Minley Manor (06)


Minley Manor (06)
Texte paru le 2018-11-25 par Jules1291   Drapeau-ch.svg
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Template-Books.pngSérie : Minley Manor

Je ne vous cache pas que la dernière remarque de mon personnage m’a profondément vexé. Je fais grève et je le laisse écrire lui-même le reste de l’histoire, il verra bien que ce n’est pas si facile que ça. Moi, je me retire dans un couvent pour méditer sur la cruauté de la vie et pour me faire réconforter par les moinillons.

Je reprends donc la suite de ce récit puisque mon auteur vous laisse lâchement tomber. Je me présente : je suis Laërtes Milford, fils du comte de Salisbury, enfin vous le savez déjà et vous savez que j’ai une grosse bite, ce n’est quand même pas de ma faute, on ne choisit pas son destin, ni son auteur, ni ses parents. C’est la première fois que je raconte ma vie, excusez-moi si mon texte est imparfait. Tant pis si je fais fuir les rares lecteurs de ce récit, mon auteur n’a qu’à s’en prendre à lui-même.

Le samedi matin, les premières douces lueurs de l’aube naissante me réveillèrent de leurs doigts de fée, je n’attendis pas la visite de mon valet pour enlever ma chemise de nuit anthracite et vider ma vessie. Je sortis ensuite sur le balcon pour sentir l’air frais du matin effleurer mon gracile corps diaphane et réveiller un magnifique organe endormi depuis bien trop longtemps. Je ne m’étais en effet pas branlé la veille, et cette cruelle abstinence ne m’avait jamais été imposée depuis… depuis des années, depuis le jour où j’avais découvert les possibilités infinies de l’appendice qui pendouillait entre mes jambes. Pendouiller est un euphémisme pour dire qu’il pointait très haut.

Mon père avait-il le droit de m’imposer tel supplice ? Un père aimant peut-il s’immiscer dans la vie sexuelle de son fils ? Au risque de vous choquer, je réponds oui à cette question. Je l’avais bien cherché en voulant l’accompagner à Minley Manor. Il était donc normal qu’il s’enquît de mon aptitude à supporter la souffrance, de ma résilience.

— Vous êtes incorrigible, Laërtes.

Je sursautai, mon père était derrière moi, je ne l’avais pas entendu arriver.

— Déjà en train de bander alors que je vous l’avais interdit.

— Vous ne m’aviez point interdit de bander, père, seulement de me masturber.

— Si je n’étais pas arrivé à point nommé, vous seriez déjà en train de vous caresser, fils. Je vous connais bien.

— La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre.

— Vous êtes bien impertinent ce matin, Laërtes. Je n’ai pas de cage de chasteté qui me permettrait de calmer vos ardeurs, soyez assuré que le duc de Farnborough en possède une belle collection et il en fera bon usage puisque vous partagerez votre chambre avec les bâtards de votre oncle.

Je me rendis compte que ce séjour au manoir n’allait pas être une partie de plaisir : partager la chambre de Taylor et Jamie sans pouvoir les baiser ! J’envisageai de déposer une plainte auprès de la commission des droits de l’homme, puis je me rappelai que tout ceci n’était qu’un divertissement de fin de semaine entre nobliaux de province. Mon père dut percevoir mon désespoir dans mes yeux glauques, il éclata de rire et me rassura :

— Ne vous faites pas de bile, fils, vous pourrez enculer vos deux bâtards.

— C’est vrai, père ?

— Nous ne sommes pas des monstres dépourvus d’humanité, nous sommes pétris de bonté chrétienne, l’archevêque de Cantorbéry, qui sera présent, veille à la moralité de nos rencontres.

— Je vous aime, père !

Ce cri du cœur spontané émut profondément mon père, une larme coula sur son noble visage.

