Jumeaux pornographes (4)


Jumeaux pornographes (4)
Texte paru le 2018-04-04 par Fragile   Drapeau-fr.svg
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Pute !


« J’ai joui trop tôt ? » entendit Dimitri en provenance de l’ordinateur.

Les images défilaient encore sous les yeux impuissants de Dimitri. Il avait du mal à sortir de son état de choc ; voir son fils ainsi, offert comme un bout de viande aux yeux de tous, l’avait bouleversé. Son petit garçonnet blond qui avait maintenant des muscles et des poils sous les bras, était majeur, pourtant Dimitri ne parvenait pas à accepter cette situation. Le porno c’est trop... c’est trop pour son tendre fils... ce n’est pas fait pour Attos.

« Je bande tant, que j’en ai mal ! » fit Minos à l’écran. Dimitri sursauta en le voyant apparaître ensuite à la caméra. Du moins, ce qui le choqua davantage fut qu’il ne vit que le pénis de son fils en érection apparaître. Il observa ce long membre effilé, qui arborait un gland fier et lisse. Attos se jeta dessus et l’engloutit. Dimitri avala avec difficulté sa salive. Voir un de ses fils sucer avec tant de force un autre de ses fils lui retournait le ventre. Il n’était pas dégoûté, pas du tout... Une chaleur se déversait plutôt dans son ventre. C’était étrange, mais pas totalement désagréable…

Comme hypnotisé par les mouvements de ses fils à l’écran, Dimitri regarda la vidéo jusqu’au bout. À la fin, il prit douloureusement conscience que son membre avait durci à nouveau. Dimitri refusa de se toucher. Ce n’est pas sain, pensa-t-il, ce n’est pas sain de se masturber sur ses fils... C’est contre-nature, jamais, il ne pourrait faire ça... Jamais… Il ferma son ordinateur et se coucha entre ses draps. Il soupira de soulagement en n’entendant que du silence provenir de la chambre d’à côté. Ses fils avaient dû s’endormir. Il ferma alors, lui aussi, les yeux et un sommeil agité ne tarda pas à l’emporter.

Quand il se réveilla le lendemain matin, il était couvert de sueur. Son tee-shirt humide lui collait à la peau, il s’en débarrassa rapidement, fila sous la douche. Frais et disposé, il s’habilla et alla réveiller ses fils comme il en avait toujours eu l’habitude. Ce matin, c’était entraînement de football, et même si Attos ne participait pas, celui-ci voulait y assister. Dimitri entra dans la chambre et esquissa un : « Réveillez-vous, c’est l’he... » Mais il fut coupé dans son élan en voyant ses deux fils endormis, nus et enlacés. Leurs peaux brillaient sous une raie de lumière venant d’entre les rideaux. On aurait dit que les garçons posaient pour une photo, tant leurs corps paraissaient parfaits. Leurs cheveux blonds étaient lâchés et retombaient sur leurs torses et épaules. Les cheveux d’Attos ondulaient beaucoup plus que ceux de Minos. Leurs bouches à tous deux étaient entrouvertes, ils avaient l’air paisible.

Dimitri retint sa respiration en sentant son sexe se tendre. Refusant d’accepter la sourde excitation qui montait en lui, il s’enfuit de la chambre. Il referma sans bruit derrière lui. Puis, restant derrière la porte, il toqua. Il entendit du mouvement et Minos demanda ce qu’il se passait. Dimitri leur intima de se réveiller, puis descendit l’escalier, alla dans la cuisine, souffla un bon coup afin de se ressaisir. Toute cette situation l’embarrassait tellement.

Il buvait son café, quand les garçons entrèrent dans la cuisine. Ils étaient alors tous les trois prêts à partir, habillés de survêtements de sport. Dimitri prit sa voiture et conduisit jusqu’au stade de la ville. Certains autres membres étaient déjà en train d’attendre devant les portes. L’entraînement commença une vingtaine de minutes plus tard, quand tout le monde fut présent. Les jeunes hommes s’entraînaient durs, on entendait leurs souffles bruyants résonner, on voyait leurs visages se couvrir de sueur. Ils arpentaient le terrain, sautillant sans cesse, comme des lapins poursuivis. Dimitri passait entre eux, attentif à leurs moindres mouvements, prêt à tout moment à leur donner des indications ou des conseils. Attos, lui, attendait, souriant, assis sur le banc de touche. Il observait chacun de ses amis et ses yeux s’accrochaient particulièrement à son frère. Ce que Minos est beau lorsqu’il court !

