Le petit-fils de mes voisins (01)


Le petit-fils de mes voisins (01)
Texte paru le 2020-05-02 par ‎Dixon   
Ce récit a été publié sur Gai-Éros avec l'autorisation de l'auteur

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Template-Books.pngSérie : Le petit-fils de mes voisins

  • Épisode final de la série



Un curé, et de banlieue ! Il ressemblait à tout, sauf à ça. On aurait dit, à première vue, un Romain Duris rajeuni. Il était petit, je l'ai dit, mais tellement bien proportionné que sa taille était secondaire. Son visage bien dessiné était piqué de poils très noirs et il avait des dents très blanches. Il n'y avait pas eu la gêne engendrée par un arrivant au sein d'un groupe déjà formé. Comme Nicole l'appelait "Mon père", il l’avait coupée aussitôt :

— Je ne suis le père de personne, je suis Hervé, un point c'est tout. Même mon évêque m'appelle Hervé, c'est plus facile quand il m'engueule. En banlieue, tout le monde se tutoie, j'ai oublié le vouvoiement. Ton dîner est très bon, Nicole, je peux reprendre du dessert ?

Je me sentais un peu benêt car jusqu'ici je n'avais pas franchi le seuil du tutoiement. Même Mathis me vouvoyait pendant qu'il me branlait la bite. J'y trouvais un plaisir certain. Baiser ensemble n'implique pas que l'on soit à tu et à toi. Mais Hervé s'adressait à moi :

— Tu es marié ?

Merde et puis merde ! Me faudrait-il me justifier ? Pourquoi toujours cette question ? Est-ce que la norme pour un homme, c'est d'être casé à trente ans ? Ce curé voulait tout savoir !

— Je suis comme vous, célibataire ! À notre âge, c'est assez courant.

— De nos jours, on se marie moins, dit Gérard avec un grand rire. Il n'y a guère que les homos pour vouloir encore convoler.

Eh bien voilà, on y était, dans cette obsession homophobe qui taraudait les grands-parents. En deux journées, deux allusions, et deux méchancetés gratuites. Le mariage, les choses dégoûtantes, cela semblait leur quotidien. Une rancune persistante, liée à un évènement de leur vie qu'ils n'avaient jamais digéré. Ils avaient eu un fils pédé, ils l'avaient tous deux rejeté et leur garçon s'était pendu. Mais au lieu de s'interroger, ils restaient sur leur position : les homos étaient des sous-hommes.

— J'en ai accompagné plusieurs, dit le curé d'une voix claire. Des homosexuels très croyants qui cherchaient la parole divine et qui étaient de bons chrétiens.

— Mais vous les avez dissuadés ? Il est spécifié dans la Bible que c'est une abomination.

— Je leur ai dit : Dieu est amour. Si vous avez l'amour en vous, vous aurez droit au paradis.

— J'espère qu'ils iront en enfer.

— Je ne crois pas à l'au-delà. Je sais que le séjour sur Terre est l'enfer ou le paradis selon qui l'on est, d'où l'on vient, quels choix l'on fait, sa destinée. J'aide les gens à être heureux, c'est cela, mon travail de prêtre. Et si je peux vous rendre heureux pendant mon séjour parmi vous, j'aurai bien rempli ma mission.

— Mais nous sommes parfaitement heureux, dit Nicole d'un ton indigné. Nous suivons les commandements, nous communions chaque dimanche.

— Il y a une grosse lacune au sein des dix commandements. Il faut honorer ses parents, mais il n'est écrit nulle part qu'il faut respecter ses enfants. Les jeunes que j'ai accompagnés avaient été mis à la porte à cause de leur orientation sexuelle par des parents bien comme il faut.

Il y eut un silence gêné et Gérard se racla la gorge. Nicole avait l'air mécontente.

— Nous sommes de la vieille école, celle où l'on croit qu'après la mort il y aura la résurrection et où chacun sera jugé selon la valeur de ses actes.

