Lettre ouverte à mon mec

Drapeau-fr.svg Lettres Gay

LG93.jpg


Numéro 93

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 93
Date de parution originale: Septembre 1998

Date de publication/archivage: 2012-06-10

Auteur: Thomas
Titre: Lettre ouverte à mon mec
Rubrique: Nous deux

Note: Le magazine Lettres Gay ayant disparu, nous archivons sur Gai-Éros des textes y ayant été publiés au fil des ans, à titre d'archive, notre but premier étant que la littérature homo-érotique se préserve au fil du temps. Si vous êtes l'auteur de ce texte ou si vous détenez des droits légaux sur ce texte, veuillez communiquer avec nous sans délais.

Ce texte a été lu 3899 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Je laisse ma main traîner sur ta poitrine où repoussent quelques poils drus, de ton cou à ton ventre un peu rond, mais si doux. Puis je glisse sous tes fesses qui viennent me remplir la main. Je sais que tu vas commencer par résister, par faire semblant de me refuser ce cul que tu me donnes avec tant de force, ça fait partie du jeu.

Parfois le matin tu te retournes et tu t’assieds sur moi, l’air d’un vainqueur. Tu t’enfonces sur ma bite, obstiné, voulant réussir pour moi ce que tu crains parfois, tu m’offres mon plaisir sans songer au tien, tu cries un peu quand mes couilles viennent s’écraser sous tes fesses. Tu craches parfois dans ta main pour venir humidifier mon gland rond. Ou tu reviens de ta salive mouiller ma bite tendue, à peine sortie de ton cul, sans crainte.

Te revoilà, un peu moins étroit, danser sur mon ventre, et tu essaies de retarder le moment où tu viendras te mettre les fesses en l’air, à quatre pattes, m’entendre te promettre ce que je vais te faire: je te crie que je vais t’éclater, te bourrer, te tringler comme une pute, te distendre ou t’exploser, et chaque verbe amène un peu plus loin ton envie de te faire fouiller le trou. Ta bite prend alors une consistance si parfaite qu’il m’arrive de tout arrêter pour la prendre en bouche. Tu deviens alors le plus animal des cracheurs de jus, tu te vides entre mes joues comme un ado en manque, comme un homme heureux. Et tu rougis comme un gosse, dans un de tes adorables et inutiles accès de pudeur.

Tu n’oses pas toujours me regarder, car tu as, je le sais, écrit nos rôles à l’inverse du cours du temps: je suis celui qui feint de t’initier alors que jamais tu n’as eu à apprendre, tu es celui qui consent et obéit docilement. Mais je ne t’ai pas encore présenté: tu as trente-neuf ans, et moi, vingt-sept. Ton cou est puissant et tes épaules sont rondes. Mes mains trouvent avec toi un sens de la découverte, elles sont assoiffées de peau, alors qu’avant toi elles n'avaient cherché que des sexes avides de déverser et de prendre. Nous nous sommes croisés pour la première fois dans une salle de cinéma, pour voir "Hustler White".

J'étais seul, lui aussi. Dès la file d’attente, j’ai tout de suite reconnu en lui quelqu'un qui allait compter. Comme une apparition unique, ou pour la vie, toute la vie. je n’ai pas honte d’y croire, je ne crois même qu’à ça. Je peux bien vous avouer d’ailleurs que souvent je me trompe: j’ai parfois été prêt à jurer qu’un homme allait entrer dans ma vie tout de suite et c’était l'échec prévisible. Et alors ! Qui d’entre nous peut dire qu’il n’y croit guère. Qui peut se vanter d’être au-dessus de ça, ou autrement?

Je ne sais pas trop comment vous parler de lui. Pardon si c’est un peu en désordre. Les mots qui me viennent en tête tout de suite ne sont pas ceux du plaisir, de la jouissance comme on la lit souvent dans votre journal, mais de l’envie d’être contre lui. À explorer chaque coin de ce corps dont je crois pouvoir dire que je ne m’en lasserai jamais. Et la conquête n’a rien eu d'aisé, je le dis bien modestement. Moi qui avais un peu vite pris l’habitude de mettre les hommes dans mon lit en moins d'une heure, je peux dire que jamais on ne m’a résisté aussi longtemps. Engager la conversation ne m’a posé le moindre problème. Lui arracher son téléphone a déjà été bien plus dur. Ses arguments me semblaient ceux d’un autre temps, ou pire, le reflet d’un coincé incapable de faire l’amour sur un coup de tête. Tout me revient en mémoire: sa rupture récente, sa volonté farouche d’éviter les histoires d'un soir, sa lassitude. Tout ça dit avec un sourire à réveiller les désirs d’un moine, un sourire renversant de charme. Trois jours après, n’ayant pas de réponse à mes deux messages, j’obtiens un dîner et une mise en garde alors qu’il me dépose en bas de chez moi: "Laisse-moi du temps!”

