L'homo qui a tué Raspoutine (05)


L'homo qui a tué Raspoutine (05)
Texte paru le 2018-02-18 par Dixon   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : L'homo qui a tué Raspoutine


Attention ! Ce texte est un récit de fiction mettant en vedette une personne célèbre ou de notoriété publique. Toute ressemblance avec des actes ou événements qui se seraient réellement produits ne serait que coïncidence. Les actes et événements présentés dans ce récit relèvent du pur fantasme de l'auteur.

Ma pine jaillit devant sa bouche et il l'engouffra aussitôt. C'était un néophyte que John, mais les circonstances faisaient qu'il ne se posait plus de questions. Le jeune homme en plein désarroi avait décidé d'un seul coup qu'il serait un suceur de pines et il voulait me le prouver. C'est pourquoi il mit toute sa science à me pomper comme je le lui avais enseigné. Fini le raclage des dents, John eut soin d'arrondir les lèvres et de me décalotter le prépuce avec toute la délicatesse d'un amant. Puis il titilla la couronne avec la pointe de sa langue, faisant naître les sensations dont je lui avais appris l'existence la nuit précédente dans mon lit. L'apprenti était passé maître et voulait aller jusqu'au bout, ce qu'il fit avec une adresse qui aboutit à une éjaculation énorme. Je noyai littéralement son gosier et il avala sans problème, se pourléchant avec délice.

— J'inaugure une nouvelle vie. Puisque mon père le veut ainsi, il en paiera les conséquences. J'aurai fait mon devoir de fils et sauvé l'honneur de mon nom, mais Pamela divorcera et je me retrouverai libre. Comme il n'a pas d'autre enfant mâle, la transmission du titre ira à mon cousin Grisham qui sera baronet si je meurs.

— Mais tu pourras te remarier avec une femme qui te plaise.

— Pembroke ne le permettra pas. Il brandira toujours sur ma tête la menace de tout révéler. Il a des preuves irréfutables de l'infamie dont s'est rendu coupable mon père. Tout est consommé maintenant. J'accepte le mariage, en revanche, je me sortirai de ce piège où tous deux ont voulu m'enfermer. J'aurai des amants, des maîtresses, peut-être même des bâtards. Je ne reverrai jamais mon père.

— De quoi vivras-tu ?

— De la pension qu'il m'octroiera, car je conserverai la lettre. Et aussi d'une partie de la dot que je garderai, comme dans chaque procédure de divorce. Crois-moi, j'ai beaucoup réfléchi. Voudras-tu être mon témoin ?


Je fus témoin au mariage qui eut lieu six semaines plus tard. Paméla, plus laide que jamais dans ses volutes de soie grège, resplendissait d'un bonheur qu'elle croyait parfait. John était grave et sans tristesse. Les deux pères, qui avaient tremblé à la disparition de la lettre, affichaient leur soulagement. Le soir, John rejoignit son épouse qui attendait le grand moment de perdre sa virginité. Il dit à sa jeune épousée.

— J'ignore si vous avez été complice de l'infamie de nos parents, mais si vous en êtes victime, vous voudrez bien me pardonner. Vous êtes légalement ma femme, mais mon devoir s'arrête là. La consommation du mariage n'est pas une obligation définie par aucune loi d'Angleterre et si vous souhaitez un divorce, je ne m'y opposerai pas. Maintenant, veuillez m'excuser, j'ai eu une journée éprouvante et je désire me reposer. Good night, sleep tight, Pamela.


Six ans plus tard, je convolai avec une nièce de la tsarine et je ne pus m'empêcher de penser à mon ex-amant John Ewing. Moi aussi j'avais été obligé de prendre épouse à la suite du décès de mon frère tué en duel par l'époux d'une femme dont il avait été l'amant. Il me revenait d'assurer la pérennité de ma race et je ne me dérobai pas. Il y avait une grosse différence. Ma fiancée était jolie et l'union très avantageuse. Mais homosexuel avéré, saurais-je franchir l'obstacle de la nuit de noces et bander assez pour lui prendre sa virginité ? À ma grande satisfaction, je sus être un mari pour ma femme et je la déflorai sans problème. Elle connaissait mes penchants et cela me la rendait proche parce que je n'avais pas l'impression de tromper sur la marchandise. Mais tout le temps de sa grossesse, car je sus lui faire un enfant, elle me tint éloigné de son lit, ne voulant pas m'offrir un corps déformé et peu désirable. Je lui en sus gré et l'aimais pour cette rare délicatesse.


