Kram : chien (1)


Kram : chien (1)
Texte paru le 2013-11-05 par Coolmark   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Kram : chien

prologue

Pas de boulot, pas de pognon, personne que j’intéresse, aucune confiance en moi. Peut-être est-ce cela qui m’a fait arriver où je me trouve maintenant. Dans un trou noir. Autolytique ? suicidaire ? à quoi bon vouloir étiqueter ce que je suis, ou étais ? Plus aucun espoir. Je n’attendais plus rien de la vie. Sinon qu’elle se passe. Plus d’identité. Je n’étais qu’une merde qui errait, qu’on évitait dans les rues, perdue entre jour et nuit. Entre ombre et lumière. Assis sur le trottoir, tendant la main pour obtenir une "petite pièce", yeux baissés, n’osant même plus soutenir le regard d’autrui, dans lequel je n’aurais vu que ma propre déchéance. Peut-être du mépris. Dans le meilleur des cas, de la compassion. Comme compagnie, je n’avais plus que Kram, vaguement croisé bâtard, avec un peu de mâlinois. N’obéit qu’à son maître. Peu à peu, je m’identifiais à lui. Je me disais qu’il n’était pas malheureux. Ça a dû venir comme ça. Petit à petit, je suis devenu jaloux de lui. J’enviais son apparente sérénité. Il pouvait rester des heures à mes côtés sans bouger. Aucune pièce ne tombait dans ma main, cela ne le troublait pas. De temps en temps il me regardait, semblant me dire que j’avais tout faux, mais sans me condamner. Kram, presque "carne" ou "crème". Je ne sais même pas d’où lui vient ce nom. En tout cas, il est plus résistant que moi. Il a l’air gentil, mais il ne faut pas s’y fier. N’obéit qu’à son maître. L'abruti de chien ! j’avais beau puer, il venait quand même poser une patte sur mon épaule et me filer un coup de langue sur mes joues râpeuses. Pas rasé depuis… je ne sais pas. En y repensant, je me dis qu’il a tout fait pour m’empêcher de tomber dans ce trou noir. Mais n’y est pas parvenu.


débauche

Un soir où j’étais bien jeté, mélange de bière et de mauvais vin, j’étais allé m’isoler en titubant sous un pont tranquille. Je m’affalai sous une arche et terminai une énième bouteille. N’étant plus capable de me lever pour pisser, j’avais ouvert ce qui restait de mon froc, écarté les jambes, et m’étais soulagé sans pouvoir seulement viser. Kram était venu renifler les restes de mon jet sur le béton, mes jeans, avant de parvenir à ma queue. Alors, et pour la première fois, ce n’était pas la main, mais la patte qu’il leva sur moi ! et sur ma bite que je n’avais pas remballée. Je ne l’ai pas engueulé ni donné de coups de pieds. Le salaud m’avait fait bander comme jamais auparavant. Je n’étais plus son maître. La déchéance marqua de nombreux points ce jour-là. Jamais je n’aurais imaginé que ça finirait par un 69. Plus rien ne me dégoûtait. Il était au-dessus de moi, léchant mon sexe riche de ses odeurs. Et moi, devenu larve, je lui bouffais sa tige rose.

Je ne sais pas combien de temps ça a duré, mais ce dont je suis sûr, c’est que ce bâtard m’a fait jouir follement, crachant la totalité de ce qui était stocké dans mes couilles depuis des semaines. Je n’avais jamais connu telle extase. Et due à un chien ! Je n’en pouvais plus, mais il continuait à me limer la gueule. Je ne cherchais pas à fuir cette situation, et resserrai suffisamment fort mes lèvres pour qu’il jouisse aussi. J’ai cru vomir sur le champ. Il n’arrêtait pas. Des flots de sperme. Je ne pouvais pas tout avaler, ça débordait de ma bouche, coulant sur mes joues, mon cou. Et me faisait triquer de plus belle. Lui, entre deux feulements de jouissance, léchait encore ma queue enspermée. Je jouis une seconde fois.

Ce n’était pas que physique. J’avais trouvé ma place. Chien.

humanité ?

Je fus sorti de ma torpeur par les grognements de Kram, ce qu’il ne faisait jamais sans une bonne raison. En l’occurrence, un mec tout en cuir me tapotait sur l’épaule, comme pour savoir si j’étais encore en vie. J’émergeai difficilement. Chien perdu sans collier (Gilbert Cesbron, reste du temps où je lisais encore). C’est ce que j’étais devenu. Mais c’était mon affaire. De quoi se mêlait-il ce mec ? Pourquoi prenait-il la peine de s’intéresser à une loque comme moi ? Il me voulait quoi au juste ? Moi qui n’étais plus rien. Ou presque.

