Le petit-fils de mes voisins


Le petit-fils de mes voisins
Texte paru le 2020-05-02 par ‎Dixon   
Ce récit a été publié sur Gai-Éros avec l'autorisation de l'auteur

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J'avais loué pour le mois d'août une chambre d'hôtes en campagne. C'était un lieu très retiré et j'avais besoin d'une pause. En tant que cadre commercial, je travaille comme un malade et il me fallait du repos. Je le trouverais sûrement dans cette fermette à l'écart où j'étais le seul locataire. Gérard et Nicole, retraités d'une soixantaine d'années, avaient mis leurs terres en fermage, ne conservant que des lapins, des volailles et un petit âne dont le nom était Cadicou. Je mangerais à la table d'hôtes et je n'aurais aucun souci. Lorsque vint le repas du soir, Nicole me dit :

— Mon petit-fils arrive demain, il ne devrait pas vous gêner. Il a quinze ans, il est très sage, et pour tout dire, un peu sauvage. Il ne s'intéresse qu'aux livres, c'est un intellectuel, en sorte.

Je l'imaginai aussitôt, dégingandé et boutonneux, un ado en plein âge ingrat, super myope derrière ses lunettes. Je ne kiffe pas trop les jeunots, mes rares expériences avec eux m'étant toutes laissé sur ma faim. La bonne nouvelle malgré tout, c'était que ce jeune garçon ne me collerait pas aux basques, étant intello avant tout. Quelle ne fut pas ma surprise de voir débarquer un canon.

Il n'avait rien du jeune bigleux que je m'étais imaginé. Ses yeux grands, d'un brun magnifique, ombrés de longs cils recourbés, auraient pu passer facilement pour ceux d'une biche apeurée. C'est vrai qu'il avait l'air sauvage, il ne regardait pas en face, mais je ne perdais rien de lui. Il portait des cheveux mi-longs, de la même couleur que ses yeux. Son visage bien dessiné commençait à avoir des angles et sa bouche aux lèvres pulpeuses gardait la trace de l'enfance. Vêtu d'un Tee-shirt et d'un short, il était déjà musculeux. On voyait qu'il était pubère à la noire pilosité qui, curieusement, couvrait ses jambes, alors que ses joues étaient glabres. Un léger duvet sous son nez n'avait jamais été rasé.

— Je vous présente mon petit-fils, me dit Monique pleine de fierté. N'est-ce pas qu'il est beau, mon Mathis ?

C'était une question bizarre, adressée à un homme comme moi qui étais pédé comme un phoque, dans la splendeur de mes trente ans. C'était en fait un pousse-au-crime, mais Monique ne le savait pas.

— Mathis, je te présente Julian. Il occupe une chambre d'hôtes et il reste tout le mois d'août. De la jeunesse dans la maison, deux garçons beaux et bien élevés et j'espère, deux amis bientôt.

Elle en rajoutait une couche. Mathis baissa ses jolis yeux et ses joues rosirent légèrement.

— C'est très gentil à vous, Monique. Je ne suis pas sûr d'être beau, mais Mathis est très séduisant. Je suis sûr qu'on sera amis.

Là, je poussais loin le bouchon. L'amitié ne m'intéresse pas dès lors qu'il s'agit d'un garçon, je n'ai en tête qu'une seule idée : le troncher, toujours le troncher. Mathis rougit jusqu'aux oreilles, ses longs cils battirent sur ses yeux et il eut un air apeuré. Domestiquer cette gazelle, ce ne serait pas du gâteau, il me faudrait y aller mollo.

Monique était fine cuisinière et le dîner fut excellent. Je sus faire la conversation et je parlais de choses et d'autres, essayant d'intégrer Mathis mais il était muet comme une carpe. C'était Monique qui répondait quand je lui posais une question. En fait ce ne fut pas plus mal car j'en appris bien davantage. Je sus qu'il était fils unique et qu'il nageait comme un poisson. Je sus que malgré sa beauté il n'avait pas de petite amie et presque pas d'amis non plus.

