Lettres du sculpteur


Lettres du sculpteur
Texte paru le 2009-12-20 par Frahos   
Ce récit a été publié sur Gai-Éros avec l'autorisation de l'auteur



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Samedi 3 juillet

Mon cher Michel,

Ce soir, entre l’alcool et l’excitation, j’ai du mal à m’endormir et j’ai besoin de te donner de mes nouvelles car il y a bien longtemps que je ne l’ai pas fait. Tu sais, il y a maintenant plus de trois mois que je suis en Bretagne. Peu de temps avant la fin de ma prestation dans les ruines de l’abbaye de Bon Repos, la mère m'a proposé un petit travail de sculpture dans la région. Elle m’a fait rencontrer Monsieur Hubert, c’est ainsi qu’elle l'a nommé, je ne connais toujours pas son nom, c’est un vieux bonhomme, cheveux blancs, coupés courts, mais encore vif pour son âge. Il m’a proposé de travailler à la sculpture dans du granit, d’un blason d’environ un mètre de haut, qu’il aimerait bien faire poser dans le mur qui devance l’entrée de la cour de son manoir. Il m’a montré une esquisse du blason, l’idée m’a plu et il m’assure en plus de mon salaire, le logement et la nourriture sur place, au manoir. Donc fin juin, ayant terminé ma mission à l’abbaye, je me suis rendu au manoir. C’est un bâtiment austère en granit, pas très imposant, qui a dû être remanié au cours des siècles. La partie la plus ancienne est du XVe siècle. Gaétan, le serviteur est venu à ma rencontre pour m’accueillir et prendre mes bagages. Il m’a conduit dans la bibliothèque où Monsieur Hubert m’attendait, avec l’esquisse grandeur nature, qu’il a imaginé sur son ordinateur, à partir de deux photos de chapiteaux d’églises romanes trouvées sur internet.

La première photo, un guerrier en cotte de maille, l’épée dégainée, appuyée sur l’épaule et le bouclier en avant.

La seconde, un homme nu en génuflexion, sonnant du cor.

Il a conjugué ces deux corps mâles pour en faire un seul, un homme le genou à terre, nu, le sexe visible, portant épée et bouclier.

Avec le plan, nous nous sommes dirigés vers l’entrée de la cour, il m'a montré l’emplacement où il souhaitait l’inclure dans le mur. Sous le couvert de l’art, je le soupçonne de bien aimer cette provocation. Le mécréant, il se régale d’avance, à l’idée d’entendre les commentaires de ces dames se rendant tous les matins à la messe et passant devant cette "horreur" incrustée au bord de la route.

Nous avons pris sa voiture pour aller voir un très vieux monsieur, ancien tailleur de pierre, qui nous a conduits dans une carrière où étaient entreposés plusieurs blocs de granit, de pierre de logonna et de kersantite. J’ai choisi un bloc de kersantite pas très épais, au grain très fin, gris clair. C’est un agriculteur voisin, qui ira, avec son tracteur, le chercher et l’installera dans le jardin. Tout va pour le mieux, nous sommes retournés au manoir où Gaétan, le serviteur, nous a rejoints dans la bibliothèque et m'a conduit à ma chambre, elle est grande avec en plus du lit, deux fauteuils, une télévision et un coin douche. Elle ouvre par une porte-fenêtre directement sur le jardin.

Le repas du soir fut très agréable, nous avons terminé la soirée dans le salon où nous avons discuté de choses et d’autres. C’est à ce moment qu’il m’a appris que pour la réalisation de son blason, il va recevoir des modèles masculins et nous devrons faire ensemble le choix. Quand nous nous sommes quittés, Monsieur Hubert m'a dit:

— À demain, il ne faudra pas se tromper et faire la sélection la plus appropriée.

Dans des journaux parisiens, il avait fait paraître l’annonce suivante: "Cherche tout de suite, pour 1 semaine, modèle masculin, pour sculpteur, 25-35 ans, musclés, modèle posant nu, nourris, logé, 100€ jour, voyage allé-retour payé pour la personne retenue" une adresse internet, pour seul contact.

Tous les candidats qui ont écrit à cette adresse ont reçu une réponse automatique. "Nous vous remercions de votre candidature, samedi 3 juillet, prenez le TGV départ gare Montparnasse à 8h32, arrivée gare de Guingamp 11h05, à votre descente de train, un véhicule avec un écriteau Manoir de Kerhervé, vous prendra en charge."

