Notre histoire (01)


Notre histoire (01)
Texte paru le 2013-10-10 par Sylvain68   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Notre histoire






Avis au lecteur : l’ensemble de nos récits sont authentiques et constituent l’histoire réelle de notre couple et de nos vies sexuelles.
C’est un exercice d’écriture réalisé à deux, qui se veut sincère, et qui correspond à un désir de raviver ensemble nos bons et
moins bons souvenirs, maintenant que nous avons atteint une certaine maturité. Bien-sûr, nous nous attardons sur les scènes
de sexe (l’écriture est un piment pour notre couple…), en les décrivant avec tous les détails dont nous nous rappelons, ou telles
qu’elles se sont très probablement passées, compte tenu de nos appétits de l’époque. Même chose pour les dialogues, reconstitués,
mais fidèles à l’esprit du moment. Bonne lecture. Sylvain et Louis, sylvain5468@yahoo.fr

Par Sylvain

Je suis né en 1968 dans une petite ville de Lorraine, grise et peu attrayante. J’ai eu une enfance globalement heureuse, mais assez coincée, et complexée. Mes parents étaient plutôt traditionnels (catholiques pratiquants) et, tout en étant très bon élève, j’étais toujours anxieux, introverti, et paralysé à l’idée que l’on se moque de moi. Je me suis très tôt plongé dans les livres, et travaillais consciencieusement à l’école. Quelques amis pas plus. Deux frères plus âgés avec qui je n’avais pas d’affinité particulière, ni de points communs.

Quand ai-je pris conscience de mon homosexualité ? Difficile à dire. Je n’ai jamais été attiré par les filles, et c’est quelque chose que j’ai réalisé très tôt – je n’ai d’ailleurs jamais couché avec une fille, on le verra dans cette histoire. Je pense que mon premier émoi érotique remonte à l’âge de 11 ans. J’ai choisi judo comme option en EPS, et nous nous rendons au club le mardi après-midi. Je n’aime pas le sport, je ne me sens pas à l’aise dans mon corps, mais je n’ai pas le choix. Les douches sont collectives, et je suis fasciné de voir l’un de mes camarades nu. Les autres ne m’attirent pas particulièrement, mais Jérôme – c’est son nom – attrape mon regard, surtout son dos et ses fesses. Au cours des mois qui suivent, je suis assidu au cours, et malgré ma pudeur, ne manque pas une douche collective. Jérôme devient un ami, mais je n’ai pas de conscience de mon homosexualité. À l’époque le concept m’est un peu inconnu. De toutes les façons, c’est tabou à la maison et dans les médias à cette époque. Et puis, je me renferme en me disant que ma priorité, c’est de faire de belles études, d’avoir une belle carrière, pour échapper à ma famille modeste, et à cette ville que je n’aime pas. Refoulement total.

J’ai commencé à avoir des éjaculations nocturnes à la puberté, mais c’est vers l’âge de 16 ans seulement que j’ai commencé à me masturber, en pensant à d’autres garçons. Alors que les booms[1] battent leur plein, et que mes camarades, même les plus coincés, commencent à embrasser des filles, je me cantonne dans mon rôle du premier de la classe qui préfère étudier. Bien entendu, je prends conscience de ma différence, mais je l’enterre bien en moi. En fait, je ne veux pas être homo. Pas tant pour des raisons morales, mais par peur des moqueries. Je veux être comme tout le monde. J’ai aussi très peur que tout cela me fasse dévier de mon objectif premier : mes études. C’est donc un adolescent vierge, solitaire, noué et refoulé qui obtient son bac avec mention très bien, et s’inscrit en classes prépas en septembre 1986.

Mes années de prépa, comme pour presque tous mes camarades, sont synonymes de travail, d’enferment, sans aspiration sexuelle (seule la masturbation permet de se soulager). Toutefois, je deviens plus ouvert socialement. Je me fais de bons amis, et quelque part, je suis heureux. Le labeur dure trois ans dans mon cas. À 21 ans, j’intègre une grande école d’ingénieurs à Paris.

Les premiers mois de liberté sont difficiles. Je suis partagé entre soulagement (le temps libre pour lire, et enfin visiter Paris), et l’angoisse de me retrouver face à mes frustrations et désirs inavoués et inassouvis. La peur me hante, la honte aussi. Ma frustration sexuelle augmente, mais la seule chose qui me retient maintenant c’est la peur. Peur du sida, peur de me faire agresser, peur d’être marginalisé et de ne jamais pouvoir faire carrière. À cela s’ajoute un léger complexe sur la taille de mon sexe. Ma connaissance du milieu homo est nulle. Je passe devant les bars et les sexshops sans jamais oser rentrer. Je me contente d’acheter des magazines pornos et de me masturber.

