Jimmy, un amour d'été (5)

Short & sweet


Jimmy, un amour d'été (5)
Texte paru le 2018-08-08 par Tadzio45   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Jimmy, un amour d'été


Un séjour écourté.


Mercredi 3 août. Je me réveille à 6h30… impossible de me rendormir jusqu’à 7h30. Je me tourne et me retourne sur le matelas. Je le regarde dormir. J’ai envie de le réveiller avec des bisous et des caresses. Envie de faire l’amour avec lui au petit matin.

À l’heure dite, je me lève… difficilement. J’ai peu dormi. Douche et petit-déjeuner. Avant de partir, je viens me glisser contre lui pour lui dire au revoir avec un gros câlin. En l’embrassant, je commence à laisser mes mains se balader sous la sortie de bain. Il se laisse faire. C’est à ce moment que je découvre qu’il a gardé un slip pour dormir. Ma bouche s’aventure sur son ventre. Mais son corps ne répond pas. Il préfère qu’on en reste là. Il se remet sous la couette. Je prépare mes affaires. Lui dit que j’ai mis ce qu’il faut sur la table de la cuisine pour qu’il prenne son petit-déjeuner. Je lui demande aussi de ranger les matelas dans la chambre au cas où quelqu’un viendrait à la maison. Enfin, je l’interroge sur ses préférences pour le déjeuner : pâtes carbonara ou "al pesto". Les deux lui conviennent. Je lui dis que je verrai une fois dans le magasin. Un dernier bisou câlin allongé contre lui et je file, refermant la porte à clé derrière moi. Tellement perturbé que j’en oublie mon portable. S’il veut me joindre, il sera bien embêté. Mais de toute façon, je rentre à midi pour déjeuner.

J’ai beaucoup de mal à travailler. Dans le milieu de la matinée, j’appelle à la maison pour le prévenir que j’ai oublié mon portable : je le réveille. Je suis confus. Je m’excuse et lui dis de se rendormir. Un peu avant midi, je file à Carrefour acheter de quoi préparer les pâtes. Je prends de quoi réaliser les deux recettes, mais avec l’idée d’opter plutôt pour "al pesto" puisqu’il y a du basilic frais qui pousse au jardin. Je repasse au bureau prendre mon vélo. Le sac Carrefour accroché au guidon, je rentre à la maison sur ce vélo trop petit pour moi. Il fait chaud. Je suis un peu stressé : mon père fait du forcing pour que nous mangions ensemble une fois pendant ces quelques jours où je suis seul. Va falloir que je trouve une solution. Je veux rester le plus longtemps possible avec Jimmy. Et puis je repense à sa réaction de la veille : "Tricheur !" Faut que je le rassure. Tout en pédalant, je prépare dans ma tête un truc à lui dire.

Quand j’arrive, il vient de se lever. Il n’a pas pris le petit-déjeuner, mais a pris soin de remettre le beurre au réfrigérateur. Je lui annonce que j’ai opté pour les pâtes "al pesto". Puis, m’approchant de lui, je le prends dans mes bras, l’embrasse et lui dis, comme je l’avais réfléchi sur mon vélo, de ne pas s’inquiéter. Que je sais qu’il y a Arnaud dans sa vie. Que je ne m’accrocherais pas. Curieusement, sa réaction – que je n’ai toujours pas réussi à interpréter – est de me poser son portable sur mes lèvres. Puis de me dire que non, il ne s’inquiète pas.

Je lui confirme que je ne retournerai pas travailler l’après-midi. J’ai renvoyé la ligne de mon bureau sur mon téléphone mobile. Nous avons prévu d’aller faire un footing puis de nous faire une toile.

