La vie est géniale


La vie est géniale
Texte paru le 2004-02-28 par Charles   Drapeau-be.svg
Ce récit a été publié sur Gai-Éros avec l'autorisation de l'auteur



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NDLR: Bonjour à tous! Ici Mike de Gai-Éros. Nous vous présentons ici le
150ième texte de Charles, l'auteur le plus prolifique de Gai-Éros et également
l'auteur le plus lu sur le site. Pour fêter cette occasion exceptionnelle, les
lecteurs qui enverront leurs commentaires à Charles à la suite de la lecture
du texte, ceux-ci courreront la chance de se mériter l'un des nombreux romans
de Charles (Soldat! Garde-à-vous! et Zone 6) qui seront attribués parmis les
gens ayant participé. Bonne chance à tous!
Salut à tous. Je me permets de glisser un petit mot avant le texte que vous
avez choisi de lire. C’est mon 150ème texte sur ce site et j’ai du mal à me
rendre compte. Il y a cinq ans, je me suis mis à l’écriture de récits gays et
le virus ne m’a pas quitté. Après en avoir écrit vingt, j’ai pensé que
l’inspiration ne suivrait plus... Je me suis trompé! Cette inspiration me
vient de toutes parts: mon vécu (bien entendu!), mes fantasmes - Vous avez pu
les découvrir au fil de mes écrits -, mais aussi la littérature, l’actualité,
la télé, le cinéma et chaque instant de la vie. Je me promène d’ailleurs
constamment avec un feutre et un carnet. Si j’ai du mal à me rendre compte du
nombre de textes que j’ai pu écrire, que dire du nombre de «lectures» sur
Gai-Éros (300 000!). Je trouve ça épatant et encourageant. Les mails envoyés
par des lecteurs sont aussi très motivants. Je mets toujours un «point
d’honneur» à y répondre. Ce sont ces messages que vous m’envoyez qui me
tiennent lieu de thermomètre... Je me rends mieux compte de ce qui touche ou
intéresse les lecteurs. Je vous invite d’ailleurs à continuer de me faire part
de vos envies, de vos coups de cœur... J’espère pouvoir encore longtemps
vous offrir des sensations virtuelles et partager des moments de bonheur avec
vous. N’oublions pas que...

La vie est géniale!

Damien s'était blotti dans le creux de mon épaule. Son corps svelte se dessinait sous le drap. Je le regardais dormir ainsi. Une bouffée d’émotion monta en moi. Sans doute, le souvenir de ces moments passionnés que nous avions partagés dans mon grand lit! Peut-être aussi le fait que je me sentais amoureux... Un sentiment nouveau pour moi... Moi toujours en quête de sensations fortes et de sexe débridé. Je pensais à notre rencontre trois semaines plus tôt, à cette annonce découverte sur un site de rencontres et à notre premier regard. Pour moi, ce fut irréel!

Damien était en terminale et il vivait chez ses parents qui ignoraient tout de sa sexualité. Il avait tellement peur de s’assumer. Je n’avais pas le droit de le blâmer. Moi-même, j’avais préféré fuir mon village pour ne pas avoir à affronter le regard des autres. Damien ne possédait pas de moyen de locomotion et n'avait pas encore passé son permis. Ses parents n’avaient pas de gros moyens et il espérait se débrouiller seul le plus tôt possible. Lorsqu’il sortait à Paris, il dansait jusqu’au petit jour et reprenait le premier RER vers sa banlieue. Parfois, aussi, il dormait chez un pote ou se trouvait un ami pour la fin de nuit. Ce qui m’avait étonné, c’était sa candeur, sa franchise et son côté naturel. Lui qui découchait 4 fois par mois, n'avait jamais fait l'amour et voulait le faire avec un mec sympa.

J’en reviens donc à notre premier rendez-vous. J’avais répondu à son annonce et, après quelques échanges écrits, il m’annonça qu’il aimerait me rencontrer. Il m’avait envoyé sa photo et avait préféré ne pas recevoir la mienne. La sienne, moi, je la regardais chaque soir comme pour m'imprégner de son visage. Un joli visage paisible et souriant!

