La fessée devant l'écran

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Numéro 80

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 80
Date de parution originale: Janvier 1997

Date de publication/archivage: 2013-11-15

Auteur: Fabrice
Titre: La fessée devant l'écran
Rubrique: Infidélités d'hommes mariés

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Ce texte a été lu 7437 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Marié, sans enfant, nous avons, ma femme et moi une idée très libre de la vie. Un jour, en fin d’après-midi, un vendredi, nous avons eu une altercation, et, pour éviter une dispute inutile, j’ai pris ma voiture et je suis parti. Au départ je ne sus pas trop où aller. Je me suis dirigé vers la ville voisine. J’ai décidé d’aller au cinéma. C’est sur la nationale que j’ai pris cet auto-stoppeur. Bien que réticent d’ordinaire, ce jeune homme m’a semblé correct.

Je m’arrête. J’ouvre la vitre. Il me demande si je vais dans sa direction. Je réponds oui évasivement. Il a vingt-cinq ans environ, les cheveux mi-longs, plutôt blonds et est vêtu d’un pantalon mode en coton ocre, d’un maillot type marin et d’un blouson vert ouvert. Je lui demande à quel endroit je dois le déposer tout en lui précisant que j’ai du temps libre et que je peux bien faire quelques kilomètres pour lui rendre service. Lui expliquant ma petite dispute avec ma femme, je ne suis pas pressé de rentrer.

Nous sommes arrivés. Je lui serre la main. Il descend puis se penche vers moi et me dit: «Vu votre temps libre, puis-je vous offrir un apéro chez moi?» Ce jeune homme est sympathique. Je ne suis pas contre. Nous arrivons à son logement. C’est un studio, bien propre et bien rangé, loué pour lui par ses parents pour son année d’études. Nous discutons beaucoup et j’apprends qu’il s’appelle François, qu’il a vingt-trois ans et étudie la science des automatismes. L’apéritif avalé, d’un commun accord, il accepte que je lui offre le restaurant car il n’a pas beaucoup de moyens financiers. Nous terminons la soirée au cinéma. Il a l'air de me faire entièrement confiance. J’apprends au cours du repas qu’il vit dans ses livres. Pas de contact avec l’extérieur. Pas encore de copains. J’amène la conversation sur les filles et il m’avoue qu’il ne les fréquente pas.

Pendant la séance de cinéma, au moment d’une scène légèrement érotique, j’ose passer une main sur un de ses genoux. Je sens son regard mais il ne retire pas sa main. Enhardi par ce qui me semble être un encouragement, je remonte ma main, passant par la cuisse, lui caressant l’entrejambe. Il a un tressaillement. Passant un bras autour de sa taille, j’insère ma main dans sa ceinture. Il ne bouge plus. Il ne fait rien pour interdire mon geste. La lumière revenue, nous nous levons. Direction la voiture sans un mot, ni de lui, ni de moi. Je le ramène au pied de la tour et lui tends la main.

— Au revoir, lui dis-je. Peut-être à bientôt!

Il me regarde, attristé me semble-t-il, et il me dit:

— Tu rentres chez toi?

— Je ne sais pas.

— Tu ne veux pas monter un moment?

— OK!

Mais au fond de moi, est-ce que je me sentirai capable de contrôler mon envie sexuelle? Il me dit qu’il se sent bien avec moi. Dans l’ascenseur, il y a un échange de regards intense, un rapprochement simultané, et soudain nous nous enlaçons pour un baiser passionné. Nous entrons dans son studio et François referme la porte.

Nous nous enlaçons à nouveau. Je ne sais pas qui fait le premier pas. Aussi passionnés l’un que l’autre, comme si nous nous attendions depuis longtemps, nous tombons sur le canapé. Il se laisse déshabiller. Magnifique corps que celui de ce jeune homme. Sans poils sur la poitrine. Un sexe de toute beauté, non circoncis, une peau douce presque pas déformée par les veines, d’une belle dureté, bien garni de poils clairs. J’embrasse tout son corps, de la bouche à la plante des pieds, passant par les tétons, le pubis, la queue, les couilles. Il veut me mettre à poil. Sans ménagements il ôte mes vêtements, les éparpillant dans la pièce. Mon mini-slip est presque arraché et il me demande s’il n’y a pas de danger à me sucer. Je lui dis non mais lui propose quand même une capote. Il refuse. Il avale ma queue comme une gourmandise. Il me chatouille le gland avec sa langue puis avale toute la longueur de ma queue. Je le laisse faire. Ne voulant pas jouir le premier, je m’écarte. Je me place de manière à fourrer ma langue entre ses fesses, lui chatouillant le trou avec mes doigts, puis avec ma langue. Revenant à sa bite, je m’en occupe de telle façon qu’il s’en contorsionne de plaisir.

Puis je me dégage afin de prendre une capote dans mon portefeuille. Sécurité oblige. Nous ne nous connaissons pas assez pour permettre une confiance aveugle l’un envers l’autre. Je l’encapuchonne. Je lui dis de rester allongé sur le dos et je viens m’empaler sur sa queue dressée, en descendant lentement afin que l’un et l’autre puissions sentir la progression avec délectation. Puis je fais quelques va-et-vient. Après quelques minutes, je m’écarte de lui. Je lui propose de venir lui-même me sodomiser. Je m’allonge sur le dos, relève mes jambes, lui demandant de me prendre dans cette position. Je lui prends la main et l’attire vers moi: c’est à lui de faire le travail maintenant! Il pointe son sexe que je sens au bord de mon anus, et je crie: «Vas-y, pousse! Enfonce-toi! Donne-nous du plaisir!» Il s’exécute et me remplit l’intérieur. Il va et vient à cadence rapide. Cette position, que j’affectionne, me permet de voir mon partenaire prendre son plaisir. Les paupières qui s’ouvrent et qui se ferment, la bouche souriante ou grimaçante, les joues qui se creusent ou qui se gonflent... Son plaisir vient rapidement, puis il se retire. Je le fais se coucher sur moi pour l’embrasser sur la bouche et l’envahir de ma langue. Après ce baiser, il s’agenouille et me suce. Encore une fois il ne veut pas mettre de préservatif, mais il n’avale pas mon sperme.

J’ai couché avec lui le reste de la nuit. Le samedi matin, c’est lui qui m’apporta mon café au lit dans cette tenue d’Adam qui lui va à ravir. Il s’avéra qu'il avait des fantasmes assez vicieux qu’il n’avait bien sûr jamais pratiqués. La journée du samedi fut occupée par nos travaux respectifs, avec la promesse de nous revoir le soir. Je suis revenu chez lui avec un magnétoscope et des cassettes pornos homos. Puis nous sommes sortis dîner en ville et nous sommes passés par le sex-shop où je lui ai offert quelques gadgets. Au retour chez lui, ce fut le grand délire de la jouissance, avec des godemichés de couleurs et de formes différentes, dont l’un était terminé par un lacet de cuir qui lui permit de me donner la fessée devant l’écran qui diffusait les cassettes. Il perdit petit à petit sa timidité, et je ne l’ai quitté que le lundi matin pour me rendre à mon travail.

Fabrice, 36 ans