Je me suis promené dans le jardin, il y a un espace rond, pavé avec une colonne au centre, les grands chênes plantés dans le gazon ne font pas d’ombre dans cet espace, c’est un endroit d’où émane une atmosphère qui me donne une drôle d’impression. L’aire celtique m’a dit Monsieur Hubert, ici vous serez bien pour travailler avec le modèle, en pleine lumière, devant la colonne.

Il y eut beaucoup de réponses à l’annonce, car le matin à Guingamp, ils étaient onze beaux jeunes gens, à se présenter au près de la voiture. Il fallut faire trois voyages pour amener tous les prétendants au manoir.

À leur arrivée, ils ont déposé leurs sacs dans le grand salon et nous ont rejoints dans le jardin pour prendre un verre en attendant l’arrivée des autres concurrents.

Une femme dressait la grande table, qui devait accueillir tous les candidats pour le festin, car c’était bien un festin, nourriture abondante et raffinée accompagnée de très bons vins, plusieurs desserts et des fruits à profusion, café et pousse-café. Au début du repas, je leur ai montré l’esquisse et leur ai expliqué comment allait se passer la sélection.

À la fin du repas, Monsieur Hubert donna le signal pour la sélection. Nous avons rejoint l’aire celtique, de l’autre côté du bassin où nagent de tranquilles carpes Quoï et nous nous sommes installés dans les fauteuils à l’ombre d’un chêne pendant que tous ces jeunes gens se déshabillaient autour de la grande table. Certains avaient dû boire un peu trop et étaient très exubérants, montant nu sur la table pour faire admirer leur anatomie. D'autres, plus timides, hésitant à se dévêtir avait du mal à cacher un début d’excitation, mettant en évidence leur sexe. Et puis il y avait tous les autres plus à l’aise dans leur nudité, certains naturistes à la peau intégralement bronzée. Tout assagi ils vinrent se ranger en ligne face à nous.

— Tournez-vous sur la droite, de profil.

— Tournez-vous encore un quart de tour, que je vous regarde de dos.

— Regardez-moi.

Nous en avons sélectionné quatre garçons, grands, musclés. Ceux qui n’ont pas été retenus partirent un peu tristes, mais il suffit d’un pour remettre de l’animation. Passant à côté du bassin, il en est un qui sauta à pieds joints dans l’eau, arrosant ses amis éliminés. Aussitôt d’autres firent de même et bientôt tous ces jeunes gens se retrouvèrent à grands cris dans le bassin, faisant jaillir des gerbes d’eau qui arrosaient l’allée de gravier blanc et la pelouse. Les carpes affolées par cette intrusion ont dû apprécier la fin de ces corps à corps aquatiques, car petit à petit ils émigrèrent sur la pelouse, en course poursuite et se terminèrent par une séance de séchage-bronzage dans l’herbe rase du gazon.

Monsieur Hubert m’a laissé choisir parmi ces quatre modèles. Ils avaient du mal à m’écouter, enviant les jeux et la bonne humeur des concurrents malheureux.

Ils ont pris la pose devant la colonne de granit, le genou droit en terre, une lourde épée dans la main droite, la lame d’acier posée sur l’épaule droite et de la main gauche tenant un bouclier de tôle noire, représentant un écusson avec un cerf doré. Le temps de pose a été long et fatigant, particulièrement avec le dernier candidat. Je l’avais tout de suite remarqué, Alex, un beau mec, belle gueule, musclé, intégralement bronzé, une trentaine d’année, c’est lui que j’ai sélectionné. Lors de la séance de pose, je me suis déplacé pour modifier sa position, lui arranger aussi les bourses coincées entre les jambes et mettre en évidence son sexe qui se gonfla légèrement au contact de mes doigts le tripotant. Il n’a pas bougé, a gardé la pose, juste un léger sourire a éclairé son visage.

Le nouveau départ des concurrents malheureux donna le signal et tous se retrouvèrent autour de la table pour se rhabiller. Pendant que je discutais avec Alex, une collation fut servie et tous les candidats éliminés reprirent le chemin de la gare.

