Jimmy, un amour d'été (2)

Short & sweet


Jimmy, un amour d'été (2)
Texte paru le 2018-06-07 par Tadzio45   Drapeau-fr.svg
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Première rencontre.


Mardi 28 juin 2005. Vient le jour J. Je ne sais sincèrement pas de quoi cette journée sera faite. Je suis passé au bureau lui faire un petit coucou sur MSN avant qu’il prenne le train.

Quand j’arrive à Austerlitz… Jimmy n’est pas sur le quai. Forcément, je commence à angoisser. Je l’appelle sur son portable, mais n’obtiens aucune réponse. Je fais des va-et-vient au bout du quai. Une vingtaine de minutes plus tard, je le vois arriver du côté Seine. Je le reconnais tout de suite. Nous nous sourions. On s’embrasse. Une, deux bises. "Chez nous, c’est quatre" : je ne me fais pas prier. Je lui propose que nous allions vers le centre de Paris. Nous nous dirigeons vers l’entrée de la station. Jimmy n’a pas de ticket et sa carte orange est limitée aux zones 3 à 5. Il décide de passer le portillon… en se collant contre moi. Deuxième contact physique. Une fois dans la rame de métro, je lui donne le sac FNAC que j’ai emporté avec moi. C’est pour toi, Jimmy. Cadeau. Il semble sincèrement touché. "Mais euhhh". Nous refaisons surface dans le 1er, je ne sais plus à quelle station. Nous déambulons quelque temps dans les rues autour des Halles, à la recherche d’un lieu pour déjeuner. Après avoir fait une halte dans un troquet-étuve pour acheter des clopes, nous nous décidons pour un "moules-frites" chez le "Léon de Bruxelles" de la rue Rambuteau. Nous nous asseyons à une petite table, l’un en face de l’autre. Les sujets de discussion ne manquent pas. À un moment du repas, je lui demande s’il compte ouvrir son paquet. Il me dit qu’il voulait attendre le dessert. Mais décide néanmoins de l’ouvrir. Il prend son temps, fait durer le plaisir, essaie de deviner. Mon choix l’étonne… mais semble le réjouir. Contre toute attente, il se lève et, pour me remercier, vient poser sur ma joue droite un baiser d’une très grande tendresse. Je fonds complètement. Ma main effleure la sienne.

Avec la chaleur qu’il fait, nous décidons d’aller au cinéma. Le Ciné-Cité des Halles n’est pas loin. Il y a foule. Nous nous décidons assez vite pour "Les Poupées russes". Nous avions tous les deux aimé "L’Auberge espagnole". Salle 10. Les bandes-annonces et les publicités n’en finissent plus. Jimmy dit qu’il veut "dormir" un peu. Il ferme les yeux quelques minutes en se lovant dans le fauteuil. Le film n’a pas débuté depuis longtemps que déjà ma main franchit l’accoudoir qui me sépare de Jimmy. Mes doigts se font caressants sur les siens. Timidement d’abord. Mais ses doigts réagissent immédiatement. Nos doigts s’unissent et se croisent avec douceur et désir en même temps. Nos chastes caresses ne cesseront pas de tout le film. Ma main remonte parfois le long de son bras, sur sa cuisse et sur le bas de son ventre. Le film est un vrai plaisir. Nous rions. Et nous ressortons de la salle heureux de ce moment d’intimité passé ensemble. Sans doute les spectateurs assis dans le rang juste au-dessus de nous ont-ils remarqué notre petit "jeu" amoureux. Mais nous nous en moquons. À Paris, l’anonymat permet beaucoup de choses. Dans le couloir qui nous ramène vers la sortie, je lui glisse doucement à l’oreille que j’ai très envie de l’embrasser. Il me répond qu’il a remarqué.

Une fois dehors, un copain l’appelle sur son mobile pour lui demander de venir l’aider à déménager. De toute façon, nous avons pris le chemin de la gare. Le ciel est menaçant. Les premières gouttes arrivent quand nous remontons la rue Saint-Denis vers Châtelet. Nous galérons un peu pour trouver la bouche de métro. À Bastille, nous attendons la correspondance. Nous nous asseyons quelques instants. Alors qu’il se penche en avant, j’en profite pour lui faire un bisou dans le cou et lui redire mon désir de l’embrasser. Mais je dois attendre. Nous avons prévu de nous embrasser plus tendrement à la gare. La gare d’Austerlitz. Dans la cour d’arrivée, je l’entraîne vers un coin tranquille. Nous en trouvons un rapidement. Seuls, dans le bâtiment administratif qui fait face, deux personnes peuvent nous apercevoir. Tant pis. J’enlace Jimmy et l’embrasse avec douceur et passion. Mais notre étreinte est très courte. Nous ne sommes pas vraiment dans l’intimité et je ne dois pas manquer mon train. Et Jimmy son déménagement. En quittant notre cachette, Jimmy envoie, en riant, des bisous aux deux personnes qui, dans le bâtiment en face, n’ont sans doute pas perdu une miette de notre baiser entre mecs. Puis nous gagnons rapidement le quai. Nous prenons plein de poussière dans les yeux. Il y a des travaux. Jimmy m’accompagne jusqu’à la tête du train. "On la fait soft", dit-il en souriant : quatre bises tendres. Promis, nous nous reverrons. Et je grimpe dans le wagon. Je reste à la porte jusqu’au départ du train. Alors qu’il s’éloigne déjà, je lui "lance", à travers la vitre, un baiser soufflé de main.

À peine suis-je seul dans le train que je suis submergé par un sentiment de manque. Aucun doute, je me connais : je suis amoureux.

Nous nous retrouvons sur MSN dans les jours qui suivent. Je finis, à demi-mot, puis ouvertement, à lui avouer mon amour pour lui. Il est d’abord gêné : j’ai une famille, des responsabilités. Et lui est jeune et instable. Je sais tout cela. Mais ça n’enlève rien à ce que je ressens pour lui. Une chose est sûre et nous en sommes tous les deux d’accord : après ce que nous avons vécu à Paris, plus de plans cam hot.

Je ne sais plus quand nous évoquons un séjour à Orléans. Je lui ai dit que j’allais être seul chez moi la première semaine d’août. Et que je pouvais l’accueillir pour qu’il change d’air. Il n’a pas dit non.

Puis un soir sur "entremecs", je découvre Arnaud : il a le même âge que Jimmy et il est libre lui aussi. Ça a l’air sérieux. À partir de ce moment-là, je ne crois plus trop à son séjour à Orléans. Je lui en reparle un peu avant de partir en vacances. On verra. Il n’a pas encore rencontré Arnaud. Juste des échanges par MSN et au téléphone. Il l’aime. Mais l’amour n’a pas été "consommé".

De retour de vacances, dès le dimanche soir, je le retrouve sur MSN. C’est le lendemain qu’il m’annonce qu’il est d’accord pour venir. Plusieurs jours. Il peut arriver mardi soir ou mercredi matin. Mardi soir bien sûr. Ça nous fera une soirée de plus. Et jusqu’à vendredi ou samedi. Je n’en reviens pas. Je suis très heureux. Je ne sais pas ce qui se passera, jusqu’où il prêt à aller. Mais je suis heureux.