Les anges blonds de Barcelone

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Numéro 87

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 87
Date de parution originale: Mars 1998

Date de publication/archivage: 2013-11-12

Auteur: Stéphane
Titre: Les anges blonds de Barcelone
Rubrique: Les gars de la Marine

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Ce que j’ai vu en premier, ce sont des grappes de jeunes filles, avec des jupes ras-le-bonbon et des rires de pucelles. Elles descendaient toutes les Ramblas pour aller vers le port. Dans un mouvement contraire, quelques minutes plus tard, je les ai vus, eux. Un navire venait d’accoster dans le port de Barcelone et libérait ses matelots. Blond comme les blés, les yeux bleus, pas très grands mais costauds. D’un simple coup d’œil, on pouvait presque croire qu’ils se ressemblaient tous. Certains semblaient chalouper plus que d’autres; la terre ferme ou l’alcool? Les tee-shirts blancs moulaient les torses. Les filles leur tournaient autour comme des papillons de nuit. L’excitation étaient dans toutes les têtes. En plus, on était vendredi. Tout était permis pour s’éclater toute la nuit. Les accents catalans et espagnols se mêlaient à la langue des marins en bordée: des Russes, probablement. Après, c’était d'autres langues qui allaient se mélanger. Déjà plusieurs marins avaient la bouche collée sur les rouges à lèvres. Pour le pédé que je suis, je dois dire que ce spectacle m’excitait. J’avais envie d’eux aussi, et je savais que je trouverais, moi aussi, quelques langues et quelques bites au long de cette nuit.

Je revenais de Sitges où j’avais passé quinze jours de vacances assez remuantes question cul. Le reste de l’année, à Lyon (où je vis) je suis, en comparaison, presque chaste! Ces derniers jours à Barcelone, je pensais les passer dans les musées. Après le cul, l’esprit. Mais l’un va avec l’autre, finalement. Les musées sont fermés la nuit, et les nuits d’été, dans cette ville, sont trop chaudes pour rester enfermé! J’étais bien bronzé intégral (il y a une plage naturiste à quelques kilomètres de Sitges). Je suis grand, 1m92, les cheveux brun foncé, très courts, les yeux couleur noisette, peu poilu. Je m’épile les tétons. Je fais de la musculation depuis que j’ai dix-sept ans (j’en ai vingt-huit). Je suis assez narcissique pour me trouver beau et cultivé. Je porte un petit diamant à l’oreille. Je suis infographiste pour une boîte de communication. J’aime aussi écrire. J’aime mon corps et j’aime le cul des mecs, à la folie. En vacances, je drague beaucoup de beaux mecs, et ça ne pose pas de problème. Lorsque je suis arrivé en bas des Ramblas, j’avais déjà vu au moins quatre ou cinq marins qui n’étaient pas indifférents à mes charmes. Mais j’avais le temps. Ça devait être un gros navire.

Sur le port, je crois l’avoir aperçu. De loin: une imposante masse grise métallique. Mais je n’aime pas particulièrement les bateaux, et je n’ai pas été voir de plus près. De toute façon, un très jeune matelot, peut-être même un mousse, venait de me faire du gringue, appuyé contre un banc, l’air alangui, aguicheur, beau comme un dieu blond, jeune, doré, musclé. Je lui ai offert une cigarette. Il ne parlait pas un mot de français, ni d’anglais d’ailleurs. Je n’ai réussi qu’à entendre: “Da”, et puis quelque chose comme “Piotr”, qui devait être son prénom. Je me suis approché de lui, presque à le toucher. Le bassin vers l'avant, ma bite lui touchait presque le ventre à travers la toile de mon pantalon. Il était nettement plus petit que moi. On s’est détaillé complaisamment en fumant notre clope. Je lui ai fait signe de me suivre pour essayer de trouver un endroit plus tranquille, et j’ai mis ma main sur son bras. La chaleur s’est toute de suite communiquée de l’un à l’autre. Il m’a attrapé par l’épaule, comme mu d’une inspiration subite. Il m’a dit quelque chose en russe, que je n’ai évidemment pas compris, mais à force de gestes, j’ai fini par comprendre qu’il me disait revenir tout de suite. Je l’ai laissé partir. J’étais un peu sceptique quand même. Il m’avait déjà foutu une sacrée trique, ce salaud. Je me suis assis sur le banc.

