L’ami venu d’ailleurs (20)


L’ami venu d’ailleurs (20)
Texte paru le 2013-11-08 par Jules1291   Drapeau-ch.svg
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Template-Books.pngSérie : L’ami venu d’ailleurs

Épilogue : Vingt ans après (Univers alternatif #3)

La conversation se poursuit.

— C’est quand même incroyable notre rencontre il y a 20 ans, me dit Daniel.

— Ce n’était peut-être pas un hasard.

— Que dis-tu ?

— Rien. Comme le tirage du Loto, peut-être que tout était écrit à l’avance.

Nous restons silencieux pendant quelques minutes.

— J’aimerais quand même bien savoir ce qui s’est passé sur ma planète.

— Je pourrais te renseigner.

— Toi ? Comment le saurais-tu ?

— Tu te rappelles, je t’avais dit à Baden-Baden que j’étais déjà venu aux bains et que j’avais aussi des secrets. Tu as eu l’élégance de ne pas me demander avec qui.

— Tu peux me le dire maintenant.

— C’était avec M. X.

— M. X. ? Il était ton amant ?

— Non, mon chef. Je travaillais pour le bureau des études extraterrestres.

Daniel reste sans voix, comme si le ciel lui était tombé sur la tête. Je poursuis :

— Je savais que tu allais débarquer, je t’attendais.

— Mais tu n’as pas raconté cela dans tes récits.

— C’était une version romancée de notre histoire.

— Et qui vous avait avertis de ma venue ?

— On nous avisait à l’avance de toutes vos venues sur la Terre. Nous avions tous les détails, l’heure et le lieu de ton arrivée, ton portrait, tes orientations sexuelles. J’ai déménagé quelques mois à l’avance à Dole pour t’accueillir.

— Et si je ne t’avais pas choisi ?

— C’était un risque à prendre.

— Et quel lien avec Baden-Baden ?

— Mon chef m’avait invité pour me proposer cette mission dans un lieu discret. Nous savions que vous nous espionniez.

— Et tu as couché avec lui ?

— Joker pour cette question.

— Mais alors tu sais aussi qui a modifié le script.

— Oui.

— C’est qui ?

— C’est moi.

— Toi ?

— Oui, tu sais que je suis informaticien, mais on m’a aidé.

— C’est qui « on » ?

— C’est une longue histoire.

J’ai alors raconté à Daniel cette longue histoire, pour une fois, ce n’étaient plus lui et Xénix qui tiraient les ficelles.

Tout a de nouveau commencé à la saline d’Arc-et-Senans. Lors de travaux dans les années 50, on a découvert par hasard un manuscrit de l’architecte Ledoux dans une cave. Il expliquait qu’il était né sur une autre planète et qu’il était un Observateur. Ce manuscrit a paru bizarre, on l’a transmis au ministère de la Culture. L’historien qui l’a examiné aimait beaucoup la SF, il a cru ce qui était écrit et l’a transmis à l’Élysée. On venait alors de créer le bureau, c’était l’époque des soucoupes volantes. Il fallait bien les occuper, on leur a transmis le document.

Il fallait repérer les Observateurs, et c’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Ils ont eu l’idée de faire un appât, ils ont contacté un obscur écrivain de SF, lui ont demandé d’écrire un roman d’après le manuscrit. Ils ont fait ensuite beaucoup de publicité, mais le roman ne s’est pas vendu et personne ne connaît plus l’écrivain de nos jours, il avait cependant été bien payé. Les Xénixiens n’ont pas mordu à l’appât, mais, et, c’est là que cela devient intéressant, quelqu’un d’autre a réagi.

Le chef du bureau de l’époque a été contacté pas des entités extraterrestres de manière télépathique. Ces entités vivent dans une autre dimension, c’est la seule possibilité qu’elles ont de « parler » aux humains. Elles cherchaient des alliés pour leurs basses œuvres et elles ont fait alliance avec nous, les Terriens.

Quelles étaient ces basses œuvres ? Tout simplement vous empêcher, vous, les Xénixiens de faire ce que vous vouliez. Vous pensiez surveiller les mondes que vous aviez colonisés, mais ce sont ces entités qui vous surveillaient.

Pendant des années, il ne s’est rien passé de spécial. Les Terriens suivaient discrètement les Observateurs, ils savaient exactement quand et où ils débarquaient. Vous n’avez jamais envisagé cette hypothèse, vous êtes trop sûr de vous.

À l’époque, seuls un nombre très restreint de personnes du monde occidental connaissait ces faits. Je te laisse imaginer toutes les mesures pour garder le secret et vous induire en erreur. Au début des années 2000, vous êtes devenus menaçants, et les entités nous ont demandé d’agir.

Nous avons préparé notre plan d’action avec l’aide des entités, et nous avons mis au point le virus qui allait détruire tous vos ordinateurs stratégiques. Nous avons épargné les ordinateurs qui servent à la vie quotidienne des Xénixiens. À l’heure actuelle, vous ne pouvez plus faire de voyages interplanétaires.

Daniel m’a interrompu :

— Mais pourquoi t’ont-ils choisi, tu étais bien jeune dans les années 2000.

— J’étais un hacker, à 12 ans j’avais déjà craqué beaucoup de mots de passe. Ils ont préféré m’engager.

— Et pourquoi avoir attendu 20 ans pour activer ce virus ?

— Nous avons attendu que la menace se précise.

— Je ne comprends toujours pas, je suis venu sur la terre en ami, pas pour la détruire.

— Oui, mais tu n’avais pas assez de barres sur tes caleçons, les luttes de pouvoir se déroulent bien plus haut. Tout n’est qu’illusion sur ta planète, vos dirigeants sont des dictateurs. Ils ont décidé de supprimer une fois pour toutes les planètes qu’ils ont colonisées. Te rappelles-tu de Star Wars que nous avons regardé une fois ensemble ? La planète qui est détruite ?

— Comment serait-ce possible ? Je n’ai jamais entendu parler de cela.

— Tu n’étais qu’un obscur Observateur et un Ambassadeur marchand de vin.

— Et pourquoi détruire la Terre ?

— À cause du réchauffement climatique, la température de la Terre augmente toujours, certains dirigeants de votre planète estiment que Xénix a échoué dans ses tentatives de colonisation et que les Terriens ne sont que des parasites. Ils ont aussi peur que nous les rattrapions un jour.

— Et comment allions-nous détruire la Terre ?

— Il y une troisième salle sous la cabane au Canada, elle contient une bombe d’une puissance inouïe qui pourrait détruire la Terre. Il y longtemps que je l’ai désamorcée avec l’aide des entités, avant même que tu n’arrives sur la Terre.

FIN #3