Lettre à R.


Lettre à R.
Texte paru le 2013-11-14 par Coolmark   Drapeau-fr.svg
Publié par l'auteur sur l'archive wiki de Gai-Éros.

MM.jpg

Cet auteur vous présente 63 texte(s) et/ou série(s) sur Gai-Éros.

Ce texte a été lu 5331 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)

(ne fonctionne qu'avec les auteurs qui sont des usagers validés sur l'archive)

© Tous droits réservés. Coolmark.


Salut, c'est moi...

Fais-moi bander, j'ai envie de bander pour toi, pour te faire plaisir, pour te prendre et te faire jouir, pour te donner du plaisir, ce sera aussi le mien, ma manière à moi de te montrer que j'aime que tu m'aimes et que je t'en remercie.

Tes caresses étaient si douces, si tendres. Moi qui ne suis pas tombé amoureux de toi, qui ne t'ai pas aimé spontanément, instantanément comme ça s'est passé pour toi, j'apprends à le faire. Ton amour et ses témoignages me forcent, avec plaisir encore, à t'aimer à mon tour.

Oui, malgré toutes mes défenses, tu m'as vaincu, tu as su les briser. Je ne voulais ni t'aimer, ni ne pas t'aimer, j'étais flatté d'être l'objet de ton coup de foudre.

Tu es tellement loin de mon rêve, tu n'es ni jeune ni beau ni bien monté... Mais tu es amoureux, tu me le dis, et ce ne sont pas que des paroles, tu me le montres si bien.

Je me suis laissé faire, pour toi bien sûr, par curiosité, par défi ?…

Tu m'as invité, je suis venu, qu'est-ce que je risquais ? Ton amour, je l'ai senti, et j'en ai tellement besoin, je suis tellement en manque...

Ce soir, je suis en manque, de toi, de ta bouche, de ta langue qui ont si bien su m'embrasser, me baiser, me lécher, me faire bander par moment, moi qui n'y croyais plus, moi qui désespérais.

Ta patience, ta délicatesse, ta persévérance et ton savoir-faire - sans doute liés à une grande expérience - ont eu raison de mes inhibitions.

Oh, ta langue, cette langue qui parcourait délicatement le haut de mes cuisses, respectant la limite provisoire de mon slip, refusant de la franchir, m'amenant progressivement et impérieusement au désir, ne se lassant pas, faisant preuve d'une patience que je n'attendais pas, ou plutôt que je n'espérais plus, que je ne croyais pas mériter puisqu'on ne me l'accordait pas. Ai-je une si piètre opinion de moi ? Suis-je indigne de cette passion que tu me témoignes ?

Je repense à cette phrase que tu répètes si souvent : "C'est con, bon sang, je suis amoureux." Et pourquoi ce serait con, parce que ça te dérange dans ta petite vie bien tranquille ? Je ne l'ai pas voulu, toi non plus, c'est comme ça, nous n'y pouvons rien.

Au départ, je l'acceptais, ça m'amusait d'inspirer des sentiments aussi passionnés, j'étais témoin, spectateur, te prévenant quand même que c'était dangereux pour toi, te mettant en garde, sans entrer dans les détails.

Après, je suis devenu acteur, d'abord passif, puis, grâce à toi, actif. Ma sensualité est trop forte pour que je demeure extérieur, indifférent à tes mains, ta bouche, ta langue, qui m'ont procuré plus de satisfaction que toutes les maîtresses et amants que j'ai pu connaître auparavant.

Tu m'as forcé à me laisser aller, à me détendre, patiemment, tu as fait preuve de beaucoup de tact. Tu m'as vaincu, j'ai succombé.

Bien sûr, j'ai lutté, j'ai refusé. Comment, moi ? aimer un mec de ton âge, avec une petite queue, moi qui fantasme sur les grosses comme la mienne ?

Et bien pourtant, ta petite queue, j'aurais aimé l'accueillir dans mon cul presque vierge, et je l'aurais fait si j'avais pris la précaution de m'administrer un lavement avant de venir te voir. Oh oui, la manière dont tu me le léchais, mon petit trou, c'était du grand art ! Comme j'aurais aimé que tu ailles plus loin dans tes investigations que tu ne l'as fait. Toi aussi, et de crainte que tu n'interprètes mal mon refus, je t'en ai expliqué les raisons.