— Il a bien le temps, dit Gérard, il vient de finir le collège. À son âge j'étais comme lui, moi je ne pensais qu'à la ferme. J'ai connu Monique à vingt ans et je ne savais pas grand-chose. Et vous, Julian, vous êtes marié ?

— Pas le temps, je voyage beaucoup. Plus tard, quand je serai plus stable, je me poserai la question.

— En voyage, on fait des rencontres, dit Monique avec un clin d'œil. Et quand on est bel homme comme vous...

Sa phrase resta en suspens et je saisis la balle au bond.

— Des rencontres j'en fais beaucoup mais je me méfie des bonnes femmes. Toutes ne sont pas comme vous, Nicole. Gérard a eu bien de la chance. Beaucoup sont manipulatrices et dominatrices et j'en passe...

Là, j'étais un peu hypocrite car dominatrice elle l'était, à en juger par l'effacement dont faisait preuve son mari. Comme tant d'autres il était soumis, réduit à la portion congrue et semblait s'en accommoder. Mais Nicole n'y vit pas malice et elle abonda dans mon sens.

— Hélas, c'est vrai ce que vous dites, surtout les jeunes femmes maintenant. Elles veulent porter la culotte et ça fait de mauvais ménages. Du coup les hommes se féminisent et les rôles sont inversés.

Elle se pencha au-dessus de la table et me dit en baissant la voix :

— Y en a qui deviennent pédérastes, de plus en plus, à ce qu'on dit.

J'opinais d'un air entendu et ne fis aucun commentaire, mais Mathis brisa le silence en faisant tomber sa fourchette. Il la ramassa aussitôt et apparut rouge comme un coq.

— Voilà, tu l'as embarrassé, dit Gérard d'un ton de reproche. Ça n'est pas une conversation pour des oreilles de quinze ans ! À cet âge on est innocent, tu parles de choses dégoûtantes.

Mathis enfin leva les yeux et s'adressant à son grand-père :

— Pourquoi dégoûtantes, Papy ?

— Mais les choses qu'ils font ensemble ! Est-ce que ça n'est pas dégoûtant ?

— Et qu'est-ce qu'ils font exactement ?

— Bien fait pour toi, dit la grand-mère en se tournant vers son mari, maintenant, débrouille-toi pour répondre !

Se pouvait-il que ce garçon pût ignorer ce genre de chose ? Il était loin d'être un idiot et à quinze ans on cherche un trou et en attendant, on se branle.

— Eh bien ils font avec des hommes ce que l'on fait avec des femmes. Peut-être que tu veux un dessin ?

Il était temps d'intervenir car ça risquait de déraper.

— Bon, maintenant, puisque c'est dit, laissons chacun imaginer. Mais il y a une chose certaine, les homos ne dérangent personne, tous les goûts sont dans la nature et finalement, c'est très bien.

Là, Mathis se tourna vers moi et je rencontrai son regard pour la première fois, grand, limpide. Mais que déduire de ce regard ? Avais-je exprimé sa pensée ? Cela, je n'aurais pu le dire, mais quand je regagnai ma chambre, je me sentis presque compris et peut-être même deviné. Je rêvai de lui cette nuit-là.

──

Un petit déjeuner robuste nous attendait dès le matin. Le pain frais et le beurre salé, accompagnés d'un café noir, réunissaient Mathis et moi aux alentours de 9h30 car nous avions dormi longtemps. Nicole était à la cuisine et parlait sans discontinuer.

— Mon petit Mathis, j'ai pensé que tu pourrais emmener Julian faire le tour du propriétaire. Ce serait pour vous une façon de faire plus ample connaissance. Et le village est très joli, tu lui montreras notre église, elle remonte au 13ème siècle. Vous êtes amateur, Julian ?

— Est-ce qu'il y a aussi un cimetière ? Il y a souvent de très vieilles tombes avec des lignées très anciennes. Ça m'a toujours intéressé.

— Il y a le caveau familial qui remonte à 1816.

— Mais dîtes-moi, c'est passionnant !

