Le jeune homme violé (d'après Albucius)


Le jeune homme violé (d'après Albucius)
Texte paru le 2012-06-01 par Gimet   Drapeau-fr.svg
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Tournante sous le règne d’Auguste (63 av.JC-14 ap. JC.)

Les tournantes ne datent pas d’hier ; Albucius préteur romain rapporte une curieuse histoire qui aurait eu lieu à Rome dans le quartier de Subure - Raptus in veste muliebris – Ainsi commence la nouvelle :

« Un jeune homme avait un joli visage et de beaux yeux noirs…. »

Junius avait parié auprès de ses copains qu’il sortirait en ville déguisé en femme. Sa physiologie l’y aidait. Encore imberbe, avec de beaux yeux noirs en amende, il se maquilla avec soin. Dans la garde robe de sa sœur il choisit une tunica[1] pourpre. Enfin il choisit une stola[2] légère. Puis il se couvrit d’un pallium[3]. Au pied une paire de sandalium[4] effilées et colorées. Se regardant dans un miroir il ajouta une pointe de fard sur ses joues et accentua ses cils avec un peu de poudre de charbon.

C’était l’époque des floralies où l’on célèbre le printemps et où l’on voue un culte aux fleurs et au renouveau qui avait lieu chaque année du 27 avril au 2 mai. Des danses, des cortèges se formaient et beaucoup de licences étaient permises. Le mois dernier, il avait du reste fêté sa libéralia[5] car ayant eu 17 ans révolus il avait revêtu pour la première fois sa toge virile. Une grande fête familiale avait eu lieu en son honneur et c’est à cette occasion qu’il avait fait ce pari stupide d’assister aux floralies déguisé en femme où il devait être accompagné de Julius et Antoine, ses amis d’enfance qui avaient trouvé l’idée plutôt plaisante.

Ainsi maquillé, il se promena dans les rues puis retrouva ses deux amis. Ils décidèrent d’aller vers le temple de Junon où un cortège avec des musiciens s’était formé. En descendant du Capitole, il fut entraîné dans une farandole au milieu d’une jeunesse exubérante et là il fut séparé de ses accompagnateurs..

Sur un pavé mal joint, mal chaussé, il trébucha et entraîna dans sa chute un jeune homme qui en l’aidant à se relever eut quelque doute sur son identité, la palla qui couvrait ses cheveux bouclés étant en partie tombée sur ses épaules. Lâchant sa main il émit quelques remarques puis le siffla. Junius par défi se cambra davantage. Des quolibets fusèrent. Il quitta le groupe de danseurs et à la recherche de Julius et d’Antoine se dirigea vers le quartier de Subure où il pensait les retrouver. Il tournait depuis quelques minutes dans le quartier quand deux jeunes gens dans une ruelle lui barrèrent le chemin tout en se moquant de son accoutrement. Vexé, il voulut faire demi tour, mais un groupe de sept autres fêtards parmi lesquels il reconnut le jeune homme qui l’avait aidé à se relever l’empêcha de rebrousser chemin. L’action fût alors rapide ; ils se jetèrent sur lui, le soulevèrent et en chantant des chansons gaillardes portés par six paires de bras, il fût amené à quelques pas de là dans une cour sombre au pied d’un immeuble abandonné par ses occupants car il menaçait ruine et risquait de s’écrouler.

Le déposant à terre, ils firent cercle autour de lui tout en rigolant. Aussitôt l’un se mit derrière lui en lui tenant fermement les bras et immobilisa son torse pendant qu’un autre lui pencha la tête et le baisa sur la bouche sous les rires des autres. Chacun voulut avoir sa part en lui caressant sa tête, goûtant à ses lèvres juvéniles et sa bouche pulpeuse. Puis ils le dévêtirent, enlevant méthodiquement ses vêtements tout en l’entraînant dans un danse au son d’une flûte qu’un participant avait tiré de son étui. Un autre, muni d’un tambourin donna la cadence. Il passa de mains en mains abandonnant à chacun une part de ses habits. Il supplia, essayant de donner des coups de pieds, mais chaque fois il fut remis dans le cercle et des bras l’enlacèrent en virevoltant, évitant par jeu ses ruades.

Puis quand ses génitoires furent mises à nues, ce fût à qui les agripperait au milieu des rires et des réflexions salaces. Enfin sur le socle en pierre, sorte de borne qui servait de support à une ancienne fontaine déposée, on le coucha sur le ventre, cuisses écartées et solidement maintenues par deux solides gaillards. La tête pendante et maintenue le long de cette borne par les pieds d’un participant assis sur les pavés ce qui ne lui laissait aucune alternative que de subir. Gémissant et suppliant, les bras battant dans le vide, il sentit qu’une personne s’était glissée entre ses jambes et commençait à lui malaxer les fesses. Puis une des mains s’étant insinuée entre la borne et son sexe, il eut une forte érection subite qui lui fit honte. Cette main d’abord le caressa, puis empoigna son vit vigoureusement. Une substance molle et chaude lui chatouilla alors la raie. Quelqu’un cria :

— Attendez, j’ai été chercher de la graisse d’oie chez le boucher ; il faut l’oindre ; on va bien s’amuser et ce sera notre première vestale des floralies qu’on déflorera.