Je prépare le déjeuner pendant qu’il prend sa douche. Je n’ai pas faim du tout. Le trac. Terrible. Nous nous installons sur la terrasse. Il mange avec appétit. C’est l’essentiel. Il apprécie mes pâtes. Je profite de ce moment pour lui demander jusqu’à quand il a prévu d’être à Orléans. Il répond vendredi ou samedi. Je lui dis que je dois inviter mon père vendredi soir. On prévoit donc qu’il reparte vendredi après-midi. S’il n’était pas reparti jeudi à cause de son travail, je m’en serais voulu de ne pas avoir insisté pour qu’il reste jusqu’au samedi matin.

Après déjeuner, je vais m’allonger quelques minutes sur mon lit, histoire de rattraper un peu du sommeil de la nuit précédente. Jimmy en profite pour aller tchater un peu. Mais je n’arrive pas à m’endormir. Trop de choses tournent dans ma tête. Après une petite demi-heure, je me relève et vais étendre au jardin le linge que j’ai mis à laver en rentrant du bureau.

Puis je lui propose qu’on se mette en tenue pour aller faire le jogging prévu. Jimmy enfile un bermuda et des chaussures adaptées. Je fais comme lui. Je décide de laisser mon portable. Je prends un billet de vingt euros pour pouvoir profiter de la terrasse du Bar de la Marine à Combleux, avant de prendre le chemin du retour.

Nous entamons notre jogging. Nous rejoignons les bords de Loire en courant. Il fait chaud. Au bourg de Saint-Jean de braye, nous faisons halte pour nous désaltérer à la fontaine publique.

Le soleil tape de plus en plus. Nous nous asseyons avec plaisir à la table du bar de la Marine. Je commande un "Perrier-tranche". Le serveur ramènera l’eau gazeuse sans la tranche de citron. Et quand Jimmy commande un "monaco", il lui fait remarquer que ça n’est pas bon de boire de l’alcool quand on fait du jogging. Peu après, une femme éternue dans le restaurant. On entend son "atchoum" par la fenêtre ouverte. "À vos souhaits" lance spontanément Jimmy à la dame qui répond "merci". Je ris de sa blague. Je l’adore encore plus particulièrement quand il est comme ça : nature et un brin provoc’. Peu après, Jimmy entreprend de se photographier lui-même avec son mobile. Mais il est mal orienté par rapport au soleil. Je finis par faire la photo moi-même. Il l’expédie illico à sa copine Sab. Laquelle lui renverra, pendant notre retour, une photo… de son nombril à elle. Sous la chaleur qui augmente, le retour est plus difficile. Nous recommençons à courir quand nous avons atteint le bord du canal et nous terminons au pas dès que nous l’avons quitté.

Arrivés à la maison, nous nous désaltérons à nouveau. Je ne tarde pas à le prendre dans mes bras. Je glisse mes mains dans les poches de son bermuda et m’aventure jusqu’à son bassin. Je sens son sexe sous le tissu. Après avoir hésité plusieurs fois, je lui propose que nous prenions notre douche ensemble. Il ne dit pas non.

Pour l’instant, il doit s’occuper de ce coup de fil de sa mère – qui est receveuse dans le 77 - qui lui dit qu’une amie à elle lui a sans doute trouvé un job d’été à la Poste. À chaque fois, il prend des notes sur le verso d’une convocation à une réunion (il les recopiera plus tard sur une feuille blanche et moi je récupérerai la convocation, pour la conserver comme un souvenir de son séjour à Orléans).

Après plusieurs coups de fil, la nouvelle est confirmée. Avec une condition à la clé : que Jimmy aille dès le lendemain jeudi signer son contrat à Rungis où il occupera un poste au service d’affranchissement, pendant un mois et demi à partir du 29 août. Même s’il est content d’avoir décroché un petit boulot, Jimmy est visiblement désolé d’être ainsi obligé de repartir plus tôt que prévu. Sa déception me touche beaucoup. Mais je me réjouis aussi qu’il puisse travailler et donc gagner un peu d’argent. Je sais qu’il a souvent du mal à joindre les deux bouts. Nous regardons immédiatement sur le site Internet de la SNCF les horaires des trains pour Paris pour son retour le lendemain. Puis nous commandons, en ligne toujours, l’extrait de casier judiciaire nécessaire pour son embauche à la Poste.