— Oui, ça fait huit générations. Mathis est le seul héritier de la lignée des Lanquetot. Sans lui notre nom s'éteindrait.

— Tu sais ce qu'il te reste à faire, dis-je à l'adolescent près de moi. Trouve une bonne jument poulinière, fais-lui une douzaine d'enfants et tu auras rempli ton rôle.

J'ai déjà dit la propension que Mathis avait à rougir mais cette fois il devint tout pâle. Les choses de l'amour et du sexe semblaient beaucoup le perturber. Était-ce dû à son jeune âge ou à des ressorts plus profonds ? Que se passait-il dans sa tête ?

──

L'après-midi, avec Mathis, nous nous rendîmes au cimetière. Il n'avait pas, à ce sujet, fait la moindre difficulté. J'aime la généalogie, c'est une passion qui m'anime et vient contrebalancer mon boulot plutôt terre à terre. Être un commercial c'est surtout un rapport de forces permanent et où il faut ruser sans cesse. Se replonger dans son passé, c'est exactement le contraire car cela n'exige aucun stress. On peut remettre au lendemain ce que l'on n'a pas fait la veille et l'on avance à petits pas.

Le caveau était très ancien, logé dans une petite chapelle dont la porte était dégondée. Sur une plaque de marbre blanc on lisait le nom des défunts. Des ex-voto un peu partout faisaient revivre la mémoire de certains particulièrement. L'un d'eux fixa mon attention. Il était rédigé ainsi :


"À Mathis, mort à 19 ans en 1993. Son ami qui ne l'oublie pas."


— C'est mon oncle, le frère de mon père. On m'a prénommé d'après lui.

Mathis regardait droit devant, il avait parlé dans un souffle.

— Donc le fils de tes grands-parents. Je suis désolé, j'ignorais...

— Ils ne parlent jamais de lui. Je crois que c'est trop douloureux.

— Mort à dix-neuf ans ! Mais comment ?

— Il s'est pendu dans notre grange.

— Mais c'est horrible ! Mon Dieu, pourquoi ?

— Moi je n'en ai aucune idée, mais à partir de ce moment, mon père, qui était son grand frère, a cessé de voir ses parents. Je suis l'unique lien entre eux.

— Et cet ex-voto, son ami ?

— Éric ? Il vient de temps en temps apporter des fleurs au caveau. Je crois que la mort de mon oncle a été un déchirement. Ils étaient deux amis d'enfance.

— Et qui est-il ? Où habite-t-il ?

— Il est paysan pas très loin, la grande ferme aux colombages. Il s'appelle Éric Demouliers.

— Est-ce que tes grands-parents le voient ? S'il était l'ami de ton oncle...

— Ils ont de la haine envers lui, son nom n'est jamais prononcé.

— Ils l'ont pourtant autorisé à installer un ex-voto.

— Oui, et c'est un mystère pour moi.

— C'est proprement invraisemblable. Dis-moi, est-ce que tu l'as rencontré ?

— Oui, parce qu'il désirait me connaître. Il rôdait autour de la ferme. Il m'a attiré à l'écart et m'a regardé longuement. "Tu lui ressembles tellement, tu es son portrait tout craché, ne les laisse pas te détruire" m'a-t-il dit en serrant ma main. Puis il est parti brusquement.

— "Ne les laisse pas te détruire ?" Il parlait de tes grands-parents ?

— C'est ce que j'ai pensé tout de suite car ils l'ont rayé de leur vie. Et mon père adorait son frère. Il a coupé les ponts avec eux.

— Et tu n'as pas la moindre idée de ce qui a pu se passer ?

Mathis leva les yeux sur moi, des larmes embuaient son regard.

— Je vous ai mentionné tout à l'heure que cela me gêne d'en parler. Mon oncle était homosexuel et ses parents l'ont rejeté. Depuis quelques années déjà, en fait depuis ma puberté, je sais ce qu'est l'homophobie. Mes grands-parents sont homophobes, vous vous en êtes rendu compte puisqu'ils ont abordé le sujet dès le premier repas du soir.