Nous nous étions donnés rendez-vous dans un café du Marais vers 21h. J’avais le cœur qui battait la chamade. Viendrait-il? Oui, j’en étais quasiment certain... D’abord parce que l’annonce, c’était son idée à lui. Ensuite parce que ce que nous avions échangé sur le net me laissait croire qu’il était sérieux. J'attendis de longues minutes à la terrasse du bistro, scrutant la foule à la recherche de Damien. Sa photo était dans mon portefeuille mais il n’y avait nul besoin de la revoir. J’étais imprégné de lui. Enfin, je l’aperçus! Il arrivait, souriant. La photo ne devait pas être récente car il avait changé. Bien sûr, c’était bien le même garçon mais avec des petits plus. Il avançait d'un pas décidé. Il avait bien retenu la description que j’avais faite de moi car il me repéra très vite et s'installa près de moi. Il ouvrit la bouche pour me demander:

— Verdict?

— Plus que positif... Tu es... charmant!

— Seulement charmant?

— Nous sommes à une terrasse de café et je suis très prude... alors j’évite certains mots qui pourraient choquer nos voisins...

Nous nous sommes mis à rire.

— Et ton verdict à toi?

— Je ne pouvais imaginer mieux.

Il a posé ses lèvres sur les miennes. Comme ça, comme pour les caresser.

Il parlait beaucoup mais il me semblait comprendre que c’était sa façon de cacher son anxiété. Il était intimidé. Terriblement. Je l'étais aussi à ma manière. Je sentais qu'il me détaillait. Il scrutait mon regard comme pour y trouver les réponses aux questions qu’il n’osait poser. Notre tête-à-tête dans le Marais se prolongea jusqu’à 22h15.

— Il y a quelque chose que tu aimerais faire? lui ai-je demandé.

— Oui. Me blottir contre toi et...

— D’accord!

Mon sourire lui fit comprendre qu’on était deux à vouloir prolonger ce tête-à-tête dans l’intimité. Nous avons traversé deux quartiers à pieds pour rejoindre mon appartement. Le trajet fut sympathique car nous avons parlé beaucoup... de tout et de rien... J’étais subjugué par son corps, sa façon d’être, de marcher, de rire... Un vrai petit mec sans ambiguïté!

Dans l'ascenseur, il m’embrassa à nouveau comme à la terrasse. Sa langue tenta d’écarter mes lèvres mais, pris au jeu, je résistais à l’intrusion.

— Impatient, hein?

Plus tard, j’ai regretté cette réflexion idiote et machiste qui valait bien le traditionnel «Alors, heureux?». En passant la porte de mon appartement, je l’entendis respirer un bon coup. Pensait-il que cette nuit serait différente? Qu’il s’apprêtait à vivre un moment déterminant dans sa vie amoureuse et sexuelle? Que sais-je! Je l’invitai à s’asseoir dans le canapé mais il resta debout un long moment. Il prit volontiers un verre. Il s’assit enfin dans le canapé et je l’y rejoins avec nos verres.

— J’espère que tu n’as pas besoin d’être bourré pour tomber dans mes bras?

Un sourire répondit à ma provocation. Ses yeux se plantèrent dans les miens.

— Tu as peur, n’est-ce pas?

— Oui... et non...

— Je préfère le «non»...

— Je n’ai pas peur de toi. Rassure-toi! J’ai des craintes par rapport à... l’acte.

— C’est donc bien vrai... Tu es toujours vierge?

— Dans l’absolu, non. J’ai couché avec pas mal de mecs... mais aucun ne m’a...

—... sodomisé!

— Tu n’as pas dit «baisé»!!!

— Avec toi, ça ne se justifie pas... J’ai envie de te faire l’amour... pas de te baiser!

