La sniffe...

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Volume 1 — Numéro 3

Texte d'archive:


Archivé de: Zipper – Volume 1 – Numéro 3
Date de parution originale: Juillet 1994

Date de publication/archivage: 2012-02-14

Auteur: Lubrik
Titre: La sniffe...
Rubrique: Jamais revu

Note: Ce texte a été reproduit sur l'archive avec l'autorisation de Zipper (2000 - Contact: jeandenis@microtec.net)

Ce texte a été lu 3371 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Il avait un air de beu et pourtant c’est avec courtoisie qu’il me laissa la porte ouverte. Il aurait bien pu me la claquer au nez comme tous les straights le font, si virilement, et si insouciemment. Mais là il en fût tout autrement, il me tendit l’accès à la toilette, gentillement. J’avais peur presque, tellement ce geste ne devait pas être son genre.

Ça sentait le piège, dans lequel je plongeai bêtement.

Je vous jure il avait la tête d’un véritable filou, le genre à qui on ne donne pas la communion sans confession. Un bandit. Mais un homme quand même. C’était l’homme, l’homme partout, tout le tour, de bas en haut. Un estie de mâle, quoi! J'entrai, la porte se referma derrière moi. Doucement comme si elle avait été retenue. J’avoue, ça m’a dérangé. J’ai eu quelque misère, même, à «starter». Vous savez la vessie n’a aucun contrôle sur moi. Par contre, je n’ai aucun contrôle sur elle. Bof! Il me suffit d’attendre un tant soit peu et l’urine chemine innocemment vers la sortie. Donc, je me concentrai religieusement à cette tâche anodine lorsque, soudain, j’eus l’impression que l’on grattait à ma porte. Inutile de vous dire que l’évacuation en cours en fut troublée. L’urine fit demi-tour. Shit! Pensai-je. Petite vie insipide. On est bien peu de chose. Un effort anéanti. Tué dans l’oeuf. Cela me faisait tempêter, intérieurement. J’aurais dû oublier l’incident mais le fait que la porte n’avait aucune espèce de serrure m’intimida davantage. Je passai de longues secondes avec, à l’esprit, un doute qui hante et qui mord la volonté.

À l’extérieur la musique disco faisait rage, le club était plein. L’attente pour les cabinets de toilettes était un rituel habituel. Je ne voulais certes pas en sortir bredouille. D’autant plus que les bières que j’avais consommées exigeaient, sous peine de douleur, d’être évacuées. Je me reconcentrai et finalement le long processus de l’opération déversatrice (urinaire, j’entends) allait reprendre vie.

La chose allait s’accomplir lorsque j’entendis: «Pssssst! Veux-tu faire une ligne?» Mon urètre s'étrangla net. Prestement j’allongeai le nez et dans l’embrasure de la porte, je vis le jeune homme rude. Un sourire indéfinissable et quelque peu inquiétant tentait de s’infiltrer dans ma cabine et peut-être même dans ma vie. Que dire? Que faire? J’ai fait ce que vous auriez probablement fait.

Par le chemin des narines, la route patine!

Dois-je vous avouer que je ne suis pas fatalement heureux de ce genre de proposition. Mais, dans une situation où l’aventure, le mystère et le charme sont en jeu et que par surcroit, la vie semble un peu grise depuis quelques jours... Hummmmm... Bien... Pourquoi pas ? Mettons ! Rentre coudonc, que j’ai dit.

L’homme s’introduisit. Il était si large que j’eus l’impression d’être écrasé dans mon espace. Il sortit un petit sachet, me lança une oeillade louche et entreprit de faire deux petites lignes sur le couvercle du réservoir de la toilette. Il roula un billet de vingt dollars, renâcla avidement la petite poudre puis, me tendit le rouleau afin que j’en fasse autant. La chose faite, il me dévisagea, me sacrant ainsi dans un état de perplexité épouvantable. Que me voulait-il, finalement?

De son large avant-bras, il ceintra mes reins et fermement me plaqua contre lui. Ses lèvres charnues se ruèrent contre les miennes. Pendant quelques secondes ou quelques siècles, je ne sais plus, il me fit plonger dans l’univers de sa bouche en me faisant voguer sur une mer sauvage et orageuse de sensations euphoriques et dévastatrices. Lorsque la tempête se calma, il sécha d’un long souffle chaud mon visage entièrement humecté de salive. Il se recula, s’appuya le dos sur la cloison de métal et me dit «Check ben ça...» Il se mit alors à déboutonner sa chemise offrant à ma vue le spectacle magnifique de sa puissante poitrine. Je le sentais absolumment fier de ses seins ronds adorablement soulignés par un poil sombre et soyeux. Entre ses abdominaux un filet de duvet comme un petit ruisseau coulait jusqu’à son nombril pour aller mourrir au dessous de sa large ceinture. Dans le même élan il la détacha et descendit son zipper. De son pouce il tira l’élastique de ses sous-vêtements blancs et, comme un fauve qui bondit, sa queue déjà bandée en sortit. Il me fit un clin d’oeil invitant en sortant la balance de son stock sexuel. L’occasion était trop belle. Je sautai dessus. À bouche-que-veux-tu. Immédiatement il se mit à gémir sous mon emprise et à se débattre comme un diable dans l’eau bénite. De mes deux mains sur ses deux fesses dures et extraordinairement douces, je tentais tant bien que mal à contrôler son agitation. Dans son excitation évidente, il se cambrait afin d’allonger sa bite raide au plus profond de ma gorge.De ses deux mains il s’est emparé de ma tête et s’est mis à la manipuler afin que j’adopte le rythme qu’il désirait. Malgré qu’il eut un sexe impressionnant je parvenais à l’engloutir complètement jusqu’à pourvoir enfouir mon nez dans sa touffe délicieusement odorante. Son corps donna soudain une secousse violente et je sentis se répendre son sperme chaud dans ma bouche. Aaaaaaargh! Il râlait avec tout ce qu’il pouvait de retenue. Quelle éjaculation! Elle était si abondante que je dus cracher avant la fin de sa jouissance, heureusement la toilette était à proximité, j’en profitai, je reçus donc la dernière giclée dans le cou. Prestement il se rhabilla. Je me relevai. Il s’approcha de moi et me dit à l’oreille «Si j’étais homosexuel, je te ferais des bébés...» Et il sortit.

Ahuri, j’essayais de comprendre ce qui venait de m’arriver. J’en ai tiré la conclusion, suivante: la drogue c’est une véritable affaire de fou. Je ne l’ai jamais revu. Et je m’en fous.


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