À l'occasion de mon mariage, je revis l'Anglais John Ewing que j'avais choisi comme témoin. Sa femme n'avait pas divorcé et il était son époux de fait sans jamais avoir couché avec elle. Elle s’accommodait fort bien de cette étrange situation et leur relation s'était muée en un courtois compagnonnage. Préférant passer pour stérile, elle n'avait jamais soufflé mot de sa virginité forcée et son statut de femme mariée était infiniment supérieur à celui de vieille fille dont personne n'aurait voulu. Quant à John, il menait une vie aussi débridée que possible et il avait beaucoup vieilli. Le beau gosse s'était transformé en un gentleman presque chauve avec un teint déjà rougeaud dû à un alcoolisme chronique. Seul son corps était resté svelte et témoignait du sportif qu'il avait été. Je l'interrogeai sur sa vie.

— Es-tu heureux ? As-tu des regrets ? Comment les garçons comme toi trouvent-ils leur place en Angleterre ?

— Moins facilement qu'ici, je présume. Mon père ne me regarde pas en face et il boit encore plus que moi, il est devenu une loque. Mais j'ai la dot de mon épouse puisque nous n'avons pas divorcé et j'ai un appartement à Londres, une cuisinière, un valet de chambre. Je fais partie d'un club huppé et j'ai des amants magnifiques, mais dans la clandestinité. J'ai attrapé la syphilis et comme tu l'as vu, j'ai changé. On me soigne à l'oxyde de plomb, mais c'est une chaîne de transmission et parfois je me sens coupable. Beaucoup d'hommes sont infectés, par leurs amants, par leurs maîtresses. L'Angleterre si puritaine cache ses vices du mieux qu'elle peut, mais c'est la pire nation de toutes parce qu'on y jouit sans plaisir.


Je ne pus m'empêcher de penser que j'avais la chance d'être un Russe quand je me comparai à lui. Quelle différence avec ma vie, si pleine de plaisirs partagés dans une atmosphère exempte de la culpabilité protestante. Notre Église ne se mêlait pas de ce qui relevait de l'intime et nos familles nous laissaient libres de jouir là où nous le voulions pourvu que nous ne fassions pas de scandale. Le tsar Nicolas et sa femme entretenaient des liens étroits avec un nommé Raspoutine dont les talents de guérisseur faisaient oublier les orgies perpétrées au nom de la foi. Ce moujik était un mystique qui s'exaltait dans la débauche, servi par une queue gigantesque. Selon lui, Dieu pourvoyait à tout, faisant de chacun de nous l'être unique qui devait accomplir son destin. Toutes nos tares et tous nos vices faisaient partie de Son dessein autant que nos qualités, nos vertus. Je le rencontrai au palais du tsar où il avait toutes ses entrées, étant doué du pouvoir de guérir la maladie du tsarévitch, lequel souffrait d'hémophilie. Une application de sa main faisait cesser les saignements et pour la tsarine, mère du seul héritier mâle de Russie, il était une providence. Abusait-il de son pouvoir, c'est ce que je me dis à longue, mais je fuis fasciné au début par la personnalité du moujik.


D'une taille assez élevée, portant la barbe en son entier, ses yeux doux et perçants à la fois causaient un étrange malaise. On se sentait percé à jour et devant cette sagacité qui sondait l'âme dans ses plus tortueux recoins, nu comme au jour de sa naissance. Dans le même temps, on sentait en lui une profonde indulgence, le désir de comprendre l'être et de ne pas mal le juger. Son aura, christique, mystérieuse, m'impressionna au plus haut point et je compris alors l'ascendant qu'un tel homme pouvait exercer. Plus que sa part lumineuse, sa part d'ombre m'intéressait et je résolus de m'attacher à en découvrir les arcanes. En un mot, je fus fasciné. Dès lors, je n'eus plus qu'une envie, faire plus ample connaissance avec l'ancien moine dont on faisait des gorges chaudes, et dont chacun parlait comme d'un monstre ou d'un saint, selon qu'on jugeait l'influence disproportionnée qu'il avait prise dans l'État ou selon sa prédestination à sauver la sainte Russie. Voyant ma fascination pour lui, il m'invita à une séance de prière dans le bouge qu'il occupait dans une ruelle de Petrograd, nom russe de Saint-Pétersbourg.


Sa maison était très modeste, pleine d'icônes et de piété. Quand j'arrivai, une douzaine de personnes se trouvaient dans une salle au plafond bas, pourvue de tapis très épais. Le seul meuble était un autel où brûlaient des cierges nombreux qui entouraient un tabernacle. Raspoutine, les yeux flamboyants, semblait célébrer un office. Il m'aperçut et son regard prit une douceur inattendue.

