînait au sol et l’enfila sans prendre la peine de mettre de sous-vêtement. Puis, tout en s’emparant à la hâte d’un t-shirt de coton blanc moulant, il sortit de la chambre, nu pied, courant au travers du dédale de couloir, laissant derrière lui Liam qui émergeait à peine.

L’alarme… et celle qu’il redoutait le plus… l’alarme d’intrusion.

Il ne s’agissait pas à proprement parler d’un système d’alarme tel que l’on pouvait le trouver dans les foyers avant l’arrivée de l’Or Blanc, avant que le monde ne devienne le chaos qu’il était à présent. Non. Il était l’œuvre de Tamara, la fille de Kamji ; une puissante sorcière qui avait rejoint ses rangs par amour pour Mike, le fils de Thomas. La puissante magie mise en œuvre leur permettait d’être averti de l’intrusion de toute personne non autorisée.

— Dans la salle du conseil ! entendit-il Tamara crier.

Il vira dans le couloir de droite, puis à gauche et encore une fois à gauche et pénétra en trombe dans une vaste caverne qui servait de lieu de réunion au Conseil des Ombres. Essoufflé il s’arrêta et jaugea la situation.

La pièce était claire, non qu’elle ne dispose d’une ouverture vers l’extérieur, mais grâce à de multiples systèmes d’éclairage dont il ignorait tout du fonctionnement. Une vaste table de bois entourée de neuf fauteuils en occupait presque tout l’espace. Et à l’extrémité de cette table, à l’opposée de la où Jim se tenait, un homme était assis sur l’un des fauteuils. Sur son fauteuil. Il lui tournait le dos, mais il semblait grand et bien bâti. Face à lui, Tamara se tenait les mains brandit, des éclairs sortant de ses doigts, prête à passer à l’attaque, Mike juste à ses côtés. La sorcière était dangereuse, Jim le savait. Il l’avait affronté une fois avec son père dans ces mêmes grottes qui servaient auparavant de repère à Kamji. Mais à cet instant, elle paraissait bien plus que cela… terrifiante. Les dents serrées, les yeux grands ouverts, elle avait l’air furieuse. Autour d’elle, les éclairs grandissaient et faisaient voler ses cheveux bruns.

Oui… terrifiante.

Jim s’approcha d’eux d’un pas décidé.

— Tamara, qui est-ce, demanda-t-il

La jeune femme ne répondit pas.

« TAMARA !! » cria-t-il plus fort.

Elle sembla peu à peu se reprendre, mais sans quitter l’intrus des yeux.

— Je… je ne sais pas, commença-t-elle. Je ne sais pas qui il est. Je ne sais pas ce qu’il est !

Jamais Jim ne l’avait vu dans cet état, à la fois en colère et terrifiée ; et il ne savait pas ce qui l’effrayait le plus. Il examina un moment l’intrus qu’il voyait maintenant de profil. L’homme était grand, plus d’un mètre quatre vingt probablement. Il portait ses cheveux blonds foncés court, coiffés en arrière et arborait une barbe de plusieurs jours d’une teinte en tous points identiques. Il se tourna vers Jim, un sourire assuré aux lèvres laissant apparaître des dents blanches qui tranchait avec le hâle de sa peau et le bleu clair de ses yeux. En d’autres temps, il aurait tout eu du playboy de cinéma, impression renforcée par le costume de lin clair qu’il portait et sa chemise blanche ouverte au tiers, laissant deviner des pectoraux saillants.

Sans se soucier de la menace que représentait Tamara, il se tourna complètement vers Jim et lui tendit la main.

— Jim Anderson, je suppose, dit-il en le regardant dans les yeux. Je suis Gabriel, mais on me connait aussi sous le nom du Dernier des Anges Libres. Je viens de la part de votre père.