Mon idéal masculin (3)


Mon idéal masculin (3)
Texte paru le 2004-02-08 par Charles   Drapeau-be.svg
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Template-Books.pngSérie : Mon idéal masculin

Mon beau-frère s'était proposé de nous reconduire à Paris. Il allait en profiter pour faire quelques achats dans la capitale. Comme j'étais seul à la maison, Serge m'avait invité chez lui et je m'étais empressé d'accepter. Je m'étais installé à l'arrière à côté de Serge tandis que Rudy jouait les taximen. Le voyage fut agréable car nous n'avions rien à nous cacher et l'ambiance fut aux révélations. Serge avoua qu'il avait un jour touché une autre queue que la sienne dans des toilettes publiques mais que ça s'était arrêté là. Mon beau-frère, qui avait à plusieurs reprises fait des allusions concernant mes cris de plaisir, lança à Serge:

— En tous cas, mon vieux Serge, tu as vraiment dû lui faire du bien au gamin si j'en juge par ses hurlements! T'es drôlement bien monté ou très doué ou les deux!

— Je crois que c'est les deux, dit Serge avant de partir dans un rire tonitruant.

Mes lèvres se posèrent sur les siennes tandis que Rudy nous lorgnait dans le rétroviseur.

— Arrêtez, les mecs! Qu'est-ce que c'est que cette tenue, hein? Vous allez m'échauffer, là!

La conversation revint régulièrement sur le sexe. Ma soeur ne devait pas être un bon coup et mon beau-frère en souffrait. Je compris qu'un seul geste de moi et... Mais je n'en avais vraiment envie ni besoin. Égoïstement, je me blottissais contre mon amant, Serge.

Nous nous sommes donc retrouvés seuls dans l'appartement de Serge. Un superbe loft avec ascenseur où la lumière entrait pour caresser les choses... Debout, au milieu de son royaume, je contemplais la vie de Serge, ses repères, ses souvenirs et je m'en imprégnais. Lui, face à moi dans sa chaise-roulante, me regardait avec des yeux d'enfant. J'avais l'impression d'être un jouet dont l'enfant avait toujours espéré la venue. Cette année, Père Noël s'était trompé de saison mais pas de cadeau. Serge souriait à faire fondre un régiment d'homos. Craquant le mec! Un rayon de lumière descendait d'une verrière et venait lécher son doux visage à la barbe naissante.

— Tu es beau, lui ai-je dit.

— Ne dis pas d'âneries, a-t-il répondu.

— Je dis ce que je veux, ce que je pense. Tu es beau. Je t'aime. Je t'aime si fort. Je suis là devant toi, à cinq mètres, et j'ai envie de courir contre toi parce que cinq mètres c'est encore trop loin. J'ai besoin de sentir ton souffle sur ma nuque, tes mains sur mes fesses, le picotement délicieux de ta barbe sur ma joue et tes lèvres sur les miennes. Je suis follement amoureux de toi, Serge... et j'ai peur.

Nous restions comme ça, éloigné l'un de l'autre, comme deux imbélices.

— Et, moi, petit con, tu ne crois pas que je suis en train de gamberger? J'étais habitué à cette vie de solitude où les seuls soucis étaient dormir, se lever, manger et se coucher. Et voilà qu'un petit pédé vient bouleverser tout ça et me foutre l'angoisse...

J'ai craqué. Je me suis rué vers lui, à ses pieds et j'ai posé ma tête sur ses genoux. Il me caressait les cheveux:

— Il est toujours temps d'arrêter.

— Arrêter quoi?

— De nous laisser croire qu'il existe un avenir pour un jeune homme séduisant à qui la vie réserve un futur souriant et un mec de 40 berges cloué dans un putain de fauteuil... Le mec de 40 berges ne peut pas exiger que son jeune amant foute sa vie en l'air pour lui. Il est égoïste, le vieux mais il peut comprendre. Ensuite, comme il est égoïste, il refuse de souffrir si un jour...

— Je t'interdis de dire ça.

— Tu m'interdis! Voilà autre chose...

— Je vais te dire un truc, Serge! Le mec de 40 berges, en plus d'être vieux, laid, égoïste et je ne sais plus quoi, il est con... parce que s'il voulait se servir de ses yeux - il peut toujours le faire ça, non? - s'il se servait de ses yeux, donc, il verrait que le jeunot est follement amoureux de lui.

Les lèvres de Serge se sont soudées à celles de son amant. Un long baiser est venu pour ramener le calme et la passion.

— Déshabille-toi ici pour moi! J'ai envie de te voir nu!

— Je te donne ce que tu veux. Après, toi, tu me donneras ce que JE veux!

— D'accord!

Serge l'a regardé se dévêtir sensuellement. Les vêtements jonchaient le parquet et il est venu se planter devant son mec.

— C'est à toi!

— Vraiment à moi? Rien qu'à moi?

— Rien qu'à toi.

— Conduis-moi vers le canapé. Tu veux que je te fasse l'amour, n'est-ce pas?

— Non, je veux que tu me baises... que tu t'enfonces en moi comme cette première nuit où tu m'as pris.

— C'est sur le canapé que je vais te baiser... Je veux ce joli petit cul. Je le veux et je veux l'âme qui va avec... Je veux posséder le tout.

— Tu sais très bien que c'est déjà fait. Tu es devenu ma drogue, Serge, mon amour.

Il a aidé Serge à ôter ses vêtements et à passer dans le canapé. La queue dressée de l'homme n'attendait qu'une chose: entrer dans le fourreau étroit et chaud du garçon. Comme dans un ballet harmonieux et sensuel, leurs corps se sont imbriqués sur le canapé. L'un montant et descendant au-dessus de l'autre. Les mains de l'un sur les épaules de l'autre. Les bouches se cherchaient, s'évitaient, se livraient à un duel passionné. Serge agrippait son amant par la taille et lui donnait une impulsion pour accélérer l'enculade. Le membre turgescent pistonnait la fente ourlée du cul imberbe. Les mains du garçon caressaient tantôt les cuisses tantôt le torse poilus de son maître-amant. Leurs gémissements ondulaient et montaient dans la grande pièce. Ils arrivèrent à l'explosion finale après de longues minutes de frottements lacifs. Le jeune se sentait baisé; l'autre sentait qu'il lui faisait l'amour.

Depuis ce jour-là, des plaintes, des cris, des gémissements remplissent le loft chaque jour et chaque nuit. Serge n'a pas trouvé l'amour mais la vie. Depuis quelques semaines, à l'issue d'un double test HIV négatif et une confiance réciproque, Serge possède son jeune amant sans capote et leur union n'en est que plus forte.

La vie a gagné.



Dernier courriel connu de l'auteur : dirtygayhairy@hotmail.com