L'air de la campagne


L'air de la campagne
Texte paru le 2012-03-06 par JacquesLamoureux   Drapeau-qc.svg
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  • Vol. 2, no. 3
  • Date : Juillet-Août 1995
  • Rubrique : Jamais revu
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Il y a quelques années à peine, être reconnu «homo» dans un petit village de l'Abitibi pouvait devenir un fardeau insupportable, toute la populace devenait comme hystérique et humiliait publiquement le «pas normal»! Dans ce village sans prétention, aux côtés du curé et du notaire, le garagiste possédait un penchant de noblesse pour l’administration scolaire et municipale tout comme le médecin et le marchand général...

J’avais à peine fait quelques pas de géants dans l’adolescence et pourtant, même à cette époque, j’éprouvais de nettes attirances pour les gens de mon sexe. Je ne pouvais même pas m’imaginer coucher avec un sexe différent du mien; qu’est-ce que j’en ferais de ce rien qu’elles ont entre les jambes? Qu’est-ce que je peux faire avec rien? Avec mon pénis, je pouvais m’amuser à le faire grossir, le tripoter, le faire jouir... Je n’entretenais que des fantasmes de mon corps jouxté à bien peu de choses. Comme tous les garçons de mon âge, j’avais feuilleté et re-feuilleté le Larousse dans l’espoir d’y découvrir des images de statues grecques à petites quéquettes, mais aussi pour chercher des mots comme «masturbation», «pénis», «sodomie» ou «éjaculer» mais ces mots n’apparaissaient même pas au dictionnaire. En effet, le mot «masturbation» n’apparut qu’en 1976 au Larousse, alors que «pénis» y figura qu’à partir de 1959, «éjaculer» et «sodomie» en 1968 !!! et le verbe «chier» en 1978, toujours au Larousse! Quelle éducation! Un jour, aussi, j’avais trouvé, camouflées dans la grange du voisin, quelques photos pornos en noir et blanc; j’avais vu quelquefois mon grand frère se masturber en prenant son bain, tout compte fait ce n’était là que toute l’excitation à laquelle j’avais eu droit. Somme toute, mon éducation sexuelle tenait qu’à ces vétilles.

Issu d’une famille nombreuse et pauvre, mon père m’envoyait régulièrement aider le garagiste, un homme très viril, le coq du village comme on disait... Je recevais en guise de récompense quelques dollars par jour pour l’aider à réparer les pneus, servir l’essence à quarante cennes le gallon impérial et aussi pour effectuer de menus travaux mécaniques afin d’apprendre un peu le métier. Monsieur Réjean, le propriétaire, était âgé d’une trentaine d’années; marié et père de trois filles qui n’étaient pas particulièrement douées pour la mécanique: «A sont meilleures à faire des tartes à la farlouche que pour changer un flat!» disait-il souvent...

J’aimais me rendre au garage, car cela me permettait de fuir la famille mais surtout d’assouvir quelques petits penchants. En effet, à toutes les fois que Réjean allait aux toilettes, je me précipitais derrière lui afin de regarder par un petit trou pratiqué dans un mur; je l’observais ainsi faire son petit besoin. Ça me stimulait de le voir se secouer la queue et ça provoquait en moi des élans d’érotisme fort agréables; une fois même, je le vis se masturber! Je n’en revenais pas d’avoir vu ce mâle en érection, manipuler de la sorte son organe pour jouir devant moi sans même qu’il s’en doute. À partir de ce jour, je me faisais un plaisir de me rendre à l’ouvrage. Parfois, je l’observais de longues minutes lorsqu’il était étendu sous une voiture, reluquant son entrejambes qui m’apparaissait toujours en érection... J’avais parfois même l’impression qu’il savait que je l’observais, car il en profitait toujours pour se tripoter à travers son jeans trop grand; de plus, il m’avait même surpris plusieurs fois à lorgner la fourche de son pantalon... Mais je chassais toujours ces pensées impures en me rappelant qu’il était marié et que de ce fait, il ne pouvait être attiré par les garçons...

