L'apprentissage de Julien (3)


L'apprentissage de Julien (3)
Texte paru le 2000-08-08 par Terry   
Ce récit a été publié sur Gai-Éros avec l'autorisation de l'auteur



Cet auteur vous présente 6 texte(s) et/ou série(s) sur Gai-Éros.

Ce texte a été lu 6447 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)

(ne fonctionne qu'avec les auteurs qui sont des usagers validés sur l'archive)

© Tous droits réservés. Terry.


Template-Books.pngSérie : L'apprentissage de Julien

Chapitre 3

Le flic sort de sa voiture et va se placer au milieu de la rue en face du café où sont les méchants. On ne voit que lui mais les méchants, bien sûr, sont trop occupés à compter l'argent du hold-up. Les films policiers me font marrer mais sont distrayants. Je canalise la violence de ma vie par de la violence artificielle. Je ne suis pas trop attentif au film. Je pense à Julien et me demande s'il est concentré sur l'action ou s'il cogite à autre chose. Je commence à avoir faim, il est déjà 14h. Je me permets d'interrompre la scène et demande à Julien:

— T'as faim? Tu veux quelque chose? Moi j'ai faim, j'ai pas encore mangé. Tu veux un dessert? J'ai des crèmes à la vanille.

— Humm, d'accord! me répond-il en se passant exagérément la langue sur sa lèvre supérieure.

Je crois qu'il ne m'en veut plus trop maintenant. Je me lève et vais chercher dans le réfrigérateur deux crèmes à la vanille presque périmées. Je les amène avec deux cuillères et en donne une à Julien. Il la prend puis réfléchit quelques secondes. Il la pose alors sur la table.

— T'en veux pas? lui dis-je.

Il me regarde, une expression de curiosité au visage.

— T'es malheureux? demande-t-il.

— Qu'est ce que tu veux dire?

— Ben, continue Julien, t'es tout seul.

Je baisse le son de la télévision et lui réponds:

— Je crois qu'il y a certainement plus malheureux que moi, mais tu sais, on est tous seul.

— Pourquoi t'es pas marié? poursuit Julien. T'aimes pas les filles, c'est ça?

— J'ai pas dit ça, c'est compliqué. Je ne crois pas que le but de la vie soit forcément d'avoir une famille. Enfin, je suis encore un peu jeune mais j'y pense. Jusqu'à aujourd'hui, j'ai laissé faire les choses sans jamais avoir trop le choix. Et toi, tu aimes les filles?

Il ne me répond pas. Je développe d'autres éléments:

— Comme je te l'ai dit, il y a certains garçons qui m'attirent et ça depuis tout petit. Tu sais nos goûts, on peut difficilement les changer même s'ils sont jugés malsains par tout le monde. Et puis si je me forçais à être avec une copine, ça durerait pas longtemps je crois et tu serais pas là avec moi aujourd'hui.

Julien dit en souriant:

— Pourquoi tu vis pas avec un garçon alors, ça se fait ça.

— Je cherche pas à vivre avec quelqu'un, lui dis-je, je suis bien seul. Enfin, c'est pas forcement sympa d'être seul mais il y a aussi le fait que je trouve pas ça naturel de vivre avec un garçon. Je veux pas qu'on sache que je suis homo. J'ai trop peur de perdre tous mes amis et d'être montré du doigt, être évité par tout le monde, tu comprends?

— Ben ça revient au même, poursuit Julien, à la fin t'es quand même seul.

— Oui mais pas tout le temps et je me dis qu'un jour ça va peut être changer.

Julien observe les murs, silencieux puis me demande:

— Tu m'aimes, non?

— Oui je t'aime et je te respecte. T'es pas comme les autres. T'es gentil et j'ai envie de te donner plein d'affection.

— On peut pas être juste copains? poursuit-il.

Il a vraiment de bons arguments et va finir par me coincer.

— C'est vrai, tu as raison. Si, bien sûr, tu veux bien encore être copain avec moi. J'ai été loin tout à l'heure.

Julien sourit à nouveau et me répond:

— J'ai bien aimé quand même ce que tu m'as fait tout à l'heure mais à la fin, j'ai eu peur que tu veuilles me faire du mal.

— Oui, c'est pas ce que je voulais faire, il y a déjà des gens qui t'ont fait du mal?

