Notre agent à la "Banane"

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Numéro 24

Texte d'archive:


Archivé de: Nous – Numéro 24
Date de parution originale: inconnue

Date de publication/archivage: 2014-08-13

Auteur: inconnu
Titre: Notre agent à la "Banane"
Rubrique:

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Comme on dit dans le jargon, c’était un lieu-dit. Ce café avait été surnommé "Banane” dans le quartier à cause du nombre de queues qui y entraient tous les jours pour s’y faire allègrement sucer.

— Il y a tellement de mecs qui y passent par jour qu’on a l’impression d’un défilé de régimes de bananes roses! Me sortit un concierge du voisinage.

Petite casquette noire de cheminée, mégot éteint collé à la lippe, monsieur Nicolas était le parfait prototype du logeur de grand immeuble. Bavard et l’oeil pétillant, il devait être la mine de renseignements du quartier. Il en va ainsi pour tous les privés. La première personne à interroger est toujours un concierge. Ce sont les bibliothécaires de la vie quotidienne, des sortes d’agents de renseignements bénévoles. C’est cette première leçon que j’appliquais lorsque je posais quelques questions à monsieur Nicolas.

— Vous êtes là pour le meurtre? Me demanda-t-il, le regard en coin, sûr d’avoir vu juste.

— Oui, c’est ça. Vous avez assisté à la scène?

Monsieur Nicolas soupira d’aise:

— Non, je dormais à ce moment-là. Vous savez, le boulot que je fais est suffisamment pompant pour m’empêcher d’être sujet aux insomnies. Les escaliers, la plomberie, le jardinet... J’ai juste été réveillé par la sirène du car de police! C’était à trois heures un quart précises. Si je m’en souviens, c’est parce que j’ai jeté un coup d’oeil à mon horloge. C’est une manie chez moi, le temps qui passe! Il faut que je décompte ma vie...

Il ralluma son mégot.

— C’est tout ce que vous avez à me demander?

Il regardait ailleurs, les paupières mi-closes. Je suivis son regard. C’était sans intérêt. Il contemplait, rêveur, un coin de ciel bleu qui se découpait entre les toits.

— Pourquoi? Vous avez autre chose à dire?

Il ne répondit rien. Il se tenait debout dans ses charentaises dont l’état de dégénérescence me laissa penser que c’étaient ses chaussures de travail. Je l’imaginais ôtant ses pantoufles au moment de se coucher. Les semelles coagulées par sa transpiration devaient rester fixées par plaques à la plante de ses pieds moites. Monsieur Nicolas ne lâcherait le morceau qu’avec un froissement de billets dans l’oreille.

— Tenez! Lui dis-je en tendant vers ses mains un billet de 1000 balles.

Le patron m’avait prévenu qu’il était hors de question de mettre les bakchichs sur ma note de frais. "Débrouillez-vous pour récolter les informations gratis!" M’avait-il lancé de son bureau.

Je venais de perdre le solde de ma matinée, d’un coup. J’attendais le tuyau.

— C’était hier après-midi! N’en dites rien à ma femme, mais je suis rentré à la Banane. J’avais une touche avec un jeune gars de l’immeuble. Il voulait bien me sucer ou se faire enculer mais il tenait à ce que ça se fasse à la Banane. Question d’ambiance... Me disait-il. Il s’appelle Michou. C’est un étudiant en Philo. Si vous passez par le bar tout à l’heure, vous le reconnaîtrez facilement. Il a une boucle d’oreille en forme de suppositoire. Lui me prétend que c’est un modèle réduit d’Appolo X. Mais j’ai vu tout de suite que c’était un suppositoire. Que voulez-vous? Quand on souffre de constipation chronique, on finit par faire la différence entre une maquette de satellite américain et une fusée anale. Je prétextai à ma femme une course de bricolage dans le quartier et suivis de quelques minutes Michou à la Banane. Il y avait une fumée incroyable dans l’établissement. Immédiatement je me cognai à un gars vautré dans une banquette de velours qui avait son pantalon sur les chevilles et se faisait tirer le jus par un vieil homo édenté. Celui-ci devait avoir un sacré rhume parce que toutes les deux secondes, il retirait le gland de l’autre hors de sa bouche baveuse pour pouvoir respirer à l’aise. Le type qui se faisait tailler une pipe poussa un juron. Plus tard, j’appris par Michou que le gars s’appelait Freddy et que c’était un dur, dans tous les sens du terme. Dans la bousculade, un flingue tomba d’une poche de son veston. Je fis semblant de rien et continuai à chercher mon petit étudiant.

