Le voisin d'en face (05)


Le voisin d'en face (05)
Texte paru le 2018-08-10 par Charly Chast   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Le voisin d'en face

La journée avait été longue, chaque heure j'avais croisé Alexandre, des dizaines de fois. Un silhouette mince et musclée, une couleur de vêtement, une épaule fine et carrée, une mèche de cheveux châtain clair, un avant bras dénudé avec un fin duvet blond. Et… C'était Alexandre que j'avais devant les yeux. C'était Alexandre que je croisais, que je frôlais, qui me parlait et même quelquefois à qui je répondais…

La journée était longue, elle n'en finissait pas. Je ne pouvais plus penser. Ce soir viendrait-il me voir ? Viendrait-il boire un verre ? Oserait-il ? Et moi, oserais-je aller l'inviter ?…

J'étais rentré, il était encore tôt et c'était la première fois depuis quelques semaines que je ne me précipitais pas pour croiser mon voisin au moment où il arrivait du boulot… Je ne savais plus quoi faire. J'étais accro, j'étais mordu, je le voyais partout. Il arrivait à l'heure, comme tous les jours… Il garait sa voiture dans son allée, comme tous les jours… Il regardait vers ma maison, me voyait et me saluait de la main… Je lui rendais son salut… Je restais là, tétanisé, n'osant bouger, n'osant lui faire un geste d'invitation. Comment cette histoire pourrait-elle se terminer ?

Sophia avait sans doutes raison, je n'avais aucune chance. Il était hétéro, il était en couple, il allait se marier avoir deux enfants, un garçon et une fille. Son programme était déjà prévu par sa copine pour les quarante prochaines années… Je ne pense pas qu'il y avait de place pour moi dans ce programme !

Je n'avais rien prévu pour le souper… Mais si il me restait la boîte de raviolis. Ça devrait suffire… On sonnait à la porte… Je ne savais pas comment réagir, c'est qui ? Et si c'était… Alexandre... Je fais quoi ? On sonnait de nouveau… Bon ! J'allais ouvrir… Finalement c'était Sophia, elle avait un grand plateau recouvert d'aluminium dans les mains. Je lui souriais et la faisais entrer… Suivait Joël, je l'avais pas vu venir celui là, il portait aussi un grand plateau recouvert d'aluminium, en passant à côté de moi il me donnait un rapide baiser sur la bouche…

— Salut ma grosse !

— Vas y entre… Connasse !

Pour toute réponse, il rigolait ! Suivait encore Thierry, lui il portait un panier avec des bouteilles… Je ne l'avais pas vu venir celui là non plus… C'est vrai qu'il est tout petit lui !... Il suivait le mouvement… Tout ce joli monde s'installait dans mon salon, Sophia retirait l'aluminium, ils avaient préparé un repas surprise…

— Bon, les filles… Vous m'expliquez ce qui se passe… Adèle ! Elle est pas là Adèle ?

— Elle est parti inviter ton voisin… précisa Thierry.

On sonnait à la porte. C'était Adèle, et juste derrière elle… Alexandre. En fin d'après-midi, j'avais pas le moral mais là le sourire me revenait soudainement ! Comme à son habitude Adèle entrait sans que je puisse l'en empêcher, Alexandre la suivait, il avait l'air amusé de cette situation. Ce soir là Alexandre devait comprendre que que tous mes copains étaient gays, pas seulement Sophia et Adèle… Il apprenait également que j'étais gay aussi. Ça ne semblait pas le déranger ! En fin de soirée quand il rentrait chez lui il ne faisait pas la bise qu'aux deux filles mais également à Thierry, à Joël et aussi a moi ! J'avais retrouvé le moral !

Les deux semaines passaient vite. C'est un nouveau groupe d'amis qui s'était formé en peu de temps. Trop peu de temps, on se voyait presque tous les soirs, je redoutais le retour d'Isabelle… Le soir de son retour, mes amis étaient venu me soutenir le moral… Nous savions tous qu'Alexandre ne nous rejoindrait pas. Il manquait quelqu'un ce soir là… Le moral était au plus bas et c'est l'un après l'autre que nous jetions un œil par la fenêtre, en direction de la maison d'en face. Les lumières y étaient toutes allumées, des ombres se déplaçaient d'un pièce à l'autre, on croyait deviner la silhouette d'Isabelle, suivait celle d'Alexandre… Quand les volets se fermaient on croyait entendre des éclats de voix… Mais il fallait se souvenir que Isabelle avait de la voix, beaucoup de voix…

— C'est elle qui parle comme ça ? demanda Thierry.