Nous étions installés dans les fauteuils au soleil lorsque Monsieur Hubert nous a rejoints avec Gaétan qui était revenu de son dernier voyage à la gare. Il proposa à Alex qui était toujours nu de lui montrer sa chambre.

— Vous aurez la chambre contiguë à celle de notre cher sculpteur, vous pourrez ainsi discuter plus facilement.

— Merci, c’est très aimable à vous.

— Pour le repas de ce soir, je vous retrouve vers 20h au salon… mais habillé!

— Oui bien sûr.

Nous avons regardé s’éloigner Gaétan et Alex, toujours nu, il récupéra ses vêtements sur un fauteuil de jardin et disparu dans la maison.

— Vous avez fait le bon choix, il est beau et musclé, agréable à regarder, me dit Monsieur Hubert.

Nous nous sommes quittés et j’ai rejoint ma chambre.

La soirée fut très agréable, nous avons pris l’apéritif dans le salon, un kir royal et des toasts de foie gras. Nous sommes passés à table dans le jardin ou la lumière d’une multitude de photophores, faisaient briller les verres en cristal et les ors de la porcelaine disposés sur une nappe damassée blanche. Notre émerveillement s’est poursuivi tout au long du repas où les vins appropriés à chaque plat raffiné nous ont enchanté le palais. Nous avons terminé la soirée dans le salon à siroter un vieil armagnac. Avec Alex, nous avons bu plus que de raison, parlant, riant sans retenue. Nous ne nous sommes pas éternisés au salon, remerciant et saluant notre hôte nous avons pris la direction de nos chambres.

J’ai du mal à m’endormir, l’alcool en plus de l’excitation. Alex est vraiment un beau mec, il me plaît beaucoup. Je bande comme un fou à l’idée de le voir nu tous ces prochains jours, de pouvoir le toucher sans restriction ce magnifique corps, de sentir comme aujourd’hui son sexe se gonfler sous mes doigts.

Je vais me coucher, je crois bien que le sommeil arrive. Voilà les dernières nouvelles.

Bises partout Éric


Dimanche 4 juillet

Je continue ma lettre.

Ce matin, j’ai retrouvé dans la salle à manger, le bel Alex attablé devant un copieux petit déjeuner. Temps couvert jusqu’à 11 heures, puis soleil éclatant. Sur l’aire celtique, nous en avons profité pour une séance de pose avant le déjeuner. Quel plaisir de découvrir le corps d’Alex! J’en ai profité comme hier, pour positionner son sexe, je m’y suis peut-être plus attardé, tenant dans ma main son organe frémissant. Quand je l’ai lâché, il s’est franchement redressé, le prépuce découvrant partiellement le gland.

— Je ne pourrai pas garder cette position longtemps sans ton aide, me dit-il avec un sourire éclatant.

— Je n’en demandais pas autant, seulement que ton sexe soit mis plus en valeur. 

— Il faudra venir m’arranger de temps en temps si tu veux qu’il retrouve un peu de volume.

Il était temps que je me mette au travail car mon érection devait faire une bosse à mon pantalon et montrait mon excitation. Il m’inspire, je le sens bien, je pose mon crayon sur son corps, comme si c’était mes mains partant à la découverte, en quelques coups de crayon il prend forme, je trouve que le dessin rend bien et je suis toujours aussi excité. Gaétan est venu regarder dans mon dos, je crois que lui aussi se régale à voir Alex nu, il a attendu un instant avant de nous convier à rejoindre Monsieur Hubert pour le repas.

Dans le milieu de l’après-midi, un grand brun, la quarantaine, sur son tracteur est venu livrer le bloc de kersantite. Alex posait au pied de la colonne. À tous les trois, nous avons positionné le bloc, au fond du jardin, près d’un petit pavillon d’angle où je peux entreposer mes outils. Le vieux carrier m’a fait livrer également un support en bois, de façon à me permettre de travailler agréablement. Yves, l’agriculteur, n’a pas quitté des yeux, Alex qui évoluait au milieu de nous. Sans ses vêtements, Alex est un vrai Kouros.

— Je vais être immortalisé dans ce bloc de granit? s’exclama Alex.

— Ton beau corps sera mis en valeur dans cette pierre. Ce n’est pas du granit, mais de la kersantite, une roche magmatique qui s’est formée à de très grandes profondeurs et qui est remontée lentement dans des filons de schistes. On ne trouve cette roche que dans un village du Finistère. Je vais essayer de transposer le regard coquin que tu arbores par moments.