Monsieur Nicolas fit une pause...

— Vous êtes sûr que ma bourgeoise ne saura rien? Parce que, sinon, je m’arrête-ià...

— Mais voyons, monsieur... Heu, monsieur?

Il rouvrit la bouche et de la cendre tomba de son mégot allumé.

— Victor, monsieur Victor! C’est comme ça qu’on me connaît dans le quartier!

Je l’assurai de mon silence et de ma discrétion, sachant pertinemment bien que si son témoignage s’avérait vital pour la suite de l’enquête, la réputation de ce petit concierge s’effriterait d’une seule masse dans le quartier.

— Continuez maintenant, je vous en prie...

Il se taisait et je sortis de ma poche un autre billet de 1000 balles. Je venais de perdre le salaire de mon après-midi.

— Vous n’allez pas jouer le taximètre pendant toute notre discussion, j’espère!

— Oh non, monsieur! Mais qu’est-ce que vous voulez! C’est pas toujours le silence qui est d’or! Ce que j’ai à vous dire, ça vaut une belle pépite de 24 carats, pour sûr...

Il continua.

— Le type qui ramassa son revolver n’y vit que du feu, si j’ose dire. Il ne savait pas que je savais, comme on dit dans les romans policiers intellectuels. Je ne m’en préoccupai d’ailleurs pas parce que moi-même j’ai une pétoire à la maison. Ces objets-là ça ne m’impressionne pas. Vous savez, on dit toujours qu’il faut avoir un petit pois chez soi. Moi je préfère un pétard à six pruneaux, c’est moins vorace qu’un berger allemand et ça ne mord pas les mollets du facteur quand il vient trinquer dans ma loge! Je trouvai assez rapidement Michou. Il m’attendait dans un sofa du fond. Moi je bandais comme un terroriste enfermé dans un quartier de haute sécurité. Ma trique faisait une fameuse bosse dans mon falzard. Quand je fus assis, Michou dégrafa tout de suite mon pantalon. En surgit ma queue toute rose, prête à l’action. Elle était tellement au garde-à-vous qu’elle aurait mérité sa place dans le corps d’élite de l’armée de terre. Michou la prit en main et commença de me branler. Il avait des mains fines et élégantes, d’un blanc légèrement farineux et quand ses doigts venaient m’effleurer le gland, je sentais mes bourses prêtes à exploser et à décharger tout leur jus. Michou baissa la tête vers mon chapeau chinois et engloutit derrière ses lèvres juvéniles toute l’épaisseur de ma queue. Quelle chaleur y avait-il dans son four! Je rebande rien que d’y penser. Michou avait une manière de saliver sur mon piston, de laisser sa bave dégouliner jusqu’à la racine de mon engin, d’aller la rechercher d’un bon coup de langue. Et puis, ses mains qui me pressaient suavement les couilles. Il s’y connaissait, le petit con! À un moment, Michou, tout en continuant de me tailler une pipe, se mit en tête de baisser son propre froc...

— Mais pourquoi vous me racontez tout ça? Je ne vois pas le rapport avec ce qui m’intéresse...

— On y vient, on y vient... Chaque chose en son temps. Le pantalon de Michou se trouva rapidement auprès du mien. Il avait le cul à l’air. Je n’avais qu’une envie à ce moment, c’était de changer de position et de lui foutre ma queue dans le derrière. C’était ce qu’il voulait aussi. Autour de nous, il y avait des dizaines de types qui faisaient de même. Il y avait des bites dures et molles un peu partout, des sèches et des juteuses, il y avait des bouches moustachues écartelées par la présence de glands dans leur intérieur humide et chaleureux, ça sentait le foutre frais à un mètre. Je retournai Michou sur le divan. Devant moi s’étalait tout le panorama de son superbe cul d’étudiant en philo. Il avait des fesses d’une douceur extrême, presque mielleuses. Leur peau en était finement granulée. La raie de son cul était d’un dessin parfait, partageant sa croupe en deux demi-lunes de dimension identique, avec dans la fente un de ces duvets, un de ces duvets...