— Moi je crois en l'amour du Christ. Mais ici je suis en vacances, je n'ai pas envie de prêcher. Merci pour ce très bon repas. Je souhaite à tous une bonne nuit.

──

Le lendemain je partis seul en emportant un pique-nique. Il y avait des choses à voir, de belles églises aux environs, toutes flanquées de leurs cimetières. Je repérais les vieilles tombes et lisais, gravée dans la pierre, la suite des générations. Cela me donnait à penser. Du fait de mon orientation je serais une branche morte, comme le serait aussi Mathis s'il se confirmait inverti, comme le serait aussi Hervé voué au célibat par l'Église.

A contrario de maints homos, je ne rejetais pas l'Église, laquelle avait pendant vingt siècles soigné, enseigné, recueilli les accidentés de la vie. Elle avait été, avant l'heure, la Sécurité sociale d'un monde dur, violent, injuste. C'était un immense mérite. Mais elle avait également jeté l'opprobre sur la Chair, écrasé sous une chape de plomb la sexualité autre que reproductionnelle. Elle avait châtré le plaisir. C'était un immense gâchis.

Comme il faisait vraiment très chaud, en revenant vers la fermette, je m'arrêtai à la rivière. Elle coulait entre les roseaux, fraîche et tentante en cette chaleur. À trente mètres en contrebas, elle quittait la végétation et s'élargissait quelque peu en un cercle calme et profond. Allongé sur la pente douce, un homme nu s'y prélassait, le corps couvert de gouttelettes. Je reconnus le jeune curé et comme ses yeux étaient fermés, je le contemplais à loisir.

Son corps, très bien proportionné, s'amincissait jusqu'à la taille, s'évasait au niveau des hanches et se prolongeait par des cuisses puissantes, parfaitement galbées. Sous le haut renflement des côtes, la dépression du ventre plat triangulait jusqu'au pelvis où s'érigeait un sexe dur. Les couilles tournaient sous la chaleur, roses et parfaitement rasées. Je sentis ma queue se gonfler et j'eus un mouvement de recul. J'avais surpris l'intimité d'un garçon certes très bandant, mais hélas, c'était un curé.

— Julian, ne t'enfuis surtout pas. Il y a de la place pour deux.

Ses beaux yeux noirs fixés sur moi, Hervé parlait de sa voix claire. Aucune gêne ne le troublait et il continuait à bander. Il se redressa et me dit :

— Comme tu n'as pas pris de serviette, je peux te proposer la mienne. Allez Julian, déshabille-toi.

— Je n'ai pas pris de slip de bain, je ne pensais pas me baigner.

— Et alors ? Tu te mets à poil ! Il y a deux heures que je suis là et il n'y a pas un chat qui rôde.

— Tout de même…

— Tu fais comme tu veux, Julian, reste en caleçon si tu préfères. Moi je veux sentir le soleil là où c'est toujours la nuit noire.

Moi aussi je voulais sentir la chaleur d'été sur ma queue. J'étais un fervent naturiste, écolo mais surtout voyeur et très exhib à l'occasion. Je me désapais prestement et je m'assis sur la serviette, la queue dressée comme un obus.

— Julian, tu es homosexuel ?

— Qu'est-ce qui peut vous faire penser ça ?

— Je t'ai reconnu tout de suite. Il y a entre nous un gaydar, et si tu es homo comme moi, tu m'as aussi identifié. Si tu as hésité à le faire, c'est juste parce que je suis curé. Mon plaidoyer pour les pédés en face de Gérard et Nicole, c'est parce qu'il m'est insupportable de les entendre critiquer sans qu'ils n'osent se défendre. Et Mathis est pédé aussi, ne me dis pas que je me trompe ! Une dernière chose, Julian, arrête de me vouvoyer.

