Mon amour de roady

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Numéro 77

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 77
Date de parution originale: Juillet 1996

Date de publication/archivage: 2014-08-22

Auteur: Christophe
Titre: Mon amour de roady
Rubrique: Nous deux

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Ce texte a été lu 3785 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


C'est à un concert de rock, dans une petite salle où je ne vais jamais, que nous nous sommes croisés. En coulisses, après le spectacle, j’attendais sans trop me faire d’illusions le chanteur du groupe, pour voir si tout ce qu’il trimballe sous son jean de cuir est aussi impressionnant en vrai que vu de la salle. Il est passé comme une flèche et je suis resté comme un con avec deux minettes ados encore plus déçues que moi.

La porte s’est ouverte à nouveau et j'ai entendu une voix grave et rigolarde derrière une énorme enceinte. Je ne vis qu’une main énorme, avec des poils sur les phalanges et de grosses cuisses moulées dans un jean bien délavé. Il a posé son matos dans un camion et m’a balancé en revenant dans ma direction un sourire qui m’a fait complètement oublier le chanteur: quarante ans, grand, des cheveux très noirs frisés avec un peu de gris, des favoris jusqu’au bas des joues, des yeux noirs rieurs et des épaules de déménageur. Il m’a dit d’attendre dix minutes et il est revenu vers moi avec deux Coca à la main.

— Viens dans les coulisses, de toute façon je suis tout seul pour débarrasser le matos.

Je l’ai suivi sans pouvoir dire un mot; il avait l'air d’un déménageur en plein boulot. Le tee-shirt n’était pas très net, les bottes un peu usées, et en plus il n’était pas rasé. Il émanait de lui un charme viril et une insouciance que je n’avais jamais vus, et je me suis tout de suite promis de ne pas lui sauter dessus.

— Tu venais mater le chef?

J’ai rougi sans répondre.

— Tous les pédés viennent tenter leur chance, mais je peux te dire qu’il n’aime pas les mecs, même s’il se fout des jockstraps pendant les concerts pour se faire un plus gros paquet

Il s’est rapproché de moi en parlant m’a touché la joue tendrement comme si j’étais un môme, et il a passé sa langue sur mes lèvres d’un petit coup rapide.

— Faudrait que je prenne une douche mais faut que je finisse. Tu peux m’attendre une demi-heure?

J’ai dit oui de la tête et je l’ai regardé bosser en poussant des râles d’effort quand il soulevait un truc lourd.

Mon envie de lui était telle que je me passais déjà le film de Victor venant vers moi et sortant sa queue pour me la donner à téter. Je m’imaginais le prenant debout contre le mur de béton nu des coulisses; je me voyais me shootant à son odeur, léchant comme un fou les traces de sueur sous ses bras.

Une vingtaine de minutes après, il est arrivé vers moi, un bombers à la main, et il a enlevé son tee-shirt. Non, cette fois je ne rêvais pas. Il se l’est passé sous les bras, m’a tendu la main pour que je me relève et m’a mis la tête contre son épaule nue. Il m’a posé comme un paquet sur une enceinte, a ouvert d'un geste expert ma braguette et avalé ma bite qui ne demandait que ça... C’est un expert de la pipe, il suce comme un roi, ce bûcheron! Il avale à s’en faire péter le gosier et il lèche en faisant tourner la langue. C’est simple, je suis accro à sa bouche, et tous les matins ou presque c'est comme ça qu'il me réveille.

Le premier soir, pour continuer, il passait à une vitesse folle de mon gland à mes couilles, et ensuite il reprenait un va-et-vient très lent, tellement bon que je le suppliais presque d’arrêter. Je m’étais étalé sur le dos, sur cette espèce d’estrade, et il fallait que Victor soit bien grand pour pouvoir me pomper comme ça. Quand j’ouvrais les yeux, je voyais sa peau luisante de sueur sous ses poils noirs, et sa tête pleine de cheveux frisés qui allait et venait entre mes jambes. À un moment, il a accéléré le rythme, a fourragé entre mes cuisses que j’ai écartées tout de suite en grognant quand j’ai senti son pouce humide me pénétrer l’œillet sans délicatesse. C’était trop, ma tête était tombée dans le vide et, alors que Victor me retenait d’une main, j’ai joui en criant. Il me caressa la queue tout doucement comme pour prolonger ce moment, et je crus entendre dans les hauteurs ma voix gémissante de plaisir qui me revenait en écho.