Julien tourne la tête et ne répond pas. Il me regarde à nouveau avec l'expression de quelqu'un qui aurait trouvé une idée géniale.

— Si tu m'aimes, prouve-le-moi, ajoute-t-il, embrasse-moi, les gens qui s'aiment s'embrassent.

Sa proposition m'intéresse beaucoup même, si connaissant le personnage, elle est scabreuse. Il est vraiment mignon et on ne peut qu'avoir envie de l'embrasser.

— D'accord, lui dis-je, mais si tu n'aimes pas, n'hésite pas à me repousser.

Je passe une main caressante sur son visage puis la place derrière sa tête.

— Approche-toi un peu.

Je pose mes lèvres contre les siennes. Suprême sensation douce et tendre. Je m'écarte pour observer ses réactions, son air souriant et silencieux montre qu'il est captivé. Je lui dis:

— Si tu veux, on peut en faire un vrai, avec la langue dans la bouche tu sais.

Je préfère tout lui annoncer pour éviter des mauvaises surprises. J'interprète son sourire qui se marque davantage comme une acceptation.

— Ouvre un peu la bouche.

Je m'approche et nous nous embrassons de nouveau. Julien se tourne vers moi et veut passer ses bras autour de mon cou. Je suis un peu surpris de son attitude, c'est la première fois qu'il prend une initiative. Je croise les miens dans son dos et place mes mains sur ses omoplates. Nos langues se touchent. L'effet est délicieux, agréable. Je m'attends à ce que Julien me sorte "C'est dégueulasse" ou "T'es dégueulasse" mais il n'en est rien. Nous nous embrassons pendant près d'une minute. Je chavire littéralement d'amour pour lui. Nous nous regardons et je dois lui lancer un regard amoureux. Il me dit assez sèchement et avec un grand sourire: "Hum, c'était bon!" comme s'il venait de terminer un délicieux et copieux repas. Je suppose que c'est tout ce que j'aurai comme commentaire. Nous nous recalons dans le canapé. Julien saisit son pot de crème à la vanille et l'entame.

J'ai maintenant un peu de mal à me contenir. J'ai envie de le prendre dans mes bras et de l'emmener dans ma chambre lui faire l'amour. Cette idée de nos deux corps nus en contact sous les couvertures de mon lit provoque en moi une nouvelle érection. Je ne sais pas trop comment lui expliquer ce que je ressens mais il faudra que je sois complet dans mes explications. Après tout, ce n'est pas comme si j'avais rencontré Julien dans un forum gay sur Minitel. Je sais qu'il ne cherche qu'à se faire des amis mais après ce qu'on a fait juste avant, il voudra peut-être. Le mieux, c'est de tout lui dire et s'il ne veut pas, ce sera tout. Je lui dis:

— Julien, je sais que tu voudrais qu'on soit seulement copains mais ce qu'on vient de faire ça va plus loin tu t'en rends compte?

Il hoche la tête.

— Tu sais, je voudrais pas paraître pour quelqu'un qui ne pense qu'au sexe mais j'ai vachement envie de toi, de te serrer contre moi. Si toi tu n'en as pas envie, je comprends très bien, tu peux me le dire et on fera rien. On restera copains, c'est tout.

— J'ai jamais fait ça, dit-il avec un air très naturel, j'ai juste vu des films et pas entre garçons.

Je lui demande:

— Tu as envie d'essayer pour voir?

Il regarde, insistant, ma braguette puis dirige son regard sérieux vers le mien. D'une main, il commence à me caresser la braguette.

— Elle est vachement grosse, dit-il.

Je lui réponds:

— Elle est comme la tienne.

Il se marre puis prend une cuillerée de crème à la vanille.

— Vas-y, maintenant enlève ton pantalon, m'ordonne t-il d'un ton sérieux en levant la tête et en plissant légèrement les yeux.

Je ne crois pas qu'il ait vraiment envie de me toucher mais plutôt de s'amuser avec moi. Quelque part, l'ordre qu'il vient de me donner m'excite et me fait peur à la fois. Je me sens à sa merci et me surprends à apprécier une certaine domination de la part de ce garçon si beau et mystérieux. Je ne sais pas ce qu'il a dans la tête bien sur mais je ne veux pas perdre de temps à discuter avec lui de mes suppositions. Je préfère attendre un peu en espérant une bonne surprise. Je m'exécute donc. Je déboutonne mon jeans puis descends ma braguette.