Il posa sa main sur ma bite et commença à me branler. Je fis de même avec la sienne. Elle était longue et très charnue, telle que je l'avais rêvée. J'avais fantasmé sur sa queue un peu avant de m'endormir et elle m'avait accompagné tout au long de cette nuit d'été, tantôt dans ma bouche, dans mon cul. Pour elle j'aurais ouvert mon trou après des années d'abstinence. Bien sûr que j'avais espéré trouver en Hervé un amant, il était tellement canon, mais je me souvenais aussi que j'avais redouté un homme qui serait venu perturber ma relation avec Mathis. Maintenant j'avais deux amants, je me trouvais béni des dieux car le curé venait de prendre ma grosse pine dans sa bouche. J'ai du mal à dire "le curé", "Hervé" sera plus adapté quand je parlerai du garçon dont je doigte le cul maintenant. Son sphincter est doux et puissant, j'ai envie d'y fourrer ma queue mais ce ne sera pas aujourd'hui : la bouche d'Hervé est si bonne que je jouis prématurément, cinq ou six rasades qu'il avale. Il se recouche sur le dos.

— Merci pour ce petit moment, ton sperme est vraiment excellent.

──

Pendant le dîner, ce soir-là, l'atmosphère fut très détendue et ponctuée par de gros rires quand j'avouais ma fascination pour les églises, les cimetières.

— Mais rien ne vaut le bord de l'eau et une baignade en rivière, dit Hervé en me regardant. Parler d'églises, de cimetières, c'est pour moi parler du boulot et ma foi, je suis en vacances !

— Mais je croyais que les curés passaient leurs vacances au couvent, je veux dire dans des monastères, dit Gérard, remplissant nos verres.

— Pas les curés de banlieue. Ils ont besoin de voir du vert, des prés, des bois et des fermettes. Une année dans un HLM, c'est parfois long et difficile.

— Surtout avec toutes ces racailles, dit Nicole d'un air entendu.

— Ce sont souvent des jeunes garçons trop pleins d'hormones et désœuvrés.

— Et qui pratiquent des tournantes. Ils violent des filles au fond des caves.

— Oui, c'est une triste réalité. Mais certains d'entre eux sont homos et leur vie ne tient qu'à un fil. L'un d'eux s'est fait sodomiser avec un gros manche à balai, il a fini à l'hôpital.

— Mais c'est horrible ! dit Mathis.

Il était devenu tout pâle, des larmes coulaient sur ses joues.

— Peut-être qu'il l'avait cherché, dit Gérard d'un ton sardonique. On dit que les homosexuels font toutes sortes d'expériences. Ils se fourrent des trucs dans l'anus, ce sont vraiment de grands malades.

— Non, il s'était fait agresser. Il avait la réputation d'être un homosexuel passif et cela est impardonnable chez les Arabes de banlieue.

— Passif, actif, c'est la même chose. Hé Mathis, tu ne te sens pas bien ? Tu ne vas pas tourner de l'œil pour une simple histoire de pédés ?

Mathis, de pâle qu'il était, avait viré au rouge, au vert. Il eut brusquement un hoquet et il vomit dans son assiette.

— Nom de dieu de bordel de merde ! Excusez-moi, monsieur le curé, mais voilà un repas foutu !

— Gérard, ce n'est pas important. Il faut prendre soin de Mathis, le nettoyer et le coucher avec un bon médicament.

— Aide-moi, Julian, dit Hervé. On l'emmène à la salle de bains.

Chacun prit un bras de Mathis et nous le sortîmes de sa chaise. Il était couvert de vomi et tenait à peine sur ses jambes.

— Déshabille-le, dit Hervé, je vais chercher son pyjama.

Hervé nous laissa tous les deux. Je dis à l'ado à voix basse :

— Qu'est-ce que tu as, mon petit Mathis ? Quelque chose qui t'a contrarié ?

— C'est l'histoire du manche à balai, j'ai peur que ça m'arrive un jour. Je l'ai senti entrer en moi, me déchirer les intestins. J'ai peur, Julian, j'ai tellement peur !

— Mais il n'y a aucune raison, tu n'es même pas sûr d'être homo.

— Oh si, j'en suis sûr maintenant. Je rêve d'une bite dans mon cul depuis que nous nous sommes branlés. Et j'ai même envie du curé, je suis sûr qu'il en a une grosse. Tu vois, je suis complètement fou.