Victor est venu vers moi pour m’embrasser alors que j’étais comme anéanti par ces moments d’extase qu’il m’avait offerts sans même s’occuper de lui. J’avais la tête renversée en arrière, je m’agrippais des mains pour ne pas tomber, j’avais le ventre plein de foutre, le pantalon ouvert et les cuisses écartées, et ce mec ne songeait qu’à venir me faire de petits baisers. Il m’a aidé à descendre et m’a pris la main avant d’attraper son blouson. Sous la lumière des néons, je lui ai trouvé une ressemblance avec Al Pacino, et je suis monté dans son camion en ayant l’impression de vivre un rêve. Ce n’était pas croyable, un mec avec qui on rêve d’une bonne baise bien crade et bien salope, et qui commence par vous faire des câlins. Comme quoi tout arrive...

Arrivé chez lui, Victor s’est déshabillé alors j’étais toujours aussi intimidé. Quand il est passé sous la douche, j’ai trouvé trop con de ne plus pouvoir le regarder, alors j’ai fait comme lui. Ses épaules, son torse ferme, la rangée épaisse de poils qui va de son nombril à sa queue, je connais tout ça par cœur maintenant, mais j’avoue que ce sont ses fesses qui m’ont le plus tenté. Parce qu’elles ne ressemblent en rien aux petits culs tout fermes des magazines, parce qu’elles sont puissantes, pleines de poils, un peu tombantes sur le haut des cuisses et tellement agréables à malaxer, je lui ai mis la langue sur la rosette alors qu'un mince filet d’eau coulait, et en tentant de l'enfoncer, j’ai bien cru dans les premières minutes que je n’allais pas le sauter du tout. Mais il a sorti une boîte de gel de son armoire à pharmacie et en passant et en repassant ma langue, je l’ai senti s’assouplir. J’étais surpris qu’il me tende aussi vite une capote mais je l’ai déroulée et j’ai commencé à m’enfoncer aussi doucement que possible. Il était serré comme une vierge. J’écartai ses fesses charnues et je me suis enfoncé peu à peu dans ce cul de mâle peu habitué aux visites.

C’est lui qui a commencé à bouger son cul, mais il n’a pas tenu très longtemps ce premier jour. Il m’a retourné, et pas besoin de vous dire que son nœud bien dur n'a eu aucune peine à arriver jusqu’à mes entrailles. On était toujours mouillés. Il m’a porté sur son lit, entre ses jeans et ses slips sales, et j’y ai plongé ma gueule en lui présentant mon trou que je tenais ouvert avec mes deux mains. Là aussi, Victor fait de l’alternance. Il lime comme un sauvage, et après il baise bien doucement et c’est ça qui est bon. J'ai envie de me faire troncher de face, alors je me mets sur le dos en tenant mes mollets et en le laissant s’enfoncer de toutes ses forces. Il fourre sa langue dans ma bouche, j’avale la sueur qui tombe de son cou et je crois que nous avons craché au même moment. Je suis empalé sur sa queue, troué, offert à ce superbe morceau de viande; mon trou ne sert qu’à lui faire du bien. Victor et moi, nous nous sommes endormis, et plus tard dans la nuit je l’ai avalé avec la bouche.

Je vais beaucoup plus souvent écouter du rock maintenant; je sais qu’il aime me baiser debout contre une enceinte. Victor accepte aussi de me donner son cul de temps en temps, mais mon plus grand plaisir c’est de le voir, depuis presque six mois sauf lorsqu’il part en tournée, ronfler à mes côtés comme une masse après le plaisir.

Christophe, 23 ans