L'amour de minuit

Drapeau-fr.svg Lettres Gay

LG119.jpg


Numéro 119

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 119
Date de parution originale: Août 2002

Date de publication/archivage: 2013-09-02

Auteur: Bruno
Titre: L'amour de minuit
Rubrique: Le coup de foudre

Note: Le magazine Lettres Gay ayant disparu, nous archivons sur Gai-Éros des textes y ayant été publiés au fil des ans, à titre d'archive, notre but premier étant que la littérature homo-érotique se préserve au fil du temps. Si vous êtes l'auteur de ce texte ou si vous détenez des droits légaux sur ce texte, veuillez communiquer avec nous sans délais.

Ce texte a été lu 5384 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


À dix-huit ans, on doute. L’homosexualité est un mot qui fait peur. Surtout lorsqu’on vit dans un milieu où ce genre de choses est considéré comme une une perversion. Aujourd'hui, j’ai encore du mal à assumer complètement mes désirs sexuels et je ne suis pas encore prêt de faire mon coming-out. Peu de gens savent que je suis homo. Uniquement mes amis, mes amis proches. Ma famille, elle, est persuadée que je suis un étudiant très sérieux qui préfère pour l’instant se concentrer sur ses études plutôt que de "penser aux filles". Tout le monde est très fier de moi. S’ils savaient...

J'ai commencé à y penser lorsque j'étais encore au lycée. L’image d’un homme nu et en érection s’imposait dans mes fantasmes chaque fois que je me masturbais. Je m’efforçais de chasser cette image en me concentrant sur le corps d’une fille. Mais c’était l’image de l’homme, un homme sans visage, sans âge, mais avec une belle queue bien raide et le gland complètement décalotté, qui revenait. C’était plus fort que moi, plus fort que tout.

Peu à peu, j’ai fini par accepter cette présence trouble dans laquelle mon corps trouvait une intense jouissance. Quand je n’étais pas excité, je refusais mon désir homosexuel, mais dès que je bandais, dès que je me branlais, c’était bien d'un homme que j’avais envie. De caresser son corps, de lécher sa peau, d’embrasser sa bouche. Le plaisir montant, mes envies devenaient plus crues et obscènes. Je me voyais avec sa queue dans ma bouche ou entre mes fesses. Parfois, c’était l’inverse. C'était moi l'actif, moi qui me faisais sucer, moi qui sodomisais.

Et puis, j’ai connu Fabien, juste après avoir réussi mon bac dans un lycée de la région lyonnaise. Il venait d'avoir dix-huit ans, comme moi. Je l’ai rencontré l’été, en juillet, dans un camping en Bretagne. Comme moi encore, il était en vacances avec ses parents. Là, ce fut le coup de foudre. C’était la première fois que je pouvais mettre un prénom, un visage et un corps sur l’objet de mes désirs. C’était la première fois que je sentais mon cœur battre aussi fort. Je n’avais qu’une envie : être auprès de lui. J’ai réalisé aussi comme ça pouvait être bon d'être amoureux. Quant à Fabien, lui aussi recherchait sans cesse ma compagnie. Mes parents étaient contents de voir que j’avais pu trouver un copain dans ce camping, et ils ne se sont jamais doutés de rien. Le soir, je retrouvais Fabien sur la plage et nous discutions longuement, ou nous restions sur le sable, sans rien nous dire, les yeux fixés sur les étoiles ou sur les vagues de la mer.

Je me sentais bien avec Fabien. Je l’ai aimé avant de le désirer. Et puis, sans que nous ayons une seule fois abordé la question de l’homosexualité, nos bouches se sont retrouvées collées l’une à l’autre alors que nos mains se promenaient fébrilement sur nos deux corps soudés. Il faisait nuit, la plage était déserte. Je n’avais jamais embrassé personne sur la bouche, et j’aurais pu me contenter de ses lèvres et de sa langue durant des heures tellement c’était bon. Fabien m’a débarrassé de mon tee-shirt et je me suis mis à frissonner au contact de ses doigts. C’est lui qui prenait toutes les initiatives. Il se montrait beaucoup moins hésitant Ses caresses étaient si sensuelles et me faisaient un tel effet que j'ai demandé à Fabien s’il avait déjà couché avec un garçon. J’ai été déçu d’apprendre qu’il avait déjà eu deux expériences. J’aurais préféré que, comme moi, il soit totalement vierge et découvrir ensemble tous les jeux et tous les plaisirs du sexe.