— Elle ne parle pas seulement tout le temps, elle parle aussi très fort ! lui précisai-je.

— Elle est pire que Adèle… C'est tout dire ! ajouta Sophia.

— Merci, ça fait plaisir ! répliqua Adèle.

On se taisait tous, on écoutait… Un hurlement, c'était pas un mot prononcé très fort, c'était un hurlement… Suivait une porte qui claquait, la porte d'entrée claquait. On tournait tous les yeux vers la maison d'en face… Alexandre était devant sa maison et c'était d'un pas décidé qu'il venait vers ma maison ! On échangeait des regards interrogatifs. Il avait la tête penchée en avant. Au moment où il allait frapper à la porte, j'ouvrais, on était tous à la porte pour le recevoir. Il avait la tête baissée, il était en larmes ! Je m'écartais pour le laisser entrer, en face une voiture démarrait et accélérait violemment !

— C'est Isabelle… On s'est un peu… Engueulés !

— Il y a quelque chose qui ne va pas ?

— Oui ! C'était la première fois qu'on s'engueulait !

— C'était pas la première fois que tu faisais autre chose que ce qu'elle t'avait dit de faire ? s'enquit Sophia.

— Oui mais je ne vois pas le rapport, j'ai rien fait de mal !

— Il y a des filles comme ça… Si tu suis sans broncher, tout se passe bien… Tu peux me croire bonhomme je sais de quoi je parle ! remarqua Sophia.

— Merci ça fait plaisir, pouffiasse ! jura Adèle.

— Mais c'est pas de toi que je parle ! Mais c'est quelque chose ça ! Je parle d'une fille et aussitôt Madame pense que je parle d'elle…

La dispute continuait et Alexandre arrivait à retrouver un peu le sourire à les entendre, elles en rajoutaient et ça se voyait. On en rajoutait tous un peu et il finissait par oublier un peu, juste un peu, ses soucis…

— Isabelle est partie, j'ai pas vraiment envie de rentrer chez moi ce soir…

— Tu peux dormir ici si tu veux ! lui lança Sophia.

Il la regardait :

— C'est pas François qui devrait me le proposer ça ?

— Oh mais si tu attends que Truc, il ose t'inviter… Tu devrais commencer à le connaître… piqua Adèle.

— Sans problème, tu peux dormir ici si tu veux, finis-je par articuler.

— Il y a une chambre d'amis, et tu verras on y dort très bien, précisa Adèle.

Le lendemain matin, j'étais dans ma cuisine, je venais de prendre ma douche mais je m'étais habillé… Alexandre entrait dans la cuisine, dans ma cuisine, lui aussi était habillé. On prenait notre petit déjeuner et la discussion tournait autour de…

— Ça fait sept ans que nous sommes ensemble ! J'ai jamais eu d'autres copines… Au boulot j'ai un copain qui me dit que c'est pas normal ! Tu en penses quoi toi ? Tu t'en souviens de ta première copine ?

— Ma première copine… Voyons… Non je ne sais plus comment il s'appelait !

Alexandre rigolait à cette réponse… On se préparait et on partait au boulot. Alexandre me remerciait de mon soutien, je l'invitais à rester aussi longtemps qu'il voudrait.

Trois jours plus tard Isabelle était de retour. Alexandre rentrait chez lui et la vie reprenait son rythme, monotone et plus triste, soudainement plus triste. On se croisait tous les jours, on se saluait et on prenait le temps de discuter. Isabelle semblait le lâcher un peu. Un mois plus tard, un soir, nous étions sur le trottoir à discuter…

— (Isabelle, sur un ton sec) Alexandre… Tu peux venir tout de suite j'ai quelque chose à te dire !

— (Alexandre, sur le même ton) Tu ne vois pas que je suis en train de discuter avec notre voisin… Ça ne peut pas attendre dix minutes ?

Paf ! Encore une fois la porte claquait, Isabelle ne rajoutait rien.

— C'est une impression ou bien ?