Je rentrai dans ma chambrette de 78,967312 mètres carrés. (J’ai converti en mètres car je sais que ce récit est lu sur le continent puisqu’un candide inconnu a l’amabilité de le traduire en français. Je désire donc préciser pour les lecteurs anglo-saxons que le mètre est une unité exotique qui est la longueur du trajet parcouru dans le vide par la lumière pendant une durée de 1/299 792 458 de seconde. Pour vous donner une autre idée, un mètre est 4,97096954 fois la longueur de mon pénis en érection.) Andrew, mon valet, m’attendait à l’intérieur.

— Bonjour, Monsieur, me dit-il.

— Bonjour, Andrew, répondis-je. Je pensais que vous aviez congé aujourd’hui.

— Un imprévu, Monsieur. Le duc de Farnborough manque de personnel. Son plombier polonais, qu’il avait attendu pendant six mois et qu’il avait gardé par sûreté, est reparti dans son pays suite au Brexit.

— À quoi sert un plombier si l’on a pas de fuites ?

— Ce plombier avait bien d’autres qualités manuelles. Le duc a demandé à votre père si je pouvais faire des heures sup ce week-end et c’est avec plaisir que j’ai accepté.

— Aurez-vous le droit d’assister aux… aux activités récréatives ?

— Le duc est un travailliste, il pense que tous les hommes sont dignes de considération, même les domestiques. Il nous permettra donc d’assister et de participer aux activités récréatives.

Je me réjouissais de plus en plus de faire la connaissance du duc, cet homme si altruiste. Andrew m’aida à me laver et à m’habiller. Je mis évidemment un de mes nouveaux slips blancs. Je ne dus pas mettre de cravate, le duc n’étant pas à cheval sur l’étiquette.

À neuf heures, nous sortîmes sur le perron. Nous étions en septembre, l’air était chaud, réchauffement climatique oblige. La Rolls nous attendait. Heureuse surprise, c’était mon chauffeur Harry qui serait au volant.

— Bonjour, Monsieur, me dit-il.

— Bonjour, Harry, répondit-je. Je pensais que vous aviez congé aujourd’hui.

— Un imprévu, Monsieur. Le chauffeur du comte a ses hémorroïdes qui le dérangent, il a demandé à votre père si je pouvais faire des heures sup ce week-end et c’est avec plaisir que j’ai accepté.

J’étais heureux, mes deux domestiques préférés seraient avec moi pour cette première sortie dans le grand monde. Mon père arriva et nous montâmes à l’arrière de la Rolls. Harry et Andrew s’assirent à l’avant. Ma mère nous fit signe de la main pour nous dire au revoir, elle devait être contente de nous voir les talons car elle avait invité quelques amies pour des papotages et plus si entente.

Nous traversâmes la campagne anglaise avec ses bocages verdoyants ; ses placides bovidés, ruminant couchés dans iceux ; ses rivières aux vieux ponts de pierre, serpentant ; ses routes étroites où l’on a de la peine à croiser à gauche, serpentant itou ; ses villages endormis aux cottages ensevelis dans les feuillages ; ses mégères apprivoisées arrosant leurs pétunias ; ses pubs où les prolétaires au chômage engloutissent de la bière imbuvable, tout en mangeant des panses de brebis farcies (non, je me trompe, c’est en Écosse).

— Voyez-vous, Laërtes, dit mon père, c’est tout cela qui nous distingue de l’Europe.

— Je ne peux que vous approuver, père.

Nous arrivâmes au Minley Manor vers 11 heures. Il était bien plus impressionnant que je ne l’avais imaginé en regardant des photos. Harry s’arrêta devant le perron. Andrew ouvrit les portières puis s’occupa de nos malles. Un domestique nous accueillit et nous fit entrer. Il nous montra où se trouvaient les lieux d’aisance. Nous en profitâmes. Les urinoirs n’avaient pas de séparation et mon père me laissa mater son pénis circoncis. Je réalisai que c’était la première fois que je le voyais, et je sentis à ce moment-là que c’était un tournant dans ma vie, j’étais devenu un adulte. Mon père me fit retomber dans la réalité en me rabrouant comme un enfant :

— Je vois que vous n’êtes toujours pas circoncis. Vous pourriez au moins vous décalotter pour pisser. Qu’en a pensé le Dr Faust ?