J’ai encore attendu sept jours, autant dire des siècles. Charles était devenu un enjeu. Jamais le corps d'un homme, je n'en avais vu que les mains, ne m'avait semblé aussi évocateur. Je rêvais de les serrer contre moi, ses mains, je me retenais de les prendre, de les poser sur ma queue, entre mes fesses, sur mes tétons et mon ventre. De lui dire de tout prendre, que tout était à lui pour toujours.

Notre première nuit fût un fiasco, par ma faute, mais un homme capable de se faire attendre dix jours est capable d’excuser bien des choses, surtout si elle sont commises par trop de fougue: j’ai été trop ferme et trop précis, trop amant et pas assez tendre, pressé de le prendre, de l’aimer, je n’ai réussi qu’à lui faire peur et à le forcer à m’étreindre. Lui, souriait en chuchotant à mon oreille, ‘‘doucement".

Quand je l’entends me le dire aujourd’hui, je ne le prends plus comme un reproche, mais comme une bien jolie façon de me dire que ce n’est pas la dernière fois, que le temps s’étale devant nous comme une contrée sans fin et sans mirage.

Charles, ton corps, je le vois comme mon domaine. Ma langue trouve une inspiration humide qui m’amène à humer ton odeur là où elle est la plus forte. Je passe et repasse sous tes bras comme pour l’ôter. Savoir qu'elle y revient sans cesse me fait admirer le mécanisme merveilleux de nos corps. Ton cul qui me paraît s’ouvrir un peu plus à chaque fois sous mes coups de langue achève de me faire bander, je t'ouvre avec moi pour te faire supplier, j’aime sentir que ton envie est plus grande que tout, que tu n’arrives même plus à serrer ma bite, rendant mon gland encore plus incisif, plus fort et plus rond, je me démène, ton trou est visqueux et chaud, je sais que tu aimes te sentir écarté comme ça, un peu esclave.

Parfois, je t’attache aux barreaux du lit. J’ai choisi exprès des liens de cordes, et non de cuir. Je profite parfois des jours où je me réveille avant toi. Tu dors sur le ventre et je peux te nouer les bras solidement. Il m’arrive de croire que tu fais semblant de dormir pour ne pas me montrer que tu acceptes ce châtiment avec une joie lubrique. Je masse d’abord un peu ta rondelle avec de l’huile, c’est gras, ça glisse, et j’enfonce mes pouces ongle contre ongle. Je vois ton cul se soulever pour approuver la traitement. J’attrape parfois ta crinière à pleine main, pour te rappeler que tu es aux ordres. Je sépare bien le sillon de tes fesses, tu es puissant et gracieux. Tu redeviens alors comme chacun d’entre nous, tu voudrais rapprocher le moment où je m’empare de toi. aller au devant du plaisir, mais ce n’est pas possible. C’est moi qui décide.

Je prends sous le lit l’engin qui te fait si peur. Je te gode le trou, juste le bord au début, le temps que le jus de ton cul se mêle à l’huile pour former un passage. C’est là que je dois me calmer, résister à la tentation de ne pas te déchirer. Tes gémissements sont encore si doux, j’ai parfois envie de te faire trembler. Alors je me mets à claquer ce trou, oh, pas trop fort, juste pour que chaque claque résonne un peu dans ton ventre avide. Je sais que tu trembles un peu maintenant, un frisson passe sur ton dos comme une vague, je le calme du revers de la main. Et je passe la bite, cette bite si grosse que mes doigts n’en font pas le tour, contre ta joue, sur ta bouche. Plus rien ne te dégoûte, tu peux même la lécher avec concupiscence. Puis je reviens l’enfoncer, je te donne l’ordre de l’avaler avec ton ventre, |e te supplie de t’ouvrir, tu te dilates si lentement, tu m’ouvres ce cul si large et si chaud, tu te relâches, je pousse sur le gland, je te sens au bord de la giclée. Ah, si tu pouvais te toucher! Je te détache, plaque tes mains sur le drap et viens te baiser moi-même, tandis que ton foutre explose en même temps que le mien.

Thomas & Charles


Faites plaisir à l'auteur, vous pouvez toujours laisser un petit commentaire!!! Cliquez ici et ajoutez un sujet!