Loïc m'a tout appris

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Numéro 3

Texte d'archive:


Archivé de: H pour H – Numéro 3
Date de parution originale: Septembre 1989

Date de publication/archivage: 2017-12-18

Auteur: Yannick
Titre: Loïc m'a tout appris
Rubrique: Apprendre l'amour

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Résumé / Intro :

Je n'avais jamais joui comme ça.


Quand j’étais môme, en colonie de vacances, j’ai eu un moniteur qui me plaisait beaucoup. Il était grand et musclé, très brun, avec de grands yeux dorés, et il était très doux. Le soir, il venait me border. Je n’avais que douze ou treize ans et, à chaque fois, j’étais troublé. Je sentais ma petite queue durcir et j’avais des frissons partout. Mais Loïc avait conscience de ses devoirs. Et j’avais beau le sentir troublé, il n’alla jamais plus loin. J’avais conservé de tout ça le goût des garçons plus âgés que moi, et un sentiment de frustration, à cause de ce «quelque chose» dont j’avais envie, sans savoir ce que c’était et qui ne s’était pas produit. Pendant longtemps, je n’ai pas compris que j’étais profondément homosexuel, et il n’y avait personne pour me le dire.

J’aimais bien être en compagnie des filles, mais c’était tout : quand elles essayaient de me draguer (car je ne faisais jamais les premiers pas), je rentrais dans ma coquille et trouvais un prétexte pour me défiler. Je me branlais beaucoup, et c’était toujours sur les photos des magazines gay. J’étais même très ardent et quatre ou cinq jouissances par jour, parfois plus, ne me faisaient pas peur ! J’avais toujours une «petite envie» quelque part. C’était sans doute parce que je ne franchissais pas le pas. Des garçons qui me faisaient quelque chose, ça ne manquait pourtant pas ! Je n’arrêtais pas d’en remarquer dans la rue, le métro, le bus...

Et puis, par hasard, gare Montparnasse, je suis tombé sur Loïc. J’allais avoir vingt ans et lui devait en avoir cinq ou six de plus. On s’est reconnus tout de suite et, sans savoir pourquoi, j’ai su que «ça» allait enfin arriver. Comme si j’avais toujours attendu cette minute-là, depuis des années. C’est moi qui ai proposé qu’on aille boire un verre quelque part. Loïc a dit qu’il n’habitait pas loin et que ça lui ferait plaisir qu’on aille chez lui.

On a pas mal bu. Loïc n’arrêtait pas de me resservir en whisky. Il avait dû deviner que j’avais très envie de me laisser aller, mais que je n’y arriverais pas sans alcool, tellement je me sentais bloqué. Un début d’ivresse aidant, j’ai commencé à me livrer et à déballer ce que j’avais sur le cœur. Loïc me regardait tendrement. Il est venu tout contre moi, son verre à la main. J’ai penché la tête sur son épaule et il a commencé à me caresser les cheveux. Rien que ça, c ’était incroyablement bon.

Sa poitrine, aux muscles durs, avait une bonne odeur virile...

À son tour, il s’est mis à me parler. Il m’a dit qu’à la colo il avait été héroïque de pouvoir se contenir car, dès le premier instant, il avait eu envie de moi. Lui aussi avait toujours espéré me revoir. Il était même sûr que ça arriverait. Je baignais dans le bonheur. Je ne sais comment on s’est retrouvés nus tous les deux. Déjà, j’étais sérieusement paf, mais je restais conscient de ce qui m'arrivait, et je voulais que ça m’arrive. Je trouvais Loïc très beau. Sa poitrine, aux muscles durs mais peu velue, avait une bonne odeur virile. En le regardant qui me souriait, je me disais : «Voilà l’homme, le vrai homme, dont tu as envie depuis toujours. Et tu vas te donner à lui...»

Je ne me souviens pas de tout, seulement d’une longue suite de caresses.

Je bandais très fort, mais, alors que d’habitude, quand je me branlais, j’aimais bien me faire jouir vite, j’avais envie de mettre longtemps à décharger. À la limite, j’aurais pu me passer d’éjaculer, tellement je me sentais bien. Loïc non plus ne paraissait pas pressé d'aboutir. Tout en me donnant ses caresses, il m’apprenait à lui en donner. «Tu n’as qu’à me faire comme je te fais,» m’avait-il dit. On a fini par se retrouver tête-bêche et, pour la première fois,j’ai eu un sexe d’homme dans la bouche, pendant que le mien s’enfonçait délicieusement jusque dans sa gorge à lui. Depuis, je ne suis pas devenu fana de cette position, car je trouve qu’on ne peut pas bien faire deux choses à la fois : déguster un plaisir et donner le même. Moi, quand je caresse Loïc, je suis tout à mes sensations. Mais, ce jour-là, ce soixante-neuf, c’était ce que j’avais jamais connu de meilleur au monde.

Aussi incroyable que ça me paraisse maintenant, Loïc a voulu que, pour cette première fois, ce soit moi qui le prenne ! Il a tout dirigé. Après un long échange de caresses, pendant lequel il m ’a léché partout, même entre les fesses et sur le trou du cul, il m’a fait asseoir et c’est lui qui, en s’asseyant sur mes cuisses et en écartant bien ses fesses, est venu s’empaler de lui-même sur ma bite. Je l’ai entouré de mes bras, la tête appuyée contre son dos à la peau très douce, et nous sommes restés comme ça longtemps, moi dans lui, immobiles. Ma queue palpitait. L’anus de Loïc se serrait et se desserrait sur moi. Je ne savais plus ce qui était moi, et ce qui était lui. Nous étions fondus et je crois que je n’ai jamais rien senti de plus fort que ce très long instant-là.

Puis Loïc s’est mis à bouger. Il a commencé à monter et descendre le long de ma tige. Il avait passé ses bras derrière lui et me caressait le corps, se manœuvrant sur moi à l’aide de ses cuisses et de ses reins. Moi aussi, je le caressais. J’avais passé mes bras autour de ses hanches et je manipulais son sexe. Je le trouvais magnifique, et j’avais une terrible envie de le recevoir à mon tour, de le prendre en moi et d’en extraire tout le plaisir possible, puis tout le jus.

Loïc a su avant moi le moment où j’allais me mettre à jouir. Il a accéléré ses mouvements en me disant des mots d’encouragement : «Vas-y, petit, je t’aime... Donne-moi tout !» Et j’ai connu la meilleure jouissance de ma vie, qui inaugurait une incroyable série de plaisirs, toujours neufs, toujours intenses, chacun de nous apprenant sans cesse à mieux réjouir l’autre, ou du moins s’y efforçant. Voilà six ans que ça dure.

Yannick, 26 ans.