Notre histoire (03)


Notre histoire (03)
Texte paru le 2013-10-18 par Sylvain68   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Notre histoire






Avis au lecteur : l’ensemble de nos récits sont authentiques et constituent l’histoire réelle de notre couple et de nos vies sexuelles.
C’est un exercice d’écriture réalisé à deux, qui se veut sincère, et qui correspond à un désir de raviver ensemble nos bons et
moins bons souvenirs, maintenant que nous avons atteint une certaine maturité. Bien sûr, nous nous attardons sur les scènes
de sexe (l’écriture est un piment pour notre couple…), en les décrivant avec tous les détails dont nous nous rappelons, ou telles
qu’elles se sont très probablement passées, compte tenu de nos appétits de l’époque. Même chose pour les dialogues, reconstitués,
mais fidèles à l’esprit du moment. Bonne lecture. Sylvain et Louis, sylvain5468@yahoo.fr

Par Sylvain

Louis est entré dans ma vie par accident, et l’attirance pour lui a été immédiate et totale. Je ne pouvais et ne voulais pas résister. J’ai souvenir de son arrivée dans l’immeuble, quelques étages plus bas. Sa beauté adolescente, sa politesse, sa maturité pour son âge m’ont tout de suite mis en branle. J’avais quelques remords à fantasmer sur un adolescent au début, mais je ne voulais rien entreprendre de toutes les façons. Ça me paraissant impensable, surtout pour un timide et un peureux comme moi. Lui, par contre, me paraissait d’une personnalité enjouée et décomplexée. J’ai été époustouflé par son coming out si rapide auprès de ses amis.

Mes contacts se limitaient à des conversations de voisin jusqu’à ce que petit à petit, par petites touches, tout bascule. Je le testais et lui suivait, venait chez moi de plus en en plus souvent. Il me rendait dingue. Je ne pouvais plus résister. Je n’ai pas seulement été attiré par son physique – j’ai toujours aimé les mecs plus jeunes – mais aussi par sa jeunesse, sa maturité. Il était curieux de tout, gentil, poli et spontané. Il était certes jeune de caractère, mais il n’y avait jamais de gaminerie chez lui. Malgré le risque, la peur d’être démasqué par sa mère ou des voisins, je ne pouvais pas résister. Nous sommes devenus amants. Le sexe avec lui était formidable. Oui, lui prendre sa virginité a été une fierté et une satisfaction, pourquoi le cacher ? C’est aussi le premier amant avec qui je sens plus que du sexe au lit. J’ai des élans de tendresse pour lui, et j’adore lui faire des câlins. Je ne peux m’empêcher de le toucher, de la cajoler.

Noël 1995 a été éprouvant. J’avais cédé et je l’avais embrassé peu avant, et les vacances ont été difficiles, car j’étais écartelé entre scrupules et peurs d’un côté, et attirance foudroyante de l’autre. Nous sommes devenus de vrais amis et amants en 1996, aux alentours du moment du bac pour lui. Nous développons une relation clandestine. Il ne veut pas faire son coming out à sa mère – loin de moi l’idée de l’y pousser. Ni lui ni moi n’osons afficher de signes en public. Nous organisons des escapades le weekend ou le mercredi après-midi. Nous passons des moments merveilleux au cinéma, dans les musées, les expositions. Oui, il y a un côté chaperon, grand frère, voire même père dans notre relation. Et alors ?

Quand la mère de Louis s’absente pour quelques heures, celui-ci me rejoint chez moi discrètement. J’ai toujours peur que notre relation soit découverte. Les moments de sexe sont fabuleux. Je suis surexcité par son corps nu et imberbe, ses cheveux bruns et frisés, son corps mince, plutôt petit par rapport à mon mètre quatre-vingt. Ses mollets sont normalement poilus, sa toison assez fournie. À part ça, quelques poils bruns sur les tétons, et bien sûr sous les bras. Il joue au tennis, ce qui lui donne une musculature naissante.