— Bien sûr que je l'ai remarqué. Ils m'ont mis en difficulté en me parlant de mes conquêtes.

— Pourquoi ?

— Parce que je suis pédé, Mathis. Excuse-moi si je te choque. Mais après ce que tu m'as dit, je pense que tu peux l'entendre.

— Je ne suis pas aussi nigaud, les apparences sont trompeuses. Et si je rougis facilement, c'est parce que ce sujet m'effraie.

Nous voilà au cœur du sujet. Moi qui pensais qu'il me faudrait tourner longtemps autour du pot, j'ai franchi un pas de géant. L'intello n'est pas asexué et son questionnement le prouve. En même temps il m'intéresse, pas uniquement pour la chair douce qui est à portée de ma main, mais pour sa psychologie aussi. Le drame vécu par sa famille me renvoie à ma propre enfance et à mes interrogations quand, bien avant d'avoir quinze ans, j'ai su que j'étais attiré par des partenaires du même sexe.

— Et qu'est-ce qui t'effraie, Mathis ?

— Depuis toujours on me répète que je suis son portrait craché. C'est vrai, je l'ai vu en photo. Mais si j'étais homo comme lui ? Il s'est suicidé, c'est terrible !

— Tu ne t'intéresse pas aux filles ?

— Voilà qu'on se connaît à peine et j'ai envie de me livrer. Est-ce que je peux vous faire confiance ?

— Je t'ai dit que je suis pédé, je t'ai fait confiance le premier.

Mathis avala sa salive et lâcha le morceau d'un coup.

— J'ai de bonnes raisons de le croire.

— Et qu'est-ce qui te le fait penser ?

— Il y a dans ma classe un garçon qui provoque des désirs en moi.

— Tu as envie de lui, c'est ça ?

— Je me branle en pensant à lui tous les jours.

— Il le sait ?

— Non, il ne le sait pas parce qu'il ne s'intéresse qu'aux filles et il en a autant qu'il veut.

— Qu'est-ce qui te trouble chez ce garçon ?

— C'est difficile à expliquer. Je voudrais dormir dans ses bras.

— Tu ne désires pas autre chose ?

Une rougeur envahit ses joues et il hésita un instant.

— Je voudrais qu'il fasse avec moi ce qu'un garçon fait à une fille.

— T'embrasser et te pénétrer ?

Mathis eut un regard sauvage.

— Je voudrais sa grosse queue en moi.

— Et comment sais-tu qu'elle est grosse ?

— Parce que la mienne est toute petite.

— Tu l'as comparée avec d'autres ?

— Non, mais j'ai entendu une fille dire qu'il l'avait grosse comme un âne. Et celle de l'âne Cadicou fait au moins 35 cm.

Je poussai un éclat de rire.

— Mais c'est une façon de parler. Une bonne bite pour un homme, c'est un peu plus que la moitié. Mais as-tu mesuré la tienne ?

— Oui, elle fait 18 cm.

— Alors tu es très bien monté. J'espère que tu es rassuré ?

— Et la vôtre, elle mesure combien ?

C'était bien une question d'ado.

— Guère plus longue que la tienne, mais elle a fini sa croissance. La tienne va encore grandir et peut-être me dépasser. Comment s’appelle ce garçon qui a éveillé ton désir ?

— Lucas Chénier, il est très beau.

— Pas autant que toi, j'en suis sûr. Est-ce qu'il t'est venu à l'esprit que ce que tu ressens pour Lucas, d'autres peuvent l'éprouver pour toi ?

— Je ne m'en suis pas aperçu. Et même si c'était le cas, je ne saurais pas quoi en faire.

— Et si c'était un très beau gosse ? Un garçon qui aime les garçons, ça te faciliterait les choses.

— Cela me remplirait d'effroi, ça voudrait dire que comme mon oncle je m’engagerais dans une voie qui pourrait être sans issue et que ça pourrait très mal se finir.