Ses doigts se décidèrent plus vite que les miens à se glisser sous mon maillot. Ma queue était tendue comme jamais. Fabien l’a libérée et il a approché sa bouche pour me lécher et pour me sucer. Je tremblais d’envie et de désir, quand il s’est mis à quatre pattes sur moi. Sa queue était plus longue mais plus fine que la mienne. Elle avait gardé le goût salé du bain que nous venions de prendre. Je la faisais glisser dans ma bouche tout en caressant ses couilles alors que Fabien excitait délicieusement mon trou du cul avec la pointe de sa langue. J’étais tellement excité que j'ai joui très vite, sans pouvoir me contrôler ni me retenir. Mon foutre a giclé alors que Fabien me masturbait avec douceur. J’ai poussé quelques cris en jouissant dans sa main. Puis, Fabien m'a demandé de le faire jouir à son tour et m’a laissé le choix dans la manière. J’ai saisi sa queue, et moi aussi je l’ai masturbé pour le mener jusqu’au plaisir. Je devinais à peine son sexe dans la nuit, et j’ai été très heureux lorsque j’ai senti son foutre chaud exploser et arroser ma main. Nous en sommes restés là. mais avant de nous séparer, nous nous sommes encore longuement embrassés.

Le lendemain, et toujours cachés dans les dunes, nous sommes allés encore plus loin. Même si nous ne courions pratiquement aucun risque (j’étais puceau et Fabien avait juste eu des expériences assez soft et protégées), on a quand même préféré utiliser des capotes. Nous en avons acheté discrètement l’après-midi et nous avons attendu le soir pour les utiliser. J’étais très pressé de retrouver Fabien, un peu anxieux aussi en sachant que, cette fois, nous ne nous contenterions pas de caresses manuelles.

En fait, tout s’est très bien passé. Nous avons fait l’amour longuement. Cette fois, je n’ai pas joui trop vite. Après une heure de caresses sur tout le corps, de baisers, de jeux avec nos langues et nos bouches, je me suis offert à quatre pattes sur le sable en ouvrant mes fesses avec mes mains. Dès que j’ai senti le bout de sa queue entre mes fesses, j’ai fermé les yeux de plaisir. Le passage de son gland m’a fait sursauter. La douleur fut vive, mais mon désir d’aller jusqu’au bout de cet acte était encore plus violent.

Fabien m’a pénétré de toute la longueur de son sexe avant d’aller et venir très lentement entre mes fesses. Je me suis allongé de tout mon corps sur le sable. Il est venu sur moi, sans se retirer, et j’ai senti son corps chaud écrasé contre le mien. Tout en m’embrassant dans le cou, son rythme s’est accéléré alors que mes doigts se crispaient de volupté dans le sable humide. Je gémissais, je râlais, mon bassin se tordait dans tous les sens, et dès que j’ai senti qu’il prenait son pied, je me suis laissé aller pour jouir avec lui.

Notre aventure a duré un peu plus de quinze jours. Parfois, c'était moi qui sodomisais Fabien, et je prenais autant de plaisir dans un rôle actif que dans une attitude plus passive. Pénétrer son corps me rendait fou. J’aimais surtout le prendre alors que nous étions face à face pour pouvoir l’embrasser tout en m’activant en lui. Aussi, je lui demandais chaque fois de venir sur moi pour me chevaucher. Aujourd’hui, c’est encore la position que je préfère avec mes nouveaux copains. C’est très beau, très émouvant de découvrir leur visage dans le plaisir.

Hélas pour nous, nous avons dû nous séparer vers la fin du mois de juillet. Lui partait pour Dunkerque, et moi, je rentrais sur Lyon. On s’est écrit, on s’est téléphoné, on a correspondu par internet en s’échangeant des photos, et puis... Une trop longue distance nous séparait, c’était un amour impossible, et chacun a fait sa vie de son côté. Depuis, j’ai bien sûr rencontré d’autres mecs. Mais, dans tous mes partenaires, c’est Fabien que je recherche, lui et sa douceur, lui et sa sensualité, lui pour qui mon cœur bat encore, je pense. Au fond, je crois que c’est surtout à lui que cette lettre s’adresse...