Un jour, je brûle de savoir ce que l’on ressent à être sodomisé. Je m’introduis un stick de colle dans l’anus. La sensation de pénétration n’est pas désagréable, cela me plait, mais ne mène pas jusqu’à l’orgasme.

J’ai maintenant 22 ans et ma frustration devient énorme. Je finis par me dire qu’il faut que j’essaie les boîtes gays. J’ai horreur des boites, du bruit, de la fumée, mais comme je n’ai pas le courage de ramener quelqu’un dans ma piaule, ou de suivre quelqu’un chez lui, c’est la seule solution pour consommer « sur place », sans risque.

Je jette mon dévolu sur le Boy’s et c’est là que j’ai eu mon premier rapport oral, lors de ma première visite, c’était en juin 1990. Je n’ai jamais su son nom. Il était brun, une barbe courte. Je me souviens qu’il m’avait attrapé, et que je l’avais suivi aux toilettes. Il m’a dessapé et m’a sucé à toute vitesse sans un mot. Ce n’était pas confortable, sale par terre, mais le contact de sa bouche et sa langue sur mon sexe a été extraordinaire. Je lui ai demandé d’arrêter au bout de quelques secondes car je ne voulais pas jouir tout de suite, et je n’étais pas loin d’exploser. Je me suis mis à genoux pour le sucer. C’est alors que j’ai ressenti ce goût acre du sexe de l’homme pour la première fois. J’ai adoré, je n’en revenais pas à quel point j’aimais la sensation. J’ai sucé comme un gourmand pendant plusieurs minutes. Il m’a demandé si j’avalais, ce qui m’a vraiment dégoûté, ça a du se voir sur mon visage. Il n’a pas insisté et s’est branlé sur mon t-shirt. Je me suis branlé en même temps et j’ai joui sur le sol. On s’est quitté sans un mot. Aussitôt après, j’ai quitté l’endroit. Je me souviens d’un immense soulagement et d’une énorme fierté. J’étais quelque part réconcilié avec moi-même, avec mon identité. Le masque était tombé. J’étais homo, j’avais enfin une identité sexuelle. J’avais obtenu ce que je voulais. Je ne suis plus jamais retourné au Boy’s.

Cela peut paraître très étonnant, mais après cette première fois, je n’ai pas eu envie de recommencer tout de suite. Une énorme pression venait de retomber. J’étais fier de moi, content de moi, et ne voulait pas m’imposer cet effort. Je suis ensuite parti en Côte d’Ivoire pour un stage dans une société d’assurance durant l’été 1990. Expérience magique. Premier grand voyage. Le charme incroyable de l’Afrique.

Mon patron local, Claude est installé en Afrique depuis longtemps. Il est marié à une Ivoirienne. C’est un bon vivant, gouailleur, la cinquantaine et qui a bien roulé sa bosse en Afrique. Quelques jours après mon arrivée, il m’emmène dans un bar appelé « L’île aux pirates ». On s’assied au bar, et deux filles viennent se placer à côté de nous. Je comprends. Ma voisine pose sa main sur ma cuisse. Claude se marre.

— Vas-y c’est moi qui t’invite.

La fille me passe la main sur la braguette et me caresse. Je ne bande pas. Je suis incroyablement mal à l’aise. La fille lance : « il ne bande pas ton copain, chef »

— T’es pas puceau quand même, Sylvain ? lance Claude incrédule.

— Non, non, je suis gêné c’est tout, bredouille-je.

— T’es pédé ?

— Non, non, je réponds.

— Ils ont des mecs aussi si tu veux.

— Non, Claude ça va ; amuse toi sans moi.

Et il se retire avec sa voisine, me laissant seul avec la mienne, qui veut quand même bien me faire la causette.

Claude est mon mentor durant mon stage, c’est un personnage complètement décomplexé. À son contact, et l’exotisme de l’Afrique aidant, je finis par faire sauter le verrou moral de la prostitution. Je lui demande s’il peut me passer des préservatifs car j’ai envie de retourner à « L’île aux pirates ». Il m’en donne une boite entière, en me disant de bien m’amuser. Il me donne aussi du lubrifiant, en ajoutant : « ça te sera utile, tu verras, les filles ne mouillent pas ». Il me donne ce que je pensais devoir me procurer avec difficulté par ailleurs. Est-ce une coïncidence, ou une façon déguisée de me dire qu’il sait que j’y retourne pour un garçon, et non une fille ?