Le temps cet après-midi est passé trop vite.

J’ai très envie de lui, je crois que lui aussi, je te raconterai la suite dans une prochaine lettre.

Bise Éric


Lundi 5 juillet

Michel,

Voici la suite promise.

Donc, hier au soir, après le repas quand j’ai quitté Alex, je lui ai dit de ne pas venir trop tôt, pas avant 11 heures sur l’aire celtique. J’ai regardé la fin d’un film et j’allais me coucher, quand on a frappé à la porte-fenêtre donnant sur le jardin, c’était Alex.

— Je me suis couché tout de suite, me dit-il, je n’arrive pas à dormir, je peux te parler?

— Entre!

Il n’avait sur lui qu’un caleçon.

— Tu sais, me dit-il, depuis que je suis arrivé ici, j’ai flashé sur toi, je suppose que tu as deviné que je suis gay. J’ai aimé quand tu as arrangé mon sexe lors des poses, j’ai seulement regretté que tu en restes là. J’ai remarqué à la forme de ton pantalon que je ne te laisse pas indifférent et j’aimerais, si tu ne vois pas d’inconvénients aller plus loin avec toi. J’ai pensé que c’était à moi de faire le premier pas, toi tu ne vas pas oser, c’est la raison de ma venue ce soir.

L’émotion provoquée par cette prose débitée à toute vitesse m’a fait craquer.

— J’ai espéré ce moment, mais c’est vrai, je n’aurais pas osé faire le premier pas.

Il m'a pris la tête entre ses mains et m'a embrassé. Mes mains sont parties à la découverte de tout son corps, sa peau est douce. Il n’est retourné dans sa chambre qu’aux premières lueurs de l’aube.

Ce matin, je me suis mis au travail de bonne heure pour préparer la surface du bloc. Une brume légère nous cache le soleil, il a fait son apparition en même temps qu’Alex. Il s’est assis dans un fauteuil et m'a regardé travailler.

— Peux-tu te préparer à prendre la pose, je te rejoins sur l’aire celtique, lui dis-je.

— Je serais très heureux que tu me déshabilles.

— Pendant le travail, je ne peux pas prendre cette liberté avec un modèle.

— Quelques boutons, ce n’est pas la mer à boire.

Il s’est planté devant moi, l’envie était très forte, mais j’ai tenu bon.

— Hier au soir, j’ai aimé toute ta douceur entre tes bras puissants, j’attends la soirée avec impatience pour te retrouver, mais pas avant, je ne peux pas. Comme toi, je suis payé pour faire un travail.

Il s’est éloigné, a posé ses vêtements sur un fauteuil et a pris la pose. Il a fallu que j’aille arranger son sexe, coincé volontairement entre ses cuisses. Il avait une érection magistrale. Je lui ai fait un petit baiser sur son sexe et lui ai dit:

— Sois sage. 

J’ai repris ma place pour affiner mon dessin. Comme tous ces jours, Gaétan est venu regarder dans mon dos, avant de nous annoncer que c’était l’heure du repas. Comme toujours, les repas sont raffinés et les vins toujours différents. Il doit y avoir une cave extraordinaire au manoir.

Cet après-midi pas de pose avec le modèle, je commence l’ébauche mon travail.


Mardi 6 juillet

Mon cher confident, ma première lettre a été rédigée sur deux jours, celle-ci aussi.

Comme avant-hier soir, Alex ma rejoint pour la nuit. Quel plaisir que de sentir son corps magnifique sous mes doigts. J’ai tellement désiré ce moment que j’ai du mal à contrôler mes sens. Je ne crois pas avoir été aussi raide et aussi gros. La chaleur de son canal, ses cuisses puissantes de chaque côté de moi, sa queue dressée devant moi, ses bourses venant frapper mon ventre, il m’a fallu stopper plusieurs fois son ardeur pour profiter pleinement de ce moment merveilleux. De longs jets de sperme se sont étalés sur mon torse, lui je ne l’ai même pas touché, mais nous avons joui presque ensemble. Encore à l’intérieur de lui, il s’est penché sur moi et m'a embrassé. Dans ses bras nous avons roulé sur le lit en nous embrassant, puis ensemble nous avons pris notre douche. Je me suis endormi dans ses bras, comme un petit enfant.