Monsieur Nicolas commençait à m’agacer avec ses détails réalistes. Surtout que sa relation des faits m’embarquait tout doucement dans une excitation qui n’avait plus rien à voir avec mon enquête. Comme les flics qui ne boivent pas pendant le service et refusent un verre avec un air d’enfant malheureux, moi je devrais refuser d’empaler qui que ce soit dans le bar "La Banane" en murmurant nerveusement: "Non merci, pas pendant le service!"

— Un de ces duvets. Plus bas pendaient ses bourses, deux belles bourses gonflées de sperme. Je m’agenouillai derrière Michou dont l’anus émettait un curieux mouvement aspirant dans le vide, impatient d’avaler ma trique. Je le maintins des deux mains...

— Évidemment, vous n’êtes pas une pieuvre! Venez-en au fait!

Le concierge rumina sa cigarette.

— Mais je ne suis pas non plus manchot. Il faut bien que je précise. C’est ça le sel du réalisme! Michou se blottit dans le creux de mon ventre, cherchant du cul ma queue brandie. Il ajusta son trou de balle contre mon gland. Puis fit un brusque mouvement basculant des reins. Il s’empala tout seul sur ma trique. J’entendis Michou qui gémissait, apparemment aux anges. Je l’étais aussi et même plus! C’était le septième ciel! De temps en temps, je jetais un coup d’oeil à l’assistance. Ça m’excitait plus que si j’avais loué une cassette porno classée X. Tous ces types se tringlant allègrement, ces jérémiades de baise, ces cris visqueux qui se répandaient autour de moi. Je n’avais jamais senti ma queue aussi puissante. J’allais et venais dans le cul de mon étudiant. Par grandes vagues submergeantes. Par de larges mouvements des hanches, je lui défonçais les intestins. Je sortais ma queue presqu’entièrement de son trou de balle puis y replongeais jusqu’à la racine. Ma toison du pubis se frottait alors à sa fente, à sa rainure poilue. Je n’avais pas besoin de lui agripper les reins. Il se dandinait tout seul comme une oie autour de ma colonne, essayant de l’écraser de ses muscles intestinaux, de la faire ployer dans son ventre. Mais rien n’y faisait! J’étais le plus fort! Qu’est-ce que vous voulez! Un concierge c’est costaud, ça porte des colis, des meubles toute la journée! Ça ne casse pas comme ça, d’un simple coup de baguette magique! Dans notre étreinte, je renversai quelques verres pleins de bière qui traînaient sur la table basse et même un cendrier plein de mégots...

Par associations d’idées, Monsieur Victor ralluma sa cigarette qui s’était éteinte pour la huitième fois consécutive.

— Pf... Pf... Je continue! Michou me supplia alors de lui décharger ma glu dans le cul! Il m’implorait presque, je sentais son anus me retenir, essayer de me branler frénétiquement par de petites succions très puissantes. Un peu comme dans un flirt, vous voyez, quand la fille aspire la langue de son copain dans sa bouche, la tirant presque jusqu’à lui faire mal. C’était la même chose. Michou, le petit étudiant, avait soif de mon sperme. Vous savez, je suis bon prince! Alors qu’est-ce que vous auriez fait à ma place, je vous le demande?

— Et bien, ma foi, j’aurais fait la même chose, je lui aurais éjaculé mon foutre dans le derrière, je suppose....

Qu’est-ce que je venais de dire. Mon patron m’envoyait faire une enquête sur le terrain de ce bar homo et voilà que je me mettais à dérailler, presque à donner des conseils de baise à ce foutu concierge Marie-Pipelette comme on ne peut pas les inventer. En plus, ma queue de détective amateur avait singulièrement augmenté de volume...

— Euh... Continuez, continuez! Lui dis-je sur un ton que j’essayais de rendre autoritaire et professionnel.

— Et bien oui, j’ai fait comme vous dites! Michou appelait au secours et j’allais pas le laisser en rade comme ça! J’ai bloqué son cul, j’ai englouti ma queue jusqu’au fond de son petit cul et quand je fus sûr qu’il n’y avait pas moyen d’aller plus loin, tranquillement mais en beuglant tout de même, je giclai mon jus dans son cul, tout mon jus, jusqu’à la dernière goutte. Quand je retirai ma bite échaudée de son anus, elle était poisseuse de foutre comme ce n’est pas permis... Voilà, c’est tout! Intriguant non? Cette histoire de flingue?

— Quoi?! C’est tout?

Je pris congé, furax. Je m’installai au volant de ma voiture et déboutonnai discrètement ma braguette...