À ce stade de l'histoire, je voudrais m'excuser auprès du lecteur qui doit
certainement s'impatienter devant tant de paroles ou qui doit tout
simplement s'ennuyer. Vous voyez que vous aussi, qui lisez ces lignes,
vous êtes dans l'histoire et je vous demanderais de ne pas trop mettre le
bordel chez moi. J'ai simplement encore quelque chose à vous dévoiler
avant que Julien ne s'en aperçoive. Voilà, sous mon jeans, je porte un
short en Nylon. J'ai ce côté quelque peu fétichiste d'adorer toute fringue
de sport en cette matière douce, brillante et fine. J'aime en porter
directement sur la peau, ce qui me procure beaucoup de plaisir quand je
bouge ou quand je me caresse durant mes nuits solitaires. Je porte parfois
des shorts Nylon en guise de slip ou de caleçon sous mon jeans durant la
journée. En plus du côté agréable et du côté excitant de savoir ce short
caché des gens que je côtoie, je les trouve très esthétiques voire même
érotiques. Le jour où j'ai reçu Julien chez moi, je portais un short vert
de taille 14 ans, ni trop moulant ni trop large et je me demandais bien
comment il réagirait en le découvrant.

Mon jeans est maintenant sur mes cuisses laissant à la vision de Julien mon petit short, dévoilant par ses formes tendues mon sexe en érection.

— Tu joues au foot? demande Julien.

— Non, je lui réponds, j'ai une passion pour ce genre de short que je trouve très sexy et vachement doux. C'est agréable à porter, j'en mets de temps en temps sous mon jeans. Tu trouves ça bizarre?

— Non, répond t-il, tu peux le garder pour l'instant mais enlève le reste.

Je me lève, retire tous mes vêtements hormis le short et retourne m'asseoir auprès de Julien. Celui-ci me scrute de partout et, si ce n'était pas déjà fait, me déshabille du regard. Je me tourne dans sa direction, me mets à genoux sur le canapé.

— J'ai envie que tu me caresses, lui dis-je.

Tout en gardant sa position assise et en ayant toujours son pot de crème à la vanille dans la main droite, il se tourne vers moi et passe alors prudemment et lentement l'autre main sur toute la surface de mon short: le sexe, les hanches, les fesses et même entre mes jambes. Il analyse les formes de mon anatomie et la délicatesse de son étude me fait chavirer de plaisir. Plusieurs fois, avec application et douceur extrême, il recommence ses attouchements.

— Avec les deux mains s'il te plaît maintenant, lui dis-je.

J'aurais du me taire car il arrête ses caresses et préfère prendre une cuillerée de vanille en m'observant d'un regard provocant. Il est interminable ce pot!

— Allonge-toi maintenant, me dit-il toujours aussi sérieux.

Je me bascule vers l'arrière et me couche sur le dos en étendant les jambes. Je pose mes pieds sur sa braguette et en profite pour la tripoter des orteils. Il s'amuse de cette soudaine action à laquelle il ne s'attendait pas. Il saisit mon pied droit et m'écarte les jambes. Je veux bien faire tout ce qu'il voudra.

Cela devait arriver à force de garder obstinément son pot de vanille dans la main, la cuillère vient de tomber sur mon pied emmenant avec elle une bonne dose de crème qui finit en partie sur celui-ci, en partie sur le jeans de Julien. La bêtise semble l'amuser beaucoup. Il est énervé comme un gamin qui joue et qui n'a plus de limite. Il met ses doigts dans le pot et en poussant des rires hystériques, il projette de la vanille sur mon short.

— Hé! Qu'est ce que tu fais? Tu vas en foutre partout!

Il ne semble pas écouter ma remarque que je n'ai pas voulu trop violente étant donné la circonstance. Je préfère profiter avec imagination de la situation en présentant mon pied maculé de crème au visage de Julien.

— Lèche ça, lui dis-je.

Ma demande n'a rien de malsaine étant donné que je veux surtout voir sa réaction, reprendre un peu le contrôle et m'amuser aussi. Je suis un peu surpris quand Julien s'exécute. Soigneusement, sa langue passe délicatement sur mon pied et la crème est absorbée. Quand il a terminé, Julien me regarde et sourit.

— Approche-toi un peu, lui dis-je. Il y en a sur ton jeans. Je vais le nettoyer.