— Tu n'es pas fou mais perturbé. Et il y a un point positif : tu sais définitivement que tu es branché côté mecs, et ça t'évitera des errances et bien des interrogations. Accepte-toi tel que tu es, ne crains pas le manche à balai et régale-toi avec le mien sitôt qu'on aura l'occasion. Maintenant, déshabille-toi et prends une douche, ça c'est urgent, tu sens le vomi à plein nez.

À ce moment Hervé entra.

— Mais qu'est-ce que tu fous, Julian ? Tu ne l'as pas déshabillé ?

Mathis tituba dans mes bras, donnant lui-même la réponse.

— Je ne peux pas le faire tout seul, il n'est pas stable sur ses jambes.

— Tu le tiens, je le déshabille, à nous deux, on va y arriver.

Une fois le tee-shirt enlevé, il restait à ôter le short. Hervé s'accroupit, le baissa, et se retrouva devant la bite de l'ado. Si Mathis avait des nausées, sa libido se portait bien. Sa queue dardée comme une flèche pointait ses 18 cm, ronde et épaisse, prête à l'emploi. Placez le sexe d'un garçon à hauteur d'une bouche accueillante, que croyez-vous qu'il arrivera ? Hervé ne fit ni une ni deux, il enfourna la queue tendue et il se mit à la sucer.

J'étais complètement scotché. Cette belle pine d'adolescent faisait le bonheur d'un curé. Je n'ignorais rien des turpitudes du clergé, des scandales de pédophilie, mais il s'agissait d'autre chose : je n'avais pas en face de moi un vieux prêtre libidineux, j'avais devant moi un jeune mec qui pompait la bite d'un plus jeune et ça me paraissait normal. Pour ma part, je n'ai jamais cru en la chasteté imposée. C'est une grosse erreur de l'Église que d'avoir tenté de brider l'instinct fondamental de l'homme car le sperme doit être évacué étant en production constante. Le mien montait à gros bouillons.

Je sortis mon chibre aussitôt et je l'étranglais à la base pour éviter de décharger. Je voulais ma part de plaisir, ce plaisir que je pouvais lire dans le regard presque extatique de Mathis pompé par Hervé. Le prêtre y allait goulûment et se branlait en même temps comme tout suceur qui aime la bite. Avoir un sexe dans la bouche et qui vous remplit le gosier, c'est le pied pour celui qui suce, il y a des mecs qui n'aiment que ça. Hervé en faisait-il partie ou n'était-ce pour lui qu'une option ? Cela aurait été dommage qu'il ne soit qu'une bouche à bites car je rêvais de l'enculer.

Mais ce n'était pas le moment, ce n'était pas non plus le lieu, et j'étais poussé par l'urgence. Je montai sur un tabouret et offris ma queue à Mathis qui s'en empara aussitôt. C'était une première pour lui, il ne fallait pas qu'il m'esquinte en me raclant avec ses dents, mais sa bouche était douce, très douce, et ses muqueuses enveloppantes. En fait on aurait dit un pro. Étrange, pour un débutant ! Il savait jouer de sa langue et la glisser sous mon prépuce, faire de ses lèvres un doux fourreau, y faire coulisser ma bite. Il savait aussi titiller, décalotter, manger les couilles et me lécher le périnée. Étrange pour un débutant ! Et quand je lui larguai mon foutre, il sut le promener en bouche pour en savourer la substance avant de l'avaler entier d'un mouvement de pomme d'Adam.

— Et alors, Mathis, ça va mieux ?

Nicole montait l'escalier, c'était une question de secondes avant qu'elle découvre l'orgie.

— Nous sommes dans la salle de bains, Mathis a fini de vomir, maintenant il va prendre sa douche.

Hervé, recouvrant son sang-froid, s'était rajusté prestement mais il n'était pas présentable car son érection persistait. Elle faisait une énorme tringle en oblique dans son calbute et il aurait fallu être aveugle pour qu'elle ne saute pas aux yeux. Quant à moi j'avais débandé. Je sortis de la salle de bains, tirant la porte derrière moi.

