Mes penchants homosexuels

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Numéro 4

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 4
Date de parution originale: Septembre 1985

Date de publication/archivage: 2014-02-08

Auteur: Rodolphe
Titre: Mes penchants homosexuels
Rubrique: Confessions

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Je suis ce que l’on appelle un homme honorablement connu dans la ville où j’habite. Cinquante ans, marié depuis plus de vingt ans, père de quatre enfants. Il ne viendrait à l’idée de personne que je puisse avoir le moindre penchant homosexuel. Mon physique reste athlétique malgré la cinquantaine, sans un poil de ventre ou de graisse. Ma voix de basse me fait plutôt ressembler à un dur qu’à une tante.

J’ai pas mal de succès auprès des femmes et je ne les déçois jamais. Je passe même, et je pense que c’est vrai, pour un tombeur, et j’aime faire l’amour avec une femme pourvu que ce soit une salope bien vicieuse et que je puisse me régaler et la régaler. Et pourtant, et pourtant, si on savait... ! C’est le parfait incognito de votre publication qui me décide à faire ici ma confession, espérant qu’elle déclenchera celles d’autres hommes qui sont dans mon cas.

Je devais avoir quatorze ou quinze ans quand j’ai eu, comme beaucoup de garçons de cet âge, je présume, mes premières expériences homosexuelles. Oh ! au début, ce n’était pas bien grave. Entre copains, on se la montrait, pour voir qui avait la plus grosse, qui avait le plus de poils. Certains étaient plus précoces que moi, je les admirais et les enviais. Je me souviens de l’un d’entre eux, en particulier, qui était déjà monté comme un étalon et qui éjaculait abondamment au cours de nos séances de masturbation collective. Alors que la plupart d’entre nous n’en étions encore qu’à une émission timide et parcimonieuse de foutre clairet. Un jour que nous étions seulement tous les deux, il me demanda de le branler. J’éprouvai une étrange volupté à tenir dans ma main sa grosse et longue bite que je fis décharger en moins de deux minutes. Il me rendit bien sûr le même service et nous sommes devenus très copains, nous retrouvant souvent.

C’est lui qui me fit connaître le gros Gaston. C’était un homme d'une quarantaine d’années, très vicieux, qui attirait chez lui les jeunes garçons pour se faire masturber. La première fois, j’y allai avec mon copain, et je fus littéralement stupéfié par l’énormité du sexe de cet homme, complètement disproportionné par rapport à sa taille car il était plutôt petit et obèse. Pour l’avoir plus tard mesuré, je sais qu’il faisait plus de vingt-deux centimètres de longueur, gros en proportion (mes doigts n’en faisaient pas le tour), avec au sommet un gland très long, écarlate quand il bandait à bloc. Le tout émergeait d’une forêt de poils très noirs qui lui montaient jusque sur le ventre, avec par en dessous une paire de couilles énormes, digne d’un étalon. Bien entendu, je ne me fis pas prier pour le branler comme il me le demandait. Il éjacula puissamment en poussant des grognements de plaisir et me complimenta sur ma manière de m’y prendre.

Je le revis plusieurs fois, seul, et petit à petit, j’en vins à le sucer, d’abord timidement, et puis de plus en plus ardemment jusqu’au jour où il me déchargea dans la bouche et où j’avalai avec un plaisir inouï, jusqu’à la dernière goutte. Ensuite, ce qui devait fatalement arriver arriva : le jour où il me proposa de me sodomiser, je m’étais déjà tellement habitué à cette idée que je me laissai faire. Il s’y prit si adroitement que je ne ressentis presque aucune douleur et qu’il put m’enfoncer dans les fesses son énorme mandrin jusqu’à la racine. Pendant presque deux ans, je fus ainsi sa «maîtresse», me complaisant dans ce rôle passif qui me comblait, jouissant, souvent en même temps que lui quand il éjaculait très loin dans mon ventre.

J’avais dix-sept ans quand je le perdis de vue, ayant déménagé. Au début, je n’en fus pas trop déçu. Je commençais à m’intéresser aux filles et j’en fis, en quelques années, une moisson assez confortable. Et puis les années ont passé et je me suis marié.