Je me rassois en prenant soin de ne pas renverser la vanille de mon short sur le canapé.

— Viens, pose ton pot sur la table et mets toi à genoux à côté de moi.

Julien s'approche et se met dans la position que je lui ai demandée. Sa tache de vanille est près de sa braguette et commence à couler. Je saisis ses fesses des deux mains et avance mon visage de son jeans. Je suce la tache avec précaution et plaisir. En lui caressant les fesses fermement, je lui embrasse maintenant la braguette. Je la lui lèche de tout son long. Je sens une délicate odeur de sperme combinée à l'odeur de crème. J'ouvre maintenant son jeans et le laisse glisser jusqu'à ses cuisses. Je recommence les mêmes opérations sur son slip. Cela augmente l'érection du sexe de Julien qui était déjà bien commencée.

Je baisse son slip et place son pénis dans ma bouche. Je le suce goulûment jusqu'au testicules que je palpe consciencieusement. J'entends de petits soupirs émanant de la bouche de Julien qui a l'air de bien apprécier. Mon autre main est toujours en train de palper le superbe postérieur de mon invité et de manière incorrigible mon index vient chatouiller l'anus de Julien. Il semble adulé par la fellation que je lui offre et ne dit rien. Je fais pénétrer mon majeur et lui donne des petits mouvements circulaires. Julien se tortille un peu et j'ai l'impression que son sexe grossit encore. Il pousse régulièrement des cris de plaisir et assez rapidement, il éjacule dans ma bouche. J'avale toute la précieuse semence et n'en laisse pas une goutte. Avant que Julien ne se reprenne, je lui demande de s'occuper de la crème sur mon short.

— À toi maintenant, nettoie tout ça.

Je reprends une position allongée en passant mes jambes de chaque côté de Julien. Celui-ci, toujours à genoux et le sexe tendu à l'air, se baisse pour me lécher le short. Il place ses deux mains sur mes hanches afin de garder l'équilibre et passe sa langue sur la tache de vanille. Pendant l'opération, Julien s'applique. Chacun des mouvements de langue sur mon sexe m'irradie le bas-ventre. Les sensations sont encore plus fortes quand celle-ci atteint mon gland. Je passe tendrement mes mains dans les cheveux de Julien. J'observe au loin ses hanches et ses fesses érigées en hauteur.

Julien a maintenant terminé mais je n'ai pas envie que cela se finisse aussi rapidement. Je saisis alors vivement mon pot de crème que je n'avais pas commencé et qui attendait sur la table. Je l'ouvre et fait couler largement son contenu partout sur mon short. Je n'ai pas besoin de dire à Julien ce que j'attends de lui. Il recommence alors son délicieux travail. Il est vraiment très doué et j'ai bien fait de ne pas oublier de mettre de la vanille jusqu'entre mes jambes car quand la langue de Julien vient lécher mes testicules, le plaisir que cela me procure est immense. J'ai l'impression que mon sexe, tant il est tendu, va exploser dans mon short.

Maintenant qu'il ne reste plus de vanille à sucer, je sors mon membre presque congestionné par une des jambes de mon short. Julien qui commence à avoir des crampes aux bras, se couche sur son côté gauche et observe le sexe que je lui présente. Sa réaction est assez timide et pour l'encourager, je badigeonne mon pénis des parois de l'intérieur du pot de crème. La langue de mon adorable partenaire vient timidement toucher le bout de mon gland. J'observe le mignon profil de Julien la langue légèrement sortie, son menton presque imberbe aux courbes douces, son regard sérieux qui trahit sa curiosité, un peu de peur peut-être. Deux, trois coups hésitants de langue suivent le premier puis le bout de mon sexe disparaît dans sa bouche.

Guidé par la main gauche de Julien qui le masturbe, mon sexe reçoit du dessous des incessants mouvements de succion, qui à chaque fois le font pénétrer plus à l'intérieur. J'essaye de retenir mon éjaculation qui ne va pas tarder afin de profiter un peu plus de ce bonheur intense mais je peux difficilement lutter tant le travail est effectué consciencieusement. Mon sexe est au trois quart introduit et l'autre main de Julien me caresse les testicules à travers le short. Il ne s'en faut pas plus pour que je jouisse. Plusieurs décharges de sperme accompagnées d'intenses sensations explosives qui me font crier de plaisir sont propulsées dans la bouche de Julien. Celui-ci continue de me sucer jusqu'à ce que je ne crie plus puis se retire doucement.

