Le maniaque de la rue piétonne

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Numéro 4

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 4
Date de parution originale: Septembre 1985

Date de publication/archivage: 2014-08-15

Auteur: Pierre
Titre: Le maniaque de la rue piétonne
Rubrique: Rencontres

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Ce texte a été lu 3081 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


J’ai commencé à avoir envie des hommes très jeune. Autant dire que je suis homo depuis mes débuts. Alors, des histoires qui me sont arrivées j’en ai des tas dont certaines à la limite de la déraison. Mais j’ai juste envie de vous raconter une petite manie que j’ai et qui m’excite beaucoup.

J’ai découvert l’année dernière que je prenais beaucoup de plaisir à m’exhiber. J’aime d’abord être regardé, j’aime aussi choquer, provoquer. Alors j’ai mis au point un petit jeu. Quand j’ai envie de montrer ma queue, j’enfile un pantalon très large que je porte sans slip. La braguette, dont j’ai coupé les boutons, est très longue et me permet de sortir ma queue sans le moindre effort. J’utilise aussi ce pantalon quand je vais au cinéma mais là c’est pour me faire sucer ou me branler.

Quand je m’exhibe, je vais m’installer à une terrasse de café dans une rue piétonne. De l’autre côté du trottoir il y a une autre terrasse et les clients me font face. Entre nous cinq ou six mètres. Le jeu débute alors. Ma main est déjà dans mon pantalon en train de caresser la petite bête qui se prépare. J’attends en général d’être très excité pour la sortir. Un geste suffit, et ce que je faisais en douce, je le fais maintenant en plein-air. Il faut une sacrée dextérité pour ne pas changer d’habitude et continuer à faire semblant. Puis j’observe le café d’en face. Parfois, je dois attendre plusieurs minutes avant qu’un consommateur me remarque. Si je tombe sur une dame je lui décoche un de ces sourires à la faire fuir !

Mais, si le regard d’un monsieur s’est attardé sur mon sexe tendu, je m’y prends autrement. D’abord, je fais semblant de ne pas avoir remarqué que l’on me regarde. Puis je me caresse d’une façon très suggestive. Je passe mes doigts sur ma langue comme si je goûtais mon sexe. L’autre en face est fasciné : il devient voyeur et, certaines fois, j’en ai vu bander et se gratter l’entre-cuisses d’une façon désopilante. Moi, de les voir, ça me transporte.

Je ne regarde pas ma queue, mais je ne quitte pas les yeux de celui que j’ai accroché en face. Parfois, il se lève et s’en va. Certains deviennent tout rouge. D’autres me font des signes discrets d’amitié.

Vous ne pouvez pas savoir comme c’est excitant. Plus d’une fois je n’ai pu retenir ma jouissance et mon spectateur a eu l’honneur de voir le foutre jaillir de ma queue. Là, ils font une sacrée tête ! Avec ce petit jeu j’ai même rencontré des mecs que j’ai sautés par la suite. Mais le plus souvent j’ai affaire à des hétéros et les troubler ne me déplaît pas.

Pierre, 29 ans