— Oui, Mathis va mieux maintenant, je lui ai donné à sucer une pastille à l'eucalyptus qui a arrêté ses nausées. Hervé Josse s'occupe de lui, c'est un excellent secouriste.

— Je peux le voir ?

— Pas pour l'instant, mais dans une dizaine de minutes, après qu'il se sera douché.

À ce moment Hervé sortit, son érection disciplinée.

— J'ai nettoyé le lavabo, il y avait du vomi partout.

— Qu'est-ce que l'on aurait fait sans vous ! dit Nicole avec gratitude. C'est une chance que vous soyez là, je n'aurais pas su comment faire. J'ai cru qu'il allait s'évanouir. Je me demande ce qu'il a eu. Vomir comme ça en plein repas !

— Une chose qu'il n'a pas digérée…

— Mais on ne mange que du bio !

— Vous êtes une très bonne cuisinière. Et tout cela c'est du passé, demain il sera frais comme une rose.

— Peut-être un problème de croissance, il change beaucoup, notre Mathis. Il n'est pas comme l'année dernière.

— À son âge, on change très vite, et quelquefois en rien de temps.

──

Le lendemain je partis seul avec mon pique-nique sur le dos. J'avais aussi pris une serviette au cas où j'éprouverais l'envie de me baigner dans la rivière. Le ciel, radieux au début, se chargea de nuages noirs et deux heures après mon départ je fus surpris par un orage d'une violence inhabituelle. Sous la pluie et sous les éclairs, je me dirigeai tout tremper vers ce qui semblait une ferme à proximité du chemin. Lorsque je frappai à la porte, ce fut un homme qui m'ouvrit.

— Vous avez pris une sacrée sauce, me dit-il avec un sourire. Vous n'avez pas vu venir l'orage, ça prouve que vous n'êtes pas d'ici. Mais entrez, mettez-vous à l'aise, je vais vous prêter des habits.

Une grosse flaque à mes pieds s'était répandue sur le sol, j'étais trempé comme une soupe. Je ne pouvais pas refuser, il me restait trois kilomètres pour rejoindre la maison d'hôtes et le temps s'étant refroidi j'aurais pu attraper la mort. L'homme avait à peu près ma taille et lorsque je me fus changé, je me trouvai presque élégant. Je pus considérer mon hôte pendant qu'il faisait un café.

Il était grand et bien gaulé, avec un visage énergique. Il portait une salopette qui laissait voir des bras puissants et le haut d'un torse élancé. Cet homme travaillait de ses mains et devait faire de durs travaux, sans doute était-il le fermier de cette bâtisse impressionnante.

— Je m'appelle Éric Demouliers, dit-il en me tendant la main. Et vous êtes ?

— Julian Lemarchand, je loge chez les Lanquetot. J'ai loué chez eux pour le mois d'août.

L'homme eut un geste de recul.

— Chez les Lanquetot, c'est bien ça ? Les Lanquetot de la fermette ?

— C'est bien ça. Vous les connaissez ?

— Je les connais pour mon malheur. Ils ont assassiné ma vie.

— Mais comment ça ?

— C'est personnel, une vieille, une sordide histoire dont je ne me suis jamais remis. Voyez-vous, ils avaient un fils...mais ne parlons pas de cela. Vous vous plaisez en Normandie ?

— C'est une région que je découvre. J'ai pour cela un très bon guide, il s'appelle Mathis Lanquetot.

L'homme vacilla sur ses jambes et il manqua de s'effondrer. Et subitement je compris tout. Eric Demouliers, mais bien sûr, c'était l'auteur de l'ex-voto.

— Il est le neveu de Mathis, celui que vous avez aimé. Il m'a raconté votre histoire. Vous étiez amis, m'a-t-il dit.

— Plus que mon ami, mon amant, et surtout l'amour de ma vie. Il s'est pendu, pendu, pendu ! Et ses parents sont responsables.