Un bon samedi, en plein été des Indiens, mon «boss» décide de m’amener au village voisin afin d’aller chercher quelques pièces pour l’auto du docteur Campbell. La route séparant les deux villages était à peine carrossable et le petit camion soulevait des tornades de poussières dans la chaleur du midi...

Au bout d’une vingtaine de minutes de route, Réjean stoppa le véhicule au bord d’une magnifique clairière dominant un lac non encore pollué et rempli de truites magnifiques; c’est d’ailleurs là que j’allais régulièrement à la pêche avec des amis. Je croyais qu’il m’offrait le volant, car il savait que j’adorais conduire mais il m’invita à sortir du camion et à prendre un peu l’air... Il prit deux bières et m’en présenta une en disant: «Prend ça; tu es mon “helper” maintenant...» J’avais déjà pris quelques bières en cachette mais l’offre qui m’était faite ainsi d’effacer tous les remords de ces petits péchés fit que j’acceptai volontiers son offre. Il faut dire que ce garagiste aimait beaucoup prendre un petit coup même en travaillant. En fait, il avait toujours quelque chose à la main, une clef anglaise, une bouteille, ou autre chose... Nous avons marché quelque peu en serpentant dans un sentier qui descendait au lac. Bientôt une minuscule plage de sable fin apparut comme égarée dans la nature. Réjean enleva sa vareuse et sa chemise quelque peu tachées d’huile et de graisse, son jeans sale et ses chaussures et il s’étendit sur le sable offrant ainsi au soleil son torse ferme et à peine poilu, tout en m’invitant à en faire autant. Je salivais, je phantasmais, je bandais! «Bah! On est pas pressé... Pis c’est juste pour le char du docteur; pis lui yé capable d’attendre pis d’payer!» dit-il. Je l’imitai mais sans enlever mon pantalon et je m’étendis à mon tour, un peu craintivement... Les images de sa masturbation aux toilettes du garage me hantaient; je fixais son short Penman’s blanc immaculé dans lequel je percevais une érection évidente, invitante, quasi irrésistible... Le soleil rayonnait sur nos corps comme afin de les cuire à point alors que nous étions bercés par le doux clapotis des vaguelettes et le frais gazouillis des volatiles rieurs; nous bavardions de la vie à la campagne, mais surtout de son ardent désir de quitter ce foutu village...

Sa bière était vide et la mienne à moitié, lorsqu’il me demanda de retourner au camion afin d’en quérir quelques une supplémentaires. J’y allai...

La chaleur de l’astre éclatant grillait ainsi nos épidermes lorsque Réjean sauta sur ses pieds et d’un geste hâtif, il enleva son dernier sous-vêtement et courut jusqu’à l’eau en me criant d’aller le rejoindre. À peine avais-je eu le temps de voir ses fesses blanches qu’il nageait allègrement en me hurlant que l’eau était extraordinaire! Après quelques hésitations bien compréhensibles, fruits de mon éducation très très catholique, je profitai d’un moment où il avait la tête sous l’eau pour me dévêtir et je me précipitai à sa suite tout en espérant que le contact avec l’eau froide me fasse débander... Erreur... Après quelques ébats de défoulement, Réjean s’approcha de moi. J’étais tellement timide dans l’eau claire de ce lac perdu, nu et ému, que je laissai aller mon esprit à la dérive... Plus Réjean s’approchait, plus je sentais mon désarroi grossir et malgré des gestes désespérés pour brouiller l’eau autour de moi, je ne parvenais pas à camoufler totalemnt mon inconfort. Il était maintenant tout à côté de moi et mes pieds s’enlisaient dans le fond marin; je continuais à marcher, lui gesticulait pour conserver son équilibre et de temps à autre je percevais les remous qu’il provoquait dans l’épaisseur de l’eau. Puis, je sentis une main effleurer mes fesses... Et encore une autre caresse sans que ça ait l’air vraiment d’une caresse... Sentant probablement la confusion m’envahir, il fit quelques brasses pour mieux revenir vers moi, haletant et nerveux... «Sais-tu nager?» me demanda-t-il. Et sans attendre de réponse, il me bouscula et je perdis l’équilibre... D’une main forte, il agrippa mon bras, me tira à lui... Je sentais maintenant son corps sur le mien à travers les caresses de l’eau. Alors une main décidée flatta doucement mon dos puis mes fesses... Il me regarda avec une intensité de défi, magnifique et colla fermement son corps contre le mien en me serrant très fort entre ses bras robustes. Je sentais sa queue bandée provoquer la mienne et ce doux délice me paralysait; je frissonnais de tous les pores de ma peau jusqu’à ce que je me décide à empoigner sa queue comme si c’était une bouée de sauvetage. Tendrement enveloppés de la fraîcheur de l’eau calme, nous nous sommes longuement minouchés jusqu’à ce qu’il me soulève et m’emporte sur la plage comme une jeune mariée...