À partir de mai/juin, malgré le bac, nous faisons l’amour régulièrement. Louis a l’air de s’épanouir beaucoup plus en passif. Je lui laisse le choix, mais il préfère toujours que je le sodomise. Il faut dire qu’il jouit très souvent du cul… Nous vivons un moment magique à l’occasion des 18 ans de Louis. Le bac en poche, et pour fêter son anniversaire, il organise une soirée commune avec un ami. Les parents de ce dernier ont laissé l’appartement aux jeunes, et Louis indique à sa mère qu’il restera dormir là-bas. Une fois la soirée terminée, il se rend chez moi. Il est vraiment tard, je me souviens. Louis n’était pas fatigué.

Je lui ai offert son cadeau à son arrivée – un vêtement je crois, chemise ou autre. Nous avions la quasi-totalité de la nuit pour nous, et nous avions beaucoup de choses à fêter. Pour moi, le fait que Louis soit maintenant majeur m’enlevait un poids sur la conscience. Louis passe un petit moment au toilettes pour être d’une propreté impeccable, puis nous nous sommes douchés ensemble, comme à l’accoutumée.

Nus sur le lit nous nous sommes embrassés et sucés plus passionnément que d’habitude. Louis était maintenant plus expérimenté. J’ai assis Louis au bord du lit, et me suis mis à genoux pour le sucer goulûment. Sa main caressait mes cheveux. Après nos premières fois, où Louis avait été docile, découvrant le sexe, il était maintenant plus impliqué, me donnant des caresses. J’avais toutefois décidé de garder le contrôle des opérations cette fois-là. J’avais surtout une envie folle de faire durer le plaisir et de faire l’amour longtemps dans plein de positions. On s’est sucé pendant longtemps, debout, assis, allongés. Je ne me lasse pas du corps de Louis, je le vénère. Il est tellement mignon. Ses fesses sont splendides, petites mais bien rondes, parfaitement dessinées. Louis apprécie cette soirée d’anniversaire. Il sourit en permanence. Il veut aussi faire durer le plaisir. Nous sommes maintenant nus au milieu de la chambre. À genoux, je suce Louis, les mains bien agrippées à ses fesses. Puis je me redresse, l’embrasse passionnément et le prend dans mes bras. Sa peau me brûle. Le contact de son corps nu me rend fou.

— J’ai envie de te prendre dans toutes les positions

La réponse de Louis ne se fait pas attendre. Il se met en levrette sur le lit, et me dit :

— Dépêche-toi, prends-moi tout de suite

J’enfile une capote et me charge personnellement de la lubrification. Je le pénètre sans attendre. Nous laissons échapper des « oh », des « ah », des « oui, c’est bon », au rythme des saccades de mon sexe dans ses entrailles. Je caresse ses dos, puis saisis ses hanches ou ses épaules. Je vais toujours doucement, lentement. Des fois j’accélère, mais sans violence. Je sais que Louis n’aime pas trop quand mon gland vient buter fortement contre le fond de son rectum.

— Mets-toi sur le dos.

Obéissant, Louis se retourne. Je lui fais mettre un oreiller sous les fesses, pour le relever. Je le prends maintenant en missionnaire. Dans cette position, je peux me pencher et l’embrasser, être près du lui, tout en étant en lui. J’aime cette fusion. Je fais des mouvements lents mais amples de bassin pour le pénétrer en profondeur. C’est bon mais fatigant. Je fais donc rouler Louis sur le côté, et m’allonge sur le dos, le sexe à la verticale. Louis vient s’asseoir doucement dessus. Je ne sais plus si c’est ce soir-là que nous avons fait l’amour dans cette position pour la première fois, mais c’est vite devenu notre préférée. J’aime observer le corps de Louis dans son ensemble, son visage, son torse, ses cuisses. Mes mains sont libres de le toucher, de le caresser. Je m’attarde sur ses tétons qui durcissent à mon contact. Louis gémit quand je lui fais ça. On se touche également les joues et le visage. Je prends sa main pour sucer ses doigts. Je bouge mon pénis en lui, mais Louis bouge aussi son derrière sur ma queue pour se donner lui-même du plaisir. Il semble aimer les sensations inattendues qu’il se procure.

— Viens, on va le faire debout.