Un jour que je me trouvais seul à la maison, il me prit une envie subite. Avisant les sous-vêtements de ma femme qu’elle avait abandonnés dans la salle de bains, il me vint l’idée de les enfiler. Slip, bas, porte-jarretelles et soutien gorge que je bourrai de coton hydrophile pour lui donner le relief des seins. Je me regardai dans l’armoire à glace, un peu ridicule, serré dans ces dessous trop petits pour moi, mais tout de même assez excitant pour que je me mette à bander. Je perfectionnai le travestissement en coiffant une perruque et en me maquillant un peu outrageusement à la façon d’une pute. Je bandais comme un cerf. J’extirpai ma queue du mini-slip de dentelle noire qui ne la contenait plus et commençai à me masturber en contemplant mon image. Puis, je ne pus résister à l’idée folle qui trottait dans ma tête depuis un petit moment. Je me précipitai à la cuisine et sortis du frigo une magnifique aubergine que je choisis bien longue et bien grosse ; de retour dans la chambre j'étendis un drap de bain sur le lit pour ne pas le tacher et je m’y allongeai, jambes bien écartées après avoir retiré le slip, la tête relevée par deux oreillers pour pouvoir me regarder dans la glace de l’armoire, et je m’enfonçai entre les fesses l’énorme légume bien doux et bien lisse. Malgré les années qui s’étaient écoulées depuis ma dernière sodomisation, mon anus avait gardé son élasticité et je n’eus aucune peine à m’introduire le long fruit noir dans l’intestin sur presque toute sa longueur. Alors, en même temps, je me mis à me masturber follement en prononçant des mots ignobles et fous qui décuplaient mon plaisir :

— Ah que c’est bon... que c’est bon de se faire enculer... j’aime... Oh ! j’aime me faire défoncer la rondelle. J’aime me faire casser le pot... !

Et puis comme si je m’adressais à un amant imaginaire :

— Vas-y... saute-moi... baise-moi... encule-moi à fond... je suis ta pute... ta belle pute...

J’étais comme fou. J’ai déchargé avec force et abondance, comme cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps. J’étais vidé, honteux, de l’acte que je venais de commettre, mais follement heureux ! Curieusement, cela ne contrariait en rien mon désir envers les femmes et même envers ma propre épouse. J’ai su depuis que cela s’appelle être bisexuel, mais je n’essaye même pas d’analyser mes sentiments. Je m’ingéniais à confectionner des membres artificiels, en bois (trop dur), en tissu enveloppé d’un préservatif (trop mou), jusqu’au jour où les sex-shops ouvrirent. J’ai alors acheté une série de godes en plastique souple de toutes les tailles avec lesquels je pus à nouveau franchir une étape dans l’escalade de mon vice.

Mais cela ne me satisfaisait plus. Il me fallait maintenant autre chose. Je pensais de plus en plus à un beau membre vivant, bien dur, bien chaud qui s’enfoncerait entre mes fesses, à une belle queue bien réelle que je pourrais sucer et faire décharger dans ma bouche. Si j’avais été assez souple pour le faire, je me serais sucé moi-même tant j’avais envie de sentir dans ma bouche la chaude projection d’une bonne décharge masculine.

Mais comment faire pour trouver l’homme avec lequel je pourrais réaliser ce fantasme qui tournait de plus en plus à l’obsession, l’homme qui serait assez discret pour que je ne risque pas ma réputation ! C’était impossible ! Et puis, un beau jour, je me suis jeté à l’eau. J’ai répondu à une annonce parue dans une feuille hebdomadaire régionale spécialisée. J’ai fixé un rendez-vous à un endroit bien précis, sans donner mon nom, me réservant ainsi une porte de sortie, si, après avoir vu l’homme en question, il ne me paraissait pas prudent d’aller plus avant.

Les deux jours qui précédèrent ce rendez-vous, je ne tenais plus en place. Une heure avant l’heure H, j’étais déjà prêt, ayant fait une minutieuse toilette, l’intestin douché et garni de gel lubrifiant, prêt à tout pour enfin satisfaire cette envie qui me poursuivait depuis tant d’années.