Il se mit alors à baiser et rebaiser ma peau mouillée comme pour mieux l’assécher; il promena longtemps sa langue chaude sur tout mon être, le frôlant de ses mains rudes, frémissant aux touchers. Puis ses lèvres commencèrent à tourmenter ma queue rigide comme un pieux qui rebondissait à chacune de ses caresses. De sa langue perverse et envoûtante, il me fit connaître des voluptés jamais éprouvées, la promenant de haut en bas, suçant délicatement mon gland qui sursautait d’allégresse à chaque approche tout en malaxant tendrement mes gosses de ses mains noueuses. Il finit par engouffrer entièrement mon phallus dans sa bouche dévorante. C’était la première fois que je me faisais sucer, et cette sensation d’une tendre et humide chaleur qui enveloppait ma queue s’imprégna tellement fortement en moi, que je ne l’oublierai jamais. Il me semblait que j’avais à un point tel désiré ce moment, que rien ni personne ne pourrait faire disparaître le goût de cette jouissance. Et j’éjaculai sans même pouvoir le prévenir; cela n’arrêta pas ses gestes et je m’enhardis à le sucer...

Ma première expérience avec l’homme restera éternellement gravée dans ma mémoire même si, pour cette entrée en matière, sur la petite plage, je n’avais osé le caresser autant qu’il me le faisait. Je n’étais pas habitué à ces exercices d’adultes. Cependant, je faisais tous mes efforts pour lui plaire car j’étais loin de me douter qu’il deviendrait mon amant, ma première épine véritable. Je l’ai caressé et encore caressé; j’aurais usé sa peau tellement je la trouvais douce et imprégné de l’odeur du mâle. Je tripotais son gros et grand sexe, le pourléchant, l’engouffrant dans ma bouche jusqu’à ne plus sentir que ses poils pubiens chatouiller mes nasilles... On s’amusa ainsi à comparer nos corps si différents sous le soleil de ce début d’automne, à se serrer en tremblant l’un sur l’autre, puis il s’étendit langoureusement sur moi pendant un long moment... Je rêvais d’extase...

Quelques nuages assombrirent notre rêve éveillé, nous rappelèrent à la réalité... Il s’empara alors de nos organes et nous masturba avec une dextérité suave... On éjacula à peu de secondes près... C’était ma première masturbation en duo avec lui, mais certainement pas la dernière...

Après s’être lavés dans l’eau calme du lac sauvage, on prit une autre bière tout en se délectant de subtils touchers, de sublimes frissons jusqu’au moment où on dut se rhabiller pour terminer notre «voyage»... Évidemment, il m’offrit de conduire...

Plus tard, il m’apprit à le dominer car il m’avoua qu’il adorait avoir l’impression d’être enculé par son fils. Il réussit à convaincre mon père de me laisser poursuivre mes études tout en me faisant travailler comme «helper» le soir et les fins de semaines. Il m’emmena souvent à Montréal où nous en profitions pour nous payer de véritables orgies...

Réjean fut mon amant pendant plusieurs mois; en fait, jusqu’à ce que sa femme nous surprenne en flagrant délit de suçage dans le pit du garage... Ce fut le drame: elle se mit à hurler comme une folle en courant jusque chez le curé. Bientôt toute la paroisse nous montra du doigt. Alors, je perdis mon emploi; je quittai le village de mon enfance pour la grande ville. Réjean divorça et disparut lui-aussi on ne sait où. Je ne l’ai jamais revu.


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