Les deux papas

Drapeau-fr.svg Nouveau HH

NHH20.jpg


Numéro 20

Texte d'archive:


Archivé de: Nouveau HH – Numéro 20
Date de parution originale: Juillet 2000

Date de publication/archivage: 2017-08-18

Auteur: Marc
Titre: Les deux papas
Rubrique: Entre l'amour et l'amitié

Note: Le magazine Le Nouveau HH ayant disparu, nous vous présentons alors sur l'archive des textes y ayant paru au fil des ans, à titre d'archive, le but premier de l'archive étant que la littérature homo-érotique se préserve au fil du temps. Si vous êtes l'auteur de ce texte, ou si vous détenez des droits légaux sur ce texte, veuillez communiquer avec nous sans délais.

Ce texte a été lu 4626 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Habitant le même immeuble dans une résidence de la banlieue parisienne, divorcés l’un et l’autre, notre rencontre se fit sur une aire de jeux, un jour de visite de nos deux garçonnets, Aurélien le mien, Arnaud celui de Régis. Nous nous rencontrions au gré des circonstances, mais régulièrement. Je me rendis compte que j’appréciais beaucoup sa présence, les jours de visite.

Un dimanche en fin d’après-midi, de retour de chez mes parents où la présence de ma nièce avait ravivé ma tristesse d’être séparé de mon fils, assez démoralisé, je croisai Régis. Devinant mon état, il m’invita à venir passer un moment avec lui. Assis à son côté sur le divan, je me laissai aller aux confidences. Régis, un peu plus grand que moi et plus fort que moi moralement et physiquement, avait passé son bras autour de mes épaules. Sans m’en rendre compte, je m’étais blotti contre lui, ma tête reposant sur sa poitrine, et quand je dis que l’absence d’Aurélien m’était de plus en plus insupportable, mais que sa présence à lui me réconfortait, son étreinte se resserra. Nos regards se croisèrent, se comprirent sans doute, car nos lèvres se joignirent dans un baiser qui se prolongea jusqu’à ce que je bascule sous lui. Nos mains à la recherche de nos corps, nous fûmes vite nus. Je sentis sa peau sur la mienne, son sexe raide sur mon ventre. Ni la courte fellation réciproque, ni les caresses de nos bites, de nos couilles, ne pouvaient remplacer le contact complet de nos corps enlacés, nos baisers, nos langues sucées, nos salives dégustées. L’excitation grandissait et je fus le premier à jouir. Notre sperme se mélangea.

Prenant conscience de ce qui venait de se produire, je fus le premier à dire : “Je ne regrette rien !” Régis ajouta : “Moi non plus !” Un baiser scella notre accord. En me quittant, il déposa un baiser sur mes joues. Plus tard, seul dans mon lit, je ressentis un grand calme. Devant moi défilèrent mes jouissances solitaires, les rapports rapides au lycée et à l’université, mon ex-épouse, et tout cela me semblait fade. L’annonce de la venue au monde d’Aurélien, son attente, sa naissance. Venait maintenant Régis, nos rencontres, son regard sur moi, la force qu’il incarnait, le réconfort que je puisais chez lui dans mes moments de faiblesse et ce qui venait de se passer. Je compris mon abandon et découvris que je l’aimais d’amour. Je sombrai dans le sommeil.

Le lundi matin, je l’invitai par téléphone à venir partager avec moi le repas du soir. Il accepta. Il arriva à dix-neuf heures, souriant et décontracté. Après un repas simple, j’entamai alors la conversation en lui disant qu’il devait se douter que mon invitation ne valait pas seulement pour le repas. Je lui fis part de mes conclusions : “Il me faut te le dire : je t’aime d’amour, je crois que je ne pourrais plus me passer de toi.” D’un bond il fut à mes côtés, me prit la tête entre les mains. “Moi aussi, ce sentiment je l’ai depuis longtemps, et hier je souhaitais te garder.” Le divan n’étant pas assez confortable, nous passons dans la chambre. Le lit attire l'amour. À l’aise, nous retrouvons nos caresses de la veille et nos baisers, mais nous en demandons davantage.

Régis prit la direction de notre étreinte. Je retrouvais le plaisir de tripoter son sexe, il en fut de même pour la fellation réciproque. Je me retrouvai allongé sur lui, ses mains passèrent sur mon dos pour gagner mes fesses et mon entre-cuisses. Dans ma passion, je lui dis à l’oreille : “Prends-moi!” J’étais allongé sur le ventre, les fesses offertes, lubrifiées. Délicatement, il entra en moi. Je ressentis une vive douleur quand son pénis franchit mon sphincter. Elle se transforma en douceur lors du glissement en moi. Une forte béatitude nous enveloppa, nous étions collés, presque soudés. Ses lèvres sur ma nuque, nous restâmes un moment sans bouger. Des mouvements de possession commencèrent, lentement, puis s’accélérèrent, en entraînant tout mon corps. Je donnais comme je recevais, nos respirations devenaient de plus en plus bruyantes. Des frissons me prirent, des picotements dans les couilles, la bite qui se cabrait. Je lâchai tout sur le drap, dans un gémissement. Je m’abandonnai totalement, ne sentant plus que la bite de Régis qui entrait et sortait de moi. Une brusque pénétration, un cri, il tomba sur moi. Je reçus sa semence. Le tumulte de nos cœurs calmés, sa queue me quittant, je me retrouvai enlacé dans ses bras. Le lit de Régis ne fut pas défait cette nuit-là, nous nous sommes endormis dans la chaleur de nos corps.

Peu de temps après, je mesurai l’amour que me portait Régis. Nous partagions notre vie en alternance dans chaque appartement. Chez lui, un jour, il me dit : “La belle paire de couilles et la bite effilée que tu possèdes te donnent une certaine virilité, tu ne dois pas la perdre. Je nous veux à égalité, ce soir tu seras un homme, je vais me donner à toi !” Après de bons préliminaires, couché sur le dos, les cuisses écartées avec un beau sourire, il s’offrit. La tige bien tendue, j’entrai doucement en lui en le regardant dans les yeux. Le regard parle beaucoup, je sus le moment où je franchissais le point crucial. Je pouvais poursuivre ma pénétration. Je ressentis ce que je ne connaissais plus depuis des mois. Je fis mettre Régis en travers du lit, les jambes pendantes. Sous moi, je sentais son corps frémir, son sphincter s’ouvrir et se refermer. Je le tenais par la taille, l’attirant et le repoussant au gré de mes assauts, auxquels il répondait. Je compris l’instant où il “s’éclata”. La vague du plaisir me saisit les reins. Je poussai au plus profond, et l’inondai de mon liquide séminal. Je me retrouvai quelques minutes après blotti contre lui, j’aime cela après l’amour !

Dix ans se sont écoulés. Notre couple est solidement établi dans l’amour, consolidé dans les difficultés. Le plaisir de nos étreintes, nous avons su le renouveler par la diversité, et fantaisies, caprices et fantasmes contribuent beaucoup à notre entente. Nous avons toujours chacun notre appartement. Je le voulais afin de pouvoir vivre totalement avec mon fils quand il était avec moi. Nous fréquentons quelques cercles gays, et sommes intimes avec d’autres couples. Nos enfants, maintenant adolescents, imposent notre droit de visite et s’invitent ou invitent des amis chez papa. Pour moi, dans l’entourage, il y a ceux qui sont sûrs, ceux qui savent, ceux qui ont su.

Marc, Saint-Gratien