J'ai besoin de quelques instants pour souffler pendant lesquels Julien passe sa main sur mon épaule afin de se hisser à la hauteur de mon visage. Là, il passe son bras derrière ma tête puis colle sa joue contre la mienne. Nous restons l'un à côté de l'autre plusieurs minutes sans rien dire contemplant le plafond et perdus dans nos pensées.

Épilogue

Je contemple le corps de Julien allongé en slip sur mon lit sans connaissance. Il dort. Comment ce garçon si mystérieux, si attirant a-t-il pu atterrir chez moi. Certainement parce que j'en ai tellement rêvé. Pourquoi certains souhaits ne s'exhausseraient-ils pas? Je ne sais pas trop ce qu'il attend de moi. Peut-être rien, ne serait ce qu'un peu d'amitié et d'aventures. Peut-être est-ce moi qui ai profité de ses faiblesses et l'ai forcé à assouvir mes désirs sexuels.

Il est maintenant près de 15h. Tout à l'heure, après que nous nous soyions rhabillés, Julien s'était soudainement éteint. Plus un mot. Il s'est assis et semblait certainement déçu et ennuyé par la situation. Il m'a dit qu'il était fatigué et qu'il fallait qu'il dorme un peu. Je lui ai proposé d'aller se reposer dans ma chambre et il est monté. Pendant ce temps, j'ai fait un peu de ménage et me suis préparé à manger. Même si je mourais littéralement de faim, il était difficile de ne pas penser à Julien qui dormait non loin de là.

J'ai été ensuite prendre une longue douche qui m'a fait méditer un peu plus sur le côté explosif puis soudainement glacé des rencontres homos. Je n'ai rien contre la communauté gay. Même si je la fréquente peu, je considère en faire tout de même partie et respecte tout le monde. On ne peut pas juger quelqu'un, ses attitudes et sa façon d'organiser sa vie en occultant ce qu'il a vécu jusqu'à aujourd'hui et ce qui l'a amené à être ce qu'il est. Mes reproches portent sur des relations purement sexuelles pratiquées en négligeant totalement la sensibilité de l'autre, sur des promesses purement intéressées et qui ne sont pas tenues faute d'avoir oublié l'individu avec lequel on vient de faire l'amour 10 minutes auparavant.

Après ma douche, j'ai regardé mes fringues maculées de crème à la vanille et de sperme et je suis monté à l'étage une serviette autour de la taille pour me chercher des vêtements propres se trouvant dans l'armoire de ma chambre. Julien était assoupi. Il avait balancé ses habits aux quatre coins de la pièce et ne portait que son slip. La journée était chaude et il avait repoussé tous les draps. Je l'observe et ne le vois plus comme l'objet de mon désir mais comme un être que je connais assez peu mais qui est lié à moi par des forces puissantes et qui le sera à jamais. J'ai l'impression que mon histoire avec lui commence réellement maintenant. Une histoire que je souhaite passionnée, intelligente et constructive.

J'entre dans la pièce et me dirige vers l'armoire ou je prends un t-shirt et un pantalon de jogging. En sortant, mon pied bute sur le jeans de Julien, le même jeans qui a été l'objet de toutes mes pulsions érotiques. Je ne peux m'empêcher de le saisir au vol pour le passer dans la pièce d'à côté. Je le porte à mon visage pour le sentir. Je l'enfile et quelque part je me sens dans la peau de Julien. Je n'arrive pas à fermer le bouton du haut mais le reste me moule parfaitement les fesses et les cuisses que je me caresse. J'ai l'impression de toucher Julien, peut être je veux entrer dans sa peau, être lui. Je pense à lui, à ses yeux charmants et sa gentillesse et la chance que j'ai de l'avoir rencontré. J'ai hâte qu'il se réveille afin qu'on discute ensemble. Je retire son jeans et passe mes vêtements.

Je vais ensuite m'allonger auprès de Julien qui à l'air d'un ange lorsqu'il dort. Je l'observe quelques minutes et ferme les yeux. J'espère qu'il sera encore la tout à l'heure. Je m'endors en paix. J'espère que tout ça n'était pas un rêve. J'ai tant de chose à découvrir maintenant. L'apprentissage dont cette histoire traitait, c'était peut être le mien finalement.