L'inconnu de l'hôpital

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L'inconnu de l'hôpital
par Jules1291   Drapeau-ch.svg   (2018-07-29)


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Ce jour-là, j’avais rendez-vous à l’hôpital psychiatrique et j’étais dans le bureau du médecin-chef.

— Bonjour inspecteur, me dit-il en me touchant la main, je suis le professeur Müller.

— Bonjour professeur, répondis-je. Inspecteur Monteux.

— C’est vous que j’ai eu au téléphone ?

— Non, c’était mon chef, il m’a confié l’enquête. Je viens d’arriver dans la ville et c’est ma première affaire.

— Je ne sais pas si c’est une affaire, plutôt une formalité à remplir pour que nous puissions placer ce jeune homme. Avez-vous bien reçu les photos ?

— Oui, nous n’avons malheureusement pas trouvé de correspondance dans nos fichiers. Et aucune disparition n’a été signalée dans la région. D’après le dossier il ne devait pas venir de loin. Il n’avait pas de bagages ?

— Non, seulement les habits qu’il portait, pas d’argent, pas de papiers. Nous lui en avons prêté d’autres. D’un point de vue médical, nous ne pouvons rien faire pour lui, il ne parle pas, il doit être amnésique. Sinon il est en bonne santé. Le mieux serait de descendre le voir. Vous pourrez rester seul avec lui. Il aura peut-être plus confiance en quelqu’un qui n’a pas de blouse blanche.

— Est-il agressif ? Y a-t-il une caméra pour le surveiller ?

— Pas du tout, il est très doux et coopératif. Nous n’avons pas de caméras, nous respectons l’intimité des patients. Et vous êtes policier, vous devez savoir vous défendre.

— Oui, mais je préférerais éviter la violence.

— Je vous comprends. Suivez-moi.

Nous descendîmes au sous-sol. Le professeur m’expliqua :

— C’est un ancien bâtiment, il y a des chambres qui ne sont éclairées que par des vasistas.

Nous nous arrêtâmes au bureau des infirmiers. Le professeur demanda le numéro de la chambre et me donna un bracelet muni d’une puce pour ouvrir la porte, toujours verrouillée. Le couloir était éclairé par des néons blafards. Cela ressemblait plus à une prison qu’à un hôpital. Le médecin déverrouilla la porte de la chambre 9 et nous entrâmes. C’était l’heure où le soleil illuminait le lit, le jeune homme dormait, couché sur le dos, les bras en arrière. Il était seulement vêtu d’un caleçon blanc déformé par une gigantesque érection. Nous éclatâmes de rire en le voyant.

— Eh bien, dit le professeur, si la tête ne fonctionne plus, le reste va bien. Je vous le laisse.

Il me montra comment ouvrir la porte et sortit. J’enlevai ma veste et la posai sur une chaise, je m’assis sur le bord du lit. Le jeune homme se réveilla, me vit et me sourit.

— Bonjour, Monsieur, lui dis-je.

J’hésitai, devais-je le tutoyer ? Ce n’était pas très professionnel, mais il aurait peut-être plus confiance en moi.

— Je m’appelle Daniel, continuai-je, je suis policier. Tu vas bien ?

Il ne me répondit pas, il continuait à me sourire. Je sortis un carnet et un stylo de ma poche.

— Je dois faire des recherches pour retrouver d’où tu viens et je cherche tous les indices susceptibles de m’aider.

Je notai quelques informations au sujet de son corps. Son érection n’avait pas faibli. Je mourrai d’envie de voir ce qui se cachait sous l’étoffe, j’eus une idée.

— Je pense que tu pourrais être originaire du Maghreb. Un moyen de le savoir serait de… de regarder si tu es circoncis, je ne sais pas si tu me comprends.

J’aurais pu demander cette information aux infirmiers, ce n’était pas légal de le vérifier moi-même. Heureusement, le jeune homme semblait avoir compris, il me montra son pénis avec sa main, l’air interrogatif.

— Oui, c’est bien ça.

Il baissa son caleçon, libérant son monstrueux engin qui se plaqua sur son ventre. Il commença immédiatement à faire coulisser son prépuce pour me montrer qu’il était intact. Je le regardai faire, fasciné. J’aurais aimé prendre son membre dans ma bouche, je m’imaginais, à tort peut-être, qu’il était encore vierge. Je me retins, quelqu’un pouvait venir à tout moment et ce fut ce qui arriva, la porte s’ouvrit, un infirmier entra :

— Excusez-moi de vous déranger, me dit-il, mais nous avons des ordres stricts, nous devons passer chaque heure vers chaque patient.

L’infirmier jeta un coup d’œil rapide sur le jeune homme, il n’eut pas l’air étonné.

— Ne vous inquiétez pas, me dit-il, il n’a pas d’autre occupation ici que de se branler. J’espère que vous allez trouver d’où il vient.

— Et si je ne trouve pas ?

— Il finira sa vie dans un centre pour handicapés.

Le jeune homme ne se laissait pas troubler par notre discussion, il éjacula, maculant son torse jusqu’au cou. L’infirmier lui tendit une boîte de Kleenex et ressortit.

Le jeune homme avait l’air très satisfait de sa performance. Je pris un mouchoir et le nettoyai consciencieusement, puis remontai son caleçon. Il me souriait toujours.

Nous n’avons jamais trouvé d’où venait ce jeune homme, et il n’a jamais parlé, ou plutôt il a parlé une seule fois : le jour de notre mariage, un "oui" clair et fort, puis il m’a souri.