Ses yeux étaient secs mais sa voix tremblait de haine et de colère.

— Mathis était beau et très doux, il n'a pas supporté les mots.

— Quels mots ?

— Dégénéré, pédé, malade ! Fous le camp, ne reviens jamais ! Tu es la honte de la famille !

— Et vous n'avez pas pu le protéger avec vos mots à vous, Éric ?

— Il m'a dit que tout était bien et qu'il avait la solution. Je pensais qu'il couperait les ponts et qu'il viendrait vivre avec moi. C'était notre projet à tous deux. Au lieu de quoi il s'est pendu et m'a laissé briser, coupable. Je ne m'en suis jamais remis. Regardez-le, c'était un ange.

Il prit une photo sur une table et je les vis tête contre tête. Ils étaient beaux, ils avaient vingt ans, et ils souriaient à la vie, et la vie les a détruits.

— Pourquoi je vous raconte cela ? Je déballe ma vie sexuelle devant un parfait inconnu.

— Ça, c'est à cause du gaydar. Les phéromones ont fonctionné et nous nous sommes reconnus. Je suis homosexuel, Éric.

— Vous vivez chez des homophobes, vous auriez pu mieux tomber.

— À mon humble avis c'est l'inverse car ils hébergent trois pédés, deux locataires et plus que tout, Mathis, leur propre petit-fils.

— Ils vont tout faire pour le détruire.

— Mathis a ses propres parents et son père semble très ouvert.

— C'est vrai, je l'ai très bien connu, il était très proche de Mathis. Il savait, à propos de nous. Malheureusement il était loin lorsque le drame s'est produit. Je sais qu'il a fait sa valise et qu'il ne les a plus revus. Leur seul lien, c'est le jeune Mathis. Il est l'héritier du domaine. Il n'y a pas que la fermette, il y a le manoir de Beaucis et cent hectares de bonnes terres. Ils sont riches, les vieux Lanquetot.

— C'est un drôle de clin d'œil du destin. Celui qui va hériter d'eux représente tout ce qu'ils détestent. S'ils savaient…

— Cela ne ferait pas un pli, ils le déshériteraient aussitôt. Donc il ne faut pas qu'ils le sachent. Faîtes en sorte d'être discrets si vous faites des choses ensemble.

— Soyez tranquille, nous le serons. Merci de m'avoir prévenu. Une dernière question pourtant. Cet ex-voto dans la chapelle, les vieux vous y ont autorisé ? Vous vous haïssiez tellement…

— Ce fut un chantage de ma part. Soit-il me laissaient l'installer, soit je balançais à tout le monde que leur fils était un pédé. Personne ne savait, au village, ça aurait fait un beau scandale. Ils ont préféré l'ex-voto.

— Et depuis, votre vie privée... Est-ce que vous l'avez remplacé ?

— Remplacer Mathis ? Impossible ! Mais j'ai rencontré des garçons dans les villes environnantes, cela en toute discrétion. En campagne, c'est difficile d'avoir une relation homo.

— Même quand on est un vrai canon ?

Éric me sourit tristement, ce qui accusa ses fossettes. Il était vraiment un bel homme dans sa quarantaine épanouie.

— Si vous voulez revoir Mathis, on se retrouve à la rivière. Demain à 15h, ça vous dit ? Vous me rapporterez mes fringues, on se baignera tous ensemble et on fera d'une pierre deux coups.

──

— Mais vous avez changé d'habits !

Il n'échappait rien à Nicole. J'étais parti en bermuda et j'étais rentré en jogging.

— Oui, j'ai été surpris par l'orage et un monsieur m'a dépanné. Où sont donc Mathis et Hervé ?

— Je crois qu'ils sont dans l'écurie, ils s'occupent de Cadicou.

Effectivement, les deux garçons se trouvaient bien à l'écurie en train de branler le baudet. Avec leurs futes sur les chevilles ils s'astiquaient en même temps. Le pénis de l'âne, incurvé par le poids de sa chair gonflée, paraissait plus gros que jamais, et ses yeux ourlés de longs cils, demeuraient toujours impassibles.