— Excuse-moi de te le dire, mais il y a une autre issue, celle d'assumer ce que l'on est. En 1993, les choses étaient très différentes. En 2019 aujourd'hui, c'est bien plus facile d'être pédé. Ton père a l'air plus tolérant que ne l'a été ton grand-père.

— Mais il s'inquiéterait pour moi, il y a tellement d'homophobie. Et je ne suis pas tout à fait sûr. On prétend qu'à l'adolescence l'orientation est fluctuante. Mais je voudrais bien, à quinze ans, être fixé une fois pour toutes. Ça m'ôterait un sacré poids.

— Être fixé, ça veut dire quoi ?

— Avoir enfin une expérience, savoir si j'éprouve du plaisir ou si c'est un simple fantasme. Vous pourriez faire ça pour moi ?

Et il me disait ça à moi ! C'était jouer avec le feu. À peine un jour passé ensemble que ce garçon, muet comme une carpe une demi-heure auparavant, me demandait de l'enculer.

— Tu me prends de court, je t'avoue. Tu désires un jeune de ton âge et moi, j'ai pratiquement le double.

— Justement, je veux un garçon qui prendra des initiatives. Je ne sais absolument rien sinon que j'ai envie d'une queue. Vous êtes expérimenté, je vous obéirai en tout. J'ai confiance, et ça c'est énorme. Avec un garçon de mon âge, ça peut tourner à la catastrophe.

La maturité de Mathis me parut extraordinaire. À quinze ans j'avais moi aussi connu ma première expérience avec un garçon de seize ans. J'en étais ressorti meurtri au physique comme au moral. La bite de mon partenaire m'avait pénétré sauvagement et sans aucun préliminaire. Mon anus était tuméfié et mon amour-propre humilié. Je l'avais traité de brutal, il m'avait traité de chochotte. Depuis cette baise catastrophique j'avais sanctuarisé mon cul et ne me déclarais qu'actif, mais au fond de moi, secrètement, j'avais des désirs versatiles. J'étais prêt à aider Mathis mais avant de passer à l'acte nous devions mieux faire connaissance. Mes chevauchées avec des jeunes n'avaient pas été concluantes à cause de leur manque de partage et je m'étais senti frustré.

— Apprenons à mieux nous connaître et je ferai cela pour toi. Nous sommes ici pour un mois et tu dois construire ton désir. Je dois me sentir attirant, tu dois te sentir attiré. Si ces conditions sont remplies ça se fera naturellement, nous aurons tous deux du plaisir. Sache que je ne suis pas qu'une grosse queue, je suis un homme avec un cœur et j'aime aimer les partenaires.

C'est vrai, il y a, caché en moi un petit côté midinette. J'aime embrasser, j'aime les câlins, je ne baise pas pour la baise, je baise pour me sentir bien et dans ma tête et dans mon corps.

— Mais on le fera, c'est promis ?

— Oui Mathis, je te le promets.

──

Au cours de la semaine suivante nous fîmes plus ample connaissance. Mathis me présenta aux poules, aux lapins et à l'âne. Il se trouva que Cadicou fut pris d'une érection subite quand je lui caressai le flanc. Sa pine, sortant du fourreau, était vraiment phénoménale. Longue de 35 cm, épaisse comme mon avant-bras, elle était dure, elle était raide, une réalité pour un âne, un fantasme pour tous les hommes.

— Non, Lucas n'a pas la même bite, elle ne tiendrait pas dans son slip. Je pense que tu m'as fait marcher, tu n'es pas naïf à ce point !

— Quand on ne connait que sa bite, on a des doutes sur soi-même. On a peur d'être mal pourvu.

— Alors regarde, et fais comme moi.

Je baissai mon froc et ma queue se dévoila presque bandée à cause de la conversation sur l'âne. Mathis ne fit ni une ni deux, il mit son flottant à mi-cuisse et je vis son sexe érigé. Sa bite était longue, charnue, presque aussi grosse que la mienne, c'était vraiment un beau morceau.