— C'est pas une impression, elle s'est un peu détendue un moment mais… Chassez le naturel il revient au galop ! Un moment j'ai cru que…

On continuait à discuter, il se confiait, en fait dans son couple ça n'allait plus du tout… Un peu plus tard, malgré la distance et la route qui séparaient nos maisons j'ai encore entendu des cris, et des hurlements. Ce n'était pas seulement une voix féminine qui se faisait entendre. Une voiture démarrait et accélérait bruyamment. Il faisait nuit et le temps que je me rende à la fenêtre et il n'y avait plus rien à voir, on sonnait à la porte. J'allais ouvrir rapidement, c'était Alexandre. Il n'était pas mal en point comme l'autre jour mais il faisait quand même une salle tête.

— Elle est partie !

— Entre !

— On s'est encore engueulés et elle s'est barrée. C'est vrai quoi ! On ne voit jamais personne, on n'a pas d'amis, jamais une soirée tranquille comme avec toi et tes copains…

Il continuait encore un long moment, il vidait son sac, comme on dit… Sept ans… Il avait vécu sept ans à ne rien décider, à ne rien dire, sans même avoir le droit de donner son avis… Il avait fait comment pour tenir ? Deux heures plus tard.

— C'est une crise, on efface pas sept années comme ça.

— Non, c'est fini, on a rompu, elle ne le sait pas encore et dans quelques jours elle va revenir. La bouche en cœur. Avec son allure méprisante et supérieure elle décidera de nouveau du moindre de mes gestes… Je ne peux plus le supporter !

Il était tard quand on terminait la discussion… Je lui proposais de dormir ici, il ne refusait pas, il n'avait pas envie de passer la nuit dans une maison vide, surtout la sienne.

Je ne dormais pas cette nuit quand la porte de ma chambre s'est ouverte. Je n'ai pas fait de bruit quand une ombre s'est glissée dans ma chambre. Je n'ai pas crié, je n'ai pas sursauté quand un corps s'est glissé dans mon lit, je me suis retourné vers lui, comme ces mouvements qu'on fait quand on dort. Je gardais les yeux ouverts et mon cœur battait fort. Je l'ai vu, il n'a pas vu que mes yeux étaient ouverts, il n'a pas vu tout de suite que je lui ouvrais les bras. Il s'est glissé à côté de moi, doucement pour ne pas me réveiller… Il n'osait plus bouger quand j'ai passé mon bras par dessus son torse, quand je me suis glissé à mon tour tout contre lui, il n'osait plus bouger mais il me caressait doucement le bras et me rendait mon baiser, avec hésitation au début puis avec passion…

Sa peau était douce, je passais ma main contre son torse, ce n'était pas un rêve, c'était encore bien mieux. Je ne pouvais pas voir ses yeux, mais un faible reflet de lumière sur sa cornée me confirmait qu'il me regardait dans l'obscurité, tout comme moi je le regardais, même si je ne le voyais pas. Je passais mes doigts sur son visage, ses yeux se refermaient sous la caresse de mes doigts, son nez semblait remuer, je devais le chatouiller, ses lèvres s'entrouvraient et il me suçait les doigts avec la langue, me mordillait aussi avec douceur. Mes doigts continuaient alors à découvrir le reste de son corps, il était timide c'était sa première fois avec un homme mais il apprenait vite et me suivait, il répétait mes mouvements, il découvrait lui aussi mon corps.

Nous nous enlacions et nous roulions l'un sur l'autre, il était comme je l'avais espéré, doux, fort, câlin et ferme. Sa queue était fièrement relevée contre son ventre, contre mon ventre. Nos deux sexes se touchaient, se caressaient. Je passais une jambe entre ses cuisses et attrapais sa jambe et notre jeux commençait à ressembler à un combat ! Un combat où les deux participants terminent gagnants ou alors c'est qu'ils ont perdu tous les deux… Un combat où les coups portés ne sont pas destinés à faire du mal, des étreintes, des caresses, des baisers. J'embrassais son torse, son cou, ses épaules, ses lèvres, je me penchais, je caressais sa queue et je la prenais dans ma bouche. Je passais ma langue doucement autour de son gland. Il posait ses deux mains sur ma tête, hésitait à me guider. C'était sans doute la première fois qu'on lui faisait ça. Je ne pense pas que sa copine… Non je ne pense pas !

Comme je m'en doutais, il était bien monté, mais c'est sans difficultés que j'avalais sa queue sur toute sa longueur, jusqu'au fond de ma gorge, je l'entendais gémir de plaisir, je le sentais se contracter, se détendre et de nouveau se crisper et trembler. Pour faire durer le plaisir je relevais la tête, il était allongé sur le dos, je m'allongeais sur lui et le couvrais de baisers, nos langues se mêlaient… Je manquais de souffle, mon cœur allait exploser, je tremblais, je frémissais à son contact, c'était tellement bon, tellement inattendu.