On se lève ensemble et je fais pencher Louis en avant pour le prendre par derrière debout au milieu de la pièce. Je dois bien fléchir car il est plus petit que moi, mais j’aime cette position où nos corps sont déployés et non recroquevillés. Cela me donne le sentiment de faire l’amour comme un sauvage. Louis est bien penché en avant. Je le sodomise en rythme, mes hanches rencontrent ses petites fesses. J’accélère et Louis aime ça, il pousse des « han » de plaisir et me dit de continuer. Il fatigue cependant, et on se déplace pour qu’il s’appuie sur la commode. Je touche sa bite. Elle est dure comme du bois. Je continue à l’enculer, de plus en plus vite. Je me penche sur son dos et embrasse ses épaules. Nos langues se touchent également. Après une ultime accélération, je jouis en prononçant son nom : « oh Louis, oui, Louis, Louis ». Je reste en lui un petit moment. Il me demande de continuer. J’accélère car je sais que je vais débander bientôt. J’ai plaqué mes mains sur celles de Louis, mon corps l’enveloppe complètement. Je suis soulagé quand je le fais jouir du cul. Je voulais lui offrir ce cadeau d’anniversaire. Douche, caresses et câlins ponctuent cette soirée. Louis me quitte tel un voleur, pour faire sa nuit chez son ami.

L’été s’avère compliqué en termes de logistique. Louis est en vacances, mais pas moi. Nous réussissons à nous voir quelques weekends en juillet, où nous profitons de Paris, de ses terrasses et de ses jardins. En août, Louis m’abandonne deux semaines pour partir en Bretagne avec sa mère. Je décide de prendre mes congés en même temps, histoire de moi souffrir seul de son absence à Paris.

Nos retrouvailles sont un vrai plaisir et nous en profitons bien car septembre arrive déjà et Louis rentre en classes préparatoires. Il est doué, mais nous savons le travail que cela représente. Louis est plus dilettante que moi au même âge, mais c’est quelqu’un d’ambitieux et le prestige des grandes écoles l’attire. Effectivement, nous avons du mal à nous voir à partir de ce moment-là. Impossible en semaine, comme toujours, et les weekends sont studieux, et la mère de Louis veille à ce qu’il limite ses sorties. Les rares moments que nous passons ensemble sont toujours aussi magiques, tant dans nos activités communes et que dans ma chambre. Louis gagne petit à petit en expérience sexuelle. Son appétit pour le sexe grandit également, il devient de plus en plus passionnel.

Un tournant de notre vide de couple intervient à la Toussaint. La mère part en stage pédagogique pour un deux jours, laissant son fils seul à Paris. C’est une chance incroyable. Je pose aussitôt deux jours de congés. Dès le départ de sa mère, Louis s’installe chez moi. J’ai fait à dîner. Nous passons une soirée agréable et faisons l’amour. Louis reste dormir chez moi. C’est la première fois que je passe une nuit complète avec quelqu’un dans mon lit. Je suis excité, mais nerveux, je n’ai pas l’habitude. Cette nuit-là, je dors à peine. Je regarde le corps de Louis, à demi nu. Lui n’a aucun problème. Le regarder dormir me rend heureux.

Le lendemain, on traîne en caleçon dans mon appartement, en prenant le petit-déjeuner. Je ne peux m’empêcher de le toucher et de l’embrasser quand je passe près de lui. Il m’inspire des élans de tendresse auxquels il répond toujours. Je crois que c’est ce matin-là que nous nous sommes dits « je t’aime » pour la première fois. Au moment de quitter l’immeuble pour aller nous balader dans Paris, Louis me propose de monter discrètement chez lui pour visiter. J’accepte, par curiosité. L’appartement est simple et ordonné. Louis m’emmène dans sa chambre. C’est également assez simple, et plutôt rangé, pour une chambre d’ado. Aux murs, pas de poster, mais plutôt des affiches de cinéma ou de paysages. Je suis encore excité du sexe de la veille et de la journée qui nous attend. J’embrasse Louis et lui caresse le paquet.

— Je veux te sucer dans ta chambre.