Attos était si pris dans sa contemplation, qu’il ne vit pas Lenny approcher. Le garçon qui s’avançait était brun avec des yeux bleus très froids. Attos ne l’avait jamais vraiment côtoyé, il en était plutôt resté à distance ; Lenny était de ces hommes immatures et jouant au petit dur. Ce n’était pas un caractère qui facilitait les échanges ! Lorsque Lenny vint récupérer sa bouteille d’eau et en but, Attos ne lui jeta pas un regard.

« Pute ! » entendit soudain Attos à son côté. Il se retourna tout de suite, surpris. Son regard se planta dans les pupilles glacées de Lenny. C’était bien lui qui avait parlé ? Se demanda Attos. À qui disait-il cela ?

— À qui tu parles ? Le questionna Attos.

— À qui d’autre je pourrais parler ?

— Tu me traites... Tu dis que je suis une pute ? Bafouilla Attos, atterré par la situation.

— C’est pas ce que t’es ? Ose dire que c’est pas ce que t’es ! Grogna Lenny en le vrillant froidement.

— Je ne suis pas une pute, ça va pas dans ta tête ?!

— T’offre ton cul à Internet, t’es une putain ! Tu mérites pas mieux qu’un coup de bite ! T’as eu raison d’arrêter le foot, j’aurais pas supporter de faire équipe avec une lopette !

Sans plus s’attarder, Lenny referma sa bouteille et retourna sur le terrain. Il reprit ses exercices comme si rien ne venait de se passer. Comme s’il ne venait pas d’enfoncer un couteau dans la poitrine d’Attos. Des larmes floutèrent la vision du jeune blond. Pute... C’est comme ça qu’on le voyait à présent ? La panique se répandit dans les veines d’Attos. Il avisa chacun des membres de son ancienne équipe et eut peur qu’ils le voient tous comme un simple prostitué. Il ne serait plus Attos, il deviendrait « la Pute ». Attos, pâle, prit son sac et alla se cacher dans la voiture de son père. À peine fut-il assis qu’il sortit son carnet. Il couvrit des feuilles et des feuilles d’écritures, des mots qui quelques fois s’évanouissaient sous une larme.

« Où est Attos ? » s’enquit Minos en remarquant, à la fin de l’entraînement, que son frère n’était pas sur le banc de touche. Les membres de l’équipe haussèrent les épaules en réponse. Minos se changea rapidement dans les vestiaires et s’en alla rejoindre la voiture de son père. En approchant, il vit Dimitri enlacer Attos. Que se passait-il ? Minos s’empressa de les rejoindre et comprit que son frère pleurait.

— Qu’est-ce qu’il y a ? s’exclama-t-il.

— Je ne sais pas trop, Attos ne m’a toujours pas expliqué, répondit Dimitri, perdu. Je suis arrivé et il pleurait déjà. Tiens, prends-le. Montez dans la voiture.

Minos récupéra Attos, le serra brièvement entre ses bras avant de le pousser à entrer dans l’habitacle. Quand ils furent dans la voiture, Dimitri démarra et ils rentrèrent chez eux. Pendant tout le trajet, Attos n’avait eu de cesse de s’accrocher à son frère. Il chouinait dans son tee-shirt et Minos lui caressait le dos avec tendresse. Quand ils arrivèrent chez eux, Minos porta son jumeau dans leur chambre. Il l’allongea sur le lit, tandis que Dimitri les observait depuis l’encadrement de la porte.

— Qu’est-ce qui s’est passé, Attos ? Souffla Minos en caressant la tête de son frère.

Attos renifla, s’essuie inutilement les yeux et marmonna :

— Je veux pas…

— Tu ne veux pas me dire ?

— Je veux pas être une pute.

— Pourquoi tu parles de toi comme ça ? s’étonna Minos. Tu n’es pas une pute !

— Tout le monde... Tout le monde va le penser…

— Mais non !

— Si ! Geignit Attos en étouffant un sanglot. Je veux pas qu’ils pensent ça de moi !

— Pourquoi tu t’es mis ça en tête ?