— Il m’a dit que tout le matériel était en ordre de marche. Père, vous devez m’accepter comme je suis, à présent que Sa Majesté a inspecté mon pénis.

— Excusez-moi, mon fils. Je ne reviendrai plus sur ce sujet.

Nous nous lavâmes les mains et sortîmes. Le domestique, qui avait attendu devant la porte, nous conduisit sur la terrasse. Le duc de Farnborough nous accueillit. Le Who’s Who n’étant pas ma lecture favorite, je m’attendais à rencontrer un monsieur d’âge mûr. Ce n’était pas le cas, le duc n’avait qu’une trentaine d’années.

— Monsieur le comte ! dit-il. Bienvenue mon très cher ami.

— Monsieur le duc ! répondit mon père, tout le plaisir est pour moi.

Ils se donnèrent l’accolade. Le duc continua :

— Je pense que c’est votre fils qui vous accompagne. Bonjour, Laërtes.

— Bonjour, Monsieur le duc, dis-je en m’inclinant.

— On m’a dit beaucoup de bien sur vous, Laërtes, il paraît que vous avez un bel organe non coupé et je me réjouis de le voir.

— C’est trop d’honneur que vous me faites, Monsieur le duc, dis-je en rougissant.

Un serveur nous tendit des coupes de champagne. Nous trinquâmes avec le duc puis fîmes la connaissance des autres invités :

— Richard, le secrétaire particulier du duc, du même âge que lui, vêtu d’un polo blanc et de pantalons bleus ;

— L’archevêque de Cantorbéry, homme d’une cinquantaine d’années, vêtu de son habit violet ;

— Paul, choriste dont la voix avait mué et que l’archevêque avait gardé à son service pour qu’il ne s’éloignât pas de l’Église, vêtu également d’un habit violet ;

— Le Dr Faust, vêtu d’un complet léger brun en lin et d’un chapeau assorti ;

— Jean, l’infirmier, vêtu d’un polo et de pantalons blancs ;

— Mr Rich, le tailleur, tiré à quatre épingles ;

— Les deux jumeaux, Taylor et Jamie, vêtus de chemisettes et de pantalons roses ;

— Le directeur de l’école, Mr Roberts, que je ne savais pas être un uraniste, mais qui avait toujours toléré et même encouragé l’amitié virile entre les élèves, vêtu de son complet strict de tous les jours ;

— Ethan, le masturbateur, que le directeur d’école avait réquisitionné pour ne pas venir les mains vides, vêtu de son habit de mousse ;

— Et enfin le comte de Wessex, en guest star, vêtu d’une jaquette.

Une fois les présentations faites, le duc de Farnborough prit la parole.

— Mesdames, Messieurs, enfin je ne pense pas avoir invité de dames (rires). Bienvenue au premier rallye de la saison. Comme il y a beaucoup de nouveaux visages, ou plutôt de nouvelles queues parmi nous (rires), je désire rappeler quelques règles. Tout d’abord, vous êtes là pour avoir des interactions sexuelles entre hommes (gros rires). C’est arrivé une fois qu’un jeune homme crût que c’était pour le bal des débutantes (rires). On demande la permission avant toute interaction, chacun est libre de refuser, mais si quelqu’un refusait tout ce qu’on lui propose, il ne serait plus invité. Les débutants n’ont pas le droit de prendre une initiative et doivent obéir. On reste débutant pendant la première saison, cela concerne donc : (le comte lut un papier) Messieurs Laërtes, Paul, Taylor, Jamie et Ethan. Aucune interaction n’est tolérée en dehors des locaux prévus à cet effet, locaux qui ne comprennent aucune chambre séparée. Les organes des débutants seront encagés pour la nuit (rires jaunes). Les interactions anales se font uniquement avec des préservatifs, fournis sans limites. La violence et la contrainte sont interdites. Le personnel de maison est autorisé à participer s’il le désire, pourvu qu’il soit pourvu d’un organe de type masculin, la taille important peu, et ait présenté un certificat de bonnes mœurs lors de son engagement. Une contrôle sanitaire afin de détecter d’éventuelles MST sera effectué avant le début, pour tout le monde, pas seulement pour les débutants. Toute dérogation au règlement impliquera l’expulsion immédiate du manoir. Des questions ?