Et puis. Ah oui la douche. Il est d’accord pour que nous la prenions ensemble… après qu’il soit allé aux toilettes. Je suis aux anges ! Je le suis donc dans la salle de bains. Pendant qu’il passe aux toilettes, je me mets nu. Il sort des w.c. et se déshabille à son tour. J’entre dans la baignoire avant lui. C’est petit… mais ça n’est pas ça qui va nous déranger. Je règle la température de l’eau et commence à lui mouiller le corps. Il prend la pomme et fait de même avec moi. Puis je prends du gel douche dans ma main, lui en donne dans la sienne. Nous nous savonnons mutuellement. Nos bouches se trouvent rapidement. Nos mains se font douces et caressantes sur tout le corps. Nous bandons. Nos sexes raides sont l’un contre l’autre. Mon désir est fort et je sens le sien monter. Il gémit d’abord légèrement. Nos caresses se font plus intenses. Les miennes sur ses fesses en particulier. Alors que la veille il ne voulait pas trop que je m’aventure par là… cette fois, il me laisse même passer mes doigts savonneux entre ses fesses. Je sens à sa réaction qu’il aime ça. Nous nous branlons mutuellement tout en nous embrassant avec fougue. Notre plaisir est grand et fort. Je vis cela de manière extraordinaire. Plus le plaisir devient intense, plus nos mains se font pressantes sur nos sexes, et inversement.

Je jouis le premier dans sa main dans un grand râle de plaisir. Mon éjaculation semble augmenter son plaisir. Il se branle à la fois dans ma main et contre mon aine, contre mon propre sexe. Il jouit dans ma main en gémissant. D’un gémissement que je n’oublierai jamais. Nous nous embrassons. Encore. Puis nous nous lavons à nouveau mutuellement : la sueur, le sperme.

Nous comparons notre taille. Je suis légèrement plus grand que lui. Et notre pilosité. Je remarque qu’il est assez poilu des jambes. Il m’explique qu’il se rase le torse et les aisselles. Nous sortons. Lui enfile ma sortie de bain d’hiver et moi celle d’été.

Vu l’heure, nous avons convenu d’aller dîner avant d’aller au cinéma. Notre choix s’est porté, un peu sur mon insistance, sur La guerre des mondes. Il est conseillé par Télérama.

Au moment de partir, le temps est assez incertain ; j’opte d’abord pour un parapluie. Puis y renonce. Jimmy emporte finalement son k-way. Qu’il attache dans un premier temps autour de sa taille… avant de l’enfiler, car il trouve que ça ne fait pas terrible ; moi non plus d’ailleurs.

Nous allons prendre le bus n°3. Nous descendons rue Jeanne d’Arc. Quand nous sommes ensemble dans la rue, je "profite" de toutes les occasions (une rue à traverser, une direction à prendre, un arrêt…) pour le frôler, le toucher.

Par les rues piétonnes du centre ancien, nous atteignons le jardin de la Charpenterie qui, cette fois, est encore ouvert. Nous traversons les pelouses et allons nous accouder quelques instants à la rambarde installée côté Loire, au-dessus de l’entrée du Pathé. Puis nous nous dirigeons vers l’ascenseur extérieur qui doit nous permettre d’atteindre le rez-de-chaussée. Avec l’intensité du soleil, la cabine est un vrai four. Nous la quittons avec plaisir. J’ai décidé de l’emmener dîner au restaurant du cinéma. Assis l’un en face de l’autre dans les fauteuils design rouges, nous commandons chacun une pression. Et pour manger : lui un plat indien, moi… je ne m’en souviens plus. Jimmy prend des gaufres pour le dessert. Moi je fais l’impasse… mais lui chipe quand même un peu de chantilly. Il ne nous reste pas beaucoup de temps. Mais la serveuse tarde à venir nous apporter la note : elle est seule pour servir en salle et en terrasse, laquelle est bien remplie en ce chaud soir d’été. Je finis par aller régler au bar et lui souhaite bon courage pour la fin de la soirée.