On enlève nos t-shirts, et je descends le pantalon et le caleçon de Louis. J’en fais de même pour mieux me branler. Louis est debout et moi à genoux. J’ai sa bite dans la bouche et je me branle avec l’autre main. On est tous les deux très excités de baiser dans sa chambre. Jusqu’où suis-je prêt à aller avec lui ? J’ai envie de plus, j’ai envie de lui faire l’amour plus fort, plus longtemps, plus souvent. Au milieu de la fellation, je ressens le désir de boire son sperme. Cette sensation me prend par surprise. L’idée ne me dégoûte plus. Je vois ça comme le prolongement de l’acte sexuel, comme l’envie de participer plus encore à son orgasme, de le partager avec lui. Je lui demande de jouir dans ma bouche et il accepte. J’avale l’intégralité de sa semence. Le goût m’indiffère mais la sensation psychologique m’excite comme un fou. Nous changeons de position et Louis me suce à genoux. Il accepte le défi en retour et me demande de jouir sur son visage. Je suis en rut, et Louis a à peine le temps de me sucer que je projette de longs jets crémeux sur sa figure et dans sa bouche. Je vis un rêve éveillé. J’ai le bonheur de réaliser un fantasme de toujours. J’embrasse Louis et nous léchons mon sperme ensemble.

Après avoir passé la matinée et le début d’après-midi dehors, je propose à Louis de rentrer chez moi pour faire un câlin. Quelques minutes après notre arrivée, nous sommes nus sur le lit, et Louis me fait une fellation. Je lui confie à quel point j’ai envie de lui ce weekend et que j’aimerais essayer des choses nouvelles. On se met alors en 69 : le premier pour lui comme pour moi. Chacun sur le flanc, tête-bêche, nous nous suçons mutuellement. J’aime cette coquinerie nouvelle. Je suis excité de reproduire ce que j’ai vu dans des films pornos. Je sens Louis excité et pas effrayé que j’expérimente avec lui. Je le mets ensuite sur le dos pour observer ce corps que je vénère. Son dos et ses petites fesses sont tellement beaux. Je les caresse et les embrasse partout. Il me vient alors l’envie d’essayer ce que j’ai toujours trouve incroyablement chaud dans les films : le rimming. Jusqu’à présent cela m’a toujours repoussé pour des raisons d’hygiène, mais j’ai trop envie d’essayer. J’en parle à Louis. Je le sens un peu embêté, il ne veut pas me forcer à faire des choses pareilles. Je lui propose de passer le temps qu’il faut sous la douche. On se douche donc ensemble et Louis se lave en profondeur. Toujours sous la douche, une fois rincé, je le retourne et glisse à genoux pour le lécher entre les fesses. Je suis excité et lui aussi. Ça lui plaît.

On repasse sur le lit, ou sur le dos, jambes écartées, il me présente son anus. C’est une jolie petite rosette, avec des contours un peu poilus. Je la lèche. Je me montre doux et tendre, léchant et titillant consciencieusement, mais intérieurement, je bous de plaisir. Avoir Louis, jambes écartées, offert ainsi à moi, me met en transe. Louis semble apprécier les léchages... Il me dit que c’est super agréable, qu’il ne s’attendait pas à ça. Je ressens une grande fierté, celle d’avoir été plus loin dans le sexe, d’avoir fait sauter une inhibition. C’est Louis qui me propose d’arrêter : il me veut en lui. J’aime l’entendre réclamer. Bien sûr, cela me grise qu’il demande à être sodomisé, mais j’apprécie qu’il prenne des initiatives. Cela rend notre relation et nos jeux sexuels équilibrés. Je le pénètre donc dans différentes positions. Je termine sur le dos, avec Louis assis sur mon membre. Il se masturbe et éjacule sur mon torse tandis que je jouis au fond de la capote, bien installé dans son rectum.

Nous avons refait l’amour ce jour-là, deux ou trois fois je crois. Louis m’a sodomisé à son tour. Nous étions tous les deux grisés et prêts à jouer sans modération. Nous avons recommencé nos ébats le lendemain, à plusieurs reprises et c’est Louis qui prit l’initiative dans certains cas. Je me souviens aussi que je lui ai proposé de lui raser les testicules et la raie, afin de gagner du confort. Il a accepté, et cela a été un moment incroyablement érotique que de lui faire cela. J’ai pris conscience ces jours-là de l’appétit sexuel énorme de Louis : je l’avais emmené plus loin dans le sexe, fait faire des choses nouvelles et plus extrêmes, et il avait accepté avec plaisir et excitation. Contrairement à moi, ses inhibitions semblaient quasi inexistantes.

