Mykonos, un rêve brisé

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Numéro 15

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 15
Date de parution originale: Août 1987

Date de publication/archivage: 2018-02-17

Auteur: Jérôme
Titre: Mykonos, un rêve brisé
Rubrique: Échangisme

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Résumé / Intro :

Une île grecque, une plage naturiste, quatre jeunes-gens. Dans un cadre paradisiaque, une double explosion de passion.


Bruno : je vis avec Jérôme depuis huit ans. Nous travaillons dans la même agence de publicité que nous avons créée lorsque nous nous sommes rencontrés. Nous passons habituellement nos vacances dans des endroits gais, branchés, comme Ibiza ou Saint-Tropez. Il y a deux ans justement, nous étions à Mykonos : c’était l’été, la chaleur était très agréable grâce au vent léger qu’il y a toujours dans les îles grecques. Nous passions des après-midi merveilleux à nous prélasser sur la place de « Super-paradise », la plage gay naturiste de l’île, où nous avons fait la connaissance de Fabrice et d’Olivier.

« Super-paradise » portait bien son nom, c’était la première fois que je passais des vacances à Mykonos. Outre le fait que j’étais ébloui par la beauté de l’île, je l’étais encore plus par tous ces corps masculins se dorant nus au soleil. C’était vraiment le paradis, je me sentais terriblement bien, loin de la vie trépidante de l’agence. Nous sortions beaucoup car notre travail nous permettait de côtoyer beaucoup de gens du spectacle. Mais cette vie nécessite aussi beaucoup de repos, et cette plage était vraiment parfaite.

Jérôme et moi avons trente-quatre ans. Fabrice et Olivier en avaient dix de moins. Pendant que Jérôme se baignait, j’avais échangé quelques regards avec Olivier. Bruns aux yeux noirs, il avait le style mannequin, grand et très bien fait, un corps de sportif qui s’entretient et un visage aux traits parfaitement réguliers. J’étais totalement sous le charme lorsqu’il me décrocha un sourire à damner un saint. Il était à plat ventre et je pouvais admirer tout à loisir son dos en trapèze et ses jambes longues et musclées. Mais c’est surtout son cul qui retint mon attention : deux belles fesses rondes prolongeant parfaitement des reins bien cambrés, et séparées par une fine ligne de duvet brun. Je dus, moi aussi, m’allonger à plat ventre, quelque peu gêné par mon érection. Il faut dire que je suis plutôt bien monté.

Il eut le temps de s’en apercevoir quand je me suis tourné et me sourit, très satisfait de l’effet qu’il produisait sur moi. Je n’avais pas entendu Jérôme revenir de l’eau. Il s’allongea à côté de moi : « L’eau est délicieuse et le paysage semble te plaire, n’est-ce pas Bruno ? »

Le sel de l’eau avait décoloré mes cheveux, leur donnant un reflet doré.

Jérôme : Bruno est un peu timide. J’étais allé me rafraîchir, mais aussi parce que j’avais vu qu’il était très attiré par le garçon brun qui était allongé près de nous sur le sable. C’était de loin le plus beau de la plage. Tout en savourant la température de l’eau, j’avais observé leur petit manège. Je pris un cigarette et en proposai une à notre voisin qui l’accepta. Bruno était subjugué ; cette situation m’amusait beaucoup :

— Vous êtes seul à Mykonos ? Je m’appelle Jérôme, lui c’est Bruno. Et vous ?

— Olivier ; je ne suis pas seul, mon ami a préféré faire de la planche à voile cet après-midi. Je dois le retrouver à la grande terrasse du café sur le port avant de dîner. Vous voulez vous joindre à nous ?

Bruno : Jérôme et moi avions loué une villa près des célèbres moulins sur la hauteur dominant tout le village de Mykonos. Après une douche rapide, je mis mon pantalon blanc et ma chemise bleue comme mes yeux. Le sel de l’eau avait légèrement décoloré mes cheveux en leur donnant un reflet doré. Qui sait ce que cette soirée nous réservait ? Lorsque nous arrivâmes au port, le soleil déclinait, la chaleur baissait, une brise légère passait dans nos cheveux. Les garçons souriaient et bavardaient par petits groupes. Olivier nous accueillit avec son merveilleux sourire.