Tout était clair, personne n’intervint. Le duc continua :

— Parfait. Nous allons vous servir de la finger food pour le déjeuner, ne la mettez pas dans votre fondement (rires polis), les débutants seront attendus à une heure pour la préparation. Bon appétit et bon amusement (applaudissements).

Les débutants se regroupèrent spontanément autour d’une table ronde, sous un parasol, et nous discutâmes de tout et de rien en dégustant des canapés microscopiques au saumon sauvage d’Écosse, au concombre, au rosbif et au cheddar.

— C’est assez drôle, dis-je. J’ai déjà été masturbé par trois d’entre vous, alors que nous avions à peine été présentés. Nous pourrions faire plus ample connaissance.

— Excellente idée, fit Paul. Je vais commencer puisque nous ne nous étions jamais rencontrés. J’étais donc soliste au chœur des garçons de la cathédrale et église métropolitaine du Christ de Cantorbéry et j’ai malencontreusement mué, comme vous l’a dit tout à l’heure l’archevêque. Une castration n’étant plus envisageable de nos jours, je vais devenir contre-ténor.

— Tu aurais accepté de devenir eunuque ? demandai-je.

— Pour sauver ma voix, pourquoi pas ? J’aurais été bien payé en devenant un castrat, c’est rare. Le comité d’éthique de l’Église d’Angleterre a cependant rejeté cette demande, ils acceptent le viol des jeunes, mais pas la castration.

— J’ai toujours rêvé de faire partie d’un chœur, intervint Ethan, mais je chantais faux. L’ambiance doit être bonne entre les choristes. Tu as été violé ?

— C’est exact qu’il était difficile de résister aux tentations, surtout moi qui avais des cours particuliers avec le chef. Les autres étaient jaloux et ne rataient pas une occasion de me chambrer lors des voyages.

— Et tu couches avec l’archevêque maintenant ? demandai-je.

— Il bande mou, mais cela m’apporte quelques avantages non négligeables, dont une place réservée au paradis. Je ne suis pas noble, moi, et je n’ai pas les moyens financiers dont tu disposes, je gagne ainsi mon argent de poche prélevé sur les dons pour les pauvres, j’ai pu m’acheter le dernier iPhone XS Max 512 Go. Cela me permet aussi d’être ici ce week-end. Je ne désespère pas de trouver le grand amour, pourquoi pas parmi vous ?

— Tu as encore le temps, fit Jamie. Il faut profiter de la vie avant de se caser.

— Et toi, Ethan ? demandai-je. C’est une surprise de te voir ici.

— Je suis vraiment venu par hasard, commença Ethan. Le directeur de l’école m’a demandé de rester l’autre jour après l’inspection des pénis par la reine…

— Par la reine ? demanda Taylor. Sa Majesté inspecte-t-elle les pénis ?

Je racontai comment j’avais vécu cette journée, les débutants en restèrent ébaubis. Ethan continua :

— Le directeur m’a demandé si je pourrais aussi prélever son sperme, nous sommes allés dans une chambre vide de l’internat. C’était plus intime et j’ai enlevé mon uniforme ridicule. Il a été très satisfait de mes services, m’a ensuite sucé et m’a tout de suite proposé de remplacer le surveillant de l’internat qui va bientôt partir à la retraite.

— N’es-tu pas un peu jeune pour ce poste ? m’inquiétai-je.

— Ce n’est que dans une année. Je vais suivre des cours d’arts martiaux d’ici là. Je dois aussi réfléchir à un nouveau concept de soumission des élèves par l’humiliation afin de diminuer la violence urbaine. Le directeur a été chargé par Sa Majesté de lui faire un rapport et je dois lui donner des idées.

— Fort intéressant, dit Taylor. Avais-tu eu d’autre expériences sexuelles avant ?