Ce matin, réveillé de bonne heure, nous avons remis ça, je suis très heureux. Alex ne posera pas beaucoup aujourd’hui, juste un peu en fin de matinée, pour Gaétan. Je le soupçonne de nous surveiller discrètement et faire son rapport. Je vais consacrer la majeure partie de mon temps à travailler sur la sculpture. Sur une plaque de schiste qui était appuyée contre le mur du pavillon, j’ai dessiné avec un stylet, Alex le guerrier nu. J’ai très envie de la graver pour lui et qu’il la garde un souvenir de sa prestation.

Le facteur va bientôt passer, je te raconterai la suite dans une prochaine lettre.

Bise Éric


Jeudi 8 juillet

Cher Michel,

Alex passe toutes ses nuits dans ma chambre. Les allusions faites par Gaétan, lors de sa visite journalière confirment qu’il sait pour nous deux. Finalement, je suis bien content qu’il le sache.

Plus que deux nuits ensemble, je suis un peu mélancolique à l’idée de voir partir Alex. Je n’ai plus vraiment besoin qu’il pose mais j’aime le voir déambuler tout nu devant moi dans le jardin. Je le caresse du regard. J’aime son corps musclé, sa peau douce et dorée, la douceur de ses gestes, j’aime sa présence, sentir ses mains se poser sur mes épaules pour regarder mon travail, j’aime quand nos yeux se croisent, j’ai l’impression qu’il arrive à lire jusqu’au fond de moi toute la tendresse qui m’anime.

En fin de matinée, comme d’habitude, Gaétan est venu nous convier à rejoindre Monsieur Hubert pour le repas.

Cet après-midi, Alex s’est déshabillé sans que je lui demande, il s’est allongé dans l’herbe, au soleil. Je n’arrive pas bien à travailler, j’ai du mal à le quitter des yeux. Au bout d’un moment, il s’est glissé derrière moi à m'a chuchoté aux oreilles:

— J’ai envie de toi, maintenant, ici dans l’herbe, au soleil.

Je n’ai pas résisté à ses mains baladeuses, à la pression de son sexe dans mon dos. Sous ses mains expertes, je me suis retrouvé vite nu et aussi excité que lui. Nous avons roulé dans l’herbe en nous embrassant. Il s’est positionné au-dessus de mon sexe et s’est empalé brusquement. Le va-et-vient a eu vite raison de moi, je me suis vidé rapidement dans son étui. Encore en lui, il s’est masturbé pendant que je lui caressais le bas-ventre et les couilles. Il m’a léché pour enlever tout le sperme qui inondait mon ventre et mon torse.

— Il faut que je reprenne le travail, lui dis-je.

Comme les autres nuits, il va venir et nous allons nous retrouver tous les deux. J’ai encore envie de faire l’amour.


Vendredi 9 juillet

La nuit n’a pas été tranquille, pour Alex, c’est la dernière, ici au manoir. Il était déchaîné, nous avons fait l’amour je ne me souviens plus très bien combien de fois, de nombreuses fois dans la nuit, je suis épuisé et vais avoir besoin de repos. Même si je bande seulement en le regardant, je ne pourrai pas jouir avant plusieurs jours. Alex va repartir dans l’après-midi, il m’a laissé son adresse à Paris. Je vais le rejoindre là-bas dès que j’aurai terminé mon travail.

Il est parti, tout me semble morose. Il n’y a plus le piment de sa présence.

Gaétan est venu me tenir compagnie, je crois qu’il est bi ou gay. Il est tellement réservé que c’est difficile de se faire une idée, mais il n’est pas indifférent.

Après le repas du soir, je me suis réfugié dans ma chambre. J’étais allongé sur mon lit quand on est venu frapper à ma porte. C’était Gaétan...

— Je pense que le vide laissé par Alex est important et je ne veux pas abuser trop longtemps, mais si vous avez besoin de quoi que ce soit, même si cela peut paraître déplacé, il ne faut pas hésiter à me demander, me dit-il.

Et il a refermé la porte.

Je n’ai pas bien dormi, sans les bras protecteurs, je vais terminer mon travail et je lui porterai à Paris, son portait dans le schiste.

Je n’ai plus envie d’écrire, je te raconterai la suite lors d’une prochaine rencontre.

Bises Éric