Le samedi qui suit, j’ai les mains moites et la gorge nouée quand j’entre dans la chambre avec Tom – c’est son nom. Il est plutôt agréable à regarder, et il doit avoir 20 ans environ. La pièce est un peu sordide, un grand lit avec un simple drap, une lumière terne, et une douche branlante dans un coin. Tom commence à se déshabiller lentement, mais j’ai envie de le faire moi-même, et je le mets tout nu. Il est légèrement plus grand que moi, mince et musclé. Son corps est très beau, mais il ne bande pas. Je me déshabille et nous passons sans un mot sous la douche. Le silence ne me gêne pas, je suis trop concentré sur l’instant, sur la vue et l’odeur de sa peau. On se lave l’un l’autre. Je bande dur déjà. Je passe les mains sur son corps et j’embrasse timidement son cou et ses épaules. Il se laisse faire. On s’allonge alors sur le lit. Il se met sur le dos, et s’offre à moi sans bouger. Mes mains caressent doucement son corps. Je touche et j’embrasse la peau nue. Je me sens bien. C’est la première fois où je vais « faire » l’amour. J’embrasse sa bite et ses couilles, je re-goûte à cette odeur mâle. Je le prends en bouche. J’aime ce goût, j’aime sentir qu’il est en moi, qu’une partie de son corps me pénètre.

Il finit par durcir un peu après quelques succions. Il ferme les yeux et a passé ses mains derrière la nuque. Sa passivité ne me gêne pas. Je suis tout à son corps. Je monte ensuite à califourchon sur son torse et lui offre ma queue raide. Sans un mot, il pose ses mains sur mes fesses, et me suce mécaniquement. Je caresse sa tête, ferme les yeux, puis me touche les tétons du bout des doigts. C’est magique. Je me sens bien, nu, à genoux, libre, le corps enveloppé de moiteur, et un plaisir fort à l’extrémité de mon sexe. Il accélère. Je sens le plaisir monter. J’ai peur de jouir, et lui demande de ralentir. Je retourne embrasser son corps, le baiser et le couvrir de caresses, sentir ses formes et ses muscles sous ma peau. Je le veux encore davantage. Je veux être en lui.

Je me lève et sors un préservatif et le gel de ma poche. Nous n’échangeons pas un mot. Je lance le gel sur le lit, et pendant que j’enfile la capote, il s’est calé au bord du lit, a écarté les jambes et se met du gel sur l’anus. Il se doigte. À la vue de se corps nu qui s’offre à moi, de cette position d’offrande, je bande plus fort. Ma queue est verticale. Ma main la place contre son orifice et commence à forcer l’entrée. Il a placé les mains derrière les cuisses et ferme les yeux. Je force et rentre. Il grimace. Je m’inquiète.

— Ça va ?

— Oui, continue.

Je suis en lui. Je n’en reviens pas. Je sens une libération incroyable. Je suis en lui, je fais l’amour à un homme. Pour la première fois, j’ai l’impression de savoir qui je suis. La sensation physique est fantastique. C’est chaud et serré. La pression sur mon pénis me donne tellement de plaisir. Je commence de lents va-et-vient en lui, qui ne font qu’accentuer mon plaisir. J’observe ce corps, joli et musclé, qui me donne du plaisir. Il pousse de légers soupirs. Je continue, et me concentre sur mon plaisir. C’est un rapport égoïste. Je suis là pour recevoir des sensations. Je continue mes mouvements. J’ai pris ses chevilles dans mes mains et écarté ses jambes davantage. Mon plaisir en est accru et j’accélère mes mouvements. Le plaisir monte vite, je ralentis pour ne pas exploser, mais je ne peux me contrôler et je jouis, les yeux fermés et la bouche entrouverte. Mon plaisir est immense. Je suis heureux et fier. Je reprends mon souffle avant de me retirer.

On se quitte, comme on a commencé, sans un mot. Je lui donne le double de ce dont nous avions convenu. Je sors heureux, soulagé, fier : j’ai fait l’amour pour la première fois. Je sens un léger remords d’avoir eu recours à la prostitution. Je me soulage la conscience en me disant que j’ai été doux avec lui. Des années plus tard, la culpabilité me reviendra de temps en temps, comme un mauvais songe.

J’y retourne la semaine suivante. Je me vois tel un jeune d’un siècle passé, faisant son apprentissage avec des prostituées. Cette fois je veux me faire sodomiser. Je brûle de savoir ce que l’on ressent. Je brûle de lever ce mystère du plaisir homosexuel. Le garçon est le même. Le rituel est le même, avec peut être des gestes un peu plus rapides. Après un échange de fellations, je le veux en moi. Je me suis bien lavé avant – j’ai horreur des risques liés à la chose.

