Mon ami Luc


Mon ami Luc
Texte paru le 2006-07-25 par LM   Drapeau-qc.svg
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  • Vol. 2, no. 6
  • Date : Janvier-Février 1996
  • Rubrique : Fiction érection
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Ce soir-là, j'avais décidé d'aller au cinea tout seul. Assis dans une rangée, les yeux fermés, j'ai entendu quelqu'un qui me parlait: «Est-ce que ça te dérange si je mes ma veste là?» Devant son sourire engageant, je n'ai pas pu refuser. C'est comme ça, banalement, que j'ai rencontré Luc, il y a deux ans environ. La conversarion s'est liée spontanément entre nous et Luc a finalement regardé le film assis à côté de moi. C'était plus pratique pour se parler. Et puis, à la fin de la projection, on est allé prendre un café quelque part.

C'est rendu dehors, sur le trottoir, que j'ai vraiment remarqué la beauté saisissante de mon jeune compagnon. Grand, les épaules larges, le corps élancé et musclé à la fois, la lumière des réverbères brillait dans ses cheveux pâles. En marchant, je me suis dit tout de suite que c'était le genre de garçon dont on peut se faire un ami, à défaut d'être Alain Delon pour devenir son amant. Luc approchait tellement d'une espèce de perfection physique que pour être franc j'en avais déjà fait mon deuil. Peut-être l'a-t-il senti d'ailleurs, car depuis notre relation s'est construite sur une simple et forte amitié. On a souvent raclé les fonds de bar ensemble, sans succès; les gars doivent penser qu'on est en couple, visiblement on s'amuse trop bien tous les deux. Pourtant, très intelligent et sensible, Luc me répète que son apparence l'a privé d'amis sincères. Je pense que c'est la raison pour laquelle il m'a confié hier soir en venant me reconduire chez moi: «Je t'aime beaucoup, tu sais. Normalement les gars ne s'intéressent qu'à mon physique, pas à moi.» Timide, il semblait attendre une réponse. Je lui ai dit que j'étais content de le connaître, je dois avouer que j'avais très envie de le prendre dans mes bras, mais j'avais peur qu'il ne se méprenne sur mes intentions. Je l'ai donc laissé partir sur un simple «bonne nuit!».

Aujourd'hui c'est vendredi et au lieu de sortir on a décidé de se payer une soirée de vidéos à son appartement. Au club, j'ai choisi un bon film d'espionnage tandis que Luc insistait pour louer une «surprise». Une fois chez lui, installé dans un bon fauteuil, Luc s'est gardé d'office le sofa, on a commencé la séance par la fameuse surprise. Luc guettait mon appritbation du coin de l'oeil. «Maudit cochon!» que je lui ai dit lentement, en blague. Ça l'a fait éclater de rires. «Ben quoi! je veux pas que tu t'ennuies avec moi, même si on a pas de sexe ensemble... T'es pas fâché?" J'ai rien contre les films pornos... On a ri. «Je m'ennuie pas avec toi, au contraire!» On a rit de plus belle.

Au milieu de la scène la plus délirante du patron bedonnant recevant dans son bureaui son jeune secrétaire mâle, pas laid en passant, Luc décide d'enlever sa chemise: «Avec la bière, ça me donne chaud ces affaires-là!» me dit-il en riant. Sur ce, il me lance sa chemise en plein visage. Je peux y sentir son odeur mêlée à son eau de Cologne. Avant de la lui relancer joyeusement, je regarde pour la première fois offert à mes yeux, le torse de Luc. Sur ses pectoraux éclairés par le reflet de la télé, des poils très blonds et courts semblent lécher sa poitrine. La pointe dure de ses seins, son ventre plat parcouru de la même pilosité légère qui va se perdre dans son jean entr'ouvert, font que j'ai stoppé mon mouvement. Plus bas, sculpté par le tissu délavé, le sexe de Luc, proéminent, affiche une superbe érection. Je peux même voir à travers son slip visible et distendu, la courbe de son gland. Gêné, je constate que mon rire s'est coincé dans ma gorge. Mon coeur cogne comme une masse. Pensant être automatiquement condamné, je m'arrache difficilement à l'objet de ma contemplation pour regarder Luc bien en face. Soudé à ses yeux bleus intenses, je ne peux que ressentir le profond désir qu'ils démontrent. Tremblant, je reste rivé à mon fauteuil. Sans me quitter du regard, Luc se lève doucement pour s'agenouiller entre mes jambes ouvertes.

Ses mains caressent lentement mes cuisses allant jusqu'à toucher ma verge, puis mon gland que je sens se mouiller sous le plaisir. Après avoir collé ses lèvres chaudes aux miennes, longuement, amoureusement, Luc me dit tout bas: «Depuis longtemps, j'ai cherché à te faire comprendre combien j'ai envie de toi.» Muet, je n'ai pu que l'embrasser pour lui faire entendre mon propre sentiment.

Un peu plus tard, dans sa chambre, pendant que nous faisions l'amour, Luc me soupire éperdument: «Ah! Serre-moi fort... Viens! VIENS AVEC MOI!» Luc frotte sa queue avec plus de force sur mon sexe dur. Il me serre étroitement. Dans ses bras, je m'abandonne à lui tout à fait, son corps brûlant se noue intimement au mien. En le caressant, je lui murmure que je l'aime. Sur ses reins et entre ses fesses, sa peau devient humide et chaude. Son corps m'excite encore plus. Les muscles de son ventre sont tendus vers moi et ses poils trempés de sueur s'entremêlent aux miens. Je transpire aussi, on s'embrasse de plus en plus fort, sa langue fouillant ma bouche. Luc crie et éjacule en premier. Je peux voir les vagues généreuses de son sperme qui jaillissent hors de lui. Son sexe se contracte avec violence. Mon âme explose au même instant et de mon être frémissant, c'est le deuxième jet de sperme épais et immaculé qui vient inonder notre orgasme.

Épuisés, haletants, on s'étreint toujours. Je respire la chaleur de notre passion naissante et l'odeur mâle de notre semence qui flotte autour de nous. Luc, après un long silence, me glisse à l'oreille comme une autre caresse: «Je t'aime...»

On s'est embrassé tendrement.