— Si c’est comme ça, j’ai déjà moins peur.

Nous avons bu à petites gorgées tout en conversant, en nous regardant, en échangeant des sourires. J’avais tellement peur de le brusquer. Le temps me parut si long. Je n'osais m'approcher de lui comme je le faisais avec mes autres conquêtes. J’attendais bêtement un geste de lui. C’était pourtant bien lui qui m’avait embrassé à deux reprises. Quand nos verres furent vides, il se rapprocha de moi. Je le regardai longuement dans les yeux.

— Je voudrais que ce soit toi qui dirige! me dit-il.

— Puisque tu me le demandes si gentiment.

J’ai à mon tour posé mes lèvres sur les siennes pour lui offrir notre premier vrai baiser d’amant. J’ai vite constaté que de ce côté, il avait de l’expérience. L’échange fut passionné et brûlant. Il me fixa encore.

— Je suis content de t’avoir rencontré.

Je mis un moment à me rendre compte que c’était lui qui avait parlé. Il venait de me tirer les paroles de la bouche. Il souriait en permanence, montrant ses belles dents alignées.

Ma main droite glissa sous sa chemise. Il la regarda se balader sur sa poitrine puis ferma les yeux. Mes doigts palpaient, caressaient sa peau si douce. Ils trouvèrent la pointe d’un téton qui semblait dressée. Il leva la tête et me sourit à nouveau. Je le fixai et m'approchai pour l'embrasser.

— Attends! me dit-il en m’empêchant de l’embrasser.

Il garda les lèvres entrouvertes m'obligeant à en faire autant. Je sentis sa langue qui pénétrait ma bouche. Cela finit par se transformer en un nouveau baiser fougueux. Ma main caressait ses tétons du bout des doigts et il semblait apprécier. J’osai un peu plus. Je pinçai une pointe bien dressée. Il gémit et eut un frisson. Je l'interrogeai d'abord du regard puis de la voix.

— Tu aimes ce genre de caresses?

— Comme tu peux le constater... Oui! Je voudrais tant que tu découvres toutes mes «faiblesses»!

— J’y compte bien, mon bébé!

C’était sorti tout seul. Il sourit pour me montrer que ce surnom lui convenait. Nos étreintes furent de plus en plus fortes. Il commença à s’occuper de mon corps, lui aussi. Ses doigts fébriles détachèrent les boutons de ma chemise. Ses doigts glissèrent entre les ouvertures pour caresser ma poitrine velue.

— C’est si chaud! dit-il.

— C’est chaud partout, mon ange.

Nouveau sourire. Ce plan tendresse me convenait tout à fait surtout lorsqu’il offrait des moments plus fougueux... Mon bébé s’excitait un peu plus. Ma chemise ne résista pas longtemps à son désir.

— Aime-moi! disait-il. Je t’en prie. Aime-moi!

Il me serrait fort à me faire mal. Je le pris par la main et l'invitai à me suivre dans ma chambre.

— Viens!

Les préliminaires sont nécessaires mais, là franchement, j’avais envie d’aller plus loin. Lui aussi. Nous avons terminé de nous déshabiller dans un grand chaos. Pantalons, chemises, chaussures et chaussettes jonchaient le sol. Nous nous sommes couchés sur le grand lit...

Je sentais sa poitrine se gonfler. Nos baisers se faisaient longs, puissants, de plus en plus pénétrants. Il s’abandonnait à moi petit à petit. Toutefois, voulant sans doute préserver l’extase ultime, nos mains évitaient volontairement nos sexes. Nous étions restés côte à côte...

— Je suis prêt, tu sais!

Il roula sur moi et je sentis, pour la première fois, son membre dur contre mon ventre.

— Je constate, en effet, que tu es prêt!

Sourire.

— Veux-tu d’abord me «prendre»?

Il hésita un court moment puis il se montra fougueux durant les très longues minutes qui suivirent.

— Tu accepterais de...

— Si je te le propose!

—...