— Faîtes place au prince Youssoupov, dit-il, s'adressant aux fidèles. Il est là pour la vérité et repartira éclairé.


Il leva les bras vers le ciel et commença son homélie. "Le Tout-Puissant nous a créé tels et telles que nous sommes, avec nos vices et nos vertus. Il nous aime ainsi et le mal lui est aussi cher que le bien, car sans le mal, que serait le bien ? Il a créé la laideur pour faire apprécier la beauté, la souffrance pour nous offrir le plaisir, le méchant pour nous faire préférer le bon. Si nous sommes réunis ici, c'est pour honorer tous ses dons et jouir des plus précieux d'entre eux. Vous êtes beaux, vous êtes bons, vous aimez jouir de la vie. Que la jouissance vous emporte, elle témoignera de votre foi en la grandeur du Tout-Puissant, une foi qui doit être aveugle. Que le péché vous régénère et vous rapproche du Créateur. Quittez vos préjugés, vos habits, ayez l'esprit nu, le corps nu, et semez partout la semence qui est la vie et qui est Dieu."


Raspoutine, en trois mouvements, se dépouilla de sa tunique et de son sous-vêtement crasseux et apparut nu devant nous. Son corps puissant et athlétique était pourvu en son milieu d'un pénis tendu, gigantesque, large à la base, étroit au gland, noueux comme un gros cep de vigne. ( À sa mort, on l'a détaché de sa dépouille et conservé dans du formol. On peut le voir sur Internet, il fait 31cm). Ce fut le signal de l'orgie. Les huit femmes et les sept garçons, nus comme au jour de leur naissance, se mirent tous à s'enculer, à se sucer, à se baiser avec une ardeur frénétique. Raspoutine, au milieu de tous, se faisait pomper sa grosse pine avant de la fourrer dans le con, dans le cul, qui attendait l'intromission comme une langue reçoit l'hostie. Quand le moine se courba sur moi, j'eus un moment d'appréhension, mais sa queue était ainsi faite qu'elle entra par son petit gland et m'écarta progressivement, fouillant au fond de mes entrailles et arrondissant mon trou à la limite de la rupture. Cependant, je suçais des pines et il s'en présentait toujours. Je buvais des masses de sperme et Raspoutine m'offrit le sien quand il eut baisé tout le monde. Je m’arrimais à ses deux couilles et pris autant que je pus prendre de son braquemart légendaire, c'est-à-dire à peine la moitié. Il m'inonda de sa semence, me regardant avec douceur et j'eus la sensation étrange de boire à la source de vie. À cet instant, je fus certain que je tirais le jus d'un saint et que cet homme exceptionnel jouerait un grand rôle dans l'histoire. Son magnétisme aimantait tout, il lui suffisait de paraître et l'on se sentait démuni, prêt à subir un ascendant d'une essence mystique, divine. On s'offrait à lui comme à un prophète, on vénérait sa grosse pine, on adorait son regard doux et qui flamboyait dans l'extase. C'était merveilleux, terrifiant.


Je devins assez rapidement un assidu de ces orgies et je m'y fis plusieurs amis. L'envoûtement qu'ils ressentaient, fait d'admiration et de crainte, les tint longtemps assujettis, mais quand en 1914 la Première Guerre fut déclarée, leur amour se changea en haine. Raspoutine était pacifiste et il pesait de tout son poids pour empêcher la sainte Russie d'honorer son traité d'alliance avec la France et l'Angleterre. Notre honneur n'y survivrait pas, les Russes passeraient pour des traîtres et nous autres aristocrates et militaires par devoir, pour des lâches aux yeux de l'Europe. Nos entrevues avec le Tsar nous laissaient tous sur notre faim, car il changeait de position selon qu'il était devant nous ou en face de Raspoutine. Moi seul demeurais partagé, écartelé entre ma loyauté d'amant et mon amour pour mon pays. Raspoutine m'avait possédé sans violence et son attitude politique ne manquait pas de cohérence avec son comportement humain. Il avait usé de ses dons pour soulager le tsarévitch sans contrepartie financière. Il était doué pour le plaisir et il combattait la souffrance, et la guerre contre les Allemands serait un bain de sang terrible. Une circonstance me fit voir que cet homme que je vénérais était en réalité un monstre et que je m'étais fourvoyé.