Et avec un geste obscène, il montra une coupelle en argile remplie d’une substance translucide et légèrement gélatineuse. La canaille qui le branlait tout en se frottant entre les deux lobes fessus se dégagea légèrement, mais le répit fut de courte durée. Des mains appliquèrent alors généreusement de la graisse sur le petit orifice bien fermé qu’un doigt, puis deux s’empressèrent d’entre ouvrir. Junius poussa des cris aigus qui n’eurent d’effet que de faire se tordre de rire ses tourmenteurs qui continuèrent de plus belle. Enfin l’un deux donna l’assaut final et fit entrer son vit dans le fondement bien graissé. Le joueur de flûte avait repris son instrument pour jouer les quatre mêmes notes lancinantes pendant que son copain avec son tambourin donnait la cadence. Sous les encouragements du groupe et des « han » entonnés à chaque pilonnage, les mains agrippés sur les hanches, son tourmenteur eut vite fait son affaire. Enfin, en sueur, le premier enculeur se retira sous les appréciations mitigées du groupe car il n’avait pas été assez endurant et avait mal profité de l’occasion offerte.

Un pari fût alors fait. Celui qui résisterait le plus longtemps avec le plus d’aller-retour dans les entrailles de l’efféminé aurait droit au service spécial d’une prostituée à l’issue de l’épreuve. Négligeant les hurlements de Junius et ses vaines tentatives de se soustraire à ce supplice en se tortillant, chacun des dix garnements s’activèrent à tour de rôle avec une vigueur redoublée, stimulés par la récompense à bien baiser à fond le cul du malheureux dont le martyr dura plus de deux heures. Après la venue du troisième voyou, Julius complètement lessivé, avait du reste cessé de se débattre comprenant qu’il ne ferait qu’exciter ses violeurs et accroître ses douleurs, ses pieds étant toujours solidement maintenus par des mains qui se relayaient. Un bref moment il avait senti un relâchement sur une de ses chevilles qu’il avait réussie à dégager espérant pouvoir s’enfuir. Il n’avait fait que déculer son violeur en se retournant à moitié. Ce dernier le frappa durement car il dut reprendre son service sous la pression du groupe qui avait remis son compteur à zéro en se moquant de son prétendu manque d’expérience. Sans vouloir perdre la face, il avait été particulièrement violent pour le reste de l’opération, labourant son rectum sans retenue.

De surcroît, le groupe était bruyant et couvrait ses lamentations et ses pleurs. Enfin saoulés de luxure, ils abandonnèrent leur victime dégoulinant de sperme et de sang, l’anus déchiré, les beaux habits piétinés au milieu de la cour, à moitié inconscient. Suprême humiliation, chacun l’arrosa de son urine en se congratulant à qui viserait le mieux la tête depuis une distance estimée à 5 cubitus[6] avant de partir boire du vin dans une taverne proche et reprendre des forces pour continuer cette soirée si bien commencée.

Une semaine plus tard, ayant reconnu un de ses assaillant, Junius marchant toujours avec difficulté porta plainte auprès d’un magistrat toute honte bue. Celui-ci diligenta une enquête qui permit de confondre les dix violeurs. Il convoqua Junius et les accusés pour une confrontation. La plainte se retourna finalement contre Junius pour avoir revêtu des vêtements de femme, d’avoir porté une coiffe féminine, de s’être fardé et maquillé. De plus il s’est moqué de la palla des honnêtes femmes en la portant au lieu de sa toge virile. Il estima que finalement il avait bien cherché ce qui lui était arrivé et qu’il n’y avait pas lieu de blâmer ces jeunes gens qui avaient donné une leçon somme toute salutaire. Il fut de plus condamné à verser 100 denarii d’argent au trésor pour trouble de l’ordre public[7]. Le magistrat termina sa leçon de morale en prononçant ses mots « Apud patres nostros nefas putubatur brachium toga exserere » (Du temps de nos ancêtres, on estimait monstrueux de sortir un bras de sa toge.)

Ainsi va Rome au siècle d’Auguste….

  1. bande d’étoffe avec des ouvertures pour les bras et la tête
  2. ample robe de lin nouée à la taille et tombant jusqu’au pied
  3. manteau dont le drapé permet de couvrir la tête
  4. sandales
  5. fête de Bacchus
  6. environ 2,5 mètres
  7. Représentant environ 451 grammes d’argent


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