Attos ouvrit la bouche, sur le point de répondre, puis les yeux froids de Lenny s’imposèrent à lui. Le jeune blond referma la bouche, inquiet d’avoir à subir encore ce regard méprisant. Il se recroquevilla sur lui-même, sanglota de plus belle. Minos s’inquiéta davantage, mais ne savait pas quoi faire. Il jeta un regard d’appel à l’aide à son père, mais celui-ci haussa les épaules, aussi dérouté que lui. Dimitri s’approcha, voulant aider. Il s’assit au bord du lit, caressa la jambe d’Attos pour le réconforter.

— Papa... renifla Attos.

— Je n’aime pas te voir souffrir comme ça, gémit Dimitri.

— Papaaa !

Attos tira sur le bras de Dimitri, l’obligeant à s’affaisser sur le lit. Dimitri roula sur le dos et Attos posa sa tête sur son torse. Dimitri se laissa faire, frotta le dos de son fils dans un geste d’affection. Il chuchotait à ses oreilles des mots pour le tranquilliser. Attos les observa un instant, touché par leur proximité, puis se sentant un peu mis à l’écart, il alla se placer derrière Attos. Il mit son bras autour de sa taille et se serra contre lui. Attos, au milieu des deux êtres qui lui étaient le plus cher, se sentait protégé. Malgré tout ce qui se passait avec son père, il savait qu’il pouvait encore compter sur lui. Attos peu à peu se calma, sa respiration s’apaisa et ses sanglots ne furent plus que des reniflements. Dimitri lui massait gentiment la nuque, massage qu’Attos semblait apprécier... Il ronronnait presque. Alors que le sommeil commençait à prendre du terrain, Attos se serra davantage contre son père. Il grimpa presque sur lui. Sa jambe passait par-dessus celles de son géniteur. Dimitri sourit tendrement, mais lorsque lui revint soudain des flashs de la vidéo... la fameuse vidéo... où son fils... où ses deux fils... Oh ! Dimitri tenta de chasser les images qui lui venaient, mais de suite d’autres les remplaçaient, pires encore. La dernière pensée qui lui vint fut Attos en train de dandiner son postérieur rond et ferme et si tentant… Dimitri se tendit. Tout son corps se tendit. Surtout son organe de plaisir. Il maudit le ciel de ne pas l’avoir fait femme, tout en suppliant que ce même ciel baisse la température de son corps. Il fallait qu’il se calme, qu’il se détende, sinon une bosse gênante déformerait son jogging. Et la cuisse d’Attos qui ne se trouvait pas loin de son sexe sentirait la dureté de son membre ! Dimitri serra les dents.

Alors qu’il priait pour que son fils n’ouvre pas les yeux, il vit les paupières d’Attos cligner. Foutu ciel ! C’était bien la peine de prier ! Il s’empressa de placer son bras au-dessus de sa ceinture, cachant ainsi la bosse qui s’érigeait, mais il fit cela un temps trop tard. Attos avait vu. Tout vu... Dimitri rougit comme une pivoine.

— C’est une réaction naturelle papa, souffla Attos. Tu n’as pas à en avoir honte, encore moins devant moi.

— C’est que... c’est particu... enfin, je veux dire... balbutia le père tant bien que mal.

— Ne te fais pas de souci, le corps réagit parfois comme il le souhaite. Je connais bien ça.

Dimitri lança un coup d’œil à son fils et vit sa nonchalance ; il n’en revenait pas que son fils puisse prendre la situation de manière aussi tranquille !

— Comment fais-tu pour... ne pas être gêné ? s’étonna Dimitri.

— Je suis d’avis qu’être nu est la sensation la plus formidable qui puisse exister, sourit Attos. C’est tout bête comme raison. Être nu et toutes les réactions que cela implique, c’est extraordinaire !

— Je n’aurais jamais cru entendre un jour mon fils dire des mots pareils !

— Tu en es déçu ? s’inquiéta soudain Attos.

— Non, enfin... non, ce n’est pas de la déception, c’est plus de surprise. Je ne m’y attendais vraiment pas. Donc... pour le porno... tu en es sûr ?

— Sûr à cent pour cent.

— Tu es conscient que tu ne pourras plus faire machine arrière ?

— Je sais, gémit Attos en fermant brièvement les yeux.

Dimitri lui caressa la tête, glissant ses doigts dans sa queue de cheval lâche.

— Sois heureux, mon petit cœur, soupira Dimitri en déposant un baiser contre le front de son fils.

Ils se serraient l’un contre l’autre, dans une longue étreinte. Et ils restèrent ainsi jusqu’au coucher du soleil.



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