La bouche pleine de lui

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Numéro 63

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 63
Date de parution originale: Février 1994

Date de publication/archivage: 2018-02-12

Auteur: Fabien
Titre: La bouche pleine de lui
Rubrique: Monte-moi sur ta moto...

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J’ai eu un grave accident de moto, il y a trois ans maintenant. Un accident bête, comme tous les accidents. Je rentrais chez moi, il pleuvait. Il y avait peu de monde sur la route, une départementale qui traverse un petit bois. Un chien est sorti de la forêt et a traversé la route. Je ne l’ai pas vu assez tôt. J’ai tenté de l’éviter. J’ai freiné, je l’ai heurté, puis j’ai fait une sortie de route et j’ai fini ma course projeté contre un arbre. Je ne me souviens de rien d’autre. Lorsque j’ai repris conscience, j’ai entendu des voix:

— Ne lui enlève pas son casque! Je vais chercher du secours.

Une moto qui démarre. J’ai ouvert un œil, il y avait deux motards qui me regardaient. Ils me disaient de ne pas bouger, qu’un des leurs était parti chercher les pompiers. Je me souviens avoir dit:

— Moto, ma moto?

Puis je me suis évanoui à nouveau. J’ai été transporté toutes sirènes hurlantes à l’hôpital de Guarches, très spécialisé pour les grands accidentés de la route.

Je crois que je n’ai vraiment repris conscience que plusieurs jours après mon accident. J’étais dans un lit d’hôpital, presque complètement dans le plâtre, avec les jambes et un bras en extension. Complètement immobilisé. Je ne pensais qu’à ma moto. J’ai appris que les trois motards qui m’avaient secouru l’avait fait porter dans un garage proche. Ils ne m’ont même pas laissé leurs noms, et je n’ai jamais pu les remercier. Solidarité motarde! Enfin, j’ai commencé cette nouvelle vie, à l’hôpital. Je passerai sous silence les heures de souffrance, physique et morale, ce n’est pas le sujet de ma lettre. Dans le lit à côté du mien, il y avait un type à peu près dans le même état que moi. Lui, ça faisait déjà plus d’un mois qu’il était là, suite à un accident de moto aussi. Lorsque l’infirmière passait, il ne disait jamais rien. Un jour je lui ai dit:

— Elle ne te plaît pas l’infirmière?

Il m’a répondu:

— Je préfère l’infirmier.

J’ai tourné la tête vers lui. Je lui ai dit:

— Ah, eh bien on a les mêmes goûts, toi et moi!

On s’est marrés. Et on a commencé à fantasmer sur un infirmier qui venait de temps en temps le week-end.

— J’aimerais bien voir son cul!

— Oui, mais sous la blouse, c’est dur!

— Tu crois qu’il a une grosse queue?

— Arrête, tu me fais bander!

Le problème, pour moi, c’était qu’au début, je ne pouvais pas me branler, même quand j’avais la queue prête à exploser, à cause de mes bras dans le plâtre. Le jour où on m’a libéré une main, ça a été la fête. Avec Alain, mon compagnon de chambre, on n’arrêtait pas, chacun dans son lit.

— Alors, tu lui fais quoi, à l’infirmier?

Oui, vas-y, vas-y, encule-le!

— Je lui suce la queue, je lui griffe les couilles, je le mets à quatre pattes, et je glisse ma bite entre ses cuisses. Comme il n’a pas l’habitude, son trou du cul est très serré, je vais le défoncer à grands coups et...

— Oui, vas-y, vas-y, pousse, encule-le, putain, c’est bon!

— Regarde-le, ce chien, il aime ça, il en redemande!

Dans ma main, ma queue était gonflée, je savais que dans son lit, Alain se branlait aussi. On essayait de retarder le moment de jouir.

Le samedi et le dimanche, la chambre était pleine de motards, des copains d’Alain. Moi, j’étais loin de chez moi, et je n’avais pas de visites. Mais je ne perdais pas ma journée. Je matais les mecs, sanglés dans leurs combinaisons de cuir, avec leurs lourdes bottes. J’avais envie d’en baiser un, comme ça. Puis de partir sur ma bécane avec lui, la bite collée contre son cul. Après, je racontais à Alain:

— Cet après-midi, je me farcirais bien ton pote, le grand brun. Il a quoi comme moto?

Je suis sorti de l’hosto au bout de trois mois. J’en avais tout de même marre de ces petits jeux. J’avais vraiment envie de sentir ma queue dans un boyau humide, un vrai, et de toucher vraiment un mec. J’ai téléphoné à un copain. On a adapté notre façon de baiser, parce que moi, j’aimais les baises hards, très physiques, violentes parfois. Et puis j’ai recommencé à marcher, à travailler, et j’ai surtout enfin pu remonter sur ma bécane.

Il y a quelques mois, un après-midi, on sonne à ma porte. Je vais ouvrir; la surprise de ma vie! Alain, ce copain d’hosto. On ne s’était jamais revus depuis ma sortie, ni la sienne. Je ne l’avais jamais vu debout, jamais vu en entier, jamais vu finalement le beau mâle que c’était. On s’est regardés sans rien dire un bon moment. Il est resté sur le pas de la porte, son casque à la main, et il m’a dit:

— On va faire un tour?

— Sur ta moto ou sur la mienne?

— Sur la mienne.

Je suis monté derrière lui sur sa Suzu. Et déjà je ne tenais plus. L’odeur du blouson, les mains qu’on glisse sous le blouson. La bécane vibrait entre nos cuisses. Alain roulait vite mais bien. Mes mains glissaient doucement vers le jean. Je sentais une belle queue, coincée sous la fermeture. Je me suis calé encore plus contre son cul, pour qu’il sente combien je bandais. Mes mains sous les gants commençaient à transpirer. J’ai amorcé un mouvement de bassin de va-et-vient. On a fini par s’arrêter parce que ça devenait dangereux. On gardait les vibrations entre les cuisses, mais on en attendait d’autres. Alain s’est adossé à un arbre et a dégrafé son pantalon.

— J’ai tellement rêvé à ce moment!

Je n’ai pas répondu. J’avais déjà la bouche pleine de ce morceau de chair tendue. Je suçais avec des grands coups de langue, voracement, presque à mordre, un doigt entre les couilles qui remontent doucement vers l’anus. Moi aussi, j’en avais tellement rêvé de cette rondelle là! J’allais enfin pouvoir la défoncer! J’aime bien exciter les mecs à mort avant de les enculer. Alain aussi aimait ça. Je lui branlais le cul avec trois, puis quatre doigts. Quand il gueulait: “Encore!”, je m’arrêtais puis on reprenait de plus belle.

Je l’ai retourné et coincé contre un arbre parce que j’avais la bite en feu. J’ai mis une capote et j’ai enfoncé ma queue d’un seul coup. J’ai senti que tout le corps d’Alain se contractait. On transpirait comme des porcs. Je le labourais à grands coups, de plus en plus fort, à la limite de la douleur pour lui et pour moi. On s’est mis à gueuler en cœur. Puis ça a explosé. Ma bite s’est violemment déchargée de son foutre, pendant qu’Alain s’astiquait encore avant de cracher sa purée par terre. On a à peine pris le temps de respirer. On est remontés sur sa bécane, on n’en pouvait plus. Les vibrations de la moto ont prolongé notre jouissance. On a roulé jusqu’à chez moi. Et en arrivant, on avait encore envie de se baiser. Je pouvais lui offrir mon cul. Je pouvais tout lui donner. On a baisé tout le week-end. C’est devenu mon amant régulier.

Fabien, 28 ans.