— Je suis allé un mois dans un temple où l’on enseigne le tantrisme. Comme pour Paul dans son chœur, ce n’était pas possible de rester chaste. Les moines m’énervaient un peu, ils ne voulaient jamais que nous éjaculions.

— Ennuyeux, en effet, fis-je. Moi, j’ai suivi le parcours traditionnel des nobliaux de province et ce sont mes domestiques qui m’ont déniaisé, en suivant les instructions données par mes parents. Je ne désespère pas non plus de trouver le grand amour, même si je compte bien profiter de ces week-ends pour me perfectionner avant. Je vous préviens que j’ai un gros membre, au cas où je devrais vous pénétrer.

— Tu feras également attention à mes cordes vocales, elles sont fragiles, dit Paul.

— Il ne reste que nous, fit Taylor. Je ne vais pas révéler le nom de notre père dont nous ne sommes pas très fiers, il est cependant généreux et nous ne manquons de rien, même si nous avons dû fréquenter l’école publique et renoncer à Eton. Et il nous a trouvé de belles places d’apprentissage.

— Vous avez déjà dû coucher avec vos patrons ? demandai-je.

— Moi pas, répondit Jamie. J’avais convenu d’un « plan cul » avec lui, mais le duc d’Édimbourg est arrivé à l’improviste car il n’avait plus de Viagra et ses maîtresses s’impatientaient.

— Il vient chez le Dr Faust ? demanda Ethan.

— C’est plus discret qu’à Londres où les paparazzis sont en faction partout. Vous imaginez le scandale si l’on apprenait que le prince consort a besoin de Viagra lorsqu’il sort sans qu’on le sorte (NDT Jeu de mots assez nul ne se trouvant pas dans la version anglaise).

— Ouais, dis-je, il a quand même 97 ans…

— J’ai dû évidemment montrer mon pénis en érection au docteur et me faire masser la prostate, continua Jamie, c’est normal, il est médecin et tous ses patients doivent le faire, même Laërtes n’y a pas échappé. C’était pour l’opération.

— Quelle opération ? demanda Paul.

— Une posthectomie, dit Taylor. Nous l’avons faite ensemble.

— Je précise que j’ai refusé l’opération, ajoutai-je pour qu’il n’y eût pas de malentendu. Et toi, Taylor, tu as couché avec Mr Rich ?

— J’ai dû montrer ma bite en érection à mon patron, cela en est resté là.

— Pourquoi lui montrer ta bite ? s’enquit Ethan. Il est tailleur, pas toubib…

— C’était dans un but éducatif, une fellation afin de combler les lacunes de l’enseignement public.

— Et, sinon, vous êtes toujours puceaux ? ajouta Ethan.

— C’est une question de point de vue, fit Jamie, la vie des jumeaux est spéciale. En couchant avec mon frère, je ne sais pas si je le fais avec une autre personne ou avec moi-même.

— Vous avez couché ensemble ? s’étonna Paul. Des frères jumeaux ?

— Évidemment, répondit Taylor. Quelle question bizarre.

Les minutes passaient et je devenais toujours plus nerveux. Mon père vint m’encourager, me dit de rester moi-même sans me poser trop de questions.

À une heure, un domestique vint nous chercher. Nous descendîmes dans les caves où le duc avait fait des transformations et aménagé des salles destinées au plaisir. Seule concession au modernisme, un sas, gardé par une armoire à glace, que nous dûmes franchir après nous être dépouillés de nos téléphones et avoir enregistré notre empreinte pupillaire. C’était nécessaire pour notre tranquillité et notre sécurité. Le duc, qui nous avait accompagnés, refusa que l’agent de sécurité nous déshabillât pour nous fouiller. Il voulait ménager notre pudeur pour cette première fois (en fait, il voulait plutôt mettre en scène lui-même notre déshabillage, comme j’allais le découvrir.).

Mon initiation à Minley Manor commençait.




Je me permets d’ajouter une poésie transcrite de l'ancien anglais qu’un ami m’a aimablement communiquée.

À Minley Manor

On perd jamais l'nord !

On mange du cheddar

Et on s'pompe le dard...