Le foutre au bord des lèvres

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Numéro 105

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 105
Date de parution originale: Mars 2000

Date de publication/archivage: 2012-06-17

Auteur: Frank
Titre: Le foutre au bord des lèvres
Rubrique: On s'abstient, on se défoule

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Ce texte a été lu 3922 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


J’avais un long week-end de trois jours devant moi. J’étais crevé, lessivé par le boulot. Plus envie de penser au bureau, au projet que je montais. J’avais envie de vacances, de détente. Il y avait comme une odeur de printemps dans l’air. Un couple ami m’avait proposé de les accompagner dans leur maison de campagne. J’ai refusé. Alors que je sirotais un scotch devant la télé en me demandant ce que j’allais pouvoir faire de mon temps libre, ce n’est pas mon cerveau qui m’a soufflé l’idée. C’était plus bas, dans mon caleçon. Sans m'en rendre compte, je me tripotais l’entrejambe depuis un bon bout de temps, et j’avais un barreau pas possible coincé derrière la braguette!

C’est à ce moment-là que des pensées, toutes plus salaces les unes que les autres ont défilé dans ma tête. J'avais un “hénaurme " besoin de baise. Me coller tout simplement contre un corps viril, et souder mes lèvres à d’autres lèvres. Pourquoi ai-je précisément pensé à Jacky à ce moment-là ? J’aurais pu faire quelques bars et me ramener un mec, ou draguer au Minitel. Je ne l’avais pas revu depuis une éternité. J’ai appelé: non seulement il était chez lui, mais ça le branchait de me revoir.

À croire qu’on était tous les deux dans le même état... Le verre à peine avalé, les glaçons pas encore fondus, on s'est jetés l'un sur l’autre. Alors que Jacky m’enlaçait à m'étouffer en me roulant un baiser profond, je me suis demandé comment j’avais pu me passer d’un tel plaisir pendant plus d’un mois. C’était tellement génial d’avoir un mec dans les bras, de caresser un torse, de sentir les muscles rouler sous la peau. J’ai mordu sa nuque et puis je l’ai léchée. Là aussi, je me suis rendu compte à quel point ce pouvait être émouvant, la nuque d’un homme, ou bien sa pomme d'Adam, ses oreilles, et puis juste derrière, et les joues qui piquent comme des buissons de Provence.

Dire qu’on a baisé simplement serait faux. On a fait l’amour. On a joui une première fois, très vite, moi surtout. On pourrait dire que j’avais le foutre au bord des lèvres. Et puis on a remis ça, comme deux félins, à nous caresser, à explorer tout ce qu’il peut y avoir de bon chez un mec. Et rien n’est à jeter chez un beau mec comme Jacky! Je l'ai vu avec d’autres yeux. J’aimais le goût de sa peau, le goût et la forme de sa bite, sa nuque, bien sûr, sa bouche ventousée à la mienne. Pourquoi me branchait-il autant ce soir-là? Il arrive qu’on soit aveugle, ou sourd, ou les deux. Il s’est enfoncé dans ma gorge, il s'est enfoncé entre mes fesses. J’ai léché sa transpiration, il m'a lappé comme un chat excité. Sa bouche s’est refermée sur mon gland survolté, sa langue s’est introduite dans mon cul, et je me suis glissé dans le fourreau velouté de son intimité de mâle. J’ai léché ses pieds, il s'est collé sous mes bras. On s’est mordillés les seins jusqu'à ce qu’ils deviennent enflés, durs et rouges. On a joui, les yeux ouverts.

Depuis, on s’est revus, encore et encore. On ne s’est toujours rien avoué...


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