Moeurs antiques (2)


Moeurs antiques (2)
Texte paru le 2006-10-10 par Neron   
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Template-Books.pngSérie : Moeurs antiques

Dans le chapitre 1, nous avons vu Marcus, jeune citoyen romain, choisir un
jeune esclave au forum. À présent, intéressons-nous au point du vue de ce
malheureux...

Depuis l'aube, nous n'avons rien bu. Nous sommes exposés au soleil brûlant, ligotés nus au bord de l'estrade pour montrer nos muscles ou nos fesses, selon le cas. Les coups de fouet pleuvent sur nos épaules maigres et luisantes de sueur. Le maquignon est furieux, car des pirates ont envoyé un lot de Carthaginois vendus à bas prix et les Romains ne nous regardent pas.

J'essaie de faire bonne figure pour être vendu au plus vite et ne pas rentrer à la caserne des gladiateurs où on nous loge le temps de la vente. C'est vraiment trop pénible de servir de pute aux maquignons, aux gladiateurs et même à certains esclaves à qui on permet de tirer leur coup. J'en ai pris plein le cul la nuit dernière, des grosses et des petites, des blanches et des noires, sans compter ce que j'ai dû sucer de glands sales et morveux. Parce que l’on me trouve mignon, j’ai dû aller satisfaire les appétits des gladiateurs désignés pour le combat d’aujourd’hui, il paraît qu’après avoir tiré un coup, ils dorment mieux et sont dispos pour le combat. Le mirmillon, un homme vigoureux et velu, m’a donné sa grosse queue à lécher, j’avais les mâchoires en compote quand il m’a ordonné de me retourner. Un peu inquiet à cause de l’énormité de sa queue, j’ai attendu qu’il me crache sur la raie pour me lubrifier. Son crachat gras et épais sur mes reins m’a fait sursauter, presque autant que son gros gland lorsqu’il a forcé mon trou. L’homme m’a pilonné longuement et a joui en soufflant. Le rétiaire, un géant mince, m’a saisi les hanches et m’a fourré directement sa queue longue et fine; il ne m’a pas fait trop mal, sauf qu’après avoir éjaculé dans mon cul, il a exigé que je lèche sa queue pour le nettoyer. Pendant une bonne partie de la nuit, j'ai été ainsi baisé, allongé sur une table de bois brut, ma queue me faisait mal sous moi.

En attendant qu'un badaud demande à voir mes dents ou mon gland, je gamberge et imagine mon avenir. Sombre assurément... Les anciens, ceux qui ont déjà servi, nous ont raconté ce qui nous attend. En fait, notre sort peut être tout noir ou presque blanc.

Les plus malchanceux partiront trimer dans une mine de sel ou de cuivre où la moyenne meurt en quelques mois de travail épuisant sous les coups de fouet des gardiens sadiques. Le travail est si pénible que les esclaves se battent pour servir de putes à leurs gardiens et ainsi échapper à quelques heures de bagne. En fait, on raconte n’importe quoi à ce sujet, car nul n’en est revenu vivant.

Ceux qui ont une sale gueule, mais de bons bras échouent le plus souvent aux galères, ce qui revient au même, sauf qu'ils sont assis pour souffrir. Là aussi, on peut obtenir un peu de repos ou de nourriture en accompagnant un marin ou un officier dans une cabine ou derrière un tonneau. On dit que les patrons de galères choisissent des garçons mignons pour ne servir qu’à ça pendant toute la traversée.

Les plus vigoureux finiront dans l'arène comme gladiateurs, c'est-à-dire qu'ils devront s'entretuer pour survivre, une sorte de sursis pour la mort. Rares sont les gladiateurs qui sont affranchis et ressortent libres de l'arène.

Il paraît qu'avec beaucoup de chance (il faut donc prier les dieux qu'ils nous l'accordent), on peut être acheté par une famille de Romains ordinaires pour s'occuper des tâches ménagères. Un vieil esclave nous a dit avoir ainsi vécu presque comme un homme libre pendant cinquante ans avant que la mort de son propriétaire le renvoie au marché aux esclaves pour payer les dettes de la progéniture !

