Moi jeune, toi vieux

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Numéro 67

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 67
Date de parution originale: Novembre 1994

Date de publication/archivage: 2012-10-08

Auteur: François
Titre: Moi jeune, toi vieux
Rubrique: Comment se draguent-ils?

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Ce texte a été lu 6438 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


J'ai vingt-huit ans. Depuis longtemps le sexe a toujours été ma grande préoccupation. J’ai connu ma première branlette avec mon parrain durant les grandes vacances, car j’étais chez ses parents. Le premier jour de mon arrivée, j’ai couché avec lui. Il a pris ma main, m’a fait toucher sa queue - énorme pour moi -, et me guida pour le mouvement de haut en bas. Quelle surprise! Cela sous les draps, mais lorsqu’il a découvert le lit, là j’ai vu! Vous imaginez mon étonnement. En peu de temps, j’ai reçu en plein visage son jet visqueux et chaud. Souvent je repense à cette première fois, et si tu savais, Jean, que quelque fois je me branle en y pensant.

Dernièrement, en vacances en Savoie, un soir je me suis décidé à aller draguer. Ne connaissant pas la ville, j’allais selon ma fantaisie. En peu de temps je trouve l’aire de drague. Après maintes déambulations, je me décide d’aborder un mec grand, bien, très distingué et d’allure jeune. À l'observer plus attentivement, je me rends compte qu’il a bien soixante balais. Nous bavardons, il est sympa.

Que faire et pourquoi pas? Pour une fois! J’accepte son invitation. Son appart’ est bien, plutôt confortable; il m’offre à boire et nous nous installons dans un grand canapé en cuir, face à la télé où il introduit un film X, après me l’avoir demandé. Je vois chez lui une grande délicatesse. Où suis-je tombé en fait? Que fais-je là? Le film m’excite, les gars sont beaux. Je bande. Sa main posée sur ma cuisse monte très lentement en une agréable caresse. Ses lèvres se joignent aux miennes et je réponds à son baiser chaud et profond. Sa main dégage mon sexe de sa prison. Il est dur comme de l’acier. Ses doigts parcourent mon corps. Tourneboulé de sensations, j’en tressaille des pieds à la tête. |e ne sais plus où nous en sommes. Je chavire pour cet homme expert en amour. Il quitte mes lèvres, prend mon chibre en bouche et c’est le délire! Je ne parviens à me contrôler qu’avec difficultés. Nous ôtons nos vêtements et, corps contre corps, cela devient merveilleux. La passion nous saisit.

Quelle douceur et sensibilité dans tous ses mouvement et toutes ses caresses! Ses doigts parviennent enfin à mon œillet qu’il masse très délicatement Un doigt me pénètre, deux, trois. Je me tortille et fais aller mon bassin d’avant en arrière pour mieux le sentir. C’est l’extase! Toujours en bouche, il me suce avec douceur; et sentir qu’il me branle le cul en même temps, je ne me retiens plus, c'est impossible et j’explose. Je jouis comme jamais. À nouveau il m’embrasse. Nos langues se cherchent, s’envoûtent, battent en duel. Progressivement, nos cœurs se calment, nous sommes bien. Lui, la queue raide et belle, cherche délicatement un nid pour se réfugier. J’accepte avec joie en remerciement du bonheur que j’ai reçu. Avec calme, prévenance, tout en tendresse, je sens la pénétration s’accomplir. C’est fait avec une telle douceur que le plaisir revient, et ma queue reprend vigueur. Le va-et-vient me procure une telle jouissance intérieure que je n’en peux plus. Nous sommes dominés l’un par l’autre. Nous ne sommes qu’un. Le mouvement ophidien de nos corps nous apporte le paradis sur un plateau d’argent. En quelques mouvements bien contrôlés, notre respiration au même rythme, nous crions, nous en hurlons. Quelle étreinte! Comme dans l’Amour vrai, à ce qu’on dit.

Nous restons unis par le sexe, reprenant peu à peu notre calme. La paix revient. Nous nous regardons les yeux dans les yeux: un grand sourire, sans paroles.

Nous avons passé le reste de mes vacances ensemble...

Combien je voudrais te revoir, Claude! La vie nous sépare, mais au fond de mon cœur tu as une grande place. Jamais je n’ai trouvé, ni avant, ni après, tant de délicatesse en amour. Savez-vous quel âge avait cet amant de rêve? Soixante-huit ans. Alors? Nous les jeunes, sachons être délicat dans nos rencontres. Le souvenir de ces instants est plus grand, plus beau. Le même lien nous unit et forme ainsi une chaîne d’amitié. Ne repoussons pas toujours les “antiquités”.


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