D'un mouvement rapide et avec force il me retournait, je ne résistais pas et me retrouvai sur le dos, il était à son tour allongé sur moi, me couvrait de baisers, je le couvrais de caresses. Ses baisers descendaient le long de mon corps, il commençaient sur ma gorge, continuaient sur ma poitrine puis sur mon ventre, je riais, il me chatouillait et c'était très agréable, il descendaient encore et finalement sa langue parcourait ma queue, s'attardait sur mon gland puis, pour la première fois il tentait de sucer une queue, il s'appliquait mais il manquait de pratique et je sentais les dents… Je le retenais de la main, il insistait mais je le retenais…

Je le retournais de nouveau, et me retrouvais au-dessus de lui. Je lubrifiais sa queue, il me laissait faire. Doucement en le regardant dans les yeux je m'empalais sur sa bite, doucement, lentement. Je ne voyais pas son visage mais je le devinais, je devinais son sourire d'habitude rayonnant, je devinais ses yeux et je me noyais dedans. Centimètre après centimètre sa queue pénétrait dans mon cul, centimètre après centimètre je la sentais me remplir et le plaisir montait, je gémissais plus fort que lui. Il me caressait, j'avais les jambes repliées, les pieds contre ses hanches et je commençais à me balancer, me soulevant et me laissant retomber, le jeu semblait lui plaire, il suivait mes mouvements et les amplifiait avec un mouvement du bassin. Rapidement je ne gémissais plus, je gueulais, je gueulais de plus en plus fort, ses mouvements devenaient plus violents, ses caresses plus fortes…

J'éjaculais, je jouissais par le cul et par la queue en même temps. Ses mouvement ne faiblissaient pas, je sentais mes muscles se contracter, c'était intense… Je l'entendais il râlait plus fort, sa respiration devenait saccadée… Il gueulait de plaisir, il jouissait à son tour. Les mouvements de son bassin se calmaient, il se laissait retomber sur le dos, je me laissais retomber sur lui ! On restait là, sans bouger, livrés au plaisir de se toucher, de se caresser, de s'embrasser… On s'endormait plus tard, chacun dans les bras de l'autre.

Le lendemain matin, je préparais le petit déjeuner. Alexandre entrait dans ma cuisine, nous étions habillés… On ne va tout de même pas se balader à poil tous les jours, et puis, il fallait aller travailler…

J'ai dit le lendemain ? Je dois me tromper… C'était le lendemain d'un autre lendemain du lendemain de… Enfin c'était bien plus tard… Le temps avait passé si vite ! Isabelle avait fait la gueule pendant plus d'une semaine, et l'avait ensuite harcelé de SMS auxquels il n'avait pas répondu. Entre nous, je les ai lus et je peux vous le dire… C'est une garce manipulatrice ! Ensuite elle était passée pour prendre ses affaires… Et surtout reprendre le contrôle de son jouet… Peine perdue, il ne pouvait vraiment plus la supporter et quand elle a commencé cette scène mémorable de la pauvre fille abandonnée par son méchant amant, c'est avec beaucoup de calme qu'il a simplement proposé de lui porter ses bagages jusque dans le coffre de sa voiture… La maison était à lui, en fait c'est surtout lui qui rapportait l'argent à la maison. C'est bien car avec mes revenus qui sont conséquents, ça nous fait un niveau de vie… Je vous dis pas !

On a mis la maison en location, en passant par une agence pour ne pas être dérangés, les locataires ne savent même pas qu'il est le propriétaire. C'est un couple… Je veux dire un homme et une femme… Ils sont sympas… On les reçoit régulièrement…

Voilà…

Ah si, j'oubliais un détail… On prépare une super fête à tout casser pour le mois prochain…

On va se marier ! Alors si vous passez dans le coin… Passez nous voir !…


FIN

Enfin le mot FIN est un peu excessif vu que j'ai écrit une suite ... Même que c'est pas vraiment la suite vu que ça se passe en même temps ... D'ailleurs ça se passe tellement en même temps que c'est même pas une autre histoire ... C'est la même histoire mais vue cette fois par le voisin d'en face , celui qui s'est installé en face ... '' DE L'AUTRE CÔTÉ DE LA RUE "