Le vide-couilles des chantiers

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Numéro 78

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 78
Date de parution originale: Septembre 1996

Date de publication/archivage: 2017-09-16

Auteur: Thierry
Titre: Le vide-couilles des chantiers
Rubrique: Viril + efféminé = couple heureux

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C'est pour mon job, au départ, que j’ai dû aller sur le chantier du Grand Stade à Saint-Denis. Le patron de la boîte, Jacques, un copain de mon père, m’avait embauché pour les vacances de Pâques. Je devais vérifier des mesures, rien de bien sorcier.

— Fais pas attention si les gars du chantier blaguent, ils ne sont pas forcément méchants, mais ils ne sont pas habitués à ton style.

Jacques m'avait prévenu.

C’est sûr que moi, les mecs en bleu de travail et pompes (vraies!) de chantier, je n’ai pas l’habitude. Quand je croise des gens lookés comme ça, c’est au Queen ou au Palace, mais ce ne sont que des petits minets comme j’aime, qui veulent se déguiser en vrais mecs avec des Caterpillar et des treillis.

Arrivé sur le chantier en pantalon à carreaux et en tee-shirt court, j’ai eu l’impression de faire sensation. Je suis blond et très mince. C'est sûr qu’avec mon sac à dos sur l’épaule, je n’avais pas l’air d’être du métier. J’entendais des rires ou des blagues, mais je ne disais rien, préoccupé par mes mesures de niveaux. Certains avaient les yeux sombres, et la chaleur surprenante de la saison les poussait à se déshabiller. Je faisais tout pour ne pas mater, mais j’avais du mal.

À l’heure de la pause-déjeuner, l’un d’eux, un Français, est venu me proposer un coup à boire. C’était un mec un peu plus vieux que moi, assez ordinaire, mais en entrant dans le préfabriqué du chantier, j’ai compris le manège. C’était son collègue qui lui avait dit de m’inviter, et le collègue, je le reluquais depuis le matin. Quarante balais au moins, une gueule épaisse et burinée, des yeux à vous foutre un poignard dans le dos, des lèvres fines, un torse large rempli de poils; j’arrête là la description car je recommence à triquer en écrivant. Il avait posé ses gants dans son casque et il a dit à l’autre d’aller faire son tiercé.

— Ça nous laisse au moins une demi-heure devant nous...

Il m’a proposé une bière et je ne sus comment réagir devant ce mec aux pompes pleines de boue. J’ai l’habitude de brancher des petits minets bien coiffés, rasés de près comme moi et qui ne vont pas bien loin, et je me retrouve face à un mec genre para à qui j’ai l’air de plaire. Je ne bois jamais d’alcool mais j’ai accepté. Au bout de deux gorgées, j’étais déjà saoul, et quand il s’est mis debout derrière moi j’ai senti la bosse et j’ai compris que j’allais y passer.

— Tous les nouveaux, je les emmanche, c’est la tradition. Jacques le sait bien, il me les colle toujours sous le nez pour que je les teste.

Je sentais son odeur et son haleine parfumée de bière, et je suis devenu comme fou. De moi-même je me suis agenouillé et j'ai sorti sa bite, prêt à piper comme une chienne. Il devait être habitué puisqu'il m'a tenu par la nuque pour que je l'avale. Elle était lourde, elle puait le rut et ça me rendait dingue. J'avalais ses couilles velues pour sniffer la sueur, je sentais le bout de sa pompe de sécurité entre mes fesses, je me foutais qu’il sente le mec, qu’il porte un vieux slip pas frais, je voulais me faire fourrer. Je croyais que le pourtour de mon trou se creusait sous la pression de sa pompe, je le laissais me défoncer la gueule à grands coups de matraque, et je rêvais qu’il me gicle dedans. Le bout de sa pompe m’écrasait les burnes, mais il m’a alors ordonné de lui lécher ses muscles fatigués par l’effort. Il me gardait tout son bon jus de couilles pour tout à l’heure. Il a baissé le haut de son bleu et je suis tombé en extase devant ses biscotos velus, ses tétons si plats et sa peau épaisse, parfumée au parfum de vrai mec. J’ai léché alors comme une chienne, j’ai aspiré la peau, j’ai caressé avec ma langue comme je ne l’avais jamais fait à personne.

Il me fait signe de retourner bosser, me dit qu’il m’attend à la sortie du parking du fond, vers 17h15. Je retourne donc bosser et j’ai un mal fou à me concentrer, je ne pense qu’à ma queue, ses mots résonnent dans ma tête, je me demande vraiment s’il est timbré où si Jacques, devinant comme tout le monde mes préférences, a oui ou non fait exprès de me livrer à cette brute affamée. L’après-midi me semble durer des heures. Je me jure de ne pas y aller, et bien sûr j’y vais.

Il me voit et il commence à marcher. Je le suis, l’excitation monte, je ne sais pas où il m’emmène, je vérifie que j’ai une capote et un carré de gel dans mon sac, et quand je le vois rentrer dans une espèce de “portakabin” je trique encore plus, je me sens comme une pute à routiers, une salope à l’abattage, je sais que je ne peux plus faire machine arrière. La porte est ouverte, il se tient déjà la tige entre les mains.

— Fous-toi à quatre pattes, tu ne seras pas le premier!

Je ne peux réprimer un air dégoûté devant ce bout de matelas sale, mais la salope en moi se réveille, je pense à toutes les queues qui se sont vidées là, je sors le plus vite possible mon latex et je me mets à quatre pattes sur le matelas crade, avide de cette odeur de foutre séché, de me faire niquer mon trou à merde si étroit par cette armoire à glace montée comme un taureau. Il ne s’est toujours pas défroqué, je le vois se rouler la capote avec hésitation, et je pense à mon fion si serré. Il doigte comme si c’était une chatte. De ses mains larges comme des battoirs, il saisit mes hanches et rentre son gland d’un coup dans mon trou. Je hurle.

— Personne t’entendra. Ici, c’est désert et je ne suis que le premier de la liste.

Quand j’ai compris qu'il allait me mettre à l’abattage, j’ai eu un accès de terreur. Mais je n’ai pu que le laisser gagner en longueur sans me laisser le choix. J’ai poussé, respiré un grand coup et je me suis dilaté comme jamais. Quand on a cogné deux fois à la porte, il s’est retiré illico pour ouvrir à Yacher, son copain turc, monté comme un étalon lui aussi...

C’est depuis ce jour que je ne perds plus mon temps avec les tapettes du Marais et que j’aime les vrais mecs, ceux qui m’éclatent la raie, m’ouvrent le cul et me filent des beignes.

Thierry, 23 ans.