Le harpiste

Ce texte vous est présenté dans le
cadre du projet d'écriture :

Essay.svg

Raconte cette photo (8)

Le harpiste
par Jules1291   Drapeau-ch.svg   (2018-09-14)


Ce récit a été publié sur l'archive par l'auteur d'après une activité d'écriture proposée au menu "Écriture" du menu général.

Cet auteur vous présente 350 texte(s) et/ou série(s) sur Gai-Éros.

Ce texte a été lu 3454 fois depuis sa publication
(* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)

(ne fonctionne qu'avec les auteurs qui sont des usagers validés sur l'archive)
Raconte-und.jpg

J’étais violoniste et j’avais été invité au prestigieux festival de Lucerne pour jouer dans l’orchestre des jeunes et ainsi avoir l’occasion de suivre les classes de maître de musiciens et chefs réputés. Nous allions même donner un concert dans la magnifique salle du KKL.


Signe des temps, on nous avait recommandé de ne pas accepter de gestes équivoques, qu’ils provinssent de professeurs ou d’autres élèves. Je ne me faisais pas trop de souci, même si j’étais plutôt mignon : James Levine, dont tout le monde connaissait la préférence pour les jeunes éphèbes, avait été déclaré 'persona non grata. Quant à me faire violer par une femme, elle aurait eu bien de la peine à me faire bander. J’aurais fait une exception pour 380’000 $.


J’habitais en Suisse, le voyage avait été court depuis Gland, trois heures de train. On nous offrait la chambre d’hôtel, nous devions cependant la partager avec un autre musicien. On m’avait mis avec un harpiste belge, Nicolas, car je parlais la même langue que lui. Les hommes harpistes étaient assez rares et je me réjouissais de faire sa connaissance.


J’arrivai à l’hôtel vers quinze heures. Le réceptionniste, un charmant jeune homme en apprentissage, mit beaucoup de temps pour imprimer et me faire signer une fiche. J’eus le temps de voir qu’il avait quelques boutons d’acné. Il me donna la carte pour ouvrir la porte. Il me dit ensuite que mon compagnon était déjà arrivé. Je pris l’ascenseur et je montai au troisième étage, chambre 321. Je frappai deux fois à la porte, personne ne répondit. Je supposai que Nicolas était sorti et j’entrai.


Il était couché sur le lit et faisait une sieste. Je remarquai tout de suite son slip rose, avec des côtes 2:2. Une grosse tache d’humidité le souillait. Je remarquai aussi ses perçages aux tétons. Nicolas n’avait pas mis d’autres habits. Je fus horriblement gêné de l’avoir surpris dans cette tenue. Je m’apprêtai à ressortir pour lui téléphoner avant de revenir lorsqu’il se réveilla.


— Salut me dit-il en se frottant les yeux, tu dois être Daniel.


— Salut, répondis-je, et toi Nicolas.


Il me serra la main.


— Euh, dis-je. Si tu le désires je peux attendre dehors jusqu’à que tu sois habillé.


Nicolas regarda son slip rose.


— Ouais, fit-il, un peu mouillé.


— Ne t’en fais pas, dis-je, je sais ce que c’est, j’ai eu longtemps de l’énurésie.


— Ce n’était pas de l’urine, c’était… enfin, tu devines. Je n’ai pas de petite amie, tu comprends, je dois me vider les couilles de temps en temps, enfin, tous les jours, et toi, tu as une petite amie ?


— Euh, moi non plus, répondis-je en rougissant. Pas le temps, les études, la musique…


Je n’osai pas lui dire que j’étais gay et vierge.


— Bon, je vais me changer, fit Nicolas. Tu peux rester.


Il se leva, enleva son slip, le jeta au loin, puis ouvrit sa valise en me disant :


— J’ai une passion pour les sous-vêtements originaux, je vais te montrer.


Il avait bien une quinzaine de slips, tous de couleurs plus improbables les unes que les autres : vert pomme, jaune canari, violet, bleu ciel, orange et même arc-en-ciel, comme le drapeau LGBT. Je savais maintenant à quoi m’en tenir au sujet de son orientation sexuelle. Je regardai son pénis, il était massif, pas très long, son prépuce ne recouvrait pas entièrement le gland. Il avait de grosses couilles, une ligne de poils noirs rejoignait son pubis pas rasé.


— Elle te plaît ma bite ? me demanda Nicolas. Tu me montre les tiens ?


— Quels miens ?


— Tes caleçons, boxers, slips ou jockstraps.


— Tu plaisantes ?


— Pas du tout. Ou je serais obligé de fouiller dans ta valise pendant que tu dors.


Sa passion me surprenait, je me dis qu’il fallait de tout pour faire un monde.


— Tu sais, lui dis-je, ce ne sont que des boxers très classiques, j’essaie plusieurs marques.


J’ouvris ma valise, j’essayai de cacher la boîte de préservatifs que j’avais achetée à la pharmacie de la gare en attendant le train et je lui montrai mes boxers, la plupart noirs ou blancs.


— Classique, en effet, me dit Nicolas. Je vois un rouge. Tu l’essayes ?


— L’essayer ?


— J’aimerais le voir sur toi.


J’hésitai, je repensai à l’avertissement concernant les gestes équivoques.


— Tu peux te changer à la salle de bain si tu as peur de me montrer ta bite.


— Non, ce serait ridicule, alors que je t’ai déjà vu à poil.


Je me déshabillai entièrement, tournant le dos à Nicolas, enlevant rapidement mon boxer noir pour mettre le rouge. J’avais surtout peur de bander. Nicolas me demanda de me montrer de face, puis de profil et de dos. Je sentis l’excitation monter, mon compagnon ne pouvait plus l’ignorer.


— On t’a déjà dit que tu es craquant ? fit Nicolas.


— Euh, non, tu es le premier.


— Tu en as d’autres en couleur ?


Sans attendre ma réponse, Nicolas fouilla dans ma valise, et tomba sur les préservatifs. Il examina la boîte en disant :


— XL ? Tu ne serais pas un peu prétentieux ?


— Non, je t’assure, j’ai mesuré.


— On va contrôler ça tout de suite. En fait, j’aime mieux te voir nu qu’en boxer.


Nicolas baissa mon sous-vêtement et le jeta au loin.