Nous allons prendre les billets et gagnons la salle climatisée. J’y entre seul et m’installe en guettant son arrivée, car il fait un détour par les toilettes. Il vaut mieux ne rien dire sur le film. Nul. Pendant la projection, d’ailleurs, pas de caresses chastes. Dehors, Jimmy dit sa déception. Il n’est resté que parce que c’est moi qui ait payé la place.

Pour rentrer, nous empruntons les bords de Loire. Nous parlons encore un moment du film. Puis il appelle Arnaud. Longue conversation pendant une bonne partie du trajet. Il lui parle du film bien sûr. Je me demande ce qu’Arnaud doit penser. Son amoureux qui se balade la nuit avec un autre mec. Je ne préfère pas poser la question à Jimmy. Je sais qu’Arnaud est dans sa vie. Mais cette situation ambiguë me trouble. En même temps que je ressens beaucoup de jalousie alors qu’il parle avec Arnaud. Mais je me garde bien de le faire sentir et encore plus de le lui dire.

Nous rentrons à la maison. Après avoir installé les matelas sur le tapis et avoir convenu de l’heure de notre réveil, il s’installe devant l’ordinateur pour un peu de tchat, en promettant de ne pas se coucher trop tard.

Je me mets nu et me glisse sous les draps pour regarder la fin du premier épisode des Experts et le second. Puis je me couche. Sans m’endormir. Quand il vient à son tour sous la couette, je m’approche de lui. Je lui demande si je peux me mettre contre lui. Il me dit oui si je suis sage. Je lui fais un bisou et lui promets que oui. Mais je regrette aujourd’hui d’avoir été sage. C’était notre dernière nuit ensemble. Sans doute aurait-il accepté mes avances si j’avais insisté un peu. Par respect pour lui et aussi sans doute pour éviter le risque et le désagrément d’un éventuel refus… je me suis endormi près de lui, sagement.

Le lendemain matin, nous continuons à être sages : petit-déjeuner, douche.

Nous allons prendre le bus n°3. Je n’ai plus de carte "famille". J’achète deux "solo". Jimmy gardera le sien comme un de ses "souvenirs d’Orléans". Dans le bus, nous nous asseyons l’un à côté de l’autre. Je glisse ma main entre nos deux jambes et le caresse discrètement. Il ne réagit pas.

Nous avons prévu de passer par mon bureau pour regarder les courriers que nous pouvons faire pour soutenir sa candidature pour entrer en BTS. Pendant que je finalise et imprime – pour qu’il la signe – la lettre de motivation que j’avais commencé à préparer, il entreprend, avec succès, de remettre en fonction mon stylo plume. Je l’utilise à nouveau depuis quotidiennement.

Il est temps de prendre le chemin de la gare. Un ultime bisou tendre.

Il achète son billet à partir d’un distributeur automatique. Puis, comme il reste encore du temps, nous faisons un tour de la galerie marchande. Puis, comme il reste encore du temps, nous allons prendre un café (avec croissant pour Jimmy) à la boutique Nescafé en face de Carrefour.

Cette fois, c’est l’heure. Une fois son billet composté, nous gagnons le quai. Nous nous embrassons. Quatre. Sur les joues. Ses baisers sont encore plus tendres qu’à son arrivée. Il s’installe dans une voiture à l’avant du train. Puis revient à la portière. Puis retourne finalement s’asseoir. Le train ne part pas. Il y a visiblement un problème technique avec la locomotive. Je reste sur le quai à le regarder par la fenêtre du wagon.

Au moment où le train s’ébranle avec plus de dix minutes de retard, Jimmy prend une photo de moi depuis le train, à travers la vitre. Comme s’il n’avait pas osé, pendant ces deux jours prendre une seule photo de moi. J’ai l’impression qu’il met son portable sur son cœur… comme un signe. Mais je rêve sans doute. Je rêve. FIN