Il faisait nuit. J'avais garé ma voiture parmi d'autres à cinquante mètres du lieu que j'avais indiqué. Il me vint à l'idée que, s'il faisait comme moi et prenait les mêmes précautions, c'était fichu. Encore cinq minutes à attendre. Et tout à coup, je le vis, tout d'abord sans bien savoir si c'était lui. Il était arrivé en vélomoteur et l'avait appuyé contre un petit mur qui se trouvait là. Debout sur le trottoir, dans l'ombre, il attendait. J'avais tout prévu. À l'aide des jumelles de nuit que j'avais apportées avec moi, je me mis à l'observer. Ce n'était pas du tout, comme je l'avais redouté, un homme efféminé qui m'aurait fait fuir. Il avait l'aspect d’un bon père de famille, pas très grand, un peu ventripotent, la quarantaine. Il me rappelait le gros Gaston, celui qui m'avait initié dans ma jeunesse et à qui (certainement) je devais d’être là à cette heure, pour essayer de renouveler, à plus de trente ans d’intervalle, l’expérience homosexuelle qui m’avait si fortement marqué.

Je ne réfléchis pas davantage. J’en avais trop envie, depuis le temps que j’attendais cet instant. Je démarrai doucement, et vins me ranger en souplesse juste devant lui, le long du trottoir où il attendait. Il me regardait arriver. Je baissai la vitre de la portière et il s’approcha. Je lui dis simplement :

— Vous êtes l’annonce ?

— Oui !

— Je suis la réponse ! Voulez-vous monter ?

Il monta. Nous savions tous les deux pourquoi nous étions là, aussi, pas la peine de perdre notre temps en préliminaires. Tout de go, je lui dis :

— J'ai terriblement envie de vous sucer. Où allons-nous ?

— Démarrez ! Je connais un endroit, je vous guiderai.

Cinq minutes plus tard, il me faisait entrer dans un garage qui lui appartenait dont il referma les portes. Je me sentais pleinement rassuré. Le type avait l’air vraiment sympa et dans cet endroit, aucun risque d’être surpris. Sans même avoir à nous dire un mot, nous étions d’accord. J’abaissai les dossiers des sièges avant, transformant la voiture en couchette, et nous nous débarrassâmes rapidement de nos habits. J’avais gardé mon slip, lui aussi et quand je vis la proéminence provoquée par son érection, j’avançai les mains pour le lui retirer moi-même.

Son sexe jaillit littéralement, émergeant de la sombre et épaisse toison de son bas-ventre se balançant dans le vide. Il n’était pas d’une longueur exceptionnelle, mais bien gros, bien épais, un peu recourbé vers le haut, surmonté d’un gland bien long et bien ourlé, déjà entièrement décalotté. Je ne pus m’empêcher d’y porter tout de suite mes mains tant j’avais envie de toucher et de tenir cette belle queue. D’un mouvement très doux je fis aller et venir la peau très fine le long de la hampe, le masturbant très lentement, en caressant de mon autre main ses grosses couilles duveteuses. J’éprouvais une étrange volupté à tenir dans mes doigts, ce gros morceau de chair chaude et tendue. Mes souvenirs lointains me projetaient d’un seul coup, plus de trente ans en arrière. Pris d’une irrésistible envie qui me tenaillait d’ailleurs depuis très longtemps, je me penchai et l’engloutis dans ma bouche, l’imprégnant de salive et le tétant de ma langue et de mes lèvres, enfonçant de plus en plus ce gros mandrin au fond de ma gorge. Il s’était allongé sur les coussins et commençait à gémir doucement. J’éprouvai un plaisir intense à sucer cette grosse bite. Enfin, une queue ! Je faisais une bonne pipe à un homme, à un inconnu. Mes lèvres allaient et venaient tout le long de la hampe, ma langue s’enroulait autour du gland quand je remontais vers le sommet. Il haletait et ses deux mains sur ma tête semblaient m’encourager à continuer ma succion profonde. Je l’entendis me chuchoter :

— Ah !... c’est bon, c’est drôlement bon... tu le fais bien... tu vas m’avoir... je vais partir... oh !

J’avais une envie folle de le faire décharger dans ma bouche et d’avaler son sperme, mais j’avais une envie plus folle encore de me faire enculer bien profondément par cette belle queue. Craignant qu’après une première décharge, il ne soit plus en état de le faire, presque à contre-cœur, je le sortis de ma bouche. Il poussa un soupir de désappointement. Je lui dis :

— Je veux que tu me prennes... tu comprends... je suis venu pour cela !