Je me lubrifie et l’attend jambes écartées au bord du lit, comme lui pour moi la semaine passée. Il presse son gland contre mon anus, qui rentre progressivement en moi. J’ai mal, ça tire et ça brûle. Je lui dis que j’ai mal. Il se retire, mais je lui demande de recommencer. Il me pénètre à nouveau. J’ai toujours mal mais lui demande de rester en moi. La douleur descend. Je me détends. Je suis fier de moi. J’ai enfin une bite dans le cul. Je ne suis plus puceau. Tom bouge en moi, je ne ressens plus de douleur mais pas de plaisir physique non plus. Par contre, j’adore la sensation psychologique de la pénétration – j’aime qu’il soit en moi, qu’il me « fasse » l’amour. Je lui demande de se pencher vers moi. J’embrasse ses épaules et caresse son dos et ses fesses, pour accentuer le contact physique entre nous. Il accélère ses mouvements et je me branle en même temps jusqu’à jouir sur mon ventre. Je repars content. Je réalise que j’aime le sexe, qu’il n’y a rien de mal, que ce n’est que du plaisir. Je rêve déjà à d’autres plaisirs, d’autres positions, et à tout ce qui reste à explorer.

Au cours de mes deux mois à Abidjan, je retourne encore deux ou trois fois à « L’île aux pirates », servi cette fois par un autre garçon. Je rentre Paris avec peu de remords, et un sentiment de plénitude. L’activité sexuelle m’a confirmé et réconcilié avec mon identité sexuelle. Je suis davantage en paix avec moi-même… mais pas encore en paix avec la société. J’ai encore peur de la réaction des autres, et je ne suis pas du tout décidé à faire mon coming out, encore moins à m’installer en couple avec un homme. La carapace s’ouvre, mais très lentement.

À mon retour d’Afrique, mon appétit pour le sexe augmente, mais je l’assouvis en achetant des magazines et cassettes pornographiques. Je me masturbe tous les jours. Ma peur de me rendre dans des endroits gays s’est dissipée, mais j’ai toujours peur qu’un parent ou un ami découvre mon homosexualité. La communauté gay, le militantisme, ne m’intéressent pas non plus. Je suis très difficile dans mes choix. Je n’aime pas les homos efféminés (c’est toujours le cas). Bref, je suis encore au fond du placard… Je vis donc l’essentiel de ma sexualité par procuration, à travers la pornographie. Les mecs qui m’attirent le plus sont les acteurs pornos.

Une fois diplômé, je me consacre pleinement à ma carrière, ce qui maintient mes pulsions sous contrôle. Bien sûr, j’ai quand même des rapports sexuels occasionnels. J’ai besoin de temps en temps de sexe réel, quelques fois par an. Je fréquente alors les saunas parisiens. La drague ne m’intéresse pas, je ne cherche pas l’amour, juste le sexe. J’y apprécie le cruising, et les regards qui se croisent sans un mot, les codes, les signes. Au début, j’ai eu la tentation de fréquenter les saunas assidûment, mais j’ai passé tellement d’heures à ne pas trouver le mec idéal (je suis difficile…), que je finis par ne m’y rendre qu’en cas de fortes pulsions.

C’est dans les saunas que ma sexualité mature, j’y découvre les nouvelles positions, mais je reste assez conservateur dans mes pratiques. Je suis sensible à l’hygiène. Pas de rimming, de facial. Je ne goûte pas au sperme. Cela fait partie de mes fantasmes, mais je n’arrive pas à franchir le pas. Les fellations et la sodomie suffisent à mon plaisir. Mes goûts en termes de types d’hommes s’affirment et se polarisent. D’un côté, j’aime les mecs musclés, d’allure hétéro, de mon âge ou plus âgé, pour lesquels j’aime être passif et dominé. De l’autre, les mecs plus jeunes, imberbes, et plus petit que moi en taille, avec lesquels je préfère diriger les opérations et être actif.

J’ai oublié presque tous les visages de ces visites dans les saunas. Un seul reste vive dans ma mémoire. C’était quelques mois après mon retour de Côte d’Ivoire. Je suis assis dans le sauna suédois, en train de transpirer depuis un moment, quand un asiatique entre. Il est jeune, beau, la peau assez claire, tel que je les imagine dans mes fantasmes, en un peu plus grand et musclé. Il est difficile de lui donner un âge. Nos regards se croisent. Il vient s’asseoir à côté de moi. Sa main est posée sur le banc juste à côté de la mienne. Son petit doigt vient toucher le mien. Je lui réponds positivement. Je me lève et il me suit vers les douches. Les serviettes tombent et je découvre un corps mince, imberbe et musclé. Je bande. Nous prenons une douche collés l’un à l’autre, tout en nous caressant et nous embrassant à pleine bouche. Un mec me touche, et veut se joindre à nous. Je le repousse du bras.