Quelques minutes plus tard, mon petit mousse est revenu, mais il n’était plus seul. Il était entouré que trois autres marins, un peu plus vieux que lui, deux blonds et un châtain. Que des yeux bleus. L’un avait à peu près ma taille, les autres étaient plus petits. Que des belles bêtes toutes en muscles, à dire vrai. Si le premier m’avait fait bander, que dire des autres! On est parti ensemble vers Maremagnum, le nouveau complexe de loisirs, sur le port, qu’on atteint par une belle passerelle en bois. Je me sentais comme un coq, moi si brun au milieu de ces marins blonds. Ils formaient comme une espèce d’aréopage de beauté. Je laissais ma main toucher furtivement des culs, des ventres. Entre nous, je sentais que quelque chose devenait vif, une envie de se faire plaisir, de se toucher sans retenue. Leurs visages prenaient des couleurs, et leurs yeux devenaient de plus en plus brillants. Le désir passait sur les lèvres. Je les ai invités à boire. J’ai proposé: “Vodka?”. Ils m'ont répondu: “Da, Da!” en riant. Ils l’ont bue d’un trait. Après, je me suis dit qu’ils l’avaient peut-être trouvée immonde... Plus tard, j’ai compris qu’ils avaient des bouteilles dans un sac.

Le plus grand m’a pris par le cou, m’a renversé la tête en arrière et m’a roulé un patin. J’ai cru que ma bite allait exploser dans mon slip. J’ai tenté de me dégager un peu. Il y avait pas mal de monde dans cet endroit-là, et même si ça ne choquait visiblement personne, j’avais plutôt envie qu’on trouve un lieu plus tranquille. On a marché un peu près de l’eau. Je caracolais d’un marin à l’autre. Le plus jeune semblait tout particulièrement aimer qu’on lui glisse une langue entre ses lèvres, en le tenant serré contre son corps, mince mais musclé. Finalement, on a trouvé un espace encore en chantier dans lequel on a pu se glisser sans trop de mal, pas très isolé, mais très sombre. Tout ce qui s’est passé ensuite n’a été que tactile. On ne voyait vraiment rien. Et je n’avais jamais rien vécu d’aussi excitant que me trouver entouré de quatre marins rien que pour moi. Cela faisait huit mains sur mon corps. Je ne sais pas vous décrire le plaisir de ces huit mains qui me caressent, me pincent, s’enfoncent entre mes cuisses, me déshabillent. Ces mains qui passent dans mon cou, titillent mes seins, s’emparent de ma queue, glissent le long de la raie, jouent avec mes couilles, me doigtent le cul, m’enculent: tout en même temps! Je suffoquais presque de plaisir quand j’ai pris une bite dans ma bouche. Assez fine, propre, dure comme du bois. Lorsque j’ai commencé à la sucer, j’ai senti qu’une bouche me happait la mienne à son tour, pendant que des doigts se glissaient partout, comme une espèce de pieuvre géante. L’air s’est chargé de sueur, de plus en plus âpre, de plus en plus sauvage. Mes mains touchaient des bites, des culs, des ventres durs et musclés, pinçaient des tétons. Des gémissements, des mots en russe...

La queue que j’étais en train de sucer s’est brusquement retirée de ma bouche. À l'odeur, j’ai compris qu’elle venait de lâcher son foutre. Un marin a dit quelque chose en russe, ils ont ri. On me pompait toujours le nœud, et j’ai roulé sur le côté, juste à temps pour décharger à mon tour. Des doigts se sont insérés dans ma bouche, puis un goulot de bouteille, une rasade de vodka. Je me suis mis à tousser un peu. Puis j’ai senti quelque chose de brûlant et de froid à la fois sur ma queue encore à moitié bandée. Je me faisais sucer à nouveau par un marin qui avait de la vodka plein la bouche. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé, mais c’est assez spécial. C’est à la fois anesthésiant et excitant. J’ai rebandé ferme, prêt pour une deuxième pipe. Après, j’ai un peu perdu le compte des queues qui sont passées par ma bouche (j’ai eu mal à la mâchoire pendant deux jours!). Mais je me souviens avoir enculé un marin avec quatre doigts de la main, et qu'il avait le cul assez large pour se faire fister sans problème.

L’un deux, en jouissant, s’est mis à rire tout en parlant russe. Ça a déclenché un fou-rire général, qui nous a tous fait plus ou moins débander. Je crois qu’on avait besoin de ça pour récupérer un peu de nos forces. Finalement, on a remis ça, entre deux coups de vodka. J’étais plus ou moins saoul, mais j’ai l’impression que c’était plutôt cette avalanche de caresses, de branlades, qui m’avait saoulé. J’ai essayé de me lever. Je n’en pouvais plus. Le dernier qui m’a sucé, j’ai joui dans sa bouche sans éjaculer: j’étais vidé, littéralement vidé. J’avais l’impression que mes marins n’avaient pas envie de décoller de l’endroit, et qu’ils avaient encore envie de se branler, de se sucer... Si ces quatre-là bossaient ensemble sans pouvoir baiser, ils avaient visiblement du retard à récupérer.

J’ai essayé de retrouver la sortie à tâtons, dans le noir. Je n’avais pas ma montre, et j’ignorais quelle heure il pouvait être. Il y avait encore du monde partout. J’ai remonté les Ramblas avec les jambes qui flageolaient. Un marin blond m’a fait de l’œil. J’ai fermé les yeux. Dommage... Je n’en pouvais vraiment plus!

Stéphane, 28 ans.