Il était si excité et si près de jouir que j’aurais pu lui demander n’importe quoi. Je m’allongeai sur le dos, glissant sous mes fesses une couverture pliée en un épais coussin pour me surélever. Je bandais moi aussi comme un taureau. Il se glissa entre mes cuisses écartelées et relevées. Je sentis son gland chaud et dur tâtonner entre mes fesses. C’est moi qui, d’une main fébrile, le guidai bien au centre de la cible que je lui offrais, préalablement lubrifiée. Se sentant en place, il poussa un peu. J’étais si ouvert et si gluant de gel que son gland s’enfonça d’un seul coup de quelques centimètres. Il le fit aller et venir doucement pour assouplir ma collerette. Le salaud, il savait s’y prendre et n’en était pas à son coup d’essai. J’avais de la chance. Je ne souffrais pas, éprouvant au contraire un plaisir grandissant à sentir la chaude élasticité de son gland m’écarter peu à peu. Quand, d’un seul coup, le bourrelet de son nœud franchit mon sphincter, je poussai un léger cri. Il était vraiment très gros, mais cette légère douleur que je connaissais bien par mes expériences avec les godes, je savais qu’elle allait disparaître rapidement. Sans bouger, il me laissa me décontracter, c’est moi qui lui soufflai alors :

— Vas-y maintenant, enfonce-toi... enfonce-toi bien à fond !

Il me prit sous les reins, mit mes jambes au creux de ses bras et me pénétra d’une seule poussée. Creusant les reins, je me collai à lui, m’empalant moi-même sur les deux ou trois centimètres qui restaient, l’absorbant jusqu’à la racine. Ça y était, c’était fait, j’étais enculé, je me faisais enculer. Rien que de me répéter ce mot dans ma tête me procurait une intense jouissance cérébrale. Sans presque se retirer, il s’était mis à me pilonner la rondelle. Sa grosse queue bien dure et bien chaude me ramonait délicieusement. Je ne pus retenir les mots atroces qui me venaient à la bouche :

— Bouge-moi... bouge-moi bien... avec ta bonne queue, avec ta grosse bite !

Je me rendis compte que je m’assimilais à une femme quand je m’entendis lui dire :

— Fourre-moi bien à fond... mets-moi en plein la chatte... j’en veux ! Jouis... décharge-moi dans le cul... fous-moi tout dedans... crache-moi tout ton foutre dans la chatte !...

Ses mains se crispaient sur mes fesses ; ce fut à son tour de me souffler des mots obscènes :

— Tiens... tiens... prends-là ma queue... prends en plein ton cul, salope... tu es chaude... tu es profonde... ton cul me pompe la queue... je vais tout te foutre dedans... je vais te remplir...

Je vis sa bouche s’approcher de la mienne et je fis cette chose impensable, cette chose qui m’aurait fait reculer de dégoût si je l’avais imaginée à froid. J’ouvris les lèvres et ma bouche vint se coller à la sienne tandis que nos langues s’enroulaient l’une à l’autre. Enfoncé en moi jusqu’aux couilles, je compris, aux soubresauts de sa queue, qu’il me déchargeait dans le cul, tandis que j’éjaculai délicieusement, engluant nos deux ventres accolés.

Quand je l’ai quitté, un peu plus tard, toute excitation tombée, je n’étais pas très fier de moi, mais tout de même content d’avoir réussi à concrétiser mon fantasme. De retour à la maison, je me suis isolé dans les WC et j’ai éprouvé à nouveau un trouble intense à voir flotter dans la cuvette, les longs filaments de sperme que je venais de rejeter.

Je fis ce soir-là l’amour à ma femme si passionnément et si totalement que je la fis jouir plusieurs fois avant de jouir moi-même en m’imaginant que c’était cet ami qui la baisait devant moi. Voilà, cela fait cinq ans de cela. Depuis nous nous revoyons de temps en temps, pas trop souvent, et toujours avec un égal plaisir. Personne n’en sait rien, personne ne se doute de rien. Même les personnes qui me connaissent et qui vont lire ces lignes ne pourront s’imaginer qu’elles sont de moi.

Rodolphe, 50 ans