— Ah te voilà, tu tombes bien, je vais enculer Cadicou, dit Hervé en branlant sa bite. Apporte-moi ce tabouret et aide-moi à monter dessus.

J'obéis instantanément car je voulais voir le spectacle. Avec ses chevilles entravées, Hervé se glissa à grand peine sur le petit siège à trois pieds en s'appuyant sur mon épaule puis, levant la queue du baudet, il mit son gland sur le trou noir semblable à une tabatière. Puis arrimé à la crinière, il poussa sa bite dedans. Il y eut une pétarade et l'âne expulsa trois crottins. Hervé retomba en arrière et poussa un affreux juron : "Ah putain, il m'a chié dessus ! Nom de dieu de bordel de merde !"

— Voilà que tu blasphèmes, en plus ! Hervé, tu es un obsédé, comment tu fais dans ta banlieue avec ta racaille de machos ?

— Ben j'ai trouvé deux ou trois trous et je les fourre à tour de rôle. Je suis coach d'une équipe de foot. Et il faut que tu saches une chose : les plus machos, le plus souvent, ce sont ceux qui s'en prennent une grosse. Et plus ils se font enculer, plus ils jouent les mecs virils. On va leur choisir une épouse, ils lui feront quatre ou cinq gosses, et ils iront dans les bordels se faire défoncer la rondelle.

— T'es quand même un drôle de curé !

— C'est la nouvelle génération. On ne peut pas se marier ? Ok, on se débrouillera autrement ! La branlette devant du porno, putain, ça va bien cinq minutes. Moi il me faut du consistant. Et au train où ça évolue, je ne vois pas ce qui m'empêcherait d'être évêque ou même cardinal. D'ailleurs la plupart sont pédés !

— Est-ce que tu donnes aussi ton cul ?

— Nom de dieu, plutôt deux fois qu'une ! Tu as envie de me baiser ?

— Hé les garçons, qu'est-ce que vous faites ?

J'entends des pas sur le gravier, c'est la grand-mère qui rapplique, elle va bientôt ouvrir la porte.

— Planquez-vous les mecs, c'est Nicole.

Ils se jettent contre le bat-flanc, le fute toujours sur les chevilles, à l'opposé de la mangeoire. Il s'en est fallu d'une seconde.

— Vous êtes seul ? Mais où ils sont ?

Alors l'âne se met à braire, c'est un vacarme assourdissant.

— Cadicou, veux-tu bien te taire ! Le voilà encore en chaleur.

— Il faut lui trouver une copine.

— Non, il va se calmer tout seul. L'ânesse la plus proche a vingt ans, elle a passé la ménopause. Il faudrait aller à Lisieux et c'est à 35 kilomètres.

— C'est dur d'être un jeune bourricot !

— Vous n'avez pas vu les deux autres ?

— Non, ils ont donné le fourrage puisque le râtelier est plein. Je suppose qu'ils sont repartis.

— Qu'est-ce que vous pensez du curé ?

— Eh bien, je le trouve sympathique.

— Oh pour ça, il est sympathique, mais il a des drôles de principes. Il défend les homosexuels et je ne serais pas étonné qu'il soit un prêtre pédophile. Je n'aime pas trop le voir traîner avec Mathis mon petit-fils.

— Mais Mathis n'est plus un enfant, il saurait très bien se défendre. Et entre nous, je ne crois pas qu'Hervé Josse soit ce que vous dites. Il connaît la nature humaine et il est plein de compassion. Il aime tous ses paroissiens, quelle que soit leur orientation.

— Vous êtes naïf, mon jeune ami. Les pédés n'ont qu'une seule idée : corrompre les âmes innocentes. Je n'ai aucune preuve bien sûr, mais je serais plus rassurée si vous ne le quittiez pas des yeux.

J'entendis un rugissement. C'était Hervé qui explosait.