Et bien, ce cuiré m’a simplement dit :

— Tant qu’à être un chien, viens chez moi avec le tien !

Il était souriant, mais pas moqueur ni méprisant. Un mec crâne rasé, look plutôt skin, sans agressivité. Je n’ai pas cherché à comprendre ce qui se cachait derrière cette phrase sybilline, m’attendant à pouvoir me laver, manger, et dormir dans un lit propre. Redevenir "normal" ?

— OK, j’ai répondu dans un soupir éthéré.

Il m’a aidé à me relever, rajusté, et soutenu jusqu’à sa caisse, un break. Kram suivait. Sans grogner. Rare. Pas question de saloper ses sièges, il nous fit monter à l’arrière. Je m’endormis très vite sur un sac en toile de jute qui puait moins que moi. Kram montait la garde.

Quand je me suis éveillé, je ne savais pas où j’étais, ni l’heure ou la date. Il faisait noir. Aucune source de lumière. Je tentai de me lever. Impossible. J’étais totalement immobilisé. Ce ne pouvait être qu’un rêve, je me rendormis.

débauche encore

Le retour à la réalité (mais l’était-ce ?) fut difficile. Je sentis une présence, et surtout le seau d’eau froide jetée sur mon corps nu. Puis le second sur ma tête, ce qui acheva de me ramener à la conscience. J’étais attaché sur le ventre par les quatre membres, sans aucune possibilité de mouvement. Le sol carrelé était froid. Je reconnus la voix du cuiré me demandant si ça allait.

— Oui, répondis-je, mais j’ai besoin de me vider. Et c’est urgent.

— Te gêne pas pour moi, répliqua-t-il simplement.

— Mais je peux pas bouger.

— Et alors, où est le problème ? ricana-t-il.

— T’as pas de WC ? implorai-je.

— Oh si ! et j’en ai même deux maintenant grâce à toi !

Même si je ne suis pas une lumière, je compris à son ton ce qui m’attendait. N’étant pas en état de lutter, je me relâchai. Ma pisse inonda mon ventre, mes crottes enrobèrent mon cul et mes cuisses. Je n’avais presque pas honte de me vider devant cet inconnu. N’étais-je pas déjà une larve ? Mais c’était loin d’être fini. Une fois soulagé, relativement détendu, je pensais pouvoir profiter de mon état de merde. C’est alors que je sentis quelque chose d’humide sur mes fesses. Doux et tiède en même temps. Qui me léchait le cul. Ce ne pouvait être le mec. D’un coup, je reconnus la manière de faire de Kram ! Il ne faisait pas moins que de bouffer mon cul merdeux ! Et je me suis de nouveau mis à bander tellement que j’en eu mal à la queue.

Une fois mon cul propre, enfin je suppose, Kram était aussi excité que moi. L’autre le stimulait, le guidait, et je sentis qu’il s’enfonçait en moi. Je ne sais pas décrire ce que j’ai ressenti, c’était géant ! Cette bite de chien, pas très grosse mais très douce, coulissait dans mon trou à une vitesse folle. C’était grisant ! délirant ! Mon corps entier était électrisé. Et cet infidèle, ce traître haletait, bavait sur mon dos, me mordillait le cou et la tête, et ne s’arrêtait pas. C’était tellement jouissif que je ne voulais pas que ça s’arrête. En-dehors de tout, je gueulais de plaisir. Il m’a fait cracher sans aucune autre stimulation que les frottements de mon sexe sur le sol. Cette fois, j’avais honte. Le type était témoin de ma bestialité. Jetant un timide coup d’œil dans sa direction, je lui trouvai un sourire satisfait, moqueur, et les yeux pétillants d’une lueur vicieuse. Malheureusement, mon orgasme ressera mon sphincter, bloquant la bite de Kram, le faisant jouir à son tour. Ses flots me remplissaient à tel point que j’ai craint qu’ils ne ressortent par ma bouche ! Mais non. Simplement, il était coincé en moi, couinant, voulant se retirer, ne le pouvant pas… Là, j’ai eu très mal. J’ai cru qu’il allait m’arracher mon trou du cul.

J’entendis notre maître remplir encore le seau d’eau, et le jeter vivement au niveau du sexe de Kram. Ainsi, il nous libéra. Mon chien, repu, me passa un coup de langue sur le visage, puis alla se coucher dans un coin, et s’endormit. Moi aussi. Enfin, j’aurais bien aimé…

À suivre...