Ces quelques jours furent je crois un déclic pour nous d’eux, car nous avions osé des choses ensemble, mais aussi car ce fut aussi la première fois que nous avions vécu en couple. Je me sentais de plus en plus proche de lui. Je prenais conscience aussi de la transcendance ou du plaisir accru du sexe quand il se mêle à l’amour. Le sexe allait plus loin et était meilleur avec Louis car l’attirance physique était très forte mais aussi car j’étais amoureux de lui. C’était aussi simple que ça.

Les mois suivants furent assez calmes, avec des rencontres sporadiques, mais toujours tendres. Je pense qu’à ce stade, je ne me projetais pas encore. Je me contentais du plaisir que j’avais à être avec Louis, à discuter avec lui et à m’offrir une relation sexuelle épanouie. Il me permettait de réaliser des fantasmes nouveaux ; je m’épanouissais à son contact.

Le premier grand tournant de notre histoire s’est produit à l’été 1997. Après une année fatigante pour lui, Louis s’est rendu en Bretagne avec sa mère. Nous nous étions promis de nous téléphoner et de nous écrire. Au bout de quelques jours, j’ai envoyé une lettre à Louis, lettre d’amour mais aussi lettre coquine car l’absence de son corps me brûlait. Quelques jours après, je reçois un coup de fil glaçant de la mère de Louis : elle m’annonce qu’elle est au courant pour Louis et moi, et que cela lui déplaît fortement. Elle me tient pour responsable de cette histoire, et considère que j’ai abusé de sa confiance. Elle est bien consciente que Louis est majeur, mais elle considère qu’il est beaucoup trop jeune pour moi, et que, quelle que soit son orientation sexuelle, il est préférable qu’il se concentre sur les études. Elle me demande également de déménager car elle ne veut plus me voir dans l’immeuble. Je reste sans voix, je suis mortifié. Je me sens coupable, et surtout démasqué, « outé » pour la première fois de ma vie. Les jours suivants sont épouvantables ; je n’ai pas de nouvelles de Louis et je suis affreusement tourmenté par cette histoire. Je me dis que finalement notre aventure était une bêtise. Mais instincts de peur reprennent le dessus.

Je reçois un coup de fil de Louis en pleine nuit peu après. Il m’explique que se mère est tombée sur ma lettre par accident... Je comprends qu’il a fait preuve d’une grande fermeté face à sa mère. Il ne se sent coupable de rien, ni de notre relation, encore moins de son homosexualité. Il comprend les reproches de sa mère, mais il lui en veut de chercher à nous éloigner l’un de l’autre. Il souhaite continuer à me voir et à passer outre sa mère. Je suis sidéré par son cran. Je lui explique ma position : je crois qu’il vaut mieux que l’on cesse de se voir, que l’on est allé trop vite. Dix ans d’écart c’est beaucoup. Il n’est pas d’accord, il m’en veut. Il ne pleure pas mais sa voix est nouée, étranglée. Il me reproche d’être lâche et de ne pas être sincère dans mon amour.

Au lieu de me faire changer d’avis, le voir aussi déterminé m’inquiète. Il n’a que 19 ans et je me sens coupable : il est probablement en train de foutre en l’air sa relation avec sa mère pour une première histoire d’amour, lui, le fils unique. Je lui dis que bien sûr, je tiens beaucoup à lui, et je ne souhaite pas couper complètement les ponts. Par contre, je pense qu’il faut que l’on mette notre relation entre parenthèses pendant quelques temps. En raccrochant, j’éprouve un mélange de honte, de chagrin et de peur. La peur m’a de nouveau fait fléchir…

Je n’ai pas cherché à recontacter Louis à son retour de Bretagne. J’ai déménagé en vitesse au mois d’août, pour m’installer dans le 12ième.

À suivre...