— Cadicou, calme, mon garçon ! Oui, il est vraiment en chaleur, je vais lui donner de l'eau froide, mais Nicole, rentrez chez vous, je serai hyper vigilant. Tant que nous serons tous les trois, Mathis n'a rien à redouter.

──

— Quelle vieille pute, cette Nicole !

Nous étions couchés tous les trois, tout nus, au bord de la rivière, mais je ne pouvais pas répondre, ayant une bite entre les dents. Je faisais ce petit plaisir au jeune Mathis Lanquetot, lequel me rendait la pareille car nous étions en 69. Sa queue enfoncée dans ma gorge ne me bouchait pas les oreilles et j'étais bien forcé d'entendre les récriminations d'Hervé. Il n'avait pas décoléré depuis qu'il savait que Nicole le prenait pour un pédophile. Il en oubliait de bander.

Mathis me suçait comme un pro et je me posais des questions. Comment à quinze ans ce puceau pouvait-il être aussi expert ? De plus il était endurant et je voyais venir l'instant où je juterais avant lui. Tout de même, ce serait un comble ! Avec toute mon expérience, dix-sept années de fellation, il allait me damer le pion, j'allais décharger dans sa gueule au bout de cinq minutes à peine. Et c'est bien ce qui arriva. Je poussai un rugissement et je lui envoyai mon foutre qu'il avala d'un seul glouglou.

— Explique-moi comment tu fais pour te retenir si longtemps. Tu as une sacrée expérience !

Il lâcha ma queue et me dit :

— Je fais des autofellations, alors je sais me contrôler.

— Putain, tu dois être très souple ! Montre-moi ça, ça m'intéresse.

Mathis se mit en position et se replia en fœtus. Ses vertèbres faisaient un cercle et sa queue entra dans sa bouche. Son anus s'ouvrit en même temps et Mathis y entra un doigt. Ce fut à ce moment précis qu'Éric Demouliers arriva.

Même si je le savais homo, j'imaginai que le fermier serait tout de même déconcerté, car débarquer dans une orgie exige un temps d'adaptation. Mathis déplia son corps souple et il débanda aussitôt.

— Ne vous dérangez pas pour moi, je trouve le spectacle excitant, dit le fermier en s'asseyant.

— On doit d'abord faire connaissance. Je vais faire les présentations. Moi vous me connaissez déjà, mais voici Hervé Josse, le curé, et voilà Mathis Lanquetot.

Éric s'accroupit devant lui avec des larmes dans les yeux.

— Mathis Lanquetot, son neveu. Et c'est son portrait tout craché.

— Je vous reconnais, dit Mathis, vous êtes Éric Demouliers.

— Vous vous joignez à nous, Éric ? Vous voyez, on s'est mis à l'aise.

Le fermier se déshabilla et exposa un corps superbe, sculpté par les travaux des champs. Émanaient de sa nudité une sensation de puissance et une hyper virilité. Il avait de très grosses couilles et une pine gigantesque qui commençait à s'émouvoir. Nous le regardions, fascinés. Inutile de préciser que nos trois queues avaient grimpé à leur dimension maximale. Comment l'orgie commença-t-elle, lequel osa-t-il le premier s'aboucher à son braquemard, cela est difficile à dire tant la mêlée fut générale. Nous étions des bites et des trous et nous passions de l'un à l'autre, suçant, enculés, enculant, et nous délectant de bon sperme.

Mathis fut défoncé trois fois mais il ne prit vraiment son pied qu'avec la grosse queue du fermier. Quelque chose d'indéfinissable était en train de se produire : il semblait que les deux garçons renouaient une relation entamée depuis très longtemps. J'en devinais d'ailleurs la cause. Mathis revivait en Mathis, le neveu remplacerait l'oncle pour toute la durée du mois d'août et pour les vacances futures.

— Laissons-les ensemble, veux tu, dis-je à Hervé, prenant sa main.

Le tutoiement m'était venu, la fin du mois serait torride avec ce curé déjanté, et sous le toit des Lanquetot, il y aurait des parties fines.

Ce serait la vengeance des pédés.

Fin