Jimmy, un amour d'été (1)

Short & sweet


Jimmy, un amour d'été (1)
Texte paru le 2017-08-10 par Tadzio45   Drapeau-fr.svg
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==Printemps 2005.==

Il y a eu ce « hopla » repéré, un jour du printemps 2005, dans la liste des connectés au salon de discussion « entremecs » de « voila ».

C’est comme ça que tout a commencé : « Salut, tu es Alsacien ? » Il ne l’était pas. Mais nous avons commencé à discuter. Dans le salon d’abord puis rapidement sur MSN. On a branché nos cam et chacun a découvert le visage de l’autre. J’ai craqué tout de suite pour sa jolie frimousse et pour ses « hihihi » qui ponctuent ses dialogues. Comme il me le confie assez rapidement, le mec avec qui il était vient de le larguer sans un mot, sans une explication. Il a plutôt le blues.

Puis, sans que je me souvienne ni quand, ni comment, nous avons entamé un « dial hot ». Comme il me le confiera ensuite, pour Jimmy, c’était une première. Qu’il semble avoir appréciée. De jour en jour et de soir en soir, nous allons un peu plus loin. Enfin moi surtout au début. Je n’hésite pas vraiment à me déshabiller devant lui, et à me branler aussi. Lui aussi se masturbe. Mais je ne vois que son visage. Dès le départ, nous prenons l’habitude de jouir ensemble : 1, 2, 3, 4, 5.

Puis vient ce jour où, revenant de Paris après ma nuit d’amour ratée... je décide d’arrêter tout ça : dials hots, plans cam. Je l’annonce à Jimmy qui le prend bien. Il m’assure que cette expérience de dial et plans cam hot qu’il a vécus pour la première fois avec moi… il ne les vivra avec personne d’autre. J’en suis très touché. Je mets donc mes résolutions en application. Je crée une nouvelle adresse MSN que je ne communique qu’à mes fidèles du moment. Or, ma relation avec Jimmy est assez neuve. Je ne le réinscris pas dans ma liste de contacts. Enfin pas tout de suite. Parce que mes belles résolutions ne tiennent pas longtemps. Mes dialogues avec lui me manquent particulièrement. Je « replonge » assez vite. Et me voilà à nouveau en contact avec Jimmy, qui accepte volontiers de reprendre nos conversations… là où nous en étions restés.

Soir après soir, il se lâche, se détend. Pour m’inviter à une conversation plus chaude, il me parle souvent de ses hormones qui sont en ébullition. Il se montre d’abord en slip. Puis se fait à chaque fois un peu plus coquin. Il m’a prévenu que ça prendrait du temps. Ça ne me gêne pas. Nous avons tout notre temps. Parfois, dans le « feu » de notre dialogue enflammé, Jimmy me dit qu’il me désire pour de vrai. J’y crois, fort. Et un soir, ou une nuit… il retire son slip et je découvre enfin son sexe bandé. Ce sexe tant désiré et si souvent deviné sous le tissu tendu de son slip, de son boxer ou de son caleçon. Ce soir-là notre jouissance commune est grande.

Entre temps, nous avons décidé de nous rencontrer. Nous retenons, assez longtemps à l’avance, la date du mardi 28 juin. Mais un soir, il m’annonce qu’il part très tôt le lendemain à Avignon rencontrer un mec de son âge dont il a fait la connaissance par Internet. Mon cœur se serre. Jimmy le sent qui me demande – je ne sais plus si c’est cette fois-là – si je suis jaloux. Je l’assure que non. Mais ça n’est pas vrai.

Il revient ravi de son aller-retour en Avignon où il n’a pu échanger qu’un baiser avec le jeune étudiant qui doit venir à Sciences Po Paris à la rentrée.

Quand je lui demande si ça remet en cause notre rencontre, il me rassure tout de suite, un peu étonné par ma question : pas du tout.

D’autant qu’un jour, je le retrouve tout triste. L’Avignonnais, dont j’ai décidément oublié le prénom, l’a « jeté » comme un malpropre. Pour preuve, leur dernier dialogue sur MSN que Jimmy a enregistré – il les sauvegarde tous automatiquement – et qu’il me transmet. Affligeant. C’est triste pour Jimmy, mais ce mec n’était pas assez bien pour lui. Bien entendu, mon sentiment est double. La tristesse de Jimmy me touche sincèrement. Et en même temps, pour moi, égoïstement, l’espoir renaît. J’ai cru comprendre que Jimmy ne s’engageait pas à la légère.

(À suivre : si le cœur t'en dit... fais le moi savoir)