Jérôme : J’étais amusé par cette situation que j’avais un peu provoquée cet après-midi sur la plage et n’avais pas manqué de taquiner Bruno au retour à propos du charme du bel Olivier ; mais ce fut mon tour d’être troublé lorsqu’il nous présenta Fabrice : il me plut d’emblée ; il était brun comme Olivier mais il avait de grands yeux bleus très clairs envoûtants. Il avait ma taille, en plus trapu. Olivier fit les présentations et nous apprit par la même occasion qu’ils faisaient une croisière sur la mer Egée. Après avoir bu quelques verres d’ouzo, nous décidâmes de dîner ensemble au restaurant des Oliviers. Le vin Retzina délia les langues et nous nous découvrîmes de nombreux goûts communs en peinture et en musique ; ils aimaient beaucoup la vie artistique de Paris et il fut rapidement convenu de sortir ensemble au spectacle et dans quelques boîtes à la mode.

Bruno : Au fur et à mesure que le repas avançait, j’avais de plus en plus envie de faire l’amour avec Olivier. Jérôme qui, visiblement était très impressionné par Fabrice proposa de prendre le dernier verre à la villa. Pendant que ce dernier l’aidait à préparer des glaçons à la cuisine, je m’enhardis à caresser la cuisse d’Olivier assis à côté de moi. Il n’attendait que ça et m’embrassa voluptueusement ; je bandais aussitôt. N’y tenant plus, je lui ai proposé de me suivre dans une des chambres. En fait, tout semblait déjà prévu. En nous rendant vers la chambre, j’aperçus Jérôme à genoux, en train de sucer la queue de Fabrice qui râlait de plaisir, la tête en arrière et les yeux fermés.

Aussitôt dans la chambre, Olivier se précipita sur mes lèvres, en caressant mon torse velu. Il ouvrit ma braguette nerveusement, sortit ma queue et la suça frénétiquement : il malaxait mes couilles de la main gauche tout en me branlant de la main droite, sans ressortir le gland de sa bouche : c’était super ! Mais j’étais tellement excité que je dus l’interrompre pour ne pas jouir trop vite. Nous nous déshabillâmes et il s’allongea sur le lit, les reins cambrés en murmurant : « Prends-moi. » Je lui ai écarté les cuisses au maximum, lui léchant abondamment le cul avant de le pénétrer. Il bégaya de plaisir quand j’eûs joui après l’avoir baisé longtemps. Il aimait beaucoup se faire prendre et je n’avais fait que penser à son cul depuis la plage ; nous étions vraiment complémentaire.

Il s’allongea sur le lit, reins cambrés, en murmurant : « prends-moi ».

Jérôme : la position dans laquelle j’étais me permit à peine d’apercevoir Bruno qui venait chercher à boire au salon. J’étais allongé sur le dos, les jambes relevées, Fabrice me baisait lentement, c’était merveilleux. Après l’avoir sucé longtemps dans la cuisine, je lui avait léché le cul car, comme Bruno, il était très poilu et j’adore ça. Il était accoudé sur la table, le cul tendu, les jambes puissamment musclées, bien écartées. À genoux derrière lui, mes lèvres et ma langue se perdaient dans ses poils ; il souriait en gémissant de plaisir. Très excités tous les deux, nous sommes allés au salon finir de nous déshabiller. Je me suis allongé sur le divan, il m’a baisé avec beaucoup de douceur et ce fut merveilleux de me noyer dans ses grands yeux bleus.

Le jour qui suivit leur départ, tout le village était en émoi. Bruno chercha à savoir ce qui se passait et il revint affolé à la villa : un navire s’était échoué sur des rochers pendant la nuit, il avait sombré très rapidement, aucun passager n’avait pu être sauvé : c’était le bateau sur lequel Fabrice et Olivier faisait leur croisière. Bouleversés par cette nouvelle, nous avons décidé d’écourter nos vacances et de rentrer à Paris, trop accablés pour rester plus longtemps. Il nous arrive souvent de penser à eux en regardant nos photos. Cette aventure aura été aussi merveilleuse que courte, hélas !

Jérôme, 35 ans. Bruno, 34 ans.