Je m’enferme avec mon amant du soir dans une backroom petite et obscure. Je me mets à le caresser et l’embrasser partout. Sa peau est incroyablement douce et lisse, c’est un régal. On se suce pendant un moment, mutuellement et en 69. Il me dit ensuite qu’il est actif et qu’il veut m’enculer. J’aurais préféré l’inverse, mais cela ne gêne pas. Je n’ai pas été passif depuis mon retour d’Afrique. J’appréhende, mais je suis un peu excité. Je le laisse prendre le contrôle et il me fait mettre à quatre pattes. Cette position de soumission, vue tant de fois dans les films, m’a souvent fait fantasmer. Je sens le contact du plastique sur mon trou. Il entre, je grimace. J’ai mal mais ne dis rien. Je lui demande d’y aller doucement. Il y va en douceur.

Je retrouve cette sensation que j’avais aimée. Il est en moi, j’aime ça. Je sens son corps bouger en moi, contre moi. Nous corps sont réunis. Très vite, et contrairement à la première fois, je ressens un plaisir physique à l’intérieur de moi. Je m’aperçois que je bande dur. Je lâche des soupirs, des « ah » et des « oh » sans le vouloir. Je ne m’attendais pas à ça. Je n’attendais à ce message envoyé par mon corps. Je lâche un « oui, c’est bon, continue ». Du sperme perle au bout de mon sexe. C’est divin.

Il me dit tout d’un coup : « tourne-toi ». Je me place sur le dos, jambes levées et écartées. Il me prend maintenant en missionnaire. Je ressens alors moins de plaisir, mais c’est toujours très agréable. Je sens que le plaisir augmente avec les coups de queue qu’il me donne. Je lui jette des mots crus, pour la première fois : « baise-moi plus fort ». Je regarde ce corps penché sur moi, monter et descendre. J’attrape sa nuque pour mêler nos langues. Sa bite me pénètre, sa langue aussi. C’est bon d’être pénétré. Le plaisir monte, et soudain j’atteins un orgasme lent et diffus qui me surprend. Du sperme coule sans éjaculation depuis ma bite lentement et je ressens du plaisir sans violence, sans à-coup, mais plus longtemps que d’habitude. Je ressens des sensations étranges. Le plaisir bien sûr, l’étonnement de cet orgasme bizarre, presque féminin, aussi. Le plaisir disparaît vite après, et avoir cette bite est alors une contrainte. Je suis soulagé d’observer une grimace sur le visage de mon amant, signe d’une éjaculation. Nous partons nous doucher ensemble. Il me parle, mais je suis absent. Je ne suis pas remis de cette expérience. Une fois rhabillé, il me propose d’aller prendre un verre, mais je décline, comme à chaque fois. Je ne veux pas créer de liens, parfois à regret.

Cette fois-là j’avais compris le plaisir de la sodomie. Oui, se faire enculer est – ou en tout cas – peut être un vrai plaisir physique.

Après cet épisode, je me suis acheté un gode et un plug pour me donner du plaisir anal en solitaire.

Quelques années passent ainsi, avec cette vie de placard. Personne ne me voit jamais avec une fille, mais personne n’ose rien dire. Mes amis et ma famille n’osent pas me poser de question, ou bien j’élude le sujet. Ils ont sûrement des doutes.

Pleinement impliqué dans mon travail, je gagne très confortablement ma vie. Je loue un grand deux pièces dans le 15ième arrondissement. Je consacre beaucoup de temps à la lecture, aux musées, aux voyages et à quelques amis fidèles et discrets. Je me dis que j’ai malgré tout de la chance, avec ma vie actuelle, où tous mes besoins primaires sont satisfaits. Je ne me projette pas pour les années à venir. Cet équilibre entre travail, plaisirs intellectuels et sexe occasionnel me convient. Malgré tout, mes fantasmes sexuels augmentent. Je rêve d’éjaculations faciales, de petits culs à lécher et de partouzes. Je ne satisfais ces fantasmes que par une consommation grandissante de magazine et cassettes pornos.

C’est à cette époque de ma vie, à l’âge de 27 ans, que j’ai fait la connaissance de Louis.

À suivre 
  1. soirées