Mais on m'a dit qu'avec mon physique de jeune garçon, mon corps musclé d'homme déjà fait, mais mon visage enfantin, j'ai toutes les chances d'exciter la convoitise d'un riche patricien, un de ces notables débauchés pédérastes et sans scrupules qui achètent tout ce qui remue pour le pénétrer avant de le revendre, ou l'envoyer à l'abattoir une fois usé. Il paraît que certains sénateurs sont particulièrement redoutables et que biens de leurs esclaves ont préféré se suicider plutôt que supporter leurs infâmes lubies. Non contents de les utiliser comme femelle (après tout ça ne serait pas pire que ce que j'ai subi dans la litière nauséabonde de la caserne), ils s'en amusent dans des soirées de débauche interminables. On m'a dit que des jeunes hommes ont été châtrés et abandonnés ligotés, se vidant de leur sang toute la nuit par la blessure faite sous leur ventre. D'autres garçons ont été empalés tout vif, leurs bourreaux s'amusant de leurs gesticulations sur le pieu acéré qui ne faisaient que précipiter le déchirement de leurs entrailles. D'autres encore sont morts d'avoir bu trop d'eau, forcés qu'ils étaient d'écluser une pleine amphore jusqu'à ce que leur ventre éclate ; c'était alors à leur compagnon d'éponger les saletés sur le marbre.

Le sénateur Gracchus est connu pour faire monter deux esclaves sur une poutre posée au-dessus du bassin des murènes, on les incite à se battre jusqu'à ce que l'un d'eux tombe à l'eau et meure déchiqueté sous les yeux horrifiés de son vainqueur. L'Empereur lui-même s'amuse à faire enduire de poix des hommes vigoureux avant de les crucifier et de les embraser comme des torches géantes.

Le tribun Maximus utilise ses esclaves comme latrines, les garçons doivent se nourrir des excréments du Maître, il fait même manger des aliments moisis pour les rendre malades et leur donner la diarrhée, aux dépens du compagnon qui doit absorber la merde liquide. Son grand plaisir est d'organiser des duels à mains nues, les esclaves devant se terrasser dans un bain de boue puante, le vainqueur étant sûr d'être fouetté s'il n'est pas totalement couvert de fange.

Maudits Romains, que les dieux les enculent de leur bite de lave, qu'ils leur déchirent les entrailles à tous, eux qui envahissent nos campagnes, anéantissent nos armées, violent les femmes et les filles de nos villages et nous enlèvent pour nous ramener dans cette maudite citée de Rome.


Je suis Thrace, roux de poil, mais mon crâne rasé me fait paraître plus vieux. J’ai les yeux bleus, des dents saines, je suis de taille moyenne, mais je suis assez fort. On palpe mes épaules musclées, puis on lève mes bras chargés de fers pour tâter mes aisselles, enfin on me fait écarter les jambes pour voir mon cul et mes couilles. À croire que les Romains nous achètent comme reproducteurs !

Un officier barbu et borgne examine nos cuisses et nos culs, son haleine pue l’ail, je suffoque lorsqu’il s’approche de moi et écarte mes fesses de la pointe de son bâton de commandement. Je frémis à l’idée qu’il m’encule en public à l’aide de ce cep de vigne. En même temps, ce bois terriblement tordu m’excite et ma queue gonfle douloureusement malgré moi : un anneau de bronze transperce mon prépuce et enferme mon gland, m’interdisant de bander, c’est la punition décidée par le maquignon qui trouvait que j'en avais une trop belle.

Des litières qui restent à l’écart, des serviteurs viennent nous examiner, nous tâter, sans doute leurs maîtres leur ont-ils dit ce qu’il fallait acheter, ils ne veulent pas être vus en train d’examiner un joli garçon pour le mettre dans leur lit. Mais aucun d’entre nous ne leur convient, nous sommes trop jeunes ou trop mûrs, trop musclés ou trop minces.

Un jeune Romain approche de l’estrade, il est beau et mince, pas comme ces gros marchands à moitié chauves, il paraît gentil et cultivé. Si je dois servir un Romain, j’aimerais qu’il lui ressemble. Pourvu qu’il me choisisse, mais comment attirer son attention ? Non, il s’intéresse à mon voisin, décidément ce grand Syrien attire tous les regards.

Le jeune Romain marchande, je suis désespéré qu’il ne me regarde pas, comment attirer son attention ? Le marchand remonte sur l’estrade, il va bien sûr détacher mon voisin, il a de la chance celui-là. Je ne l’aime pas.

Mais je sens que ce sont mes chaînes qu’on défait. C’est donc moi que ce jeune Romain veut ? Les dieux ont entendu ma supplique. C’est le premier jour de soleil depuis ma capture il y a bientôt deux ans. Je me mords les lèvres pour ne pas sourire, je n’ai pas le droit d’être content, je ne suis qu’un esclave. Une nouvelle vie commence...

À suivre...