— Ce sera aussi ta «première fois»?

— Oui.

— Tout va très bien se passer. Continue à être sensuel, doux et fougueux à la fois. La sensualité est une des clefs de l’amour. Chez toi, je suis certain que ça le sera, en tous cas...

En effet, depuis le début de nos joutes amoureuses, je l’avais vu se révéler à moi et à lui-même sous un jour qu’il ne connaissait pas. La sensualité prenait un sens pour lui! Il me dit à l'oreille qu’il était si bien, qu’il attendait ce moment depuis très très longtemps et qu’il n’était pas déçu d’avoir pu attendre. Je me gonflais d’orgueil en l’écoutant. Nos échanges devenant plus chauds, nos corps se couvraient de sueur.

Il me chevaucha, faisant glisser ses mains dans ma toison. Il plongea sur ma bouche et m'embrassa avec une rare fougue, les yeux dans les yeux.

— J’ai très envie de te «prendre» mais, excuse-moi, j’ai surtout très envie d’être à toi. Alors, toi, prends-moi!

— D’accord!

Je ne fus pas vraiment surpris de cette demande. Je savais qu'il n'avait aucune expérience de la sodomie et je compris qu’il voulait y goûter sans attendre. D’abord passivement. Je pris le temps de lui caresser le dos, le bas du dos, les fesses puis la raie. Enfin, je touchais son sexe de bonne taille, bien décalotté. J'approchai mes lèvres pour commencer à le lécher. L’effet désiré fut obtenu: il se détendit.

La tête posée sur mon oreiller, il était si beau. Il profitait de chacune de mes caresses en se mordant doucement le bord des lèvres.

— Tu es si beau, mon bébé!

Chaque fois que ma caresse se faisait plus excitante, il soulevait la tête pour me regarder le sucer puis la laissait retomber en soupirant. C’était divin! Ses lèvres bougeaient mais il ne sortait aucun mot.

— Laisse-toi aller, mon bébé! Je t’aime. Je veux te donner du plaisir avant de te prendre.

— Oui, vas-y!

Le sentant loin, j’arrêtai la fellation. Il m’attira à lui pour m’embrasser à nouveau. Je tendais la main vers la table de chevet pour prendre le gel et les préservatifs.

— Tu es sûr de le vouloir?

— Plus que tout au monde!

— La première fois est parfois douloureuse, chéri. Même lorsque le partenaire est très doux.

— Je sais.

— Tu es maître de la situation, bébé. Si tu veux que j’arrête, tu le dis.

Il me sourit une fois de plus. Il me faisait encore comprendre qu'il était prêt et qu'il en avait une énorme envie.

— Mets-toi sur le ventre!

Je me mis à lui embrasser la nuque en descendant doucement jusqu’aux reins. Il frissonna à plusieurs reprises. Ses fesses étaient rebondies et j’avais hâte d’y entrer. Ma langue allait préparer le terrain en douceur. Cette caresse lui fut fatale car il éjacula contre le drap.

— Ohhhh, je jouis...

Il voulait continuer. Malgré la lubrification, je ne pus le pénétrer complètement la première fois. Il était très serré et l’introduction était douloureuse. Il cria deux ou trois fois puis me demanda de stopper car cela lui faisait mal.

— Je suis désolé! Je voulais tellement...

— Chuuutttt!

— On réessayera tout à l’heure si tu le veux bien!

— Tu restes avec moi...

— Oui.

— Toute la nuit?

— J’aimerais mieux toute la vie!

Voilà comment il entra dans ma vie pour la bouleverser complètement. Depuis notre rencontre, il a obtenu ce qu’il désirait... et ce que je désirais aussi. Je crois lui avoir appris pas mal de choses sur la vie et le sexe. Nos 12 années de différences ne semblent pas exister. Je vis au jour le jour ce grand amour et il fait de même. Le reste, on s’en fout!



Dernier courriel connu de l'auteur : dirtygayhairy@hotmail.com