— Tu peux toucher, si t'as envie, dis-je à l'adolescent fasciné, car je continuais à gonfler jusqu'à ma tension maximale. Lorsque je suis bien excité, je dépasse les 21 cms.

Il porta des doigts hésitants sur ma tige droite et épaisse. Je fis de même sur la sienne et commençai à la branler. Il me décalotta le gland et, face à face, joignant nos lèvres, nous nous fîmes ce petit plaisir. Une masturbation bien conduite peut vite amener à l'orgasme. Mathis, au bout de deux minutes, envoya la sauce carrément et je constatai aussitôt qu'il était un super juteur.

Et pendant ce temps Cadicou bandait avec sa grosse queue d'âne et son regard, sur le côté, était parfaitement impassible. Est-ce que les phéromones humaines peuvent exciter les animaux ? Et n'est-ce pas réciproque ? Cadicou m'avait fait bander. Après tout, une bite est une bite et je savais que, faute de mieux ou poussés par des goûts pervers, certains deviennent zoophiles.

Si Mathis avait pris son pied, moi je demeurais sur ma faim et ma queue réclamait son dû. Il me restait à me branler. Je m'approchai de Cadicou et lui effleurai son pénis, lequel frémit sous ma caresse. Énorme boudin incurvé, il sortit du fourreau à fond et je touchai son gland luisant. L'âne déchargea aussitôt l'équivalent d'un verre de foutre et je lâchai mon sperme à moi. Quant à Mathis, mesmérisé, il contemplait sans trop y croire la scène qu'il avait sous les yeux.

— Ne me juge pas mal, Mathis, je ne sais pas ce qui m'a pris. C'est la première fois, je te jure, que j'ai branlé un animal. Ne crois pas que les homosexuels font tous des choses monstrueuses. En fait...

— En fait j'ai découvert un monde. Ne t'excuse surtout pas, Julian car grâce à toi j'ai découvert que le plaisir est sans limites. Et pour te dire la vérité, je me suis branlé très souvent en voyant bander Cadicou.

Mathis me surprendrait toujours. Cet adolescent rougissant, qui m'avait semblé si timide, connaissait à fond son sujet. Il devait surfer sur le web, avait exploré tous les sites, avait largué des tonnes de foutre en matant des vidéos X. Et il savait ce qu'il voulait ! Une bonne grosse queue dans son trou et la mienne par-dessus le marché ! De quoi pimenter mes vacances.

──

Au dîner, Nicole et Gérard nous apprirent qu'un locataire arriverait le lendemain. Comme il y avait deux chambres d'hôtes, nous serions ainsi au complet.

— Vous avez des détails sur lui ?

Ma question était indiscrète, mais n'était pas indifférente : commençant à peine mon séjour, je ne voulais pas subir un co-locataire ennuyeux, peut-être même antipathique. Et je ne souhaitais pas non plus que cet homme vienne s'interposer entre moi et leur petit-fils. Pour tout dire, par pure jalousie, je l'aurais voulu vieux et moche.

— Je sais qu'il s'appelle Hervé Josse et qu'il est curé de banlieue, dit Nicole d'un air satisfait.

Un curé ! Eh bien merde alors, moi qui étais devenu agnostique et vomissais la religion ! Je l'imaginai onctueux, plein de sermons, aigri, sévère, vicieux dans le confessionnal. À treize ans, en pleine puberté, j'avais subi des questionnements sur ma sexualité intime.

— Est-ce que tu te touches la nuit ?

J'avouais que je me branlais.

— Est-ce que tu l'as fait avec d'autres ? Je dois tout savoir, mon garçon, pour te donner l'absolution.

Alors je donnais des détails, comment mon grand cousin et moi nous nous étions sucé la bite et pendant ce temps le curé se branlait derrière la claire-voie.

Ayant eu cette triste expérience d'un vieux prêtre libidineux, hypocrite et ventripotent, je craignais de voir débarquer un de ces corbeaux maléfiques. Encore une fois je me trompais : il était mince et noir de poil, et pouvait avoir trente-cinq ans.

A suivre…