Comme j'ai regretté de ne pas avoir un rectum d'une propreté impeccable, je t'aurais tout donné, je t'aurais laissé tout faire. Mais je te le répète, j'ai horreur de tout ce qui touche de près ou de loin à la scatologie, même si je sais maintenant que : "Non, ce n'est pas sale !". N'empêche que ça fait des taches, que j'aime la propreté, et que ça pue, et que j'ai un nez délicat bien que grand, et que franchement et définitivement, je n'aime pas la merde ! Et ceci dans tous les sens du terme. J'ai une exigence de qualité, dans ma vie, dans mes relations sociales, ou encore plus, amicales ou amoureuses.

D'accord, je suis orgueilleux, et alors ?

J'ai aimé que tu t'occupes de moi, de me laisser faire, d'être aimé. Mais, passé ce moment, mon désir de dominer a réapparu et je t'ai montré ce que j'avais apporté avec moi dans ma petite sacoche, normalement destinée à recevoir un appareil photo. J'avais au départ l'intention de m'en servir, mais non, tu es vraiment trop gentil et je n'ai pas voulu être un maître sadique avec toi.

Mais je n'ai pas pu résister...

J'ai sorti mes mitaines en cuir, avec des clous sur le dessus, quatorze sur chacune, à la puissante odeur animale, te les faisant renifler, t'amenant à dire que ça sentait bon, que tu aimais, oh oui tu aimais.

Je t'en ai caressé et pétri le visage, d'abord doucement, puis plus sauvagement, essayant de me contrôler, de ne pas te faire souffrir physiquement, n'y parvenant pas. As-tu compris que c'était une preuve d'amour de ma part ? De l'intérêt que je te porte ?

J'ai parcouru ta poitrine, m'attardant à pincer tes pauvres petits tétons, ton ventre, de plus en plus fort, et après, je t'ai fait connaître les sensations procurées par le côté face, avec ses clous.

Plus je m'appuyais, plus j'insistais, jusqu'à laisser les empreintes de mon passage dans ta chair, plus tu te pâmais, ma petite salope, plus tu poussais des soupirs me montrant à quel point tu appréciais comme moi ces fortes stimulations. Ce qui me fait repenser que lorsque tu me léchais et me suçais, au départ je rageais et t'en voulais de ne pas être rasé de près, et puis, j'y ai pris goût, j'ai aimé que ta barbe quotidienne râpe la peau si douce de mon ventre et de mes cuisses.

Lorsque j'ai empoigné, et ton sexe, et tes couilles, de ma carapace de cuir, j'ai cru que tu allais juter sur le champ, mais non, tu ne voulais pas, tu refusais cette libération, tu ne voulais pas jouir en mâle égoïste. Oh merci, je sais que tu m'aimes, mais mon amour à moi, ma manière de t'aimer, c'est de t'amener à ce soulagement, à la libération de ton jus de couilles. Ça me plaît, ce mec, il jouit par moi, pour moi, j'ai su l'aimer et il me le prouve.

Oui, j'aime voir le sperme giclant de ton sexe endolori, meurtri, martyrisé, aimé, stimulé par ces douces, douloureuses mitaines. Je suis très content de cet achat, prix modique, grands effets ! J'aimerais que tu me racontes comment tu as ressenti cette caresse, moitié cuir, moitié moi. Le mélange des textures, cuir tanné, cuir vivant, et les bouts de mes doigts qui te parcouraient, et la paume rêche et douce... Oui, tu me raconteras, et cela m'excitera, et on recommencera. Rien que d'y penser, je sens mon sexe qui durcit agréablement. Mais je m'éloigne...

Je t'ai aussi présenté mon magnifique martinet rouge avec ses quinze lanières, simplement pour que tu en fasses la connaissance. Je te l'ai fait renifler, je t'en ai bâillonné, presque étranglé, stimulé l'ensemble de ton corps... Je n'avais plus l'intention de t'en faire connaître la morsure.

Je voulais te voir jouir...