Le prince Oniguine, ambassadeur en Angleterre, avait été rappelé par le Tsar et se trouvait à Petrograd. Je le rencontrai à la Cour et nous eûmes une conversation qui détruisit mes Illusions. Raspoutine exerçait sur le Tsar une pression inacceptable, le menaçant de cesser ses soins sur le tsarévitch si la Russie poursuivait la guerre. Comme la Tsarine était d'origine allemande et complètement asservie à la force mentale du moujik, Nicolas ne savait que faire et ses hésitations provoquaient des rumeurs dans tout le pays sur sa légitimité impériale, tant était grand le sentiment que le pouvoir lui échappait au profit de Grigori Raspoutine. Les Anglais étaient très inquiets. Leurs services de renseignement disaient qu'il était en contact avec le banquier Rubinstein, espion à la botte des Allemands. Ils craignaient une révolution qui déstabiliserait l'Europe et ils en venaient à penser que seule l'élimination physique restaurerait un équilibre et rendrait à la sainte Russie son rôle de grande puissance et d'alliée. Il fallait tuer le moujik.

Le 16 décembre 1916, j'invitai Raspoutine chez moi au prétexte que j'avais des douleurs dont lui seul pouvait me défaire. Mon amant Dimitri Pavlovitch, cousin du Tsar, grand-duc de Russie, ainsi que l'agent secret Oswald Rayner et deux autres de mes amis étaient en embuscade à l'étage. En fait tout reposait sur moi, car mes amis et mon amant étaient connus de Raspoutine comme ses ennemis acharnés et ils ne devaient apparaître qu'au cas où je ne pourrais à moi seul venir à bout de ma mission. S'ils se montraient, le moujik, méfiant, quitterait mon palais tout de suite et le complot avorterait. À l'heure dite, le traître arriva et je le reçus dans un salon du rez-de-chaussée. Je fis servir une collation, des gâteaux et du vin de France pleins de cyanure de potassium, un poison réputé violent et dont l'effet était immédiat. Raspoutine mangea et il but, et rien, absolument rien, n'arriva. Il conservait sa bonne humeur et voulut m'imposer les mains sur ma colonne vertébrale dont j'avais dit que je souffrais. Voyant que le poison n'agissait pas, je fus pris d'une terreur sans nom. Cet homme avait la force en lui et des pouvoirs invulnérables. Il était au-delà de l'humain.

Affolé, je montai à l'étage et informai les conjurés que le faux moine avait résisté au poison. Leur décision fut bientôt prise, ils redescendirent avec moi et déchargèrent leurs pistolets à bout portant sur Raspoutine. Il vacilla sans s'écrouler et fit un mouvement vers nous. Nous étions tous tétanisés, mais quand il eut fait quelques pas, il tomba en arrière d'un seul bloc. Alors je me penchai sur lui. Ses yeux doux me fixèrent avec une immense tristesse avant de se voiler et de s'éteindre peu à peu. C'en était fait de Raspoutine.

Tandis que mes amis poussaient un grand soupir de soulagement, je me mis à pleurer soudain. La tension accumulée en moi se libérait en flots de larmes. Les épaules secouées de sanglots, je sus que pour la première fois de ma vie, j'avais ôté celle d'un autre homme, un homme que j'avais aimé avant de le vouer à l'Enfer. De ce qui se déroula ensuite, ma mémoire ne peut l'oublier et fut une tache indélébile dont mes cauchemars sont hantés. Mon amant, le grand-duc Dimitri, déculotta le corps sans vie et apparut la pine énorme dont toute la Russie parlait. Il recula, exorbité. Une monstrueuse érection jaillissait hors de la culotte. Le faune avait bandé à mort lorsque la mort l'avait saisi. Tel un pendu sur son gibet, il avait connu la jouissance ultime et maintenant il déchargeait, exhalant comme un dernier souffle le sperme qui était en lui. Il éclata sur le visage de mon amant en un seul jet.


La suite se passa comme dans un rêve éveillé. Je me souviens d'Oswald Rayner posant son oreille sur la poitrine à l'affût d'un battement de cœur, mais Raspoutine était bien mort. Il fallait se débarrasser du corps. Il était 2h du matin, les rues devaient être désertes et la Néva était tout près. Nous chargeâmes la lourde dépouille sur une charrette et nous enfonçâmes dans la nuit. Le fleuve charriait des glaçons et il fallut avec une perche immerger l'horrible cadavre qui demeurait à la surface. Les jours qui suivirent, je me les rappelle vaguement jusqu'à ce jour où, découverts, chacun de nous dit prendre la fuite. Une fois arrivé en France, je sus que le starets avait été émasculé. Quelqu'un avait volé sa pine. Il fallut plusieurs décennies pour qu'on la vît réapparaître dans un bocal plein de formol. Ce sexe énorme, démesuré, c'est ce qui reste de celui qui a tant compté dans ma vie et que j'ai tué par devoir. Grâce à lui, mon nom est célèbre. Je suis le prince Youssoupov.

Fin