Tu t'es levé, je t'ai suivi, tu t'es couché à plat ventre sur la table, me présentant en gros plan et sans aucune pudeur tes fesses marquées en rouge profond de notre brève rencontre de la veille, quand j'avais pertinemment griffé avec insistance et obstination la partie la plus charnue de ton être, et tu osais t'en plaindre et m'en faire reproche !...

Je me suis placé derrière toi, mon sexe contre ton trou. Ah, si j'avais bandé plus, avec quelle joie je t'aurais investi et perforé, mais tu connais mon passé récent, divorce en cours, mes années de frustration, il faut que je réapprenne...

Bientôt je te prendrai, je te le promets, mais pour l'heure, tu me suppliais : "Fais quelque chose, mets-moi quelque chose dans le cul, une bouteille, n'importe quoi !"

Bien sûr, je n'ai pas voulu. Une bouteille, je trouve que ça peut être dangereux. Mais heureusement pour toi, tu as trouvé une bougie, que je réserve habituellement et par goût à un autre usage. Connais-tu les délicieuses tortures de la cire chaude sur les seins, le ventre et le sexe ? Si non, je me ferai un devoir de te les faire découvrir.

Enfin, je te l'ai enfoncée, cette malheureuse bougie qui ne demandait rien, qui demeurait sagement et stoïquement à sa place. D'abord doucement, précautionneusement, puis, comme montaient tes cris et ton plaisir imminent, de plus en plus fort, de plus en plus loin, tournant, retournant, reculant, sortant, entrant à nouveau, investiguant les moindres parcelles de ton cul boursouflé.

En même temps, mes mitaines et mon martinet ne te négligeaient pas. Ce n'était tout d'abord que légèreté, et petit à petit, je me suis laissé aller à la joie de voir ton corps se teinter de plus en plus, se zébrer des marques de mon passage et enregistrer ma signature. Tes fesses d'abord, ton dos ensuite, c'était beau, le sais-tu ? En même temps, je pensais : "Comment va-t-il expliquer ça à sa femme, si elle le voit ?".

J'avoue que cela apportait encore plus de piquant à l'aventure. Tu m'as dit que j'étais sadique, je t'ai répondu que non et que j'étais très gentil.

J'aurais pu te frapper bien plus fort, utiliser la ceinture que j'avais intentionnellement passée à mon pantalon, alors que je n'en porte pas habituellement. J'aurais pu te marquer plus profondément et durablement, je ne l'ai pas fait, un jour peut-être... Tu aimais tellement ça, mon douloureux amour pour toi. Tu acceptais ces coups parce que tu savais très bien que c'était ma façon à moi de te montrer que je t'aimais, de me donner à toi.

Je ne le fais pas avec toutes les personnes que je rencontre, seulement avec celles que j'aime et qui aiment. Toi, tu aimes recevoir, moi j'aime donner.

Tu t'es retourné, dos sur la table. Je continuais à te travailler profondément avec cette bougie qui voulait seulement t'éclairer de temps à autre - ce qu'elle faisait d'une certaine manière - et n'avait de toute façon pas un diamètre adapté, ni à la taille de ton trou, ni à tes souhaits et besoins. Si tu viens chez moi, tu seras content, j'ai quelques bougies de forte taille et aussi une collection - pas encore exhaustive - de godes, dont un double qui pourrait nous amener simultanément à la jouissance. J'aimerais tellement le faire, qu'on s'encule tous les deux, ensemble, jusqu'à l'épuisement. En tout cas, je saurai m'occuper de toi, fais-moi confiance.

Je m'arrêterai là ce soir ; je vais t'écrire tout ça sur l'ordinateur, l'imprimer et te l'apporter. Je m'arrangerai à te le faire lire à ton travail, sous un prétexte quelconque, et je guetterai les inévitables déformations de ton pantalon, la sueur qui perlera à ton front alors que tu revivras la scène dans ta tête, le tremblement de tes mains, le désir que tu auras que nous nous isolions quelques instants, son impossibilité, ta frustration, ta rage, ta révolte... J'attendrai ta phrase : "Tu me rends fou, toi."

Après tout, il se peut que je sois